EGASA
L’Arequipa péruvienne voit son producteur public naviguer entre géants de l’eau et centrales au gaz, pendant que le projet le plus médiatisé — Charcani VII — reste empêtré dans la procédure environnementale.
À propos de EGASA
1. Modèle économique
EGASA (Empresa de Generación Eléctrica de Arequipa S.A.) est une société de génération et de commercialisation d’électricité, intégrée au périmètre de FONAFE, le bras financier des entreprises publiques péruviennes. Son chiffre d’affaires et sa marge nette consolidés sur les derniers exercices accessibles sont surtout lisibles via des agrégateurs financiers : le profil EMIS signale, pour la dernière période analysée, une compression du bénéfice net de l’ordre de −19,37 % et une décote des actifs totaux d’environ −30,87 % sur deux ans — à manier comme photographie comptable, pas comme vérité terrain instantanée. Côté opérationnel, l’entreprise déclare une puissance installée d’environ 332 MW, en mix hydraulique et thermique (profil EMIS). Les effectifs des SOE péruviennes de cette taille se lisent volontiers, en ordre de grandeur, via le portail de Transparencia Estándar (centaines de postes plausibles, selon les tableaux publiés par l’entité). La principale dépendance : prix du gaz de Camisea pour les thermiques, volumes hydrauliques variables, et cadre tarifaire OSINERGMIN — sans documentation ADEME ou PPE3 propre à EGASA dans les sources françaises consultées.
2. Impact réel
Sur le papier, la moitié « verte » du bilan capacitaire est marquante : la presse spécialisée et les synthèses locales évoquent environ 53 % de capacité hydraulique (≈175,8 MW) contre 47 % thermique (≈156,3 MW), avec le Charcani V comme colonne vertébrale (article de context sur Charcani VII). La thermique de Pisco–Independencia (≈74,8 MW) brûle du gaz naturel (et peut basculer sur le diesel en secours), ce qui structure l’empreinte réelle : l’agence Andina a longtemps suivi les vicissitudes de cette centrale et sa remise en ligne au gaz. Aucun inventaire public de GES Scope 1–3 dédié à EGASA n’a été trouvé dans cette veille ; en l’absence de ces données, on ne peut pas « balancer » un kilogramme de CO₂ évité crédible. Pour le lecteur européen, le seul parallèle utile est méthodologique : la CSRD ou les grilles PPE européennes imposeraient une transparence de chaîne de valeur que ce producteur andin ne publie pas dans les canaux français habituels.
3. Innovations / partenariats
Le portefeuille « nouveau » peine à égaler le mythe de Charcani VII, mais les marges de manœuvre existent : la presse régionale a relayé un projet solaire photovoltaïque d’environ 100 MW encore en phase d’études de faisabilité (EPA Noticias), en parallèle d’un hydroadditionnel ~21 MW dont le calendrier a été bouleversé par la procédure environnementale. Sur le parc existant, la résolution RGG 0089-2025-GG a autorisé, en août 2025, un achat critique d’interrupteurs de puissance pour les groupes 2 et 3 de Charcani V — classique « innovation d’exploitation » pour éviter les arrêts longs. Enfin, EGASA a mis en avant, via sa page d’actualités sur gob.pe, une hausse de production hydraulique après réhabilitation et optimisation de turbines (publication de juillet 2025) — signal technique plutôt que rupture technologique.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le sloganing corporate : il est procédural et territorial. Le 5 septembre 2024, la DGAAE du MINEM a constaté, via l’informe N° 0337-2024, la caducité du certificat environnemental du projet Charcani VII (~20,9 MW) faute de démarrage effectif des travaux dans les délais légaux — confirmé dans la presse (El Búho). Le collectif « Salvemos Chilina » documente 58 espèces floristiques en zone d’influence et interpelle les paysages classés UNESCO, y compris une chauve-souris menacée (*Platalina genovensium*) (El Búho). Le MINAM recense explicitement les conflits socio-environnementaux liés au même projet dans son rapport SINIA N°12-2024. Par ailleurs, la rhetorique « majorité renouvelable » peine quand ~47 % de la capacité reste thermique gaz/diesel (article de context sur Charcani VII) : l’étiquette « EnR » ne résout pas l’exposition fossile résiduelle. Enfin, EGASA a attaqué en justice l’IMPLA d’Arequipa sur des fondements d’abus d’autorité autour des plans d’urbanisme bloquant Charcani VII (El Búho) — friction institutionnelle rarement compatible avec un simple récit « transition douce ».
5. Positionnement stratégique
EGASA doit stabiliser un actif vieillissant (preuve : la maintenance critique sur Charcani V, RGG 0089-2025), sécuriser le gaz pour les thermiques du sud (Andina sur Pisco), et recomposer son permis hydro après la chute de Charcani VII en 2024 (El Búho / MINEM). Le solaire 100 MW annoncé par la presse (EPA Noticias) pourrait déplacer le curseur climatique — à condition de financement et de grille ; jusqu’ici, la valeur stratégique reste l’eau régulée et les cycles d’investissement FONAFE (page EGASA sur gob.pe).
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Verdict WattsElse
EGASA incarne la tension structurelle du Pérou électrique : des cascades spectaculaires et une dépendance au gaz qui tire encore la moyenne carbone vers le bas, pendant qu’un méga-hydro avorté sert de révélateur judiciaire et paysager. La formule qui résume le pari : « eau au drapeau, gaz dans les faits, procédure dans l’arene ».
Sources : fonafe.gob.pe · emis.com · transparencia.gob.pe · diarioep.pe · andina.pe · epanoticias.pe · gob.pe · gob.pe · elbuho.pe · elbuho.pe · sinia.minam.gob.pe · elbuho.pe · gob.pe
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q97182465
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