Gaz de Bordeaux
Née sous Louis-Philippe sur les gazomètres bordelais, redevenue championne nationale à coups de volumes pros et de marges qui ont fait tiquer les juges des comptes, Gaz de Bordeaux incarne le paradoxe français : fournisseur historique encore quasi seul chez lui, pilier public via Bordeaux Métropole Énergies, mais désormais jugé au même titre que les géants…
À propos de Gaz de Bordeaux
1. Modèle économique
Identité vérifiée : il s’agit bien du fournisseur français historique du périmètre girondin rattaché au réseau géré par Régaz Bordeaux (structure séparée depuis les décisions CRE), société anonyme simplifiée détenue à 100 % par Bordeaux Métropole Énergies, siège social au 6 place Ravezies à Bordeaux — pas un homonyme étranger. La mention « Blanquefort » dans votre jeu de données correspond sans contradiction notable au bassin métropolitain historiquement desservi (Blanquefort fait partie de Bordeaux Métropole), même si le siège légal reste bordelais. Le cœur du métier est la fourniture de gaz naturel et, désormais massivement, l’électricité ; une partie maintenance et services complète la boucle (activité déclarée).
Les agrégats financiers récents sont ceux des comptes publiés au greffe : environ 1,44 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice clos le 30 septembre 2024 selon la synthèse Société.com, cohérente avec les ordres de grandeur rapportés par la presse économique régionale (~1,4 Md€ en 2024, 164 salariés, portefeuille 335 000 clients gaz et électricité) dans un portrait stratégique publié en décembre 2025. Sur la zone historique — 46 communes, où GDB reste souvent le seul fournisseur pour les résidentiels selon la Chambre régionale des comptes relayée par Sud Ouest — la maison tire encore un quasi-monopole local ; hors Gironde, 85 % des clients seraient désormais acquis selon Le Journal des Entreprises. Côté pros, GDB revendique jusqu’à 15 TWh sur un segment B2B dense — même source — avec une exposition forte aux marchés publics et aux reconductions annuelles chaque année.
2. Impact réel
L’empreinte climat du métier reste globalement celle du gaz fossile vendu aux usages résidentiels et tertiaires : le directeur général lui-même souligne la tension morale et stratégique de « vendre du gaz fossile » dans l’entretien au Journal des Entreprises. La réponse affichée combine trois leviers : contrats long terme de biométhane (45 unités de méthanisation partenaires fin 2025, dont 29 en Nouvelle-Aquitaine — même article), une offre duale à 20 % de biogaz présentée sur le site corporate, et une montée en puissance de l’électricité qualifiée de verte via parcs français — avec 35 000 souscriptions annoncées un an après le lancement octobre 2024 (Journal des Entreprises). Ces instruments réduisent mécaniquement la part fossile dans le panier vendu lorsque les clients optent pour ces formules ; ils ne suppriment pas pour autant les émissions de combustion au point d’usage pour les clients encore au gaz naturel classique — ni la dépendance prix au marché gazier européen.
À l’échelle nationale, la trajectoire autoritaire vers la sobriété et la substitution du gaz dans les usages compatibles est portée par la programmation pluriannuelle de l’énergie ; GDB se positionne comme accélérateur commercial local des GO électricité et du biométhane, mais reste un acteur de plate-forme dont le bilan physique agrégé dépend du mix réellement souscrit par les clients.
3. Innovations / partenariats
La stratégie récente est double : biométhane labélisé dans les contrats (objectif affiché de 40 % des clients gaz alimentés au biométhane d’ici 2028, avec 15 % déjà au biogaz selon Le Journal des Entreprises) et offensive retail électricité pensée pour dépasser le gaz à l’horizon trois ans dans les prévisions du dirigeant (même source). Les contrats pluriannuels avec méthanisation agricole et STEP constituent le socle d’approvisionnement gaz « vert ». Sur le marché concurrentiel, l’arrivée annoncée d’un nouvel entrant (OHM Énergie, juillet 2025) est présentée comme une fenêtre salutaire après des années de quasi-absence de rival résidentiel local (Journal des Entreprises). Aucune levée de fonds startup à signaler : la logique est celle d’une filiale de groupe public territorial qui réinvestit ses marges.
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise la mieux documentée n’est pas rhétorique : elle est judiciaire et chiffrée. Le 11 octobre 2022, l’Autorité de la concurrence inflige un million d’euros à Gaz de Bordeaux (solidaire avec ses sociétés mères) pour abus de position dominante entre 2017 et 2019 : usage des moyens du tarif réglementé de vente pour pousser les offres de marché, jusqu’à faire passer 97 % des nouvelles souscriptions sur ces offres marché contre 0,10 % en 2016, alors que le TRV était pourtant encore souscrit au titre du service public — décision désormais citée aussi dans le rapport CRC 2024 commenté par Sud Ouest. Le médiateur national de l’énergie avait parallèlement intensifié les signaux — les lignes directrices figurent dans son rapport d’activité 2022.
Autre friction institutionnelle : la CRC observe une hausse volontaire et brutale de la marge au MWh après 2021 pour renforcer les fonds propres face à la crise énergétique et financer la mue électricité, tout en reprochant à GDB un déficit d’information à son associé unique sur cet indicateur agrégé (rapport CRC, Synthèse Sud Ouest). Ce n’est pas du « greenwashing » climatique au sens strict, mais un risque réputationnel et politique pour un actionnaire métropolitain.
Sur la dimension « verte » purement électrique, le cadre général impose la nuance : les garanties d’origine attestent une production renouvelable, sans équivalence automatique avec une attribution physique instantanée au kilowattheure consommé — le décryptage public est disponible via Connaissance des Énergies ; l’ADEME propose le label VertVolt pour comparer la robustesse des offres — sans présumer que GDB en porte ou non.
5. Positionnement stratégique
GDB capitalise sur une notoriété territoriale exportée nationalement, une base industrielle encore dominée par le gaz mais financièrement réorientée vers l’électricité verte retail et la signature biogaz. La CRC souligne paradoxalement une fragilité concurrentielle masquée : 42 % du portefeuille professionnel à renégocier chaque année malgré une durée contractuelle moyenne de 27 mois (Sud Ouest). Le groupe affiche pour 2023 un résultat net de 24,6 millions d’euros selon les magistrats — donnée compatible avec une phase de consolidation avant bifurcation énergétique profonde (rapport CRC).
Verdict WattsElse
Gaz de Bordeaux n’est ni une startup verte ni un géant anonyme : c’est une machine à volumes gaz encore ultra-majoritaire, financée par des marges scrutées par les cours des comptes, désormais forcée de démontrer que électricité verte et biométhane ne sont pas qu’un habillage commercial après une sanction où les chiffres parlaient d’eux-mêmes — 97 % contre 0,10 % (Autorité de la concurrence). La mue tiendra si la métropole accepte la transparence qu’elle exige des autres sur son marché.
Sources : societe.com · lejournaldesentreprises.com · ccomptes.fr · sudouest.fr · gazdebordeaux.fr · ecologie.gouv.fr · autoritedelaconcurrence.fr · energie-mediateur.fr · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Stadtwerke Düsseldorf AG
Les Stadtwerke Düsseldorf surfent sur une vague d’investissements records pour verdir réseaux et chaleur, en fixation avec un bilan 2024 en retrait et un site gazier sous le feu des autorités.
Voir la ficheBrommö Vind ek för
Coopérative suédoise née dans le sillage de l’éolien communautaire, Brommö Vind ek för (« ekonomisk förening », l’équivalent d’une structure coopérative de type économique) a eu pour objet explicite de produire du courant avec l’éolien tout en épargnant pour construction, exploitation, démantèlement « et » environnement selon les libellés retranscrits dans…
Voir la fichePerkins Engines
Le curseur est britannique, la décision finale à Peoria : sous la marque Perkins, Caterpillar continue de tirer la carte du diesel haute puissance tout en pariant sur un démonstrateur hydrogène-hybride financé à moitié par l’argent public.
Voir la ficheCementos Portland
** Après un siècle d’industrie lourde, Cementos Portland Valderrivas ne joue plus la même partition : électricité éolien en long terme, fours encore très thermiques, et une « valorisation » des déchets qui fait exploser le contentieux.
Voir la ficheAegean Oil S.A.
Le pétrole grec ne manque pas de visibilité à la station : plus de 700 enseignes, deux hubs logistiques, une présence maritime affirmée.
Voir la ficheBranch of OJSC "Ilim Group" in Koryazhma
Le label « énergies renouvelables » colle mal à ce que documente l’open data : la branche de l’OJSC Ilim Group à Koryazhma (oblast d’Arkhangelsk, Russie) est un pôle pâte‑papier et filière bois, pas un producteur d’électricité « verte » au sens de la PPE européenne.
Voir la ficheAGL
Le nom « AGL » recèle un piège : dans la presse française, une sidérurgie bas-carbone peut évoquer Mistral à Fos — chez Marcegaglia — alors que l’AGL Energy cotée à Sydney incarne tout autre chose : un géant national du gaz et de l’électricité encore accro au charbon, qui parie désormais gros batteries et EnR pour caler la transition.
Voir la ficheAustralian Paper
Australian Paper — aujourd’hui portée par la marque Opal sur le site de Maryvale (Victoria) — n’est plus seulement une papeterie : c’est un pari industriel sur la chaleur, la vapeur et l’électricité tirées des déchets résiduels, au milieu d’un bras de fer juridique de 402 millions de dollars australiens avec l’État.
Voir la ficheSOZIALBAU GEMEINNUTZIGE WOHNUNGSAKTIENGESELLSCHAFT
* La Sozialbau Gemeinnützige Wohnungs-Aktiengesellschaft* — la Sozialbau AG, fleuron du logement social autrichien à Vienne — n’est pas un gestionnaire de réseau « type GRDF » : c’est un colosse du bâti qui bascule pourtant dans une guerre de tranchées thermiques (PCA, géothermie, PV).
Voir la ficheÉtablissements Sellier-Leblanc Combustibles
L’histoire s’achève sur un acte de greffe, pas sur un couperet médiatique.
Voir la ficheDulwich Trade as
En République tchèque, une akciová společnost au capital de 2 millions CZK peut tenir la corde d’un actif photovoltaïque de plusieurs mégawatts.
Voir la ficheEmirates Water and Electricity Company
Avec Noor, Al Dhafra et bientôt dix gigawatts de solaire, EWEC affiche l’émirat en vitrine de la transition.
Voir la ficheJKX Oil & Gas
Côté Pologne et côté salle de marchés, on parle d’Ukraine comme d’un “hub” gazier de demain ; côté terrain, JKX Oil & Gas en incarne le visage moins lisse : bénéfice qui fond, fisc lourd, litiges fiscaux et enquêtes.
Voir la ficheAdvanced Photon Dynamics SA
Le nom « Advanced Photon Dynamics SA » fait exploser les moteurs de recherche vers des synchrotrons américains et des valorisations boursières à Amsterdam.
Voir la ficheClean Energy Technologies, Inc. (CETY Inc.)
Clean Energy Technologies, Inc.
Voir la ficheInner Mongolia Juda Power Generation Co Ltd
Inner Mongolia Juda Power Generation n’est autre que la société de droit chinois 内蒙古聚达发电有限责任公司 (« Juda » pour l’agrégateur 聚达), filiale de production d’électricité basée en Mongolie intérieure — à ne pas confondre avec une homonymie 君达 dans l’éolien (Zhūozī), entité distincte dont les procédures de redressement relèvent d’un tout autre dossier (éclairage…
Voir la ficheEdify Energy
Edify Energy, ce n’est ni une start-up de plus sur une slide PowerPoint ni un homonyme caritatif : c’est un développeur australien de parcs solaires et de batteries utilitaires entré dans l’orbite de La Caisse (CDPQ) en 2025.
Voir la ficheIngérop
Ingérop ne vend pas des kilowattheures, mais des plans, des études et des arbitrages qui pèsent lourd dans la transition.
Voir la ficheEXPLOTACIONES EOLICAS SIERRA DE UTRERA
Entreprise à l’onomastique brutalement géographique, Explotaciones Eólicas Sierra de Utrera ne figure plus comme personne morale autonome : elle a été digérée par la machine juridique d’un géant espagnol.
Voir la ficheUddevalla Energi AB
Uddevalla Energi AB, c’est l’offre multi-réseaux d’une commune côtière de Västra Götaland : chaleur, électricité, déchets, parfois fibre, derrière une gouvernance 100 % publique locale.
Voir la ficheSaavi Energia
Producteur privé mexicain dominé par le cycle combiné gaz et désormais au centre d’un rapprochement massif avec Grupo México, Saavi incarne à la fois la modernisation industrielle du parc thermique nord-américain et ses contradictions climatiques : baisses d’intensité carbone affichées, mais socle fossile quasi total et exposition réglementaire aux…
Voir la ficheSolör bioenergi
Le groupe approvisionne près de 900 000 usagers quotidiens via un maillage de 300 sites et plus de 1 500 km de réseaux — la promesse publique, c’est la biomasse et la chaleur « verte » à l’échelle des villes.
Voir la ficheGLOBAL ENGINEERING SYSTEMS
Sous le nom de Global Engineering Systems, l’entité publiquement documentée correspond à Naizak Global Engineering Systems, groupe technologique saoudien fondé en 1998 à Al Khobar, actif dans l’ICT, l’automation, les laboratoires et la fabrication locale (à propos).
Voir la fiche