Explotaciones Eólicas Sierra de la Virgen, S.A.
À Zaragoza, une petite société anonyme incarne mieux que n’importe quel slide groupe la transition énergétique sur le papier.
À propos de Explotaciones Eólicas Sierra de la Virgen, S.A.
1. Modèle économique
Explotaciones Eólicas Sierra de la Virgen, S.A. est la coquille juridique d’un actif ponctuel. Son activité réelle consiste à produire et commercialiser de l’électricité depuis le parc homonyme en Aragon, dans la région naturelle « Comunidad de Calatayud », avec exploitation documentée depuis 2003 (GEM, The Wind Power). La société est une filiale à 100 % d’Enel Green Power España S.L. au sens des chaînes de propriété recensées par les bases sectorielles (GEM), donc intégrée au périmètre Endesa/Enel en matière de stratégie, de financement et de gouvernance. Elle n’est pas un gestionnaire de réseau de distribution : sa principale dépendance est le prix de l’électricité, le régime contractuel des flux, et la décision de cycle de vie de l’actif (exploitation, maintenance, éventuel repowering). Selon les agrégateurs comptables consultés en ligne, le chiffre d’affaires du dernier exercice documenté se situe autour de 2,5 M€, avec une baisse d’environ 30 % sur un an (DatosCif). Un effectif social consolidé n’est pas reconstituable proprement depuis les fiches publiques grand public : les sources pointent surtout la gouvernance et l’auditeur (Empresia, Empresite), ce qui est courant pour ce type de SPV à effectif minimal.
2. Impact réel
L’impact climat direct de ce parc est celui d’environ 29 MW éoliens terrestres en fonctionnement. La fiche technique fait état de 36 machines Made AE-59 de 800 kW, pour une puissance nominale couramment arrondie entre 28,8 et 29 MW (The Wind Power, GEM). En l’absence d’un bilan carbone publié au seul nom de la société, il serait malhonnête d’inventer un « CO₂ évité » annuel au centième près : l’ordre de grandeur utile est celui d’une centaine de GWh potentiels sur un parc de cette taille, selon le facteur de charge du site, à comparer aux trajectoires européennes de déploiement EnR. Côté groupe, Endesa met en avant une part très élevée de génération péninsulaire « libre d’émissions » en 2024 (86 %), dans un contexte où la puissance EnR installée est quantifiée à 10,1 GW (résultats 2024 Endesa). La SPV Sierra de la Virgen ne « porte » pas à elle seule cette performance : elle en est un maillon historique, photographiable sur le site corporate du groupe vert (Enel Green Power). Aucune fiche grand public française type ADEME ou Connaissance des Énergies n’a été trouvée pour cette entité micronée : ce silence reflète surtout la taille de la structure, non son absence physique sur le terrain.
3. Innovations / partenariats
À l’échelle de la SPV, l’« innovation » est avant tout une question d’ingénierie d’exploitation et, demain, de repowering si le groupe le valide. Les turbines de 2003 incarnent une technologie éolienne mature voire « patrimoniale » au regard des diamètres et puissances unitaires actuels (The Wind Power). Les partenariats visibles sont ceux du groupe : Endesa annonce un plan d’investissement massif 2026-2028, avec une part majeure consacrée aux réseaux de distribution (plan stratégique 2026-2028), signal stratégique important : le centre de gravité du capex n’est pas une SPV de 29 MW, mais l’infrastructure qui conditionne l’absorption de l’électricité renouvelable. Le fil conducteur de conformité reste l’audit des comptes, avec KPMG citée dans les mouvements récents de gouvernance (Empresia).
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant un communiqué « vert » isolé que l’écart possible entre le récit de décarbonation à l’échelle groupe et la réalité micro-économique d’un actif vieillissant. Les données agrégées mettent en évidence une dégradation financière sensible sur le dernier cycle publié : en parallèle de la baisse d’environ 30 % du chiffre d’affaires vers 2,5 M€, les mêmes interfaces évoquent une compression marquée de la marge opérationnelle et du résultat (DatosCif, Empresite) : ce n’est pas une condamnation, mais un signal d’actif sous stress de marché ou de fin de cycle technique. Sur le volet réglementaire et paysager, la maison mère Enel Green Power España a subi en 2024 un rejet administratif exprès pour un projet éolien de 55 MW en Castille-et-León (« Sierra de la Parada »), par décision ministérielle publiée au BOE : ce n’est pas le parc Sierra de la Virgen, mais cela cadre la dureté nouvelle du filtre environnemental sur le pipeline espagnol du groupe. En 2025, la presse régionale rapporte encore l’abandon d’un autre développement (Trabadelo, 110 MW) au motif de contraintes d’« imposición ambiental » jugées inviables (El Diario Aragón). Conséquence pour la lecture WattsElse : le « renouvelable » n’est pas automatiquement synonyme de trajectoire financière monotone ; il peut coexister avec des refus projet par projet et avec des turbines qui approchent l’âge où le repowering est à la fois économiquement légitime et politiquement exposé.
5. Positionnement stratégique
Stratégiquement, la société est un titulaire d’actif : sa marge de manœuvre est celle qu’Endesa/Enel lui alloue dans le portefeuille ibérique. Les publications récentes sur la gouvernance (mouvements de conseil, renouvellements d’audit) confirment une gestion « maison » plutôt qu’une start-up autonome (Empresia). Le contexte concurrentiel est celui d’une Espagne où l’éolien reste central dans la transition, mais où l’accès au territoire et aux autorisations s’est resserré, comme l’illustrent les décisions publiques ci-dessus. Dans ce paysage, le parc Sierra de la Virgen ressemble à un test : peut-on prolonger la valeur d’un site historique sans heurter le nouveau standard environnemental qui a déjà infléchi le pipeline du même groupe ?
Verdict WattsElse
Cette SPV dit la vérité du secteur : l’éolien n’est pas seulement une couleur sur un mix, c’est un actif qui vieillit, se note au comptable et se rejoue au regard du droit. Un parc de 29 MW peut peser peu dans un plan de 10 Md€ — il pese pourtant beaucoup quand il s’agit de crédibilité locale et de cohérence entre promesse verte et marges réelles.
Sources : axesor.es · gem.wiki · thewindpower.net · datoscif.es · empresia.es · empresite.eleconomista.es · endesa.com · enelgreenpower.com · endesa.com · boe.es · eldiarioar.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Hydro-Fraser Inc
À Rivière-du-Loup, Hydro-Fraser Inc incarne cette couche peu médiatisée du Québec : quelques méga‑watts d’hydro privée, sous contrat de réseau, dans un périmètre où le patrimoine bâti vieillit vite.
Voir la ficheEurac Research
Plus de trois décennies après sa fondation contre le paysage mouvant des provinces autonomes, Eurac incarne cette hybridation rare : recherche multidisciplinaire et Institute for Renewable Energy très branché européen, au cœur d’un Südtirol qui finance massivement ses instituts tout en reliant les montagnes au programme LIFE et à Horizon Europe.
Voir la ficheHuadian Power International Company Limited
Filiale cotée de China Huadian, Huadian Power International Corporation Limited (SEHK : 1071, « Huadian Power International ») est un producteur d’électricité massivement exposé au thermique en Chine ; les comptes 2025 montrent moins de volume et moins de chiffre d’affaires…
Voir la ficheCrossBoundary Energy
Subsidiary of the group, CrossBoundary Energy incarne un pari audacieux : installer des centrales distribuées pour des mines, industriels et télécoms là où le réseau faiblit et le diesel coûte cher.
Voir la ficheENERGY@WORK
Le nom « Energy@Work » évoque une marque anglo-saxonne ; en France, la structure qui colle au secteur « énergies renouvelables / efficacité » et au pays non précisé (profil France) est avant tout Enerwork, SAS au SIREN 833301054, implantée à Paris et présente côté site comme boutique du couple CEE–EnR.
Voir la ficheWallenstam Vindkraft Gategården AB
Wallenstam Vindkraft Gategården AB n’est pas une « pépite » cotée : c’est une coquille juridique suédoise, filiale dédiée à une unique éolienne du groupe Wallenstam AB.
Voir la ficheİÇDAŞ Elektrik Enerjisi Üretim ve Yatırım AŞ
Une filiale d’acierier qui produit trois fois plus en charbon supercritique qu’en vents solaires, et encore appelle ça une « stratégie énergétique verticalement intégrée ».
Voir la ficheParque Eólico El Arrayán
À Ovalle dans le désert littoral nord-chilien, cinquante pales tournent depuis 2014 sur un pacte très concret avec la grande mine chilienne qui achète encore la lionne partie du flux kilowattheure pour broyer le roc.
Voir la ficheDaegu City Gas
Le nom « Daegu City Gas » sonne comme un service public : en réalité, c’est aujourd’hui une filiale cotée qui monopolise le réseau, engrange un milliard d’euros de ventes annuelles au taux de change courant…
Voir la ficheTIRME
Sur Majorque, TIRME concentre déchets, électricité et politique publique dans un même creuset : un parc technologique centré sur l’incinération de Son Reus, des centaines de milliers de tonnes traitées chaque année, et des flux de fonds publics qui structurent le tarif d’élimination.
Voir la ficheConsoneo
Simplifier la paperasse de la rénovation énergétique, pour que vos économies commencent... après avoir rempli les formulaires.
Voir la ficheLIBRA AI TECHONOLOGIES PRIVATE COMPANY
Boutique athénienne de science des données, Libra AI Technologies I.K.E.
Voir la ficheHIDROMUCHI S.A.
Ce n’est pas un géant du renouvelable : un mégawatt, deux turbines Francis, une mise en service en 2011 dans une région où l’eau et le consentement territorial font déjà débat.
Voir la ficheTren Maya
Le Tren Maya n’est pas une « startup rail » : c’est un programme d’État qui enserre 1 554 km de voie dans la péninsule du Yucatán.
Voir la ficheSäliträdberget Vind AB
Une société projet derrière un parc vieillissant de Dalécarlie, désormais noyée dans la mécanique d’un géant allemand : Säliträdberget Vind AB incarne l’éolien terrestre « de la première heure », rentable en électrons mais exposé à la fois à des agrégats comptables groupés glaçants et à un climat politique régional qui durcit.
Voir la ficheEcopetrol S.A
Fleuron pétrogazier colombien coté à Bogota et à New York, Ecopetrol affiche en 2024 des volumes records et une ligne « transition » en forte progression relative — tout en absorbant les chocs d’une présidence hostile au schiste et d’enquêtes qui mettent en cause la transparence environnementale.
Voir la ficheSindicato Nacional de Trabajadores Petroleros de la República Mexicana
Le plus puissant syndicat pétrolier d’Amérique latine ne vend ni baril ni kilowattheure : il structure le travail autour du géant public Pemex.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Đăk Mi
Sur le système Vu Gia–Thu Bồn, au Viêt Nam central, cette société cotée local symbolise une hydroélectricité « propre » au sens du bilan carbone instantané, mais sous tension avec la sécheresse, les crues et un million deux cent mille gosiers en aval.
Voir la ficheEnergy Transfo
Fabricant historique des « nerfs » de la distribution (transformateurs, appareillage, sous-stations), Energy Transfo incarne le basculement d’un équipementier marocain ancré sur le réseau national vers un groupe qui parie sur l’export et les filières photovoltaïque et mobilité.
Voir la ficheBAMBA Corporation S.A.R.L.
Polyvalente à souhait, BAMBA Corporation jongle entre électricité, réfrigération et logistique avec la grâce d’un équilibristesur un fil électrique – pour le meilleur et parfois le pire.
Voir la ficheNorth - West Electricity Investment & Development JSC.
North-West Electricity Investment & Development (NED), productrice indépendante installée dans la province de Son La, capitalise sur trois petites centrales hydroélectriques pour vendre de l’électricité sur un marché en forte accélération des EnR.
Voir la ficheSAS TPF TRANSPORTS PETROLIERS FOSSEENS
** — À Fos-sur-Mer, TPF incarne la logistique courte du pétrole : peu de salariés, beaucoup de gravité industrielle.
Voir la ficheBornish Wind LP
Bornish Wind LP, c’est le nom juridique qui circule dans les décisions de régulateurs : derrière, un parc terrestre canadien — le Bornish Wind Energy Centre — dans le comté de Middlesex, en Ontario.
Voir la fiche