TERSA
À la fois producteur régional d’« électricité à partir du territoire » et pompe industrielle urbaine sous le feu des tribunaux, le Grup TERsa incarne une espèce bien européenne : celle où la transition affichée côtoie des impératifs de traitement des déchets controversés.
À propos de TERSA
1. Modèle économique
Le groupe – structure à participation publique ancrée dans l’aire métropolitaine de Barcelone – combine la valorisation énergétique des déchets municipaux (incinération avec réseau de chaleur et production d’électricité), la gestion d’un parc photovoltaïque et, via la comercializadora Barcelona Energia, la vente d’électricité étiquetée renouvelable à des milliers de points de fourniture. La gouvernance reste municipale : fin 2024, le schéma actionnarial intègre treize municipalités après l’entrée de trois nouveaux conseils, selon la communication officielle sur la balance RSE 2024. Sur le plan humain, le site corporate indique plus de 300 professionnels (page d’accueil Grup TERsa). Selon les éléments disponibles en ligne sur les pages consultées, un chiffre d’affaires consolidé ou un résultat net 2024 n’est pas aisément extractible sans ouvrir l’ensemble des dépôts comptables que le groupe peut publier hors site web généraliste : nous ne les chiffrons donc pas ici pour éviter toute extrapolation.
2. Impact réel
Côté « bas carbone » mis en avant, le groupe revendique pour 2024 4 922 MWh d’électricité produite par 302 installations PV (+6 % en énergie vs 2023), et 273 714 MWh d’électricité 100 % renouvelable commercialisés par Barcelona Energia, avec 13 779 points de fourniture (+10 %) (communiqué Barcelona Energia 2024). À l’autre bout de la chaîne, la centrale de Sant Adrià de Besòs traite 319 374 tonnes de déchets en 2024 (mémoire de durabilité 2024) : c’est un volume massif de flux résiduels pris en charge, mais la question climatique et sanitaire n’est pas réductible au seul MWh vert des toitures. Dans un cadre européen, la place de l’incinération reste structurante mais contestée au regard de la hiérarchie des modes de traitement des déchets et des options de réemploi ; le panorama français de la filière, documenté par l’ADEME, permet de situer la valorisation énergétique sans en faire un substitut magique au réemploi. Connaissance des Énergies rappelle, pour sa part, que l’incinération n’est « pas la seule option » à l’échelle mondiale : un rappel utile quand un opérateur cumule incinérateur urbain et marketing d’électricité verte.
3. Innovations / partenariats
Le discours 2024 insiste sur la conformité au nouveau référentiel européen BREF pour les meilleures techniques disponibles (mémoire de durabilité 2024), et sur un plan de responsabilité sociétale 2024-2026 calé sur l’Agenda 2030 (balance RSE 2024). La mémoire est présentée sous normes GRI et avec vérification par un tiers indépendant, ce qui fixe un standard d’information non financière plus exigeant que le site seul (mémoire de durabilité 2024). Côté couplage énergétique local, les communications du groupe détaillent aussi l’augmentation de la production de vapeur livrée à un réseau de chaleur métropolitain (évoquée dans le même dossier presse que les tonnages traités à Sant Adrià), signal d’une logique « chaleur-électricité-déchets » très ancrée urbain.
4. Greenwashing / zones grises
La principale tension n’est pas rhétorique : elle est judiciaire et chiffrée. En juin 2025, *El Periódico* relate une amende de 20 001 € infligée par la Generalitat pour des « manquements informatifs » sur les données d’émissions, que le groupe conteste dans le même mouvement médiatique (article juin 2025) : voilà un écart mesurable entre discours de transparence et exigences réglementaires en matière de divulgation. En octobre 2024, l’audiencia de Barcelone a ordonné le procès pour un délit environnemental lié à la centrale (article octobre 2024), tandis qu’en mars 2025 le Tribunal suprême resserre l’instruction sur les températures de combustion et le risque dioxines (article mars 2025). Parallèlement, la pression politique locale s’accentue : en janvier 2025, la municipalité de Sant Adrià réclame un contrôle maximal et évoque la piste d’une fermeture ou relocalisation (article janvier 2025), et l’ex-président du groupe, Eloi Badia, est mentionné dans la couverture judiciaire des suites suprêmes (article janvier 2025 sur le pénal et la gouvernance). Autant de signaux qui obligent à lire les MWh renouvelables et les assignations au pénal comme un même bilan de réputation.
5. Positionnement stratégique
Pour un opérateur public métropolitain, l’enjeu est double : industrialiser la production d’électricité et de services sur bâtiments (PV, efficacité, commercialisation) tout en sécurisant le traitement des refus de tri – mission politiquement sensible dès lors que l’incinérateur est intra-urbain. Le plan RSE 2024-2026 et la comptabilité extra-financière GRI jouent la carte crédibilité vis-à-vis des actionnaires municipaux et des marchés européens de l’information non financière (balance RSE 2024). Mais le couloir judiciaire sur les dioxines et la sanction administrative récente imposent un autre tempo : celui où la stratégie « énergie verte du territoire » se heurte aux attentes de contrôle continu et de preuve devant juges et riverains.
Verdict WattsElse
Le Grup TERsa n’est pas une start-up PV : c’est une machinerie urbaine de déchets-électricité qui amplifie sa couche marché verte pendant que la chaudière de Sant Adrià alimente un contre-récit judiciaire avec des amendes et des audiences au pénal. Tant que feu courtois et feu judiciaire ne convergent pas sur les mêmes températures de lecture, chaque MWh « renouvelable » comptera double.
Sources : tersa.cat · tersa.cat · tersa.cat · tersa.cat · infos.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · elperiodico.com · elperiodico.com · elperiodico.com · elperiodico.com · elperiodico.com
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