Electricité du Cambodge
Électricité du Cambodge (EDC) n’est ni une filiale pétrolière ni l’organisme financier canadien homonyme : c’est l’opérateur public cambodgien du transport et de la distribution électrique, articulé avec le ministère des Mines et de l’Énergie et régulé par l’Electricity Authority of Cambodia (EAC).
À propos de Electricité du Cambodge
1. Modèle économique
L’EDC monetise surtout la facturation de l’électricité vendue aux clients finaux et la gestion du réseau national : un modèle de service public industrialisé, où les investissements lourds (lignes, postes, digitalisation type application mobile EDC) dépendent des tarifs validés par le régulateur et des soutiens au développement. Les agrégats type chiffre d’affaires consolidé ou effectif total ne sont pas ressortis clairement, dans les bases en ligne consultées pour cette fiche, à partir de documents d’entreprise comparables à un rapport annuel intégral ; en revanche, le cadre institutionnel est documenté par les manuels de marché (guide commercial États-Unis sur l’énergie au Cambodge) et par les profils d’organisme (fiche Devex sur l’EDC). Le pays tire aussi parti d’importations d’électricité depuis les voisins : l’étude IEEJ sur le secteur électrique 2023–2025 quantifiait par exemple 672 MW importés en 2023, soit environ 14,5 % du bouquet énergétique à cette date — une dépendance régionale qui structure les arbitrages de l’opérateur.
2. Impact réel
Le bilan publié par la presse à partir du rapport EAC de février 2026 dessine un système en forte rotation vers des sources présentées comme propres : 5 932 MW de capacité installée en 2025 (+14,4 % par rapport à 5 183 MW en 2024), dont 63,23 % (soit 3 325 MW) qualifiés d’énergies « propres » (hydro, solaire, biomasse), avec une demande pic à 2 553 MW en 2025 et une croissance de plus de 12 % sur l’année selon CambodgeMag. L’accès progresse : 99,1 % des villages électrifiés et 96 % des foyers raccordés fin 2025 (même source). Le ministre des Mines et de l’Énergie cite une progression du « clean » de 57 % en 2023 à plus de 63 % en 2025, avec un cap affiché à 70 % d’ici 2030 (déclaration rapportée par Xinhua). Côté climat, Comparer mécaniquement ce pays au cadre français (PPE, budgets carbone EU-ETS) serait artificiel ; on notera seulement que les facteurs moyens historiques pour pays tiers, du type feuilles de calcul Acv, donnent souvent des intensités carbone élevées lorsque le charbon et le fioul pèsent encore lourd — ce qui est compatible avec les photographies récentes du mix dans les synthèses sectorielles (rapport IEEJ).
3. Innovations / partenariats
La transition n’est pas qu’un slogan budgétaire local : le Cambodia Sustainable Energy Transition (CSET), porté avec la Banque mondiale, vise un financement IDA de l’ordre de 115 millions de dollars et un bloc 100–150 MW de stockage (BESS), avec l’EDC parmi les exécutants — le dispositif est détaillé dans le plan d’engagement parties prenantes publié par l’EDC. Sur le solaire, le plan d’évolution du parc public 2022–2040 commenté par VDB Loi vise 3 000 MW de photovoltaïque à l’horizon 2040 et rappelle le gel des nouveaux charbons après 2019. Le déploiement industriel s’appuie aussi sur des financements multilatéraux ciblés — la littérature de projet cite par exemple un appui ADB sur des segments réseau et PV, comme l’éclairage IPPJournal sur une phase de parc national à Kampong Chhnang, cohérent avec la stratégie « grille + EnR ».
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « champion ASEAN du renouvelable » masque mal trois failles mesurables. Premièrement, la photographie 2023 du mix dans le rapport IEEJ laissait encore une part fossile substantielle (charbon + fioul lourd), autour de 43 % de la capacité selon cette lecture macro — incompatible avec une neutralité carbone annoncée par le seul slogan EnR. Deuxièmement, l’hydro, comptée comme « propre » dans les ratios institutionnels, est en pratique télécommandée par la géohydrologie du bassin : le centre Stimson documente une perte d’environ 18 % (≈500 ha) de la forêt inondée du site Ramsar de Stung Treng entre 2018 et 2026, avec des liens explicites entre l’artificialisation des étiages secs et la dégradation ripisylve — un impact difficile à « découpler » de la politique énergétique nationale même lorsque les barrages amont sont majoritairement hors frontières. Troisièmement, la modernisation accélère la dépendance aux prêts multilatéraux et aux appels d’offres internationaux — utile pour verrouiller la compétitivité industrielle (-8 % sur les coûts de production électrique en 2025, selon CambodgeMag), mais révélatrice d’un modèle où la souveraineté énergétique reste à consolid.
5. Positionnement stratégique
L’EDC est l’outil technique d’une stratégie nationale plus large : électrifier vite, industrialiser sans exploser la facture, réduire la sensibilité aux imports tout en montant en pilotage réseau (digital, renforts HT). Les 3 708 km de lignes et 68 sous-stations fin 2023 (IEEJ) donnent l’échelle du skeleton à densifier. Les projets méga-hydro Stung Treng et Sambor sur le Mékong, longtemps en sursis pour controverses environnementales et sociales, constituent un risque de réputation et de lock-in si le pays les réactive sous la pression de la demande (+ tissu d’ONG et de partenaires de bassin déjà mobilisés). Aucune fiche ADEME, Connaissance des Énergies ou article PPE3 spécifique à l’EDC n’a été identifié dans cette veille ; le lecteur France peut seulement rapprocher l’intensité carbone historique des pays à fort charbon fioul via les méthodologies ACV génériques, sans substitut à une analyse locale à jour.
Verdict WattsElse
L’EDC incarne le pari cambodgien d’un réseau vert « à la ASEAN speed », financé par les banques de développement et porté par des ratios EnR record — avec une dette écologique fluviale qui, elle, ne se repaie pas aux compteurs. Une nation qui veut usines sans fumées, mais dont le cœur d’« énergie propre » reste la chute d’eau politique.
Sources : eac.gov.kh · edc.com.kh · trade.gov · devex.com · eneken.ieej.or.jp · cambodgemag.com · english.news.cn · edc.com.kh · vdb-loi.com · ippjournal.com · stimson.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q48815666
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Otterbäckens Vind 1 ek för
Otterbäckens Vind 1 ek för évoque une petite structure sous forme d’ekonomisk förening — le modèle juridique des coopératives éoliennes suédoises — dans le micro-paysage d’Otterbäcken (commune de Gullspång, Västra Götaland).
Voir la ficheCYL ENERGIA EOLICA S.L.U.
Produit espagnol de la filière EnR (SLU à Madrid, NIF B47575329 selon les annuaires), CYL Energia Eólica incarne la tension entre actifs réels au sol et sensibilité extrême des comptes à l’électricité wholesale et au cadre environnemental.
Voir la ficheGuangxi Guiguan Electric Power Co Ltd
Un producteur coté Shanghai (600236) à la géographie concentrée dans le Guangxi, filiale stratégique de China Datang : en 2025–2026, les comptes s’élèvent quasi à flots sur des pluies favorables tout en gardant au bilan un reliquat thermique incompatible avec plusieurs politiques européennes d’investissement.
Voir la ficheHPSJ
Un stockage saisonnier « tout hydrogène » pour le pavillon qui se voulait autonome toute l’année : l’histoire s’est arrêtée au tribunal, pas au salon.
Voir la ficheMFA Oil
Coopérative agricole centenaire, MFA Oil a livré en 2025 le contre-récit d’une « bonne année business » : le patronage tient, les routes aussi, mais le bénéfice net a fondu et la branche solaire s’éteint.
Voir la ficheTopworth Metals ltd
De Nagpur à l’écran climatique européen, cette usine-là ne se prête pas au storytelling « vert » : elle sort d’une insolvabilité à neuf zéros, intègre directement le charbon dans son modèle, et traîne derrière elle un contentieux pénal ayant abouti à une condamnation judiciaire récente.
Voir la ficheAdularya Enerjİ Elektrİk Üretİmİ Ve Madencİlİk A.Ş.
Derrière un nom de société obscur se cache l’un des dossiers charbon les plus sensibles de Turquie : la mine et la centrale « mine-to-mouth » Yunus Emre, conçues par Adularya Enerji Elektrik Üretimi ve Madencilik A.Ş.** et désormais contrôlées par Doruk après la liquidation politico-financière de Naksan et la vente orchestrée par le TMSF.
Voir la fichescan energy
** Le nom « Scan Energy » fait encore tilt à Berlin comme service de bascule d’offres électricité–gaz.
Voir la ficheBinh Son Refining and Petrochemical Joint Stock Company
Filiale cotée du groupe pétrolier public, Binh Son Refining and Petrochemical (BSR) fait tourner la première grande raffinerie du pays à Quang Ngai.
Voir la ficheHrvatska elektroprivreda
Le géant public HEP a survécu à la tempête 2022-2024 en déployant l’hydro, le nucléaire slovène et les marchés d’achat — mais la facture est là : dette refinancée, thermique encore massive et gouvernance marquée par une succession brutale au sommet.
Voir la ficheAmerican Power & Light
American Power & Light (souvent AP&L) joue dans la gestion et la facturation d’électricité pour ensembles résidentiels ou projets immobiliers : installation de compteurs, procédures d’emménagement, eclairage public, lignes basse tension — un métier d’opérateur de services d’énergie en interface avec le réseau, pas celui d’un producteur ou d’un transporteur…
Voir la ficheAGENCE SPATIALE EUROPEENNE - ESA - ASE
L’Agence spatiale européenne (ESA) n’est ni une entreprise cotée ni un État : c’est le bras technique de vingt-trois pays européens au service d’une souveraineté spatiale dont l’angle « énergie » devient central avec le programme SOLARIS — à mi-chemin entre science-fiction industrielle et arbitrage budgétaire continental.
Voir la ficheGdz Elektrik Dağıtım A.Ş.
Concessionnaire d’électricité sur deux grandes provinces de la côte égéenne, Gdz Elektrik Dağıtım A.Ş.
Voir la ficheINSTYTUT GOSPODARKI SUROWCAMI MINERALNYMI I ENERGIA PAN
L’institut est un cerveau statistique et économique du couple « matières premières × électricité » en Pologne : publi-promoteur officiel PAN, financé par projets nationaux/européens et par des missions pour l’administration et l’industrie — au moment où Varsovie recompose vite son mix (EnR qui grignotent du charbon) mais garde encore un socle thermique…
Voir la ficheTaaleri Energia
Taaleri Energia, cheville ouvrière énergétique du groupe finlandais coté Taaleri Oyj, incarne une filière où l’« impact » climatique se mesure au gigawatt — et où la rentabilité affichée dépend encore fortement du calendrier des cessions et des plus-values comptables.
Voir la ficheOOO LUKOIL-Komi
L’entreprise objet de cette fiche n’est pas une startup climat : une filiale russienne d’amont pétrolier et gazier ayant pesé pendant des années sur le nord de la Fédération, avant d’être fusionnée dans LUKOIL-Perm et de disparaître comme personne morale distincte.
Voir la ficheCông ty CP Phú Thạnh Mỹ
La dénomination Công ty CP Phú Thạnh Mỹ, telle que fournie, ne se laisse pas rattacher à une entité unique, identifiée à coup sûr dans les bases accessibles depuis l’extérieur du Vietnam : IDENTITÉ À CLARIFIER.
Voir la ficheWaikokowai Wind Farm
Mercury NZ promet jusqu’à plus de 400 MW au nord du Waikato — le plus grand éolien envisagé dans le pays — mais le parc n’est encore qu’un chantier politique et réglementaire : consentement envisagé pour 2026, chantier plusieurs années après.
Voir la ficheLukoil Serbia
Lukoil Srbija (Belgrade) est la filiale serbe du groupe Lukoil : achat en gros et vente au détail d’hydrocarbures, ancrée dans un pays qui n’aligne pas son droit national sur les sanctions américaines contre Moscou, mais où les grandes opérations pétrolières restent exposées aux risques de conformité financière avec l’Office of Foreign Assets Control…
Voir la ficheJERA Co Inc
** Société née de la consolidation des filières thermiques de Tokyo Electric et Chubu Electric, JERA est devenu le premier producteur d’électricité du Japon.
Voir la ficheSmedvig
** Ce nom évoque encore les semi-submersibles de la mer du Nord et la fusion avec SeaDrill au milieu des années 2000.
Voir la ficheGreton
Le nom « Greton » circule dans votre base comme une entreprise des énergies renouvelables, sans pays ni rattachement vérifiable en ligne : dans cet état de dossier, la première obligation journalistique n’est pas le storytelling, c’est le contrôle d’identité.
Voir la fichePalisade Group
Palisade n’est pas un « opérateur réseau » au sens d’Enedis : c’est un gestionnaire d’infrastructures et d’actifs réels, raciné en Australie et présent en Amérique du Nord et en Europe.
Voir la ficheTourmaline Oil
Calgary ne crie pas : elle compte en boepd et en cash-flow.
Voir la fiche