GCB
Le Groupe CB (souvent abrégé GCB) incarne le paradoxe d’un familial centenaire : extraire à très grande échelle tout en vendant la décarbonation comme produit.
À propos de GCB
1. Modèle économique
On parle bien du Groupe CB de Carrières du Boulonnais, familial, présent sur les granulats, les réfractaires, les minéraux et, désormais, le bois : ce n’est ni la « Carte Bancaire », ni une ingénierie américaine homonyme, ni une autre « CB » cotée ailleurs. Selon la page chiffres clés 2024, le groupe revendique plus de 250 M€ de chiffre d’affaires, 800 collaborateurs et plus de 25 % du CA à l’international, avec un maillage Industrie / BTP / export et un réseau commercial dans plus de 30 pays. En parallèle, CFNEWS relève, au moment d’une opération sur le bois début décembre 2025, un niveau de 210 M€ de chiffre d’affaires : l’écart appelle prudence sur le périmètre consolidé et le calage temporel, mais dessine surtout une forte exposition au cycle des matériaux de construction.
2. Impact réel
L’impact climat se joue d’abord là où le granulat coûte cher en CO₂ : le transport. Le groupe met en avant un terminal ferroviaire à Ferques et, sur les chiffres clés, une contribution à hauteur de plus de 30 % du trafic ferroviaire national de granulats ; la fiche Carrière du Boulonnais cite, elle, 25 % « du transport de granulats en France » pour l’outil ferroviaire, et une capacité de 4 millions de tonnes/an, en complément fluvial et maritime (Calais, Boulogne, Dunkerque). Pour cadrer l’enjeu sectoriel, les travaux de sensibilisation au report modal — dont les matériaux lourds — pointent le frein CO₂ du routier ; la démarche est documentée côté politiques publiques, par exemple via la brochure « Oser le fer » liée aux dispositifs CEE / accompagnement entreprises. Sur le site lui-même, la carrière de Ferques est présentée comme la plus grande carrière à ciel ouvert de France (450 ha), avec jusqu’à 7 millions de tonnes/an de capacité et des réserves annoncées supérieures à 100 ans — soit un levier de sécurisation d’approvisionnement, soit un signal d’empreinte paysagère et extractive durable. Côté pilotage énergétique, le communiqué du 16 mars 2026 annonce la certification ISO 50001 du site de Ferques, après une démarche lancée en 2025 avec EDF : objectif affiché, réduire les consommations et mieux tracabiliser l’énergie sur une activité électro-intensive par nature (concassage, manutention).
3. Innovations / partenariats
Le volet « innovation » (cohérent avec un classement secteur Innovation sur votre veille) tient autant au matériel qu’au procédé. La page Innovations met en avant PUREBLOX1400 TRB Réfractaires pour l’isolation de fours jusqu’à 1400 °C, le terminal « T2020 » présenté comme un saut technologique par rapport à l’équipement 1970, et le projet Winei avec près de 12 M€ investis sur Nesles pour moderniser une filière soumise aux impératifs de décarbonation industrielle. CB Green est le cheval de bataille « minéraux décarbonés » (ciment, verre, agriculture…), en prise avec la stratégie 2030 qui inclut explicitement liants bas carbone et économie circulaire. Côté M&A, CFNEWS documente l’accélération sur le bois ( périmètre James ) : diversification règlementairement opportune (chantier bas carbone), encore minoritaire mais pilotée comme levier de croissance.
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise, ici, est comptable et communicante, pas idéologique : on a simultanément un CA « >250 M€ » sur le site groupe et un 210 M€ relayé par CFNEWS en décembre 2025 : sans rapport d’activité consolidé lisible publiquement, le lecteur ne peut trancher — et c’est précisément une faille de transparence face aux investisseurs comme aux ONAs. Autre friction documentée chiffrée : la part du fer pour les granulats en France est publiée à >30 % dans les chiffres clés groupe et à 25 % sur la fiche Ferques ; même direction, deux métriques, ce qui fragilise la lecture « d’impact évités » si l’on ne précise pas la méthode ( périmètre national vs périmètre terminal, année de référence ). Enfin, la combinaison export maritime — 25 % de CA hors France annoncés sur les chiffres clés avec fret longue distance sur la fiche carrière renvoie à la question classique du scope 3 : les fiches marketing CB Green ne remplacent pas un bilan GES complet publié ; à ce stade, l’absence de ligne claire sur ces externalités, dans les sources consultées, relève moins du greenwashing avéré que d’un risque de sur-interprétation par les clients institutionnels.
5. Positionnement stratégique
Le groupe joue carte maîtresse industrielle : gisements longs, outil logistique massif, certification énergie à Ferques, produit haute température pour l’industrie lourde — le tout articulé autour des cinq enjeux de la stratégie 2030, dont économie décarbonée et RSE. L’opération bois décrite par CFNEWS s’inscrit dans une logique multi-matériaux ; selon Le Moniteur, la direction vise jusqu’à 16 % du chiffre d’affaires dans le bois à horizon 2026 — indicateur à recouper dès qu’un document financier ou une actualité ultérieure confirme le périmètre. Dans un secteur où la commande publique et la réglementation matériaux poussent au bas carbone, GCB se positionne comme approvisionneur et comme industriel de transition — encore tributaire du rythme du BTP.
Verdict WattsElse
GCB, ce n’est pas une start-up de la « transition » : c’est un extracteur qui a compris que son avenir se joue autant sur le train et le réfractaire que sur le bois — avec la responsabilité de chiffrer un seul univers : celui du scope 1 à 3, pas celui du communiqué le plus récent.
Sources : lesgranulatsdugroupecb.com · groupecb.com · groupecb.com · cfnews.net · cee-remove.ademe.fr · groupecb.com · edf.fr · trb-refractaires.fr · cb-green.fr · groupecb.com · lemoniteur.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
EAP
Sous les trois lettres « EAP » se cache ici une seule géante visible : l’EuroAirport Basel-Mulhouse-Freiburg, aérodrome frontalier à cheval France–Suisse servant Mulhouse/Bâle/Fribourg depuis 1946 — et non une EAP homonyme de l’univers utilities.
Voir la ficheGransolar
Promoteur et opérateur de centrales, filiale « hardware » stars avec PVH et réseau USA–Arabie–Espagne : Gransolar incarne la verticalisation du photovoltaïque.
Voir la ficheSEEBOARD
Le South Eastern Electricity Board, nationalisé en 1947 et absorbé vingt ans plus tard dans l’ogre de EDF Energy (vue d’ensemble historique), est un morceau d’histoire de la décentralisation britannique.
Voir la ficheSociété Européenne des Produits Réfractaires
La Société européenne des produits réfractaires incarne le « sous-système » invisible du verre plat et creux : sans brique résistante aux 1 600 °C, pas de four pérenne.
Voir la ficheSpinalCom
Pionnier français du bâtiment intelligent qui connecte tout, sauf parfois le bon sens écologique.
Voir la ficheBalingsta Vind HB
Le nom sonne agricole ; dans les annuaires, Balingsta Vind HB apparaît pourtant bien aux côtés d’activités qui sentent les financements verts et les revenus de productible, au cœur du couple Balingsta-Böksta près d’Uppsala.
Voir la ficheExxonMobil Chemical
Division produits chimiques au sein du pétrogant américain Exxon Mobil Corporation (siège près de Houston au Texas), ExxonMobil Chemical n’est pas une entité juridique isolée : ces activités agrègent pétrachimie, polymères pour plastiques, élastomères et produits assimilés sous le segment « Chemical Products ».
Voir la ficheRingstholmen Vind AB
Sous le nom Ringstholmen Vind AB, une coquille juridique calée à Stora Vänge, dans l’agglomération de Linköping — comté d’Östergötland — se situe au cœur du paradoxe suédois de l’éolien : la ressource est là, mais les murs institutionnels se resserrent, et en surface la microstructure locale disparaît souvent du radar des grands registres publics.
Voir la ficheDestore
Le pari de Destore est simple sur le papier, plus rugueux dans le réel: stocker le surplus solaire non pas en électrons, mais en chaleur.
Voir la ficheUNIROMA1
Uniroma1 n’est pas une scale-up EnR : c’est la Sapienza Università di Roma, plaquée « Énergies renouvelables » dans un référentiel qui confond production d’électricité et recherche sur la transition.
Voir la ficheIEN-PIB
Pas une start-up verte : un institut national polonais calibré réseaux, recherche industrielle et commandes publiques.
Voir la ficheDistrocuyo
Transporteur électrique historique du Cuyo, Distrocuyo S.A.** taille les antennes des parcs solaires et éoliens tout en restant collée au pas cadencé de l’ENRE — et au soupçon, côté pétrole, de servir aussi l’extractif.
Voir la ficheElgen Solar
Une micro-société en production renouvelable dépasse les 71 millions de couronnes de chiffre d’affaires sans décoller ; elle capitalise comme une mid-cap alors que le nombre de salariés reste sous le seuil de la photographie statistique la plus petite.
Voir la ficheSN Power Perú
SN Power Perú n’est plus qu’un nom d’époque : sur la fiche SUNAT et les annuaires, l’entité correspond aujourd’hui à Statkraft Peru Holding S.A.C., filiale du groupe norvégien Statkraft, avec la société opérationnelle Statkraft Peru S.A.
Voir la ficheAstraios Energeiakh SA
Le nom évoque la mythologie, le registre des filiales des multinationales en dit plus : Astraios Energeiakh SA est l’équivalent grec d’Astraios Energy SA, citée comme filiale à 100 % de SPI Energy dans les annexes de sociétés déposées auprès de la SEC.
Voir la ficheLA PLATA COGENERACION
Complexe industriel accroché au port de La Plata–Ensenada (province de Buenos Aires), La Plata Cogeneración n’est pas une « start-up énergie » mais une tour de contrôle thermique de la chaîne pétrolière argentine : deux unités de cogénération gaz / diesel qui produisent électricité et vapeur pour la plus grande raffinerie YPF.
Voir la ficheRedeventza S.A. Belge pour le Raffinage de Petrole
Sous l’ancienne bannière Redeventza se cache moins un « acteur pétrolier belge d’aujourd’hui* qu’une tranche d’histoire : la première grande opération de raffinage sur le pôle Petroleum Zuid / Blue Gate, au sud d’Anvers, avant la migration vers le super-cluster nord.
Voir la ficheCông ty Thủy điện Hòa Bình
Le mammouth du nord du Vietnam a franchi, fin 2025, le seuil cumulé 2 400 MW.
Voir la ficheTammervoima Oy
À Tampere, Tammervoima Oy tient un rôle d’utilité : brûler une partie des déchets non recyclables tout en injectant électricité et surtout chaleur de réseau dans une ville en quête de neutralité carbone.
Voir la ficheBitzer SE
Le froid industriel ne fait pas la une, mais il tient la chaîne alimentaire, les entrepôts, les bus, les data centers et une part croissante des pompes à chaleur.
Voir la ficheAGROGAZ FRANCE SAS
Filiale française du groupe allemand ÖKOBIT, Agrogaz France incarne la méthanisation « clefs en main » à l’échelle nationale — jusqu’à voir son activité financière basculer au rouge en 2023 alors que la file d’attente nationale du biométhane explose.
Voir la ficheAlex Green Energy Private Limited
L’entreprise capte l’attention dès le début des années 2010 par un tarif photovoltaïque agressif en Odisha, puis passe au filet des tribunaux d’insolvabilité indiens.
Voir la fiche