Eviny
Le profit explose alors que les investisseurs publics bergenois engrangent des dividendes inédits ; en parallèle, un projet éolien de 1,5 milliard de couronnes s’effondre sous la contestation locale.
À propos de Eviny
1. Modèle économique
Eviny (synthèse de la structure et des actifs hydro) est un groupe d’origine bergenoise centrée sur production hydroélectrique intensive (~7 TWh annuels sur un parc étendu jusqu’aux fjords entre Sognefjorden et Hardangerfjorden selon Wikipedia) et réseaux de distribution. L’organisation revêt la forme d’un holding (Eviny AS), avec une filiale emblématique intégrée au récit des investissements réseau : BKK (voir la logique capex infra chez ce fournisseur de réseau de la même région : investissements dans le réseau). Les flux financiers reposent avant tout sur la commercialisation à prix de marché : en troisième trimestre 2025, le groupe rapporte ainsi 1,7 TWh produits dans la branche hydro et une valorisation dépassant la moyenne sur la zone prix NO5. Les données consolidées officielles indiquent un CA brut de 11,0 milliards NOK, un résultat consolidé positif, des capitaux propres de 17,4 milliards NOK, un bilan de 49,3 milliards NOK, et un dividendes proposés pour 2025 de 1,103 milliard NOK — le tout communiqué sur la page financière du site (les rapports détaillés sont en norvégien). L’effectif précis récent n’a pas été repéré dans les extraits courts en ligne ; un ordre de grandeur public antérieur (ordre millier selon encyclopédies publiques) reste indicativement plausible pour un groupe intégrant production et grids.
2. Impact réel
Le cœur métier est avant tout une pile hydraulique domestique, technologie à faibles émissions de gaz à effet de serve par kWh lorsqu’on la compare aux mix thermiques. La société présente ainsi un portefeuille typiquement quasi-exclusivement hydro du point de vue de sa marque véhiculaire, avec du vent dans le mix via acquisitions — des rapports d’agence de notation mentionnaient par exemple une trajectoire de production autour de 7–9 TWh selon les années et le périmètre rapport de notation. Le climat / biodiversité est abordé côté groupe via des objectifs « nature » publics (par ex. lancement d’objectifs nature 2025) et des communications sur la restauration de portions de terrains impactés — la traduction en « impact net positif » reste à mesurer par des indicateurs biologiques indépendants, non consultables ici en détail. Aucun chiffre public ADEME ou PPE3 ne s’applique directement à cette entreprise : le cadre norvégien et la politique climatique de l’UE concernent plutôt les bilans nationaux ou les grands opérateurs paneuropéens.
3. Innovations / partenariats
Le pipeline d’extension hydro reste structurant : le rapport annuel 2025 annonce plus de 500 MW de projets hydro en phase de demande de concession — un signal de course à l’actif sur des sites sensibles. La mise en service de Tverrelvi (communiqué centrale Voss) ajoute 41 GWh/an de production. Côté international, Statkraft et Eviny ont cédé leurs parts dans Himal Power Ltd au profit d’un partenaire népalais — un arbitrage de portefeuille hors Europe. La gouvernance réunit des profils issus de Statkraft (43,44 % des parts, tableau des actionnaires), de la ville de Bergen et d’une mosaïque de communes côtières.
4. Greenwashing / zones grises
Les critères ESG réglementaires type CSRD ne se substituent pas ici à la lecture géopolitique locale : groupe non coté, Eviny diffuse surtout un discours nordique de sobriété capitalistique. Le risque n’est pas tant le charbon résiduel (quasi inexistant dans le périmètre hydro typique norvégien) que le légitime scepticisme face aux promesses « zéro perte nette » lorsque de nouvelles prises hydrauliques et des routes d’accès percent des paysages déjà domestiqués puis « sauvés » par slogan. L’abandon à Vindafjord–Måkafjellet illustre un second risque stratégique : l’acceptabilité peut renverser un business plan milliardiste ; les mentions de flambeaux et de craintes sur la valeur du logement dans la presse locale confirment que le vert scandinave n’est pas consensuel. Enfin, la sensibilité au prix spot (cf. communiqué Q3 2025) signifie que des marges record ne garantissent pas la stabilité des revenus futurs.
5. Positionnement stratégique
La stratégie « 100 sur 10 » vise 2,5 TWh de nouvelles capacités renouvelables d’ici le milieu des années 2030 et une hausse de puissance substantielle sur dix ans — une ambition affichée dans les matériaux corporate (référencés par le pack de veille et le rapport annuel 2025). Elle se heurte toutefois à un verrou municipal et à une opposition citoyenne structurée sur l’éolien terrestre, ce qui pousse le groupe à temporiser sur certains linéaires de vent tout en poussant l’hydro et le réseau (rappel : 1,1 Md NOK de capex réseau côté BKK en 2025 selon la filiale). La direction, menée par Ragnhild Janbu Fresvik (équipe dirigeante), devra arbitrer entre actionnaires publics friands de dividendes et territoires prêts à dire non.
Verdict WattsElse
Eviny n’est pas un cas d’école pour la transition française : c’est un producteur hydro à capital partiellement public qui transforme des fjords en cash-flow pour des maires actionnaires, tout en découvrant que le renouvelable n’est adopté que s’il est politiquement digeste. En clair : le vert norvégien paie, mais uniquement là où le socle accepte la facture.
Sources : en.wikipedia.org · eviny.no · bkk.no · kommunikasjon.ntb.no · eviny.no · scopegroup.com · eviny.no · eviny-frontend.eviny.no · eviny.no · globenewswire.com · nrk.no
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Ville de Vevey
Vevey ne joue pas la start-up : c’est une collectivité qui transforme ses toits, ses réseaux et sa gouvernance énergétique.
Voir la ficheInversiones Renomosa, S.L.,
** Derrière un nom de société minimaliste et un capital de poignée d’euros se cache l’empreinte d’une grande régie suisse dans une centrale thermosolaire à Fresnel — un actif technique spectaculaire, mais pris en tenailles entre réforme des rémunérations de l’électricité renouvelable et frictions locales sur l’accueil des « macro » solaires en région…
Voir la fichePGE Górnictwo i Energetyka Konwencjonalna SA
À Bełchatów et Turów comme à Dolna Odra, elle incarne encore la partie « vieille énergie » de PGE.
Voir la fichePecamsa
Derrière l’acronyme se cache l’un des visages les plus « première génération » de l’éolien espagnol : deux parcs de province de Guadalajara, des turbines Gamesa au profil d’escrimeur face à l’ère du repowering à 4,5 MW.
Voir la ficheNational Coke & Oil
Le nom ressemble à une chaîne d’approvisionnement tout droit sortie du XXᵉ siècle : le « coke » (souvent le coke de pétrole, pétrocoke) côté raffinage, le « pétrole » côté fluides.
Voir la fichePLN Cilegon Generation Unit
À Margasari, dans l’industriel Banten, une centrale à cycle combiné au gaz alimente Java-Bali quand le réseau tend la corde.
Voir la ficheBiogazownia Ostrzeszów
Sous l’étiquette « Biogazownia Ostrzeszów », une installation agricole d’environ 1 MW affiche des comptes en forte accélération — au moment où la grande plaine de Wielkopolska s’embrase sur le calendrier des projets, les transports de lisier et le jeu des seuils réglementaires.
Voir la ficheInternational Data Group (Sweden)
La filiale suédoise de l’un des noms qui ont fabriqué la presse informatique n’est plus le même bloc économique : les comptes 2024 crient la déprise, alors que le groupe IDG Inc.
Voir la ficheSydkraft
Le nom évoque encore l’ère des intégrées régionales ; aujourd’hui, Sydkraft AB incarne surtout la « boîte Suède » d’Uniper : nucléaire, hydro, thermique de réserve — autant d’actifs qui fabriquent du courant et du réglage, pas des lignes moyenne tension chez le particulier.
Voir la ficheBosen Enerji
À Nilüfer, près de Bursa, Bosen Enerji Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Bình Điền
Centrale vietnamienne de taille modeste mais stratégiquement située à l’amont du bassin versant de Hue, cette société incarne une électrification quasi entièrement à base de retenue.
Voir la fichePTML
L’acronyme PTML n’est pas une licorne digitale du photovoltaïque : dans la filière solaire thermique, il désigne des collecteurs à plaques que fabrique un équipementier italien né au milieu des années 1970, loin des homonymes télécoms ou portuaires.
Voir la ficheStiftung Energie & Klimaschutz Baden-Württemberg
Think tank sans production : la fondation badeno-wurtembergeoise invite débats et médias sur l’avenir énergétique, tout en étant structurée autour d’EnBW et de son écosystème.
Voir la ficheGoogle Fiber
À quatorze ans du déploiement à Kansas City, le service fibre longtemps assimilé au « laboratoire Google » se rebaptise officiellement GFiber, verrouille un standard multi-gigasymétrique et passe sous contrôle majoritaire du fonds d’infrastructure Stonepeak, Alphabet ne conservant qu’une part minoritaire.
Voir la ficheUrretxuko Ekiola S.COOP.
Elle promet le plein écran solaire pour 650 à 700 foyers du Goierri, avec 1,25 MWc sur le papier et un ticket d’entrée affiché autour de 1 500 €.
Voir la fichePawan Danavi
Kalpitiya, sur la côte ouest du Sri Lanka, abrite depuis plus d’une décennie l’un des visages domestiques de l’éolien : Pawan Danavi (10,2 MW de turbines Gamesa) injecte chaque année autour de 30 GWh sur le réseau.
Voir la ficheBonny Gas Transport
Filiale bermudienne de Nigeria LNG, Bonny Gas Transport Limited (BGT) porte tout le paradoxe du GNL contemporain : méthaniers modernisés et discours transition, alors que la chaîne d’approvisionnement reste tributaire du gaz fossilile et traverse des ruptures juridiques et sociales bien documentées à l’échelle du producteur-parent.
Voir la ficheAramco Financial Services Company
Aramco Financial Services Company (AFSC) n’est pas une banque au sens grand public : c’est une pièce réglementaire du gigantesque empire Aramco, là où le pétrole doit entrer aux États-Unis sous contrôle de la garde côtière.
Voir la ficheHub Communication
Le libellé « Hub Communication » recouvre aujourd’hui une collision d’identités : en France, une marque lyonnaise de conseil et de création portée par une SAS de taille intermédiaire ; en sources ouvertes transatlantiques, une référence brevétée à des réseaux satellitaire et terrestre détenue par un acteur américain—noté sous un intitulé technique—sans lien…
Voir la ficheLLC "Hevel" (Hevel Solar Group of companies)
Le groupe Hevel (souvent désigné comme Hevel Solar Group of companies, avec une entité opérationnelle type LLC « Hevel ») est le visage industriel de la filière photovoltaïque intégrée en Russie : cellules, modules, EPC, puis exploitation de parcs — ce n’est ni un homonyme occidental ni une petite structure locale opaque : le site corporate anglophone et la…
Voir la ficheUNIBZ
L’université libre de Bozen-Bolzano (unibz), trilingue et implantée à Bolzano depuis 1997, n’est pas un producteur d’électricité : la matière, ici, c’est la recherche, la formation et la commande publique européenne.
Voir la fichePuRE Carbon Capture
Dans la grande foire du captage carbone, PuRE joue une partition plus discrète et plus technique: s’attaquer aux fumées industrielles faiblement concentrées en CO2, là où beaucoup de solutions deviennent vite trop coûteuses.
Voir la ficheYPF Luz
Première partie du nom promet la « lumière », la courbe réelle encore surtout du gaz sous le capot thermique ; en parallèle, la société enfonce le pédales des PPAs industriels et des méga-parcs RIGI sous le drapeau d’UNE filiales génération d’YPF SA.
Voir la ficheGrupo Aldesa
Le portefeuille solaire et éolien s’élargit, les contrats s’accélèrent après des années de restructuration, mais Aldesa incarne désormais un cas d’école : infrastructures vertes européennes, capitaux quasi exclusivement chinois, et narration climat très « compensation ».
Voir la fiche