GEPS Techno
Ingénierie maritime et bouées autonomes, houle et LiDAR flottant : GEPS Techno a longtemps incarné la promesse d’une tech française au service de l’offshore bas carbone.
À propos de GEPS Techno
1. Modèle économique
SAS au capital d’environ 1,58 M€, implantée à Guérande (Loire-Atlantique), la société GEPS TECHNO exerce l’ingénierie et les études techniques (NAF 7112B) depuis 2011 pour des activités maritimes et le développement durable. Sur l’exercice clos le 30 avril 2024, le chiffre d’affaires publié s’établit à 4,40 M€, en baisse d’environ 29 % par rapport au millésime précédent (6,28 M€), avec un résultat net négatif (environ −0,67 M€ selon l’agrégat publié sur la base des comptes déposés) et un EBITDA négatif — signal d’une PME d’innovation lourdement engagée en R&D et en industrialisation. Le site corporate présente un modèle d’« Innovation Lab » de l’économie bleue : co-développement de solutions autonomes (alimentation, collecte de données, surveillance) et montée en compétence sur des bancs d’essais. La génération de revenus repose sur des produits de niche (dont des bouées instrumentées) et des projets partenariaux, avec historiquement un levier de filiale : en 2017, Akrocean — coentreprise associant GEPS Techno et Valemo — a été créée pour commercialiser le volet « data » du LiDAR flottant. Aujourd’hui, une procédure de sauvegarde a été ouverte (annonces BODACC fin 2025) et, selon l’extrait d’évolutions au greffe consulté en 2026, le tribunal de Saint-Nazaire a prolongé la période d’observation au printemps 2026, ce qui encadre la négociation de continuité d’exploitation et le dialogue avec les créanciers. Aucun rapport d’activité « investisseurs » ou fiche RSE/CSRD publique, exploitable ici pour des indicateurs extra-financiers certifiés, n’a été identifié sur le site en libre accès : il convient de traiter l’ESG par le prisme des projets et de la presse plutôt que d’un reporting obligatoire de grande société cotée.
2. Impact réel
L’apport climat recherché par GEPS Techno est, sur le principe, l’évitement du diesel et des groupes électrogènes en sites isolés ou offshore : la Commission européenne a ainsi référencé la plateforme WAVEGEM comme démonstrateur d’hybridation EnR en mer, au service de lieux hors réseau. Sur le SEM-REV au large du Croisic, le prototype — environ 150 kW installés, mix houle (ordre de 80 %) et 68 m² de photovoltaïque, stockage par supercapacités et batteries d’environ 300 kWh — a été présenté comme un banc d’essai de 18 mois pour prouver la tenue de la filière. Le projet de digue DIKWE, porté avec le groupe Legendre et l’Ifremer visant une « digue à énergie positive » à volets oscillants, prolonge la logique d’infrastructure littorale productrice, avec des allégations de taux de captation de l’ordre d’un peu plus de la moitié de l’énergie incidente selon les campagnes de laboratoire décrites en presse spécialisée plutôt qu’un bilan carbone d’aménagement complet publié ici. À l’échelle nationale, l’énergie houlomotrice et, plus largement, les énergies marines restent des options à fort enjeu de maturité et de LCOE, ce que la programmation pluriannielle de l’énergie et les outils d’arbitrage du mix continuent d’intégrer sans transformer chaque démonstrateur en gigawatt comptabilisé au bilan national.
3. Innovations / partenariats
L’historique de R&D publié par l’entreprise recense des programmes qui ont structuré sa crédibilité technique : PMH et PH4S (prototype multi-sources) avec, selon le descriptif interne, le soutien de Bpifrance et, pour PH4S, l’ADEME et le FEDER ; l’IHES / WAVEGEM avec Chantiers de l’Atlantique, l’Ifremer et Centrale Nantes ; le projet SafeWAVE (H2020) sur les freins non technologiques au déploiement de l’énergie des vagues. Côté industrie, La Tribune a couvert l’échafaudage DIKWE sur la façade bretone ; Révolution énergétique a détaillé les essais d’un pilote 1/4. En visibilité internationale, TotalEnergies a pris en charge l’hébergement d’une délégation de PME pour le salon norvégien ONS 2024 ; SAS GEPS TECHNO figure au tableau, aux côtés d’industriels et d’ingénieries offshore. Côté financement, une levée d’un million d’euros en 2016, avec STX France aux côtés des actionnaires, a été documentée par Bpifrance — utile pour dater l’intégration de la société dans un écosystème naval atlantique. Aucun article ciblé n’a été repéré, dans le périmètre de ces recherches, sous la signature GreenUnivers ni Énergie & Stratégie : ce trou relève du maillage presse, pas d’un déni d’intérêt sectoriel.
4. Greenwashing / zones grises
Le cœur de la tension n’est pas le slogan : c’est l’adresse commerciale. Lorsque, déjà, un dirigeant expliquait vouloir cibler installations pétrolières offshore et îles non connectées — marchés où l’enjeu est souvent d’alimenter des sites exposés plutôt que de chasser le pétrole — le risque d’un déploiement vert au service d’infrastructures fossiles devient un angle de « green enabling » à expliciter. L’article de Connaissance des Énergies rappelait par ailleurs des fourchettes d’ordre de magnitude élevé pour le kWh houlomoteur — utile pour ne pas mélanger substitution d’infrastructure critique (îlotage, sécurisation d’alimentation) et décarbonation massive du parc. La dépendance historique à la R&D subventionnée, aux BPIA / instruments publics, et aux partenaires d’infrastructure, rend la marge d’opacité haute : faute de RSE/CSRD publique au sens « grand compte » pour cette taille, le lecteur n’a d’autre boussole que les programmes (ADEME, FEDER, H2020) et les comptes (chute de marge, pertes 2023–2024) pour jauger l’écart entre la promesse technologique et le résultat comptable.
5. Positionnement stratégique
Avec l’ouverture d’une sauvegarde en octobre 2025 et la prolongation d’observation au tribunal de Saint-Nazaire en mars 2026, l’enjeu n’est plus seulement technologique : c’est l’invention d’un feuille de route qui réconcilie R&D, dettes, fournisseurs et cocontractants. API News (Ouest-France) relatait en février 2026 un groupe Geps innov — basé guérandais, sous sauvegarde depuis l’été 2025, en négociation exclusive pour céder la filiale Akrocean au groupe CLS de Toulouse, la filiale d’environ vingt salariés étant signalée en tension depuis au moins 2022 : un signal fort sur l’attractivité des segments « mesure météo-océanique pour EnR marines » et sur la recomposition capitalistique. Dans la PPE et les énergies marines, l’histoire d’innovation continue de s’inscrire ; la finance, elle, a parlé haut, via le greffe.
Verdict WattsElse
Même lorsque la houle porte sur la bannière, la barque reste un bilan : GEPS Techno illustre la France du démonstrateur d’excellence pris en étau entre ambition d’environnement d’innovation et réalité d’exercice en procédure collective, là où l’on attendait le passage à l’échelle. Ici, la seule prédiction sûre, c’est qu’on ne gagne pas le large avec des slides.
Sources : societe.com · geps-techno.com · agence-api.ouest-france.fr · clean-energy-islands.ec.europa.eu · connaissancedesenergies.org · revolution-energetique.com · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · ecologie.gouv.fr · latribune.fr · direction-france.totalenergies.fr · bpifrance.fr · connaissancedesenergies.org
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
2CRSi
Serveurs haute performance, low energy, et une pincée de mondialisation sous contraintes écolo – la recette d’un French Tech qui ne dort jamais.
Voir la fiche360 Smart Connect
Intégrateur high-tech qui promet une "révolution numérique" en boostant la connectivité des entreprises… pour un monde toujours plus connecté, à défaut d'être toujours plus simple.
Voir la fiche8.2 France
Anciennement 8.2 France, la structure a vécu une dislocation marquante : le gros de l’activité d’audit technique (éolien, solaire) a rejoint Socotec Power Services en juin 2025, tandis que le conseil et l’ingénierie d’accompagnement cherchent un second souffle sous la raison sociale 8.2 Advisory, aujourd’hui ancrée à Bordeaux.
Voir la ficheABB (Canada)
Une filiale suisse cotée Zurich qui enfonce le clou dans l’Ontario nucléaire, consolide le sud de Montréal en usine géante et vend des briques climat aussi bien au gaz naturel qu’aux réseaux bas carbone — sans publier un chiffre d’affaires propre au Canada consolidé ligne à ligne dans les rapports monde.
Voir la ficheABB (Germany)
L’ABB présente au Sud de l’Allemagne n’est pas une start-up lithium : le groupe Zurich y déploie l’échelle du conglomérat (automatisme, forte électrification, automatisation industrielle).
Voir la ficheABB (Japan)
Le archipel pousse le Green Transformation à un rythme industriel élevé : ABB y vend surtout de l’électrification, des moteurs/variateurs et des solutions portuaires/maritimes.
Voir la ficheABB Ltd
ABB avance sur la bonne ligne de fracture de la transition: électrifier, automatiser, rendre l’industrie moins gourmande.
Voir la ficheABB (Norway)
Derrière le logo suisse, l’entité qu’il faut regarder ici est bien l’empreinte norvégienne d’ABB: une organisation pays multi-activités, dont les comptes publics les plus nets remontent à ABB Electrification Norway AS, tandis que les grands contrats climat passent par ABB in Norway au sens large.
Voir la fiche