EA Solar Lopburi Company Limited
Neuf mégawatts, douze années de production : le photovoltaïque d’Energy Absolute à Lopburi tient par sa tuyauterie de contrat public.
À propos de EA Solar Lopburi Company Limited
1. Modèle économique
La société de projet derrière le site de Phatthananikom, dans la province de Lopburi, est portée par EA Solar Company Limited dans les documents corporate du groupe Energy Absolute ; les bases d’inventaires énergétiques reprennent parfois la variante EA Solar Lopburi Company Limited pour le même ensemble — à ne pas confondre avec le vaste parc voisin de Natural Energy Development (coentreprise type EGCO/CLP), bien distinct. Le parc EA annonce 9,33 MW en courant continu et 8 MW en alternatif sur 315 rai (environ 50 ha), avec une mise en service commerciale au 17 octobre 2012, des modules polycristallins et couches minces, une vente à l’EGAT et un renouvellement de contrat par cycles de cinq ans, dans le prolongement du dispositif d’époque avec un **supplément tarifaire (*adder*) de 8 bahts/kWh sur dix ans après COD (désormais historique selon la fiche projet du groupe). Les revenus de cette filiale ne sont pas isolés dans les publications grand public : ce qui circule est le tableau consolidé du parent, qui a affiché un bénéfice net de 1,85 milliard de bahts et un EBITDA de 6,18 milliards sur les neuf premiers mois 2024, selon le récit de presse autour de la levée de fonds** de début 2025.
2. Impact réel
À l’échelle du site, l’impact « carbone » se lit surtout dans une installation fossile-déplacée de longue date : ~9 MW injectés sur le réseau thaïlandais depuis 2012, sur un foncier d’environ 50 ha, avec une technologie hétérogène (poly + thin film) typique des parcs de première génération. Au niveau groupe, Energy Absolute met en avant une réduction cumulée certifiée de 361 497 tonnes d’équivalent CO₂ en 2023 pour son parc solaire agrégé, selon son récit parcours EA — un ordre de grandeur consolidé, donc non attribuable mécaniquement uniquement à Lopburi. Aucune fiche Connaissance des Énergies, ADEME ou rapport CSRD n’a été trouvée sur cette société de projet ; le cadre français de PPE ou les outils de l’ADEME éclairent surtout la trajectoire nationale européenne, pas la micro-filiale thaïlandaise.
3. Innovations / partenariats
L’innovation ici est surtout opérationnelle : les prestataires tiers documentent des campagnes de remplacement de modules sur les phases 1 et 2 du site, signe qu’un parc de 2012 doit désormais gérer la obsolescence matérielle et la courbe de production face aux standards actuels (chantier O&M documenté). Côté stratégie maison mère, Energy Absolute poursuit des mouvements de recomposition d’actifs (transferts de centaines de MW vers des véhicules de filiale, levées pour désendettement) qui réorganisent le bilan du groupe mais dépassent le périmètre strict de Lopburi ; la gouvernance s’est recentrée avec un nouveau PDG après la tempête judiciaire de l’été 2024, selon la dépêche Reuters du 15 juillet 2024.
4. Greenwashing / zones grises
La tension n’est pas théorique : la SEC thaïlandaise a accusé l’ex-dirigeant et son adjoint de fraude sur des achats d’équipements solaires entre 2013 et 2015, avec un enrichissement présumé de l’ordre de 3,5 milliards de bahts (~97 millions de dollars), selon Reuters du 13 juillet 2024. Dans la foulée, la Bourse de Thaïlande a retiré Energy Absolute de sa liste ESG le 15 juillet 2024, au motif du non-respect des critères après ces accusations, selon la même série Reuters. Risque de réputation pour tout actif historique acquis dans la fourche temporelle de l’enquête : même sans présumer du sort des poursuites, les investisseurs « verts » croisent désormais une due diligence judiciaire avec la lecture ESG officielle. Le désendettement massif raconté en 2025 (augmentation de capital 7,4 milliards de bahts visée pour ramener une dette totale autour de 52 milliards contre ~58,6 milliards, selon The Nation Thailand) rappelle enfin que la viabilité du groupe prime sur le storytelling climat — avec des remboursements d’obligations de 5,5 milliards de bahts mis en avant en juin 2025 dans la presse spécialisée (Kaohoon International).
5. Positionnement stratégique
Pour Lopburi, le jeu stratégique tient à deux fils : prolonger la rente réglementaire du parc sous les modalités PPA/EGAT héritées du FiT, et maintenir physiquement la productibilité malgré un mix technologique vieillissant. À la holding, la priorité publique est la stabilité financière et la confiance des créanciers — objectif explicité autour des 7 426 millions de bahts levés via une offre à droits sursouscrite, selon le Bangkok Post. Dans un marché thaïlandais où les achats d’EnR et les projets FiT peuvent patiner au niveau politique (suspensions ou reports évoqués dans la communication groupe), le neuf MW de Lopburi apparaît davantage comme un revenu récurrent qu’ comme un levier de croissance.
Verdict WattsElse
Neuf mégawatts ne pèsent plus lourd dans un bilan en reconstruction, mais ils portent l’empreinte d’une époque où le solaire thaïlandais s’est construit vite — et parfois trop vite pour la probité des comptes, selon le régulateur.
Sources : energyabsolute.co.th · energyabsolute.co.th · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · gim-thailand.com · reuters.com · reuters.com · nationthailand.com · kaohooninternational.com · bangkokpost.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Gamesa
Née à Zamudio en 1976, Gamesa a basculé dans l’histoire industrielle comme coeur espagnol de ce qui est devenu, depuis la fusion avec Siemens Wind Power en 2017, Siemens Gamesa Renewable Energy — filiale d’Siemens Energy.
Voir la ficheEMSA
EMSA évoque trois réalités distinctes — Emsa Jeneratör en Turquie (groupe électrogène diesel pour l’amont pétrolier), ESMA Group aux Émirats (filtration, hydraulique pour l’Oil & Gas amont), Energy Management Services / EMS Middle East aux Émirats (audit, certifications vertes, type ESCO).
Voir la ficheTURBODISEL SA
Derrière un nom générique, l’un des intégrateurs les plus visibles entre agro, voirie et pétrole non conventionnel en Argentine : pièces, ateliers et intrants pour grosses machines thermiques, avec une offre ouverte sur la fracturation.
Voir la ficheCubico
Le nom « Cubico » porte à confusion sur le web — il faut d’abord lever l’ambiguïté : ici, il s’agit de Cubico Sustainable Investments, producteur indépendant d’électricité renouvelable basé à Londres, sans lien avec un jeu vidéo ou un site suisse d’édition ludique qui portent le même vocable dans certains annuaires.
Voir la ficheShell U.K.
Les magasins « Home Energy » ont fermé, mais le métier garde une emprise massive sur le système britannique : gaz en flux, stations-service, recharge électrique — et un groupe-mère qui verse des milliards aux actionnaires tout en conservant un déséquilibru massif entre capitaux fossiles et ligne « bas-carbone ».
Voir la ficheSpawer Kraft AB
Spawer Kraft AB n’est pas une start-up de façade : c’est une pièce suédoise d’une chaîne ibéro-nordique qui assemble parcs, financements et co-traitants.
Voir la ficheAkfen
Le groupe trace une trajectoire de « pur player » renouvelable à grande échelle : 887 MW au compteur fin 2025 et une production qui dépasse 1,6 TWh sur l’année.
Voir la ficheShanghai Datun Energy Resources Co Ltd
Le siège est à Shanghai, le ticker est le 600508, et le groupe China National Coal reste au-dessus de la marmite.
Voir la ficheSWS
Le chantier Shanghai Waigaoqiao Shipbuilding (sigle SWS) n’est pas une « start-up EnR » européenne homonyme : c’est un géant naval du groupe CSSC, ancré à Shanghaï depuis 1999 et référencé comme tel sur Wikidata.
Voir la ficheAshok Ssk ltd
Le nom « Ashok Ssk ltd » prête à confusion avec des opérateurs solaires indiens plus médiatisés ; il désigne ici l’entité sucrière Ashok Sahakari Sakhar Karkhana Ltd., implantée à Ashoknagar (taluka Shrirampur, district d’Ahmednagar, Maharashtra).
Voir la ficheCông ty CP đầu tư và xây dựng điện Hồi Xuân
Promoteur d’un barrage de 102 MW sur la rivière Mã (Thanh Hóa), la Công ty CP đầu tư và xây dựng điện Hồi Xuân — sous la forme juridique la plus citée, Công ty Cổ phần Đầu tư và Xây dựng điện Hồi Xuân VNECO — incarne une « EnR » figée à quelques pour cent de la mise en service : chantier quasi bouclé, mais sans courant commercial ni narrative industrielle…
Voir la ficheTransiwatt
Le nom fait penser à une start-up de smart grid ; derrière, c’est surtout une infrastructure industrielle tchèque, calée sur l’autoconsommation, le biogaz et la mutualisation d’électricité entre usines d’un géant familial qui compense à l’Ouest ce qu’il a perdu à l’Est.
Voir la ficheOnahama Solar LLC
Installée depuis 2014 sur la côte industrielle d’Iwaki (Fukushima, Japon) — alors que votre consigne indiquait seulement « pays : non précisé », l’empreinte japonaise de la société est attestée par ses registres officiels (fiche LEI), Onahama Solar LLC (« 小名浜ソーラー合同会社 », souvent ramenée administrativement sous l’étiquette anglaise LLC) incarne un actif…
Voir la ficheIraq Petroleum Company
Le nom d’Iraq Petroleum Company (IPC) évoque le siècle court du Proche-Orient façonné par le brut : consortium occidental, « ligne rouge », nationalisation.
Voir la ficheIbereólica
Un promoteur espagnol de taille moyenne qui a bâti plus d’1 GW en service tandis qu’un pipeline de près de 9,3 GW dessine une ambition continentale.
Voir la ficheSTEAG New Energies GmbH
À Essen depuis 1937, la lignée industrielle désormais communiquée sous Iqony poursuit sous le parapluie Asterion ce que STEAG New Energies incarnait côté solutions décentralisées et EnR : développement, construction et exploitation d’actifs, dans un groupe où la branche « vert » doit encore convaincre qu’elle pèse autant dans la marge que le charbon…
Voir la ficheREI Agro Limited
REI Agro Limited incarne le piège des classifications sectorielles : fichée « énergies renouvelables » dans certaines bases, elle était surtout une puissance agro-industrielle du riz basmati, avec des actifs éoliens plus anciens et annexes.
Voir la ficheRégulateurs Georgin
Petite PME d’instrumentation en face des cycles géants de l’énergie : Régulateurs Georgin vit sur la précision des signaux — pression, température, interfaces — et sur une géographie commerciale où l’hexagone n’est plus qu’une fraction du compte.
Voir la ficheHera
Le cache « Pétrole & gaz » tombe à côté de la plaque si l’on croit Wikipédia français sur « Héra » — déesse, pas holding de Bologne.
Voir la ficheValeo
Équipementier historique de l’auto, Valeo n’a plus le luxe de la transition douce.
Voir la ficheStatkraft Industrial Holding
Statkraft Industrial Holding se lit avant tout comme une maille juridique du géant public de l’électricité verte : l’essentiel de ce que le marché voit, ce sont les chiffres consolidés du groupe Statkraft AS, entre record de production et perte nette après impôts et dépréciations.
Voir la ficheLlum
Né à Prats-de-Mollo en pleine tempête des prix de l’électricité, Llum a transformé le « local » en levier industriel : en 2024, le Sydeel 66 lui confie l’éclairage public de plus de 190 communes, face à EDF, Engie et TotalEnergies.
Voir la fiche