Element Power
Selon les éléments disponibles, l’entreprise visée est très probablement Element Power RE / Element Power Group, développeur de projets renouvelables basé entre Sofia et Vienne, actif surtout dans le solaire utility-scale en Europe centrale et orientale.
À propos de Element Power
1. Modèle économique
Le site corporate d’Element Power décrit un modèle de cycle complet, de la prospection foncière jusqu’à l’exploitation, en passant par le montage financier et la négociation de PPA. Ce positionnement de développeur-structurateur se confirme dans la JV Enery Element, créée en juin 2020 avec Enery Development, qui sert de plateforme de développement en Europe centrale et orientale. Les revenus réels, l’effectif et le chiffre d’affaires d’Element Power ne sont pas publiquement documentés dans les sources ouvertes consultées; aucun rapport investisseur ni document CSRD/RSE librement accessible n’a été trouvé.
En revanche, les signaux business sont nets. En octobre 2024, la JV a livré à Tsenovo, en Bulgarie, une centrale solaire de 113 MW capable de produire 177 GWh par an sous contrats long terme. En août 2025, HELLENiQ ENERGY a racheté à Element Power Group un projet photovoltaïque ready-to-build de 123 MWp dans la région de Haskovo, avec option de stockage de 90 MW / 180 MWh. Et côté pipeline, le projet Gabare en Bulgarie, développé par Enery Element, a attiré OMV Petrom sur une base de 400 MW et 200 millions d’euros d’investissement prévus.
2. Impact réel
L’impact climatique d’Element Power est concret quand les projets sortent de terre. Le cas le plus documenté est Tsenovo: 177 GWh annuels et 80 528 tonnes de CO2 évitées par an. Ce n’est pas anecdotique dans une région encore exposée au charbon, au gaz importé et à des réseaux en tension. L’entreprise se situe donc clairement dans le camp des accélérateurs de décarbonation électrique.
Le vrai sujet n’est pas de savoir si le solaire a un rôle à jouer: il l’a, et massivement. La PPE3 française fixe d’ailleurs une cible de 48 GW photovoltaïques en 2030 et de 55 à 80 GW en 2035, signe que toute l’Europe cherche à empiler rapidement des mégawatts bas carbone. Mais l’impact réel d’un développeur comme Element Power dépend aussi de la qualité d’implantation de ses parcs. L’ADEME rappelle que les centrales au sol peuvent avoir des incidences significatives sur les sols et la biodiversité si la séquence éviter-réduire-compenser est traitée comme une formalité.
3. Innovations / partenariats
L’innovation chez Element Power n’est pas une promesse de laboratoire; c’est une ingénierie de montage. Sa valeur tient dans la combinaison permis-raccordement-financement-offtake, avec une logique de “grid intelligent” revendiquée par le site Element Power. Le partenariat le plus structurant est évidemment Enery Element, qui a permis de faire émerger Tsenovo et d’industrialiser une plateforme régionale.
Deux mouvements récents donnent la mesure du positionnement. D’un côté, Tsenovo sécurise des acheteurs industriels via PPA, dont Orange Romania Group, Dreher Breweries et KCM AD. De l’autre, le projet Gabare fait entrer OMV Petrom au capital, avec une option de BESS jusqu’à 600 MWh. Le message est limpide: pour rester bancable en 2025, le solaire doit se vendre avec du contrat et, de plus en plus, avec du stockage.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier angle mort est la transparence. Aucun chiffre public facile d’accès sur le CA, l’effectif consolidé, les capex propres ou un reporting CSRD autonome n’a été trouvé. Pour une société qui se place au coeur de la décarbonation régionale, cette opacité limite l’évaluation indépendante de sa gouvernance, de sa chaîne d’approvisionnement et de ses impacts hors CO2.
Le deuxième point de friction est plus stratégique. Le grand projet Gabare embarque OMV Petrom, groupe qui assume encore une forte base hydrocarbures et défend la complémentarité entre gaz et renouvelables. C’est économiquement logique, mais narrativement glissant: le solaire devient aussi un outil de verdissement de majors fossiles. Enfin, l’essor du photovoltaïque en Europe se heurte déjà aux prix négatifs de l’électricité et à la chute de sa valeur captée: sans flexibilité, batteries et demande pilotable, additionner des MW ne suffit plus.
5. Positionnement stratégique
Element Power est bien placé sur le bon segment du marché: les projets prêts à construire dans une Europe du Sud-Est encore sous-équipée mais désormais très convoitée. La séquence 2024-2025, entre mise en service à Tsenovo, cession à HELLENiQ ENERGY et ouverture du capital de Gabare à OMV Petrom, montre une société capable de faire maturer puis monétiser des actifs dans un contexte de forte demande régionale.
La question n’est plus l’accès au marché. La question est la suivante: Element Power saura-t-elle rester un développeur solaire à forte valeur, ou deviendra-t-elle un simple pourvoyeur de pipeline pour grands énergéticiens mieux capitalisés?
Verdict WattsElse
Element Power n’est pas une marque solaire flamboyante; c’est plus intéressant que ça. C’est un fabricant d’actifs dans une Europe qui veut du bas carbone vite, mais qui découvre que le vrai nerf de la guerre n’est plus seulement le mégawatt: c’est la flexibilité.
Sources : element-power.eu · enery-element.eu · enery.energy · helleniqenergy.gr · balkangreenenergynews.com · budget.gouv.fr · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
KivuWatt Limited (ContourGlobal)
La centrale pompe un gaz piégé dans les profondeurs du lac pour alimenter le réseau rwandais ; elle incarne aussi un pari techno-industriel à l’échelle mondiale : transformer un risque naturel massif en revenus de production d’électricité, sous le drapeau d’une filiale cotée-sur-marchés du groupe américain désormais porté par le capital privé.
Voir la ficheMitsui Engineering & Shipbuilding/Mitsui Fudosan Oita Solar Power Plant
À Ōita, un même panneau porte deux logos « Mitsui » qui ne lisent pas la transition au même pied : l’immobilier pilote des PPAs géants pour ses centres ; le chantier naval, lui, engrange encore la métrique du moteur diesel — tout en posant les jalons ammoniaque.
Voir la fichePT Sulawesi Mining Investment
Dans le creuset d’IMIP, PT Sulawesi Mining Investment incarne le pari indonésien sur le nickel batteries et l’acier inox — avec, en toile de fond, un outil électrique captif que les bases de données sectorielles situent à 2 080 MW de charbon pour ses besoins industriels.
Voir la ficheSukkur Electric Supply Company
Le distributeur qui dessert la région de Sukkur incarne la fragilité du maillon distribution au Pakistan : régulateur sévère, auditeurs sur les factures, pertes financières abyssales — tout en étant désigné comme pilote d’un plan de sauvetage multilatéral sur fond de smart grids et de résilience climatique.
Voir la ficheCegelec
Cegelec ne vend pas une promesse verte en kit: il vend des chantiers, des automatismes, du CVC, de la sûreté, de la maintenance et des infrastructures critiques.
Voir la ficheBulane
Pionnier français du « gaz électrique », Bulane vend de l’autoproduction d’hydrogène pour flammes industrielles et hybridation de combustions — avec un catalogue d’électrolyseurs qui monte jusqu’au mégawatt.
Voir la ficheHongsa Power Company Limited
Hongsa Power Company Limited incarne bien la JV mine‑bouche Lao du complexe nord‑occidental : des gigawatts exportés hors frontière, une concession qui court encore jusqu’à la décennie 2030‑2040, et un dossier santé désormais investi au niveau d’institutions thaïlandaises alors que stratégie charbon groupe et plaintes transfrontière se croisent sous les…
Voir la ficheAlholmens Kraft
** À Pietarsaari (Ostrobotnie), cette cogénération revendique la plus grande centrale au monde alimentée aux biocombustibles — électricité, vapeur pour la papeterie voisine et réseau de chaleur.
Voir la ficheEl Cardenal
** L’assignation automatique au Q43908896 ressemble à une erreur de résolution d’entité : ce numéro ouvre la porte d’une revue de 1917, pas d’un producteur d’électricité verte.
Voir la ficheRosneft
Rosneft n’est pas un intégré pétrogaz comme les autres : c’est le bras opérationnel d’un État qui parie sur les hydrocarbures, pendant que l’Europe accélère la sortie du fossile.
Voir la ficheTeatinos Energia Solar
Teatinos Energia Solar n’est qu’un véhicule d’investissement, mais il concentre la promesse « Net Zero » du groupe NeoElectra au Chili.
Voir la ficheLORIENT AGGLOMERATION
** Première agglo bretonne à embarquer du bus hydrogène sur son réseau IziLo, Lorient Agglomération enchaîne photovoltaïque à Kermat, BioGNV et station H2 — avec un budget 2026 sans précédent et une opposition qui crie déjà au déséquilibre.
Voir la ficheKounoune Power
Près de la capitale sénégalaise, une IPP historique brûle encore du HFO pour livrer des MWh à Senelec : utile pour la sécurité d’approvisionnement, Kounoune Power SA symbolise aussi la dépendance aux liquides fossiles qu’investisseurs publics et JETP veulent désormais décaler.
Voir la ficheEndeavor Energy
Dans le segment Réseaux & distribution, le nom Endeavour Energy désigne avant tout l’exploitant de réseau de Nouvelle-Galles du Sud — pas l’homonyme américain Endeavor Energy, opérateur pétrolier et gazier.
Voir la ficheQ138685184
Derrière l’identifiant « entreprise générique », Q138685184 désigne Arawak Energy**, bras amont du premier négociant indépendant d’énergie au monde.
Voir la ficheDEA AG
DEA n’est plus un producteur qu’on peut isoler sur une carte : c’est une filière allemande née de la fusion avec Wintershall, digérée en 2024 par le britannique Harbour Energy, en pleine tempête climatique et en pleine bataille juridique sur la communication « verte ».
Voir la ficheSeparative
Sous l’étiquette « Separative » dans WattsMonde, les bases ouvertes ne font pas apparaître de personne morale ni de site corporate à ce nom exact : selon les éléments disponibles en ligne, il s’agit vraisemblablement d’une variante orthographique ou d’un alias pointant vers Separatic, deep-tech issue de l’Université de Fribourg et positionnée sur la…
Voir la ficheDatta Ssk ltd
Le libellé « Datta Ssk ltd » peut évoquer la coopérative sucrière Shree Datta Shetkari S.S.K.
Voir la ficheBP Prudhoe Bay Royalty Trust
Le BP Prudhoe Bay Royalty Trust n’est pas une « entreprise classique » : c’est un véhicule boursier qui encaissait des redevances sur le gigantesque gisement de Prudhoe Bay (Alaska), opéré aujourd’hui notamment par Hilcorp North Slope.
Voir la ficheWescorp Energy
Société calgarienne historiquement positionnée sur la séparation eau–hydrocarbures, Wescorp Energy incarne une promesse d’ingénierie « clean water »…
Voir la ficheHoang Anh Gia Lai JSC.
Hoang Anh Gia Lai JSC incarne le paradoxe d’un géant né au cœur de la province de Gia Lai, épicentre des annonces solaire-éolien au Vietnam, mais redevenu pur acteur agricole après une décennie de désendettement.
Voir la ficheYangi Angren IES JSC
Centrale fossile de premier plan près de Tachkent, Yangi Angren IES AJ (marque anglaise « JSC », société par actions) aligne des volumes d’électricité impressionnants quand les filtres tiennent la route—et des millards de soums de compensation quand ils ne tiennent plus.
Voir la ficheSSAB Europe Oy
SSAB Europe Oy n’est pas un « réseau » au sens utilities : c’est la filiale finlandaise du sidérurgiste SSAB, avec des sites comme Raahe et Hämeenlinna.
Voir la ficheAD 3E
Sous le sapin réglementaire français, les bureaux d’études énergie ne « produisent » pas le kilowattheure : ils le rendent visible, conforme et, parfois, moins gaspillé.
Voir la fiche