FLANDERS MAKE
Ce n’est ni un opérateur de réseau ni une scale-up clean tech : Flanders Make est le pôle de recherche industrielle qui fait circuler innovation manufacturière et problématiques de distribution électrique dans la même boucle, depuis Lommel (Belgique).
À propos de FLANDERS MAKE
1. Modèle économique
Structure de recherche stratégique au service de l’écosystème flamand, Flanders Make mutualise des compétences academiques et appliquées : son modèle repose sur coûts partagés, mandats industriels et programmes publics (régionaux et européens). Le rapport d’activité 2024 est présenté comme l’année d’un chiffre d’affaires de 112 millions d’euros (activiteitverslag 2024). Sur le site corporate, l’institution met en avant 430 entreprises actives dans les projets, 578 projets de recherche en cours et un maillage de plus de 1 000 personnes (à propos). Fondée en 2003, elle n’est pas une startup : c’est une infrastructure de R&D dont la visibilité financière passe autant par la feuille de route industrielle que par la capacité à capter des flux européens — la fiche de LobbyFacts, nourrie par le registre de transparence UE, indique 2 272 553 € de financements Horizon Europe en 2024 et 3 026 238 € budgétés pour 2025 (LobbyFacts).
2. Impact réel
L’impact climatique direct de Flanders Make se lit surtout en amont des compteurs : optimisation des ateliers, électrification des usages industriels, gestion énergétique « multi-machines » et travaux sur des architectures d’alimentation (dont le courant continu / DC) orientées vers une moindre cascade de conversions, selon la brochure corporate 2025 (brochure 2025). Côté réseau, la valeur ajoutée est à la fois technique et systémique : meilleure visibilité des réseaux basse tension, décision assistée sur la distribution, flexibilité côté utilisateurs — thèmes mis en avant dans les cas d’usage IA et smart energy portés par l’écosystème (use case réseaux BT). On reste dans une logique compatible avec l’accélération européenne des investissements de distribution : l’ACER estime que, à l’échelle couverte par son suivi, les investissements annuels des DSO ont augmenté d’environ 51 % entre 2021 et 2024 (communiqué ACER) — contexte dans lequel les partenariats avec Fluvius prennent tout leur équilibre régional.
3. Innovations / partenariats
Le projet ADriaN (*Active Distribution Networks*), documenté chez EnergyVille, inclut une collaboration avec Fluvius sur les jumeaux numériques de réseaux basse tension (fiche projet ADriaN). Parallèlement, FlexIQ, porté notamment par KU Leuven, a été lancé en octobre 2024 (jusqu’en 2028) pour travailler la flexibilité sur les réseaux de distribution (fiche FlexIQ). Ces deux jalons incarnent le positionnement « Réseaux & Distribution » : connecter infrastructure, data et comportements de flexibilité sans se substituer au rôle régulé du DSO. Les rapports institutionnels évoquent aussi des développements avec Powerdale sur un système modulaire de gestion d’énergie pour flottes de véhicules électriques, prolongeant la logique d’agrégation et de contrôle au plus près du terrain (activiteitverslag 2024).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal biais de communication ne tient pas à une « promesse verte » isolée mais à l’enrobage industriel générique : la brochure 2025 reste une vitrine multi-secteurs où l’ambition durable côtoie des volets manufacturing non assortis, côté public, d’une ligne rouge explicite sur la sortie des combustibles fossiles dans toutes les chaînes accompagnées (brochure 2025). Sur le plan financier, la dépendance aux enveloppes européennes est mesurable : ≈ 2,27 M€ de Horizon Europe en 2024 et ≈ 3,03 M€ inscrits pour 2025 dans les données issues du registre de transparence agrégées sur LobbyFacts — chiffre modeste par rapport au CA total, mais stratégique pour des projets d’alliances et de visibilité Bruxelles. Enfin, l’environnement institutionnel flamand se durcit sur la conditionnalité des subsides : le gouvernement flamand a annoncé en octobre 2025 une règle interdisant d’utiliser des subventions régionales pour financer des actions en justice contre la Région (Belga News Agency), ce qui recadre le rapport de force des acteurs captant massivement des fonds publics.
5. Positionnement stratégique
Flanders Make vise à demeurer le relais opérationnel entre universités, PME/industriels et grands déploiements d’infrastructure — la connectique avec Fluvius et les agendas flexibilité / observabilité BT en est le signal le plus net côté « utilities » (ADriaN). Dans un marché européen où les DSO doivent absorber une ruée d’investissements (ACER), l’organisme se situe sur la courbe de la valeur logicielle et industrie plutôt que sur celle du simple transport d’électrons. Selon les éléments disponibles, aucune fiche CSRD « entreprise unique » dédiée n’a été identifiée dans cette veille : la transparence passe surtout par rapports d’activité, brochures sectorielles et agrégats de subventions UE.
Verdict WattsElse
Flanders Make n’est pas l’acteur qui décuple les investissements réseau, mais celui qui, à Lommel et dans les campus flamands, transforme la pression réglementaire et électrique en prototypes industrialisables — avec une dépendance structurelle au public et une sensibilité politique nouvelle aux conditions d’usage des subsides. Badge possible : « Le laboratoire flamand où l’usine et le smart grid se parlent enfin. »
Sources : kenniswest.be · flandersmake.be · lobbyfacts.eu · flandersmake.be · flandersairesearch.be · acer.europa.eu · energyville.be · research.kuleuven.be · belganewsagency.eu
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