Electricity of Vietnam
Le groupe public Vietnam Electricity (EVN), fréquemment cité sous l’intitulé « Electricity of Vietnam » dans les textes anglophones, est l’opérateur pivot d’un pays qui a vu sa capacité installée dépasser 87,6 GW en 2025, avec un modèle où l’État aligne croissance industrielle et sécurité d’approvisionnement.
À propos de Electricity of Vietnam
1. Modèle économique
EVN structure un monopole de facto sur le système électrique national : production, transport, distribution et vente au détail s’articulent autour du groupe détenu à 100 % par l’État, avec une chaîne industrielle massive — de l’ordre de 94 000 salariés selon les publications de groupe. Les revenus consolidés pour 2025 sont situés autour de 645,2 billions de VND (ordre de grandeur équivalent à plusieurs dizaines de milliards de dollars selon le taux de change), en progression de +10,3 % sur un an dans les synthèses journalistiques qui reprennent la conférence de clôture d’exercice. Une partie de l’équilibre du système repose aussi sur les importations d’électricité (voisins de la région), dont le régulateur et le groupe documentent la montée — 1 222 MW en 2024 selon le rapport annuel 2024-2025 publié côté EVN. En 2025, le groupe annonce être retourné à un résultat positif après le trou de trésorerie des années précédentes, tout en réclamant l’intégration de coûts d’exploitation-maintenance dans la tarification réglementée — signe que la marge opérationnelle reste politiquement codée.
2. Impact réel
Le mix récent du système, tel que le résument des médias spécialisés à partir des données officielles, reste fossile et hydro dominant : ordre de grandeur communiqué fin 2025 d’environ 32,1 % de charbon, 28,1 % d’hydroélectricité et près de 28 % d’énergies renouvelables non hydro, pour une capacité installée au niveau national voisine de 87,6 GW. Cette structure — charbon encore au cœur du dispatch — explique pourquoi, côté bilan carbone agrégé, la « transition » avancée par les plans nationaux coexiste avec des choix d’infrastructure à forte intensité CO₂ : la **synthèse de *Connaissance des Énergies* sur la montée du charbon et la nécessité d’une trajectoire bas-carbone donne un repère utile pour les lecteurs européens, même si le Plan climat français (PPE) ne s’applique évidemment pas au réseau vietnamien. Sur le terrain, les vagues de chaleur et la pression sur l’hydraulique ont déjà exposé la fragilité estivale de l’approvisionnement**, ce qui pousse le groupe à des campagnes d’économies d’énergie lors des pics de demande.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet infrastruture « dispatchable », EVN avance en parallèle sur le charbon neuf et le gaz. L’unité 1 de la centrale thermique Quang Trach 1 (supercritique, ensemble d’environ 1,4 GW) a été synchronisée au réseau national le 12 avril 2026, dans une logique de renfort de pointe avant la saison chaude. Simultanément, le volet GNL se cristallise avec un financement massif : prêt d’environ 1,13 milliard de dollars structuré début 2026 pour la partie Quang Trach II, puis marché EPC de 974 millions de dollars attribué à PowerChina et Lilama en février 2026 selon Reuters — alliance industrielle et bancaire qui ancre le gaz comme rampe technique entre charbon actuel et EnR intermittentes.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque réputationnel n’est pas théorique : en mars 2026, Reuters rapporte que des investisseurs étrangers évoquent des recours juridiques et un arbitrage possible sur environ 12 GW de vent et solaire, avec des sommes d’investissement évoquées au titre de la dizaine de milliards de dollars. En parallèle, la presse anglophone a relayé en 2026 une proposition de baisse rétroactive des tarifs d’achat renouvelable — chiffre de l’ordre de ~43 % pour une centaine de projets — au motif de non-conformité procédurale, ce qui heurte frontalement la promesse de stabilité contractuelle indispensable aux financements EnR. Sur le plan comptable, EVN a révélé des pertes cumulées massives sur 2022-2023 (ordre de grandeur 1,8 milliard de dollars évoqué dans la presse vietnamienne) et la nécessité d’une réforme tarifaire pour absorber le passif — dilemme où toute « transition » affichée se heurte à la réalité d’un prix régulé en retard sur le coût du combustible et du transport. Côté coopération européenne, l’ADEME intervient surtout sur l’efficacité dans le bâtiment avec les autorités vietnamiennes, piste indirecte de réduction de la courbe de charge plutôt que « label vert » dont EVN pourrait se prévaloir.
5. Positionnement stratégique
Le décideur politique fixe une contrainte de croissance : l’autorité EAV indique début 2026 une consigne pour EVN de hausser la production de plus de 15 % afin de soutenir une économie visant une croissance très élevée — objectif qui conforte les investissements thermiques et gaziers à court terme même avec une neutralité carbone 2050 rappelée dans les rapports de groupe. Dans ce couloir Etat-entreprise, EVN incarne à la fois bras armé de la souveraineté énergétique et prise de risque financière collective : la stratégie consiste à enchaîner grands projets fossiles « pour tenir le courant », tout en négociant sous pression internationale le prix des EnR déjà installées.
Verdict WattsElse
EVN n’est pas une « utility » comme une autre : c’est l’incarnation d’un compromis brut entre volts livrés et promesses tenues aux capitaux — et pour l’instant, les gigowatts en litige pèsent autant sur la transition que les gigowatts à l’étude sur le papier.
Sources : en.evn.com.vn · vietnamnet.vn · lecourrier.vn · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · en.vietnamplus.vn · reuters.com · reuters.com · reuters.com · world.infonasional.com · vietnamnet.vn · infos.ademe.fr · eav.gov.vn
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