Công ty Thủy điện Buôn Kuôp
Au pied du plateau des Hauts Plateaux du Vietnam, cette filiale de l’Électrificateur national transforme les crues du bassin de la Srepok en contrats de production et en recettes budgétaires.
À propos de Công ty Thủy điện Buôn Kuôp
1. Modèle économique
La Công ty Thủy điện Buôn Kuốp est une société d’exploitation hydroélectrique rattachée au Tổng công ty Phát điện 3 (EVNGENCO3), lui-même dans l’orbite d’EVN : le cœur du métier est la vente d’électricité sur le marché national, sous logique de planification et d’objectifs annuels fixés par le groupe et le ministère. Selon la présentation officielle, elle opère trois centrales en cascade sur la Srepok — Buôn Kuốp, Srêpốk 3 et Buôn Tua Srah — pour une capacité totale de l’ordre de 586 MW et une production cible volontairement ambitieuse (visée d’environ 3,1 milliards de kWh en 2026). Le directeur cité par Đại Đoàn Kết évoque plus de 39 milliards de kWh injectés sur le réseau depuis la mise en service, avec des années dépassant 3,5 milliards de kWh (134 % du débit de conception). Pour 2024, le même article fait état d’environ 2 538 millions de kWh produits (94 % du plan groupe). Un chiffre d’affaires ou un effectif consolidé n’a pas été retrouvé dans une source accessible et vérifiable par simple extraction : les communiqués mettent l’accent sur la production, la disponibilité et les versements publics plutôt que sur des comptes IFRS publiés.
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’électricité fournie remplace en pratique une part de la demande qui serait sinon couverte par le charbon et le gaz qui structurent encore le mix vietnamien : l’impact carbone évité dépend du facteur d’émission marginal du réseau et n’est pas chiffré publiquement pour cette entité. Côté « territoire », l’impact est massif et documenté : VietnamPlus relève 8 113 foyers touchés et 7 352 ha de terres agricoles et forestières perdues pour le complexe des aménagements hydro de la province. La combinaison production / lâchers / sécheresse structure un conflit d’usage récurrent avec l’agriculture des provinces des Hauts Plateaux. En Europe, la Programmation pluriannuelle de l’énergie ou les fiches ADEME n’intègrent évidemment pas ce barrage : elles ne servent ici qu’à rappeler que *votre* boussole « EnR » nationale ne se transpose pas mécaniquement aux grands hydro tropicaux en cascade.
3. Innovations / partenariats
Le discours d’entreprise insiste sur l’optimisation saisonnière des réservoirs et la coordination avec les administrations : ainsi, en période sèche, la société met en avant des scénarios de production (par ex. environ 668 millions de kWh prévus d’avril à juillet 2026) et le maintien de cotes sur le réservoir Buôn Tua Srah (niveaux autour de 487,28–487,50 m début 2026 selon le site société — vérifier l’URL exacte du communiqué 2026). Tạp chí Công Thương décrit aussi la coopération provinciale pour l’irrigation aval face aux épisodes El Niño. Techniquement, le levier dominant reste celui du grand équipement et de la fenêtre hydrologique : au S1 2025, la société revendique 965 millions de kWh et une disponibilité machine de 91,97 %. Pas de dossier patenté ni de JV internationale mise en évidence dans la veille courte utilisée pour cette fiche.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque ne tient pas à un slogan marketing isolé mais à l’écart entre le récit de performance (« EnR nationale », records de rendement budgétaire) et les externalités hydrauliques géomorphologiques. Thanh Niên décrit une sat lở (glissement de berges) sévère en aval du complexe Buôn Tua Srah, avec un recul pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de mètres et une infrastructure hydraulique d’irrigation de 51 milliards de dôngs mise en danger. VietnamPlus quantifie l’empreinte foncière et sociale (8 113 foyers ; 7 352 ha) et cite des tensions sur les séquences de lâchers (204 m³/s) critiquées par les cultivateurs comme alternant montées brutales puis pénurie. Sur le registre technique pur, une entrée bibliographique Space4Water classe Buôn Tua Srah parmi les réservoirs les moins performants du bassin Srepok pour l’atténuation crue. Ce bouquet de sources — presse nationale et littérature spécialisée — relativise tout discours où le mot « durable » se borne au compteur kWh et à une ligne IR.
5. Positionnement stratégique
La trajectoire est celle d’un producteur piloté par objectifs : Vietnam.vn note un record 2025 dépassant 119 % du plan, avec une même cible de ≈ 3,1 milliards de kWh poursuivie pour 2026 ; GENCO3, en parallèle, met en avant 474 millions de kWh au T1 2026, soit +10 % sur le prévisionnel trimestriel. Sur le registre quasi fiscal, Đại Đoàn Kết rappelle > 6 200 milliards de dôngs versés au budget sur 15 ans et > 472 milliards de dôngs de redevances « forêt / environnement » pour 2024, dont 266 milliards pour Đắk Lắk. La question stratégique n’est donc plus « produit-on de l’électricité bas-carbone ? » — oui — mais à quel coût hydrosocial le Vietnam accepte-t-il de maintenir cette option en service ?
Verdict WattsElse
Buôn Kuốp incarne l’hydro vietnamienne à haut régime administratif et bas régime géomorphologique : la performance du réseau se paie encore sur la confiance aval et sur la géométrie de la rivière.
Sources : hpc.buonkuop.vn · genco3.com · genco3.com · vietnam.vn · daidoanket.vn · vietnamplus.vn · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · hpc.buonkuop.vn · tapchicongthuong.vn · hpc.buonkuop.vn · thanhnien.vn · space4water.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
AES Argentina Generación
AES Argentina Generación n’est pas un producteur de pétrole : c’est, sous l’ombrelle d’AES Corporation, un opérateur argentin de génération et de vente d’électricité, avec un parc thermique, hydro, éolien et du stockage batterie.
Voir la ficheSolar Power (Korat 7) Company Limited
À Nakhon Ratchasima, une petite centrale de 8,4 MWac fait figure de vétéran du photovoltaïque thaïlandais : mise en service en 2012, elle incarne la première génération des projets SPCG fortement aidés, puis confrontée en 2024–2025 à la brutale normalisation tarifaire.
Voir la ficheAkenerji Elektrik Üretim A. Ş.
Akenerji Elektrik Üretim A.Ş., cotée sous le ticker AKENR à Istanbul, incarne une prodigalité hydraulique et éolienne qui occupe les brochures…
Voir la fiche3EDATA
Le nom « 3EDATA » tombe sur deux planètes : une PME espagnole issue de l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, orientée ingénierie environnementale et télédétection (site 3edata), et le géant bruxellois des données et du conseil EnR qui opère SynaptiQ.
Voir la ficheKıroba Enerji
Petit producteur turc rivé au mont Madran, Kıroba Elektrik Üretim A.Ş.
Voir la ficheEDP LABELEC
EDP Labelec n’est ni une startup ni une filière marketing : filiale historique implantée au Portugal, elle vend de l’expertise d’ingénierie et des essais industriels sous accréditation, au service d’un géant européen en pleine mue vers les renouvelables…
Voir la ficheSolör bioenergi
Le groupe approvisionne près de 900 000 usagers quotidiens via un maillage de 300 sites et plus de 1 500 km de réseaux — la promesse publique, c’est la biomasse et la chaleur « verte » à l’échelle des villes.
Voir la ficheTotalEnergies
TotalEnergies avance sur deux jambes qui ne vont pas au même rythme.
Voir la ficheNoble Corporation
Noble Corporation plc ne vend ni le pétrole ni le gaz : elle loue la mécanique qui les fait sortir du sous-sol marin — une activité en plein boom en avril 2026, avec un carnet de commandes qui affole les tableurs et des promesses « bas carbone » qui méritent un décryptage à froid.
Voir la ficheDIAKINISIS S.A.
Filiale quasi totalement détenue par ELGEKA, Diakinisis S.A.
Voir la ficheAubade
Aubade n’est pas un fabricant de pompes à chaleur: c’est le péage commercial par lequel passent une partie des arbitrages thermiques des ménages et des artisans.
Voir la ficheSuez
J’ai l’essentiel : chiffres 2024, CSRD, contrats publics, innovation PFAS/hydrogène et contexte PPE3.
Voir la ficheCodelco Chile
Codelco reste le pilier minier de l’État chilien, mais son virage lithium avec SQM se joue dans un climat politique et judiciaire tendu, pendant que la courbe de la dette et les grands chantiers de renouvellement des mines fixent le tempo financier.
Voir la ficheKansai Electric Power
Le géant de l’électricité dans la mégalopole Kobe–Osaka–Kyoto engrange à nouveau des marges que Fukushima avait fait vaciller.
Voir la ficheTours Métropole
L’échelle n’est pas celle d’une start-up : il s’agit de l’établissement public Tours Métropole Val de Loire, compétences énergie, déchets, aménagement et services au cœur de la Touraine.
Voir la ficheSolar Asset Management
Chez Solar Asset Management (SAM), filiale berlinoise du groupe GEOSOL, on ne vend pas du kilowattheure au compteur : on loue de la tenue de route financière et technique à des investisseurs tiers, dans un marché où les réseaux toussent et où les budgets d’exploitation sont scrutés à la loupe.
Voir la ficheSummit Myojo Power Co
À la frontière entre production électrique et matière première pour le ciment, Summit Myojo Power incarne une formule japonaise très « industrielle » : proximité avec une cimenterie, valorisation des cendres, marketing climatique muscle.
Voir la ficheRATP
Le groupe tourne la page des pertes tout en portant une mutation énergétique lisible sur le terrain : électricité de traction, bus au bioGNV et à la batterie, contrats d’achat d’électricité — mais aussi une fin de monopole bus et des débats qui ne manquent ni de watts ni de décibels sociaux.
Voir la ficheVästanvind Vindkraftskooperativ Ek För
Une coopérative sans salariés qui promet de l’électricité « au prix de revient » à ses adhérents : le modèle VästanVind a longtemps fait figure de vitrine du citoyen propriétaire au pays du vent.
Voir la ficheCARA
Le même sigle désigne aussi un géant PV en Colombie (projet distinct, souvent noté « Carare » ou « CARA ») : ici il s’agit du CARA européen**, pôle implanté Lyon, au service du transport tout-terrain où l’énergie (batteries, recharge, vecteurs gaz et liquides) est la variable maîtresse.
Voir la ficheCentral y Coogeneración de Ituren S.A.
Sur le flanc pyrénéen de la Navarre, une société à l’intitulé long comme un contrat d’appel d’offres relie production électrique, retenue d’eau et filière papetière.
Voir la fichePOLIMI
Le Politecnico di Milano aligne électricité verte et trajectoire Net Zero 2040, mais ses comptes carbone bruissent encore d’aviation, de mobilité internationale et de partenariats pétroliers.
Voir la ficheMariehamns Stads Elverk
D’un côté, bénéfice en hausse et électricité labellisée renouvelable ; de l’autre, un pic de charge quasi entièrement importé et un chauffage urbain coincé entre biomasse et facture.
Voir la fiche