Pétrole & Gaz

GENERACION RIOJANA SA

Centrale thermique de 50 MW en province de La Rioja, née dans une filiale puis absorbée par GMSA, l’esprit de Generación Riojana vit aujourd’hui sous la bannière d’un groupe en quasi-défaut de paiement et à la dette étouffante.

« Thermique à La Rioja bilan à New York : le gaz sans filet »

À propos de GENERACION RIOJANA SA

1. Modèle économique

Le modèle historique est celui de la production d’électricité thermique privée, rémunérée dans le cadre institutionnel argentin (grossiste Cammesa, contraintes macroéconomiques). Generación Riojana S.A. détenait notamment la Centrale Riojana ; en mai 2016, la société a été absorbée par GMSA sans liquidation, ses actifs — dont cette centrale — intégrant le périmètre unique de Generación Mediterránea (BNamericas). Les revenus ne se lisent plus au nom « Riojana » : ils se confondent avec ceux du groupe Albanesi, où GMSA est contrôlée à hauteur d’environ 95 % selon les bases de données corporate (fiche EMIS). Au 30 septembre 2024, le groupe Albanesi annonçait 1 766 MW de capacité installée dans son rapport trimestriel, dont Riojana n’est qu’une fraction. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe a fortement rebondi en 2024 sur des bases comparables (ordre +104 % de ventes nettes rapporté par les agrégateurs financiers citant les dépôts officiels — agrégation EMIS). Les effectifs propres à la seule Riojana ne sont pas isolés dans les sources ouvertes consultées ; l’effectif pertinent est celui du groupe producteur.

2. Impact réel

L’actif « Riojana » est 100 % thermique fossile : la centrale est référencée comme gaz naturel et diesel, 50 MW, opérationnelle à La Rioja (Global Energy Monitor, fiche 2026). Il n’y a pas, dans le corpus public récent, d’éolien ou de solaire signé « Riojana » à opposer à ce mix : l’empreinte est celle d’une électricité à forte intensité carbone par combustion. Les objectifs type PPE3 ou fiches ADEME valent ici de contrepoint normatif : ils décrivent une trajectoire européenne de décarbonation du mix qu’aucun parallèle direct n’impose à une centrale privée argentine au gaz — ce qui rend l’écart structurel plus politique que technique. En volume absolu, chaque MWh produit participe à la demande de gaz et, sur mode diesel, à des émissions et coûts variables typiquement plus élevés — le « coût carbone » reste internalisé par le pays (climat, santé) plutôt que par la ligne comptable de l’opérateur dans les extraits consultés.

3. Innovations / partenariats

L’« innovation » documentée est industrielle et financière plutôt que bas-carbone : extension de 50 MW sur le site Riojana et logique d’intégration verticale gaz–électricité via les mécanismes du groupe (filière RGA évoquée dans la documentation investisseurs et les rapports trimestriels). Côté marchés de capitaux, GMSA a mené en 2025 une offre d’échange sur des obligations afin de repousser des échéances — plus de 44 % des titres concernés avaient adhéré à une date de participation anticipée selon l’annonce diffusée (juin 2025). Ce n’est pas de la R&D « net zero » ; c’est de la survie de bilan.

4. Greenwashing / zones grises

La zone grise n’est pas un flou marketing : c’est un défaut de crédit. Le 2 mai 2025, Fitch Ratings a abaissé la note de défaut émetteur de Generación Mediterránea S.A. (GEMSA) à « C », évoquant notamment un manquement au paiement d’environ 19,6 millions de dollars d’intérêts sur des obligations — mécanisme de grâce inclus. Le 23 mai 2025, l’agence est allée jusqu’au statut « RD » (restricted default) (action de notation du 23 mai 2025). En parallèle, la presse économique relève une liquidité effondrée — trésorerie approximativement ramenée de 42 millions de dollars en 2023 à 2,46 millions en 2024 — et un ratio dette nette / EBITDA supérieur à 8,5× en 2024, dans un contexte de pression sur les paiements du marché de gros (Buenos Aires Times). Le risque « discours vert » est secondaire face à celui-ci : même une communication RSE sérieuse aurait du mal à masquer une hypothèque financière sur des actifs gaziers.

5. Positionnement stratégique

Stratégiquement, Riojana incarne ce que Milei et la équation Cammesa font aux producteurs thermiques privés : des revenus en forte croissance quand les turbines tournent, mais une exposition fatale aux règles de paiement publiques et aux taux d’intérêt sur la dette en devises. La consolidation au sein de GMSA puis les manœuvres d’Albanesi visent à allonger les maturités et tenir l’échéancier — pas à bifurquer vers le renouvelable à grande échelle dans les documents 2024-2025 passés en revue. Pour un lecteur habitué aux fiches Connaissance des Énergies ou aux analyses ADEME, la leçon est géopolitique : au sud du tropique, le gaz en centrale reste le pivot du service public — jusqu’à ce que la salle des marchés tranche autrement.

Verdict WattsElse

Generación Riojana n’est plus une étiquette boursière : c’est un morceau de parc thermique dans un groupe argentin sous surveillance de défaut, où le gaz fait office de filet social énergétique et la dette de garde-fou cruel. Formule retenue : *la centrale tient le réseau ; la cotation tient à peine la promesse.*

Sources : gem.wiki · bnamericas.com · emis.com · albanesi.com.ar · albanesi.com.ar · prnewswire.com · fitchratings.com · fitchratings.com · batimes.com.ar

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