Fama
Marque centenaire invisible du grand public, FAMA vit de la conception et de la livraison de foyers industriels pour combustibles solides — biomasse en une phrase de vitrine, fossiles encore rangés au catalogue.
À propos de Fama
1. Modèle économique
FAMA est une SAS de fabrication de fours et brûleurs (NAF 28.21Z), présidente Capricorne au capital de 257 840 € selon la fiche Rubypayeur et Société.com. Le modèle repose sur projets unitaires — équipements neufs, conversions biomasse, maintenance et pièces — pour des industriels agro (déshydratation), papier, énergie ou export (bagasse au Maroc référencé sur le site). L’historique du site corporate rappelle une entrée en matière sur le charbon en 1920, puis l’élargissement aux combustibles de récupération et à la biomasse.
Sur l’exercice clos le 31 décembre 2024, le chiffre d’affaires publié est de 1 000 209 €, en baisse de 53 % par rapport à 2023 (2 113 423 €), avec un résultat net de 317 681 € (−36 %) et une trésorerie à 1 313 743 € (−26 %) selon les agrégats affichés par Rubypayeur. Société.com reprend la même tendance (−52 % sur le CA 2024 vs 2023 sur sa grille). L’effectif relevé en tranche INSEE 3 à 5 salariés (Rubypayeur) explique la levier opérationnel extrême : peu de corps pour absorber un creux de carnet de commandes.
2. Impact réel
L’impact climat ne se lit pas dans un rapport carbone public pour cette PME : selon les éléments disponibles, il faut le déduire par projet. Les références listées par FAMA — conversion biomasse pour Cristal Union à Épenancourt, chaudières biomasse (30 MW à Cergy avec Cenergy, 24 MW fluide thermique chez Isoroy au Creusot, conversions Sun Deshy à Francheville, Noirlieu et Soudron — détail sur les références biomasse) — vont dans le sens d’une réduction des combustibles fossiles sur des sites donnés. À l’échelle du groupe Cristal Union, la trajectoire de décarbonation est contextualisée dans une logique d’investissements industriels et de soutiens publics (page décarbonation Cristal Union évoquant notamment des dispositifs ADEME et CEE sur certains projets) ; aucun pourcentage d’émissions évité attribuable spécifiquement à FAMA n’a été trouvé dans cette veille. Pour la biomasse, les gains carbone dépendent du bouclage agronomique, du transport et du taux de soutirage par rapport aux usages concurrents — ce que les textes européens et nationaux sur les EnR tendent à encadrer davantage dans le cadre du PPE et des critères de durabilité ; aucune donnée chiffrée FAMA / PPE3 n’est sortie des sources consultées.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue technique mis en avant est historique et cumulatif : spreader stoker pneumatique et mécanique, grille Harrington, conversions « charbon vers biomasse » décrites sur la gamme et synthétisées sur la page Wikipédia dédiée à l’entreprise) (notices techniques, pas annonces de brevets récents). Les « innovations » observables publiquement sont surtout opérationnelles : références chez grands comptes agro-industriels et une offre de diagnostics de combustion et de rejets complétée par des mesures sur site (page services). Pas de levée de fonds, pas de rapport RSE ou CSRD identifié pour cette entité dans les sources ouvertes consultées.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension est comptable et datée : en 2024, le CA divisé par rapport à 2023 (−53 % à 1,00 M€ après 2,11 M€) alors que le résultat net reste positif — ce qui peut refléter une rentabilité exceptionnelle sur quelques dossiers ou un report de marge, mais surtout une volatilité de gabarit « sous-traitant de projets » difficile à présenter comme une croissance durable (Rubypayeur). La seconde est technico-politique : le site continue de structurer l’offre en « Équipements Charbon » (grille mécanique, spreader stoker mécanique) aux côtés du volet biomasse (gamme FAMA), ce qui contraste avec un discours exclusivement « transition » et expose à des questions de crédibilité lors des arbitrages clients et financiers. La page services décrit des interventions lorsque NOx, SO2, CO, etc. dépassent les plafonds réglementaires : utile pour prolonger la vie d’actifs, elle rappelle aussi la sensibilité des installations historiques aux durcissements des normes d’émissions. Attention homonymie : une autre SAS FAMA peut exister à Boulogne-Billancourt dans des métiers sans lien avec la combustion ; les chiffres ci-dessus concernent exclusivement le SIREN 552069478.
5. Positionnement stratégique
FAMA est positionnée comme fournisseur niche de combustion solide pour l’industrie thermique lourde, avec une empreinte RH minimaliste et une gouvernance concentrée via Capricorne (Rubypayeur, Société.com). La stratégie affichée combine pivot biomasse (références Cristal Union, Luzeal, Sun Deshy sur nos références) et pérennisation du catalogue charbon pour les parcs existants. Dans un marché où les industriels cherchent à verrouiller énergie et conformité, ce double registre peut être un argument commercial court terme ; à horizon PPE / criticités biomasse, il devient un test de cohérence pour acheteurs et financeurs.
Verdict WattsElse
Petite cuisson, grandes tensions : FAMA capitalise sur un savoir-faire rare et des chantiers de décarbonation visibles, mais ses comptes 2024 crient la dépendance au cycle des contrats, pendant que le charbon reste une colonne du showroom. Tant que les deux feux cohabitent sans bilan carbone publié, l’entreprise est un révélateur du fossé entre communication industrielle et trajectoire climat réelle.
Sources : rubypayeur.com · societe.com · fama.fr · fama.fr · cristal-union.fr · fama.fr · fr.wikipedia.org · fama.fr
Données clés
- Fondée
- 2005
- Siège
- Palaiseau, France ↗
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