Electra Navasturen S.A.
Une TPE familiale des Pyrénées produit de l’électricité depuis plus de vingt ans, mais ses comptes reflètent deux ans de retrait brutal du chiffre d’affaires et un changement de gouvernance en janvier 2025.
À propos de Electra Navasturen S.A.
1. Modèle économique
Electra Navasturen S.L. — et non la forme S.A. constatée dans les bases mercantiles consultées — exerce avant tout la production d’énergie hydroélectrique (CNAE espagnol 3515), avec des objets statutaires élargis au solaire et à l’éolien selon les annuaires, sans qu’un mix détaillé par filière soit public à ce stade pour cette microstructure. Le siège se situe en Navarre (vallée du Baztan, adresse recensée place Braulio Iriarte à Elizondo/Baztan selon Einforma et Cinco Días). L’effectif déclaré est d’ordre de deux salariés en 2024, avec un capital social minimal (fourchette inférieure à quelques milliers d’euros), ce qui cadre avec une vocation de producteur-autoconsommateur d’actifs très localisés plutôt qu’avec une plateforme d’investissement. Les agrégateurs de comptes publiques font état de baisses violentes du chiffre d’activité mesurées par les ventes sur les exercices récents, et d’un recul du chiffre d’affaires en 2024 d’après une autre fiche ; wattsélectriques disponibles ou volumes vendus en MWh ne sont pas aisément isolables hors dépôt comptable intégral, que nous ne reproduisons pas ici sans accès primaire au bilan complet.
2. Impact réel
L’activité documentée est la génération d’électricité à partir d’une source renouvelable (hydraulique), donc avec des émissions directes de production faibles au sens opérationnel de la centrale. En l’absence de rapport RSE ou de fiche environnementale publique spécifique à la société, on ne peut pas attribuer à Electra Navasturen un quota de CO₂ évité certifié ou un pourcentage de la production renouvelable navarraise : ces agrégats relèvent normalement du reporting régional ou des registres de garanties d’origine. Le contexte pourtant est clair : la Navarre voit la part des renouvelables bondir dans l’électricité générée en 2024, signal que le territoire accélère la décarbonation du mix électrique — ce qui n’efface pas la difficulté d’une micro-centrale isolée à convertir la pluviométrie favorable en marge nette.
3. Innovations / partenariats
Selon les éléments disponibles en ligne, Electra Navasturen n’affiche pas de site corporate détaillant des brevets, levées de fonds ou contrats publics majeurs ; la traçabilité repose surtout sur les annuaires mercantiles et la presse économique généraliste. Les projets européens portant l’acronyme « ELECTRA » dans d’autres régions (par exemple des travaux sur micro-réseaux référencés sur des portails autonomes) ne permettent pas, sans listing explicite du partenaire, d’attribuer à cette S.L. une participation documentée — on reste donc sur un profil de producteur patrimonial plutôt que sur un acteur de R&D ouvert.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal signal n’est pas le marketing « vert » mais la structure de revenus exposée au cadre tarifaire espagnol : le contentieux R/AJ/0165/14 de la CNMC porte sur la contestation de la liquidation définitive des primes et incitations équivalentes pour l’exercice 2013, rappelant à quel point la rentabilité des petits producteurs a longtemps reposé sur des mécanismes administratifs contestables a posteriori. Parallèlement, les séries publiées par le classement El Economista indiquent des variations de ventes de -34,24 % en 2023 puis -20,63 % en 2024, soit une contraction brutale sur deux exercices consécutifs — chiffre objectivable, distinct de toute promesse climatique. Ce n’est pas du greenwashing au sens publicitaire ; c’est une dépendance structurelle aux prix de marché et à l’héritage réglementaire, avec une capitalisation trop faible pour absorber durablement ce type de choc sans recapitalisation ou cession d’actifs. Aucune fiche ADEME, aucune analyse Connaissance des Énergies ou focus PPE3 sur cette entité précise n’a été repérée : ce silence relève plus de l’échelle minimale que d’une stratégie de communication.
5. Positionnement stratégique
Classée autour de la 86ᵉ-87ᵉ place nationale du segment hydroélectrique dans les classements agrégés (un rang « haut » pour une TPE à deux salariés, qui souligne surtout la fragmentation du secteur espagnol), la société incarne le long traîne des producteurs EnR coincés entre la concurrence des parcs éoliens et photovoltaïques en croissance et la pression sur les revenus run-of-river. Le BORME du 16 janvier 2025 consigne le départ coordonné des anciens administrateurs solidaires et l’arrivée d’un administrateur unique, signal de recomposition familiale à surveiller pour la suite des investissements ou cessions éventuelles.
Verdict WattsElse
Electra Navasturen S.L. est une pièce d’horlogerie du territoire navarrais, pas une vitrine ESG : son histoire récente se lit surtout en variations de ventes à deux chiffres négatifs et en contentieux de primes, pas en slogans climatiques. Pour résumer le paradoxe : une électricité propre sur le réseau, une trésorerie qui, elle, n’a rien d’une rivière en crue.
Sources : cincodias.elpais.com · einforma.com · ranking-empresas.eleconomista.es · infonif.economia3.com · navarra.es · cnmc.es · boe.es
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Sinopec Guangzhou Company
** Ce n’est pas un producteur électrique à la française : sous l’étiquette « production électrique » se cache surtout une citadelle de raffinage et de pétrochimie qui industrialise l’hydrogène « pile à combustible » et s’aligne sur le pivot bas-carbone du groupe Sinopec.
Voir la ficheKorea Southern Power
Le géant méconnu qui fait tourner la Corée du Sud au charbon et au GNL affiche hydrogenes, obligations vertes et classements ESG…
Voir la ficheGuernsey Electricity
Guernsey Electricity tient d’un fil — littéralement.
Voir la ficheElf Aquitaine
Elf sonne comme une épopée nationale — Lacq, la conquête de l’amont, l’opération d’influence d’un champion « à la française » —, mais aujourd’hui le nom n’est plus un bilan comptable : c’est une marque vive de lubrifiants, des circuits de compétition et, derrière, un groupe côté bourse dont les résultats 2025 restent d’abord ceux d’un producteur pétrolier…
Voir la ficheKingelstad Vind AB
À Landskrona, Kingelstad Vind AB apparaît comme une coquille de projet sur la côte ouest de la Scanie : utile sur le papier, peu bavarde en public, et suspendue à des autorisations où le local pèse autant que la technique.
Voir la ficheLeroux & Lotz Technologies (LLT)
Spécialiste français des chaudières biomasse et valorisation énergétique, entre tradition industrielle et révolution verte… avec un pied dans les deux mondes.
Voir la ficheFlorida Reliability Coordinating Council
Ce n’est pas un producteur d’électricité : le Florida Reliability Coordinating Council (FRCC) est le coordinateur de la fiabilité du réseau de transport en Floride péninsulaire depuis 1996, avec des sièges à Tampa.
Voir la ficheSundog Solar
Installateur solaire de longue date, Sundog Solar vend surtout l’électricité moins chère et l’indépendance vis-à-vis du réseau sur une portion du Maine côtier et central.
Voir la ficheUK CENTRE FOR ECOLOGY & HYDROLOGY
L’UK Centre for Ecology & Hydrology n’est pas une « start-up climat » : c’est une organisation caritative de recherche environnementale, ancrée à Wallingford (Angleterre), qui vit surtout de la commande publique.
Voir la ficheQuintero Energía
Producteur électrique né en 2024 au Chili, Quintero Energía a bouclé en janvier 2025 le rachat pour 5 millions de dollars des deux dernières unités charbon du complexe Ventanas.
Voir la ficheKIWA
En 2024, Kiwa dépasse le seuil symbolique du milliard et demi d’euros de chiffre d’affaires en capitalisant sur la densification des normes autour de l’hydrogène, des réseaux et des infrastructures sous pression.
Voir la ficheBakony
Sous l’étiquette « Bakony », la production électrique ne renvoie pas au massif hongrois mais à Bakonyi Erőmű Zrt., la centrale d’Ajka (Hongrie), aujourd’hui dans le périmètre Veolia : gros bloc biomasse et chauffage urbain, sous le regard d’un voisinage qui a déjà traduit irritation et inquiétude en presse et procédures.
Voir la ficheVistra
Vistra n’est pas une start-up du nettoyage électrique : c’est un géant intégré américain qui vend du courant à des millions de foyers tout en pilotant une flotte gigantesque, où le gaz domine et où le nucléaire redevient soudain l’atout « bas carbone » des hyperscalers.
Voir la ficheEólica Cabezo San Roque, S.A.
Le nom sonne comme une ligne sur une carte d’Aragon, mais Eólica Cabezo San Roque, S.A.
Voir la ficheEDF Renewables Mexico
La filiale mexicaine du groupe EDF a bâti un bouquet d’éoliennes et de solaire sur l’isthme de Tehuantepec et au nord du pays, mais son signal le plus net, en 2026, est un retrait forcé : 300 MW qui ne verront pas le jour.
Voir la ficheEEE
Plusieurs structures françaises partagent le sigle « EEE » ; pour le couple Réseaux & Distribution / activité d’ingénierie et de construction d’infrastructures, l’entité pertinente est l’Entreprise d’électricité et d’équipement à Nîmes (SIREN 700200231, code NAF 4222Z), connue commercialement sous la marque Omexom dans l’écosystème VINCI Energies.
Voir la fichePARQUE EOLICO EL ARRAYAN SPA
Au pied du parc national Fray Jorge, 115 MW d’éolien promettent du courant « propre » à la minera et au réseau — mais en octobre 2025, la Superintendencia del Medio Ambiente (SMA) a notifié quatre charges au titulaire de la résolution de qualification environnementale.
Voir la ficheRusPetro
Producteur « indépendant » sur un morceau stratégique du gisement de Krasnoleninsk, en Sibérie occidentale, RusPetro a incarné pendant des années la promesse d’un pétrole russe empaqueté pour les investisseurs londoniens — avant la déroute judiciaire, la prise de contrôle bancaire et, fin 2023, le rachat des actifs opérationnels par le groupe d’Eduard…
Voir la ficheR&B Vindkraft AB
Une société cotée sous ce nom existe dans les annuaires suédois, au cœur d’un bastion éolien de l’Östergötland.
Voir la ficheNational Energy System Operator
Le National Energy System Operator n’est ni un producteur ni un propriétaire de lignes : c’est le cerveau qui fait tenir la balance électrique à la seconde près tout en réécrivant les règles du jeu pour des files d’attente de raccordement devenues ubuesques.
Voir la ficheAkfen
Le groupe trace une trajectoire de « pur player » renouvelable à grande échelle : 887 MW au compteur fin 2025 et une production qui dépasse 1,6 TWh sur l’année.
Voir la ficheEnel Distribuție Muntenia
Enel Distribuție Muntenia désigne l’ancienne enveloppe juridique du concessionnaire de réseau MT/BT qui dessert Bucarest et la Muntenia Sud — en réalité une société roumaine, pas une « homonymie » hors-zone.
Voir la ficheVINCI Énergies Maroc
Spécialiste marocain des infrastructures électriques et industrielles, ou comment marier haute technologie et béton bien ancré dans le sol.
Voir la ficheVRG Phu Yen JSC.
Une antenne hydroélectrique dans une province du Centre, accrochée à un géant du caoutchouc en quête de « vert » : le cocktail fait grimper les compteurs en 2025, tout en rappelant que la transition passe aussi par la gouvernance du capital — au niveau du groupe, pas seulement des turbines.
Voir la fiche