Fujian Hongshan Thermal Power Co Ltd
Face au repli du charbon en Europe, cette filiale du Fujian sert l’une des plaques textiles les plus denses de Chine : vapeur process, électricité, et bientôt une tranche 1 000 MW qui cimente le parc fossile pour des décennies.
À propos de Fujian Hongshan Thermal Power Co Ltd
1. Modèle économique
L’entité concernée est bien Fujian Hongshan Thermal Power Co Ltd (福建省鸿山热电有限责任公司), basée à Hongshan, Shishi (Fujian, Chine), filiale de Fujian Funeng Co Ltd (600483.SS), groupe coté à Shanghai. Le cœur du métier est double : vendre de l’électricité et de la vapeur aux industries — surtout textiles — du Quanzhou, plutôt que de se limiter au seul producteur électrique « pur ». La maison-mère affiche, pour 2024, un chiffre d’affaires d’environ 145,6 milliards de yuans (–0,9 % environ) et un bénéfice net attribué d’environ 27,9 milliards de yuans selon le rapport annuel Funeng sur Cninfo ; le compte de résultat spécifique de Hongshan n’est pas ventilé dans cette communication grand public consolidée — écrivez-le si vous détaillez l’entreprise sans les annexes financières complètes. Les synthèses d’analyse s’appuyant sur le même exercice donnent une production électrique d’environ 118 milliards de kilowattheures pour l’ensemble du périmètre thermique/cogénération du groupe, soit l’ordre de 11 à 12 TWh si l’on retient 118,15 × 10⁸ kWh comme dans les communiqués d’agrégés (attention à ne pas confondre avec un « 118 TWh »). Les marges reposent sur le dispatch réseau, le contrat vapeur industrielle, et une forte exposition au prix du charbon dans un environnement encore dominé thermiquement mais absorbé croissant par les EnR nationale.
2. Impact réel
Hongshan fonctionne comme un hub thermique géant. La présentation profil corporatif Fujian Energy / Hongshan cite ≈ 3 200 MW en exploitation (Phases I & II), environ 5 millions de tonnes de vapeur par an et une part de cogénération >50 %. La Phase III ajoute une unité 1 × 1 000 MW ultra-supercritique avec, selon l’avis d’examining énergétique du Fujian (octobre 2024), 1 968 190 t/an de charbon brut et une production annuelle d’environ 5 000 milliards de kWh rapportée dans le tableau officiel comme 500 012 万 kWh, soit environ 5 TWh de brute et 476 776 万 kWh ≈ 4,77 TWh d’électricité exportée hors site après besoins auxiliaires. À l’inverse, le parc photovoltaïque annoncé sur site (2,34 MW, quelque 2 400 MWh/an) reste une couche cosmétique dans la fiche publique au regard des gigawatts charbon.
Pour un lecteur formé aux trajectoires européennes, le projet français de programmation pluriannuelle de l’énergie (extrait officiel novembre 2024) illustre l’orthogonalité avec un parc houiller dont la Chine poursuit encore l’industrialisation. Les synthèses de presse française sur la nouvelle vague de constructions charbonnier et leur tension avec les objectifs climatiques donnent le contrepoint macro à la « modernisation » affichée par Hongshan.
3. Innovations et partenariats
La Phase III embarque la filière ultra-supercritique et des paramètres de rendement mis en regard des plafonds GB 21258-2017 dans le texte d’homologation énergétique. L’avancement matériel est visible : mise en concurrence des fondations sur pieux et rentrée de chantier dès mars 2026 selon l’avis de marché relayé en février 2026. Côté « numérique vert », le rapport ESG Funeng 2024 sur HKEX met en avant le pilotage IA des précipitateurs et la valorisation intégrale cendres / gypse au niveau groupe — des réponses opérationnelles, pas un changement de techno de base.
4. Greenwashing et zones grises
Le principal risque de discours vert est le glissement sémantique : présenter la Phase III comme un progrès environnemental alors que le document provincial ancre ~2 Mt/an de charbon supplémentaires dans une seule unité (même source énergétique Fujian). La tension administrative est chiffrée et datée : dans l’arrêté d’approbation de l’EIE publié en janvier 2025, la province exige l’achat sur le marché des quotas annuels de SO₂ (503,54 t) et de NOx (881,19 t) — et interdit l’exploitation tant que les compensations régionales et le permis ne sont pas effectifs. Ce n’est pas une « faute » alléguée par un tiers : c’est la condition légale qui révèle un plafond local déjà tendu sur les polluants atmosphériques, malgré les promesses d’émissions ultra-basses en cheminée. Enfin, la rhetorique de la cogénération — relayée par l’actualité du groupe sur le remplacement de centaines de petites chaudières — ne supprime pas le verrou carbone d’un parc >3 GW déjà opérationnel +1 GW en construction.
5. Positionnement stratégique
Hongshan est un ancrage industriel pour Funeng : chaleur et fiabilité pour les zones économiques du Fujian, profit consolidé record en 2024 selon les comptes publiés, dans un groupe où l’éolien et le solaire participent à lisser la volatilité charbon. Au plan pays, la stratégie rejoint la logique chinoise actuelle : absorber la demande d’électricité avec des blocs thermiques plus efficaces tout en fermant l’éparpillement des chaudières — lecture éclairée par les analyses de Connaissance des énergies sur la production charbon 2025. Pour l’Europe en transition, Hongshan est un test de sincérité : service thermique réel, lock-in fossile tout aussi réel.
Verdict WattsElse
Hongshan Thermal tire le meilleur parti possible du charbon — efficacité, chaleur utile, paperasse crédible — mais ce « mieux » reste du charbon massif : la troisième phase est un pari sur vingt à trente ans de houille, pas un contre-récit climatique.
Sources : static.cninfo.com.cn · hsrd.fjec.com.cn · fgw.fj.gov.cn · fjnhjt.cn · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · dlztb.com · hkexnews.hk · sthjt.fujian.gov.cn · fjec.com.cn · connaissancedesenergies.org
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