Pétrole & Gaz

Energie Electrique de Tahaddart (EET)

Près de Tanger, la première centrale à cycle combiné au gaz du Maroc incarne vingt ans de production intensive…

« Première CCGT du Maroc futures trois fois plus puissante au gaz importé »

À propos de Energie Electrique de Tahaddart (EET)

1. Modèle économique

L’entité visée ici est bien Energie Electrique de Tahaddart (EET) : société marocaine créée pour financer, construire et exploiter la centrale de Tahaddart, dans une logique de producteur indépendant dont la valorisation repose sur la vente d’électricité au réseau — historiquement sous architecture de partenariat public-privé avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) comme pivot régulateur et acheteur naturel. Selon la présentation « actionnaires » encore visible sur le site corporate (structure Endesa / Siemens / ONEE avant les mouvements récents), le schéma classique d’IPP gazier reposait sur une répartition capitalistique minoritaire de l’État-marque et majoritaire d’investisseurs industriels ; ce tableau a été bouleversé par la finalisation, en avril 2025, du rachat par l’ONEE des parts détenues par Endesa et Siemens, mettant fin au bouquet historique du PPP (finalisation du rachat par l’ONEE). Les chiffres de chiffre d’affaires consolidé et d’effectif ne sont pas publiés de manière aisément vérifiable hors publications sociétaires locales non consultées ici : il convient donc de les traiter comme non disponibles publiquement dans cette fiche plutôt que d’estimer.

2. Impact réel

Le cœur du bilan environnemental est vertical : une centrale thermique au gaz dont la puissance nette annoncée est de 400 MW et qui a livré 42 627 GWh à l’ONEE entre la mise en service en 2005 et fin 2023, avec 7 438 millions de Nm³ de gaz naturel brûlés sur la même période (chiffres clés officiels). EET revendique un rendement de 56 %, présenté comme le meilleur du parc thermique national, et une communication sur 13 millions de tonnes de CO₂ « évitées » depuis 2005 par rapport à une production équivalente au charbon — indicateur utile pour le benchmarking thermique, mais non équivalent à une empreinte nette nulle ni à une trajectoire compatible avec un mix sans combustion fossile (même page chiffres clés). Un photovoltaïque de 32 kWc « pour site » illustre une diversification symbolique (quelques dizaines de MWh/an selon la fiche), sans changer l’ordre de grandeur du bilan carbone du complexe (chiffres clés). Rattacher cette réalité au cadre français PPE3 ou aux fiches ADEME sur la France serait mal calibré : la lecture pertinente reste celle du mix marocain (pression ENR côté stratégie nationale, résidu gazier côté firme).

3. Innovations / partenariats

Sur le plan technique, la trajectoire récente passe par la modernisation du contrôle-commande (migration vers SPPA-T3000 Siemens, mise à niveau SFC/SEE) et une révision turbines présentée comme source de gain de puissance et de gain de rendement (historique et projets). Côté géopolitique industrielle, mai 2025 voit un accord de consortium incluant Taqa Morocco, Nareva et des financeurs marocains avec l’ONEE pour un train de projets énergétiques et hydrauliques à très grande échelle ; les communiqués internationaux soulignent aussi la perspective d’acquisition conjointe de la centrale existante et de développements adjacents (accord Taqa–Nareva–Maroc ; synthèse partenaire Maroc–Émirats](https://northafricapost.com/95371-morocco-and-uae-deepen-strategic-partnership-in-desalination-clean-energy.html)). En mars 2026, Médias24 précise un dépôt de projet de concentration visant au moins 85 % du capital d’EET à parts égales (42,5 % / 42,5 %) et la création d’une coentreprise pour une nouvelle CCGT « Tahaddart 2 & 3 » annoncée entre 1 000 et 1 400 MW (dépôt au Conseil de la concurrence).

4. Greenwashing / zones grises

La principale zone grise n’est pas rhétorique : elle est capacitaire. Le360 décrit en 2025 un méga-projet maroco-émirati d’environ 1 milliard de dollars pour porter le complexe de 400 MW à 1 500 MW avec deux unités supplémentaires, avec une échéance 2028–2029 selon la narration journalistique — soit un verrouillage gazier chiffré au regard des promesses de transition (méga-projet Tahaddart II–III). Sur l’approvisionnement, la presse économique espagnole relie Tahaddart au jeu du Gazoduc Maghreb–Europe et à la nécessité de flux inversés / GNL via l’Espagne après la rupture des flux algériens — une dépendance prix et diplomatique, pas seulement technique (analyse El Economista). Enfin, la notification au Conseil de la concurrence sur un contrôle conjoint Taqa/Nareva illustre un risque de concentration verticale et horizontale sur la production, qui invite à distinguer discours « transition » et structure de marché (notification concentration).

5. Positionnement stratégique

EET se positionne comme colonne vertébrale nord du réseau marocain : la couverture journalistique internationale évoque une part approchant 10 % de la demande nationale, ce qui explique l’intérêt stratégique des fonds souverains et utilités pour sécuriser le GW plutôt que le MW décoratif (couverture nationale). Médias24 (avril 2026) cadre Taqa Morocco dans une montée en puissance de 2 GW à 8 GW « d’ici 2030 », où l’acquisition d’EET apparaît comme pièce d’un cycle d’investissement massif, au-delà du simple actif historique (échelle Taqa Morocco 2030). Dans ce paysage, l’ONEE joue le rôle de pont institutionnel entre souveraineté énergétique affichée et capitaux du Golfe.

Verdict WattsElse

Tahaddart n’est plus une footnote du PPP ibérique : c’est un pari gazier XXL sur fond de flux GNL et de deals souverains. Si le rendement turbine peut être vert sur une fiche ISO, la trajectoire gigawatt annoncée peint le mix en orange.

Sources : zonebourse.com · eet.ma · eet.ma · reuters.com · medias24.com · fr.le360.ma · eleconomista.es · aujourdhui.ma · eleconomista.es · medias24.com

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