Pétrole & Gaz

CENTRALES DE LA COSTA ATLANTICA SA

Sous le nom légal « Centrales de la Costa Atlántica », l’entreprise vivote entre patrimoine provincial et dépendance au fossile.

« Thermiques baerenses : brûler du gaz jusqu’à la prochaine ronde financière verte »

À propos de CENTRALES DE LA COSTA ATLANTICA SA

1. Modèle économique

La société génère et vend de l’électricité comme agent sur le Mercado Eléctrico Mayorista, les centrales étant reliées au Système interconnecté national (présentation officielle du parc à 653 MW). Au capital confiée à la province : 99 % par la province de Buenos Aires et 1 % par le Banco de la Provincia, selon le récit presse sur le décret de changement de dénomination (La Tecla, novembre 2024). Le revenu dépend donc des prix spot et des règlements CAMMESA — l’administrateur du marché — plutôt que d’un baril ou d’un contrat d’exploration. Un agrégateur commercial indique un chiffre d’affaires estimé sur une fourchette très large (ordre de 15,8 à 79 milliards de pesos argentins) et 443 salariés (fiche commerciale Trade Nosis) : à traiter comme indicateur de courtier, pas comme comptes certifiés.

2. Impact réel

Le parc annoncé par l’entreprise aligne 20 groupes turbo-vapeur et turbo-gaz pour 653 MW installés sur quatre sites côtiers (site corporate). Une base indépendante classe la centrale Mar de Ajó parmi les sites au gaz voire diesel fossile, avec exposition 100 % sous Centrales de la Costa Atlántica SA, actionnariat provincial majoritaire dans la lignée précitée (fiche GEM). L’empreinte climatique est ainsi dominée par la combustion gazeuse ou liquéfiée, sans mix ENR proportionnel aux annonces projetées : il n’existe pas, dans les sources consultées pour cette fiche, de pourcentage d’ENR effectivement injectée ni de SCO₂ évité documenté. Les cadres européens type programmation pluriannuelle de l’énergie ou fiches pays ADEME ne contraignent pas un opérateur argentin, mais ils rappellent l’échelle à laquelle l’Europe cherche déjà à faire descendre les thermiques fossiles alors que BAESA prolonge encore le sien.

3. Innovations / partenariats

Le changement juridique s’officialise sous Décret provincial nº 2478/2024 après une assemblée du 7 août 2024 qui valide nouveau nom (Buenos Aires Energía S.A.) et objet élargi (La Tecla ; cadre légal provincial Déc. 2478/2024). Pour le pipeline « vert », une interview de direction évoque un hypothétique parc solaire jusqu’à 100 MW à San Juan (ordre 100 millions de dollars envisagés), une biomasse 2,5 à 5 MW budgétée entre 8 et 10 millions de dollars, une modernisation de Necochea cotée 115 millions de dollars — le tout conditionné aux financements externes, priorité CAMMESA et licences (reportage Desarrollo Energético, 2018) : tableau ambitieux mais partiellement historique, à recouper fichier par fichier lors de mises en service réelles ; aucune mise en ligne d’ENR n’est attestée comme achevée dans ces extraits périmés pour 2026.

4. Greenwashing / zones grises

Le renommage en « Énergie de Buenos Aires » élargit le droit constitutionnel sans convertir mécaniquement le parc : la ligne éditoriale de presse décrit même la manœuvre comme le symptôme d’« déficiencias » économiques » au dossier rapport d’audit d’avril 2024, 206 199 396 pesos ARS de dettes de sécurité sociale figurant comme passif et 1 440 762 pesos ARS de retenues fiscales provincial encore enregistrés comme « non exigibles » à la date donnée (même article). Dans un autre registre systémique pour toutes les généricités, CAMMESA a proposé en mai 2024, via la Resolución 58/2024, d’éponger partie de ses arriérés (déc. 2023 – févr. 2024) avec un paiement comportant jusqu’à 50 % « de quitan » sous forme de bons en dollars AE38 (Synthèse El Chubut) — schéma documenté contre l’État, pas contre BAESA nominativement ; il illustre néanmoins le rabais implicite infligé aux producteurs fossiles lorsque le titre ne vaut plus la valeur nominale.

5. Positionnement stratégique

BAESA mise sur une double lecture : se présenter comme bras énergétique ouvert aux renouvelables alors que ses marges reposent encore sur des turbo-gaz amorties dans un pays où le distributeur peut imposer une décote quasi souveraine sur les paiements (même dossier résolution AE38, El Chubut). La gouvernance provinciale, assumée jusqu’aux noms dans le décret (normas provinciales), offre un bouclier politique, pas une immunité contre la dérive du peso ou du risque‑pays qui redistribuerait la facture finale aux contribuables bonaerenses comme aux usagers industriels reliés au spot.

Verdict WattsElse

BAESA incarne une province qui brûle encore du gaz pour tenir ses côtes éclairées, tout en badger fin 2025 sur des projets solaires encore flottants depuis l’ère Macri des appels RenovAr (entretien 2018) : jusqu’à preuve contraire mesurée en electrons, « transition » reste une clause de statue, pas une courbe réelle dans le dispatch.

Sources : centralesdelacosta.com.ar · latecla.info · trade.nosis.com · gem.wiki · normas.gba.gob.ar · desarrolloenergetico.com.ar · elchubut.com.ar

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