Pétrole & Gaz

CT PUERTO SA

CT PUERTO SA désigne ici Central Puerto S.A.

« Argentine : 6 9 GW de courant et désormis le schiste au catalogue »

À propos de CT PUERTO SA

1. Modèle économique

Central Puerto vit d’un parc de génération massif et d’une présence dans la chaîne du gaz (parts dans distribution et transport via l’écosystème Ecogas). Selon son profil corporate 2025, la capacité installée atteignait 6 938 MW, avec 1 440 MW d’hydroélectricité (dont Piedra del Ágila), 574 MW d’EnR, 2 554 MW dans trois cycles combinés du programme FONINVEMEM, des actifs thermiques complémentaires, 205 MW de projets BESS attribués, et plus de 160 000 ha de plantations forestières. Le même document indique une part d’environ 15 % de marché et 14,9 % de la génération du secteur privé (y compris participation dans les centrales FONINVEMEM). La presse économique argentine chiffre fin 2025 l’empreinte à 13,1 % de la génération nationale et 15,5 % de la capacité installée du pays (El Cronista, 13 avril 2026). Côté comptes agrégés côtés NYSE, les séries publiques recensées par MacroTrends font état d’un chiffre d’affaires 2024 d’environ 812 M $ après ~1,19 Md $ en 2023 — séquence à lire avec la déformation macro et tarifaire locale, pas comme simple « décote opérationnelle ». L’entreprise vise explicitement une plateforme énergétique intégrée ; l’acquisition de Patagonia Energy (100 %, annoncée le 13 avril 2026) ajoute des aires Aguada del Chivato / Aguada Bocarey sur ~110 km², avec production existante et programme d’investissement ~100 M $ de forage déjà engagé du côté vendeur selon El Cronista.

2. Impact réel

Le bilan carbone Scope 1 & 2 mis en avant dans la présentation investisseurs T3 2025 évoque une intensité de 0,46 t CO₂e / MWh (agrégat entre actifs). Le rapport de durabilité 2024 revendique −38 % d’émissions par rapport à 2018 et une hausse de 285 % de la production solaire sur un an — chiffres utiles, mais classiques d’une baselle qui mélange fermetures d’actifs, efficacité et montée en puissance d’EnR. Pour un lecteur français, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ou les grilles méthodo ADEME ne contraignent évidemment pas un producteur argentin ; en revanche, le panorama Argentine de Connaissance des Énergies rappelle l’ancrage du pays dans le gaz et les hydrocarbures : y greffer Vaca Muerta au modèle CEPU accentue l’exposition aux émissions finales liées aux combustibles fossiles (Scopes 3 et combustion aval), au-delà des ratios Scope 1‑2 affichés par le générateur.

3. Innovations / partenariats

La feuille de route combine stockage (enchères BESS), extension hydrorenouvellement de concession jusqu’en 2055 pour Piedra del Águila après une offre de 245 M $ — et capitaux development : la SFI (IFC) met en avant un cofinancement pour renforcer résilience du réseau et batteries, selon le communiqué IFC 2025. Parallèlement, la presse signale une levée d’obligations ~70 M $ (classe D) orientée expansion, dont parties amont et batteries (iProfesional, 2026). Les marges tiennent aussi à l’EBITDA : environ 337 M $ au T3 2025, +17 % en glissement annuel selon la présentation investisseurs T3 2025.

4. Greenwashing / zones grises

Le décor « #EnergyWithFuture » de l’annonce Patagonia Energy tranche avec un pivot pétrole et gaz non conventionnels au moment où le groupe publicise des trajectoires d’intensité carbone en baisse (rapport de durabilité 2024 : −38 % vs 2018). La presse locale cite mot pour mot la logique « diversificar sus fuentes de ingresos y mitigar riesgos asociados a la concentración » dans l’électricité, dans un contexte où 13,1 % de la génération nationale et 15,5 % de la capacité sont déjà dans le giron CEPU (El Cronista, 13 avril 2026) : le risque n’est pas seulement « communication » ; c’est un lock-in gazier-pétrolier ajouté à un mix déjà thermo-dépendant pour équilibrer le pays. La partie mines (argent, or, lithium) élargit encore la surface d’impact eau / territoires, peu documentée dans le détail dans les extraits RSE accessibles au moment de la veille.

5. Positionnement stratégique

Central Porto joue la carte intégration verticale à l’argentine : du kWh régulé au baril et au commercialisables, en traversant Vaca Muerta, la forêt et les métaux. Le signal avril 2026 — fermeture de l’achat Patagonia Energy et montée en puissance des financements hybrides — s’inscrit dans une concurrence avec des pairs déjà « super-majors » de la courbe locale (Pampa Energía citée comme repère dans El Cronista). Pour le marché global, CEPU reste une lecture Argentine d’abord : liquidité NYSE, comptes en dollars, risques souverains.

Verdict WattsElse

CT Puerto a calculé qu’il vaut mieux posséder le fossile que subir seulement ses tarifs : la transition affichée sur le papier carbone ne supprime pas la trajectoire amont ; elle la conditionne. En une formule : *le vert du bilan Scope 1‑2 ne repeint pas le noir du réservoir.*

Sources : centralpuerto.com · cronista.com · macrotrends.net · centralpuerto.com · centralpuerto.com · centralpuerto.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · centralpuerto.com · ifc.org · iprofesional.com

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