FEDA
Le monopole public Forces Elèctriques d’Andorra (FEDA) aligne des résultats à deux chiffres de millions d’euros et une demande en hausse, tout en peinant à débloquer son projet-phare Pic del Maià.
À propos de FEDA
1. Modèle économique
FEDA est l’opérateur historique de la production, du transport, de la distribution et de la vente d’électricité en Andorre, avec des filiales autour des réseaux de chaleur et de froid (FEDA Ecoterm), des services énergétiques (FEDA Solucions) et du traitement des déchets (CTRASA). Le groupe tire l’essentiel de ses revenus de la commercialisation de l’électricité et, dans une moindre mesure mais en croissance, de la vente de chaleur et de froid urbains. Pour l’exercice 2024, le groupe a communiqué un chiffre d’affaires consolidé d’environ 99 M€, un bénéfice net consolidé de 28,27 M€ et un ratio d’endettement de 12,9 % (comptes consolidés du groupe 2024). En 2025, la société mère boucle avec un bénéfice de 25,4 M€ et une hausse des fonds propres de 7,4 %, dans un environnement de prix de l’énergie jugé « modéré » mais encore volatil à l’échelle horaire (résultat 2025, précisé par All Andorra). À fin 2025, FEDA dénombre 37 847 contrats (+2,1 %) et une puissance souscrite d’environ 498 MW cumulée (demande nationale 2025). La pérennité du modèle passe aussi par une véritable capacité à investir, matérialisée côtère client par une hausse des tarifs d’électricité de 2,8 % au 1ᵉʳ janvier 2026 (Alto).
2. Impact réel
La demande électrique atteint 584 GWh en 2025 (+2,5 %) ; la production domestique s’élève à 135,9 GWh, soit 23,2 % de la demande. Le photovoltaïque occupe désormais la deuxième place des sources nationales après l’hydroélectricité, avec environ 24 GWh produits sur l’année ( même note sur la demande 2025). Côtére thermique urbain, Ecoterm a distribué 54 900 MWh de chaleur (+22 %) et 1 587 MWh de froid (+120 %) en 2025, ce qui élargit l’empreinte du groupe au-delà du seul watt électrique (idem). Sur 2024, la mémoire de durabilité rapporte 78 % d’électricité renouvelable dans le mix consommé, une réduction de 20,4 % du bilan carbone (environ 67 196 tCO₂eq au périmètre retenu) et une intensité de ≈51,31 gCO₂eq/kWh livré (-39 % sur un an) (mémoire de durabilité 2024). L’architecture franco-andorrane et ibérique d’approvisionnement (importations majeires) disqualifie toute lecture « autarcie verte » même lorsque les chiffres d’empreinte du kWh acheté-et-vendu sont bas.
3. Innovations / partenariats
Les livrables visibles sont surtout des investissements d’actifs et de réseaux : quatrième groupe à la hydro d’Ospitalet, consolidation d’Ecoterm (la presse indique environ 7,39 M€ d’investissements réalisés en 2025 et un résultat positif pour cette filiale, avec soutien capitalistique de la maison mère — aperçu financier annuel via All Andorra), extension des usages froids reliés aux eaux de la Valira d’Orient. FEDA Solucions capitalise sur l’app Mou-te et le maillage de recharge. Après quelque quinze années de chantier, l’interconnexion 220 kV avec l’Espagne apparaît dans la presse et les communications locales comme pièce qui conditionne aussi l’aboutissement du parc du Pic del Maià. Le positionnement stratégique n’est pas « scale-up européenne » mais opérateur complet d’Etat miniature reliant bilans et territoires.
4. Greenwashing / zones grises
Le dossier Pic del Maià illustre l’écart entre communication climatique et réalité foncière : en 2025, *Ara* décrit toujours le projet enlisé dans des querelles locales de terrains communaux censés passer par les paroisses d’Encamp et Canillo, reportant très au-delà d’une mise en service autour de 2027. Le même courant médiatique documente l’association APAPMA qui conteste le parc (avifaune, paysage) et impose des contre-mesures potentiellement coûteuses (radars, déplacements d’éoliennes). Le mémo carbone très bas du kWh coexiste ainsi avec une vulnérabilité structurelle aux importations : selon les chiffres 2025 de FEDA, environ trois quarts du besoin électrique ne sont pas couverts par la production nationale (demande nationale 2025). Par ailleurs, la mémoire 2024 doit être lue pour ce qu’elle est : une empreinte élégante, pas forcément synonyme de 100 % circuits courts. Enfin, la désignation de Sílvia Calvó comme directrice générale (2026), après un parcours politique ministériel puis de cabinet, fait l’objet d’attaques procédurales sur l’absence de concours public selon RTVA et de l’annonce officielle du gouvernement — un risque de contestation de légitimité distinct du jugement technique sur ses compétences climatiques.
5. Positionnement stratégique
Face à une demande encore progressiste (+2,5 % entre 2024 et 2025 selon les chiffres FEDA communiqués en 2026), l’entreprise incarne une boussole macro entre financement des réseaux et acceptable tarifaire à la frontière franco‑ibérique. L’ objectif affirmé dans le débat public de porter la part de production nationale à 33 % d’ici 2030 reste le test à laquelle seront mesurés investissements et consentement local. Les grilles PPE / ADEME françaises ne s’appliquent pas directement ; en revanche, la convergence avec les marchés espagnol et français via importations et interconnexion 220 kV structure autant la marge opérationnelle que l’exposition aux chocs de prix. Le signal politique fort des premiers trimestres 2026 est double : pérennisation des résultats et replacement de direction générale dans un climat partisan.
Verdict WattsElse
Les comptes de FEDA chantent une finance d’opérateur public solide ; la fiction indépendantiste énergétique se heurte aux terrains encore non cédés et aux tribunes qui demandent davantage que des scopes comptables. Tant que le Maià fait du surplace, l’ambition nationale « un tiers produit localement avant 2030 » restera plancher technique au sommet, parcellaire au sol.
Sources : feda.ad · feda.ad · all-andorra.com · feda.ad · alto.ad · feda.ad · elperiodic.ad · ara.ad · rtva.ad · govern.ad
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