Gestión de Centrales del Añarbe S.A.
Sur le plateau basque, une petite société à capitaux publics tire l’électricité d’un des plus grands embalses de la province — puis la complète par la cogénération d’un station d’épuration et par du solaire sur toiture.
À propos de Gestión de Centrales del Añarbe S.A.
1. Modèle économique
Gestión de Centrales del Añarbe S.A. (sigle GECASA) est, d’après son site institutionnel, une société anonyme créée le 15 septembre 1994 et dédiée à la promotion, la construction et l’exploitation d’actifs hydroélectriques, de cogénération, solaires et autres filières classées « renouvelables » ou à haute efficacité énergétique. La gouvernance est explicitement publique-régionale : 70 % du capital est détenu par Aguas del Añarbe – Añarbeko Urak (AGASA) et 30 % par l’Ente Vasco de la Energía (EVE), l’agence énergétique basque (présentation sur Gecasa.eu).
Les revenus proviennent avant tout de la revente d’électricité et de prestations techniques autour des centrales ; les bases commerciales situent le chiffre d’affaires autour de 2,5 M€ en ordre de grandeur récent (fiche Axesor). L’entreprise fonctionne comme un opérateur d’actifs patrimoniaux en réseau avec AGASA : les annuaires mercantiles indiquent une structure à personnel minimal (fiche Empresia), ce qui est cohérent avec une gestion mutualisée au sein du groupe eau-énergie. Les marchés publics confirment l’activité : en 2024, sept adjudications recensées pour environ 166 038 €, avec un fort poids des lots liés à l’énergie et à la maintenance (suivi Gobierto).
2. Impact réel
La production consolidée dépasse 30 000 MWh/an, selon la même page « production électrique » d’AGASA (détail par filière) : 10 278 MWh issus des deux centrales au pied du barrage d’Añarbe, 19 786 MWh produits par la cogénération de l’EDAR de Loiola (moteurs biogaz et gaz naturel), et 122 MWh pour les huit installations photovoltaïques sur toits, avant le plein effet du dernier gros ajout solaire. Sur le plan eau-énergie, ce mix alimente un réseau urbain et industriel (Donostia / Saint-Sébastien et périphérie) en évitant d’importer uniquement de l’électricité « grise » du marché : l’impact climatique réel dépend toutefois du facteur d’émission marginal auquel on compare la production locale, information non publiée de manière standardisée sur les pages consultées.
Côté signal neuf, AGASA annonce pour la station de traitement de Petritegi un investissement de 940 654 € pour 816 kWp visant 892 MWh/an d’autoconsommation, avec 50 % de cofinancement NextGenerationEU (communiqué AGASA) — un pas net vers le solaire, mais à mettre en perspective avec le poids toujours dominant de l’hydro et de la cogénération (décomposition des MWh). Aucune fiche ADEME ou synthèse PPE3 française ne mentionne nominativement GECASA ; le socle d’analyse reste donc les documents basques et espagnols.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue « innovation » est surtout ingénierie d’infrastructure et de contrats : modernisation de la cogénération par appel d’offres public (ex. annonce BOE de 2019 sur l’équipement biogaz à Loiola), extension photovoltaïque cofinancée par l’Europe à Petritegi (annonce AGASA), contractualisation de long terme avec l’administration régionale pour l’électricité (avis de marché conjoint AGASA/GECASA) et surtout le gaz naturel (fiche d’accord-cadre publiée par la plateforme basque). Le schéma institutionnel EVE + AGASA place l’acteur dans la déclinaison territoriale des objectifs basques en efficacité et diversification, sans start-up ni brevet « produit » mis en avant publiquement.
4. Greenwashing / zones grises
La communication « 100 % EnR » bute sur la structure de la cogénération : la fiche AGASA distingue explicitement deux groupes biogaz et trois groupes gaz naturel à Loiola (source chiffrée), ce qui fixe une exposition fossile structurelle au gaz pour soutenir la production électrique et thermique du traitement des boues — avec des achats documentés, dont un marché de 65 118 € pour janvier–mars 2025 (fiche marché Tendios) et, en 2024, un contrat-cadre de 23 689 € HT sur juillet–septembre (annonce du gouvernement basque). Par ailleurs, les ouvrages hydroélectriques sont inscrits dans le réseau Natura 2000 du massif d’Aiako Harria : un projet de perméabilisation du seuil de prise de la centrale Añarbe 2 a ainsi été soumis à une procédure d’évaluation environnementale simplifiée au regard des enjeux piscicoles (dossier technique de la députation de Gipuzkoa). Enfin, la dépendance aux fonds européens pour Petritegi (50 % du montant annoncé, [communiqué AGASA 2024](https: agasa.eus/es/actualidad/noticias/anarbe-lanza-una-planta-fotovoltaica-de-autoconsumo-en-la-estacion-potabilizadora-de-petritegi)) pose la question du coût complet du déploiement solaire hors subvention.
5. Positionnement stratégique
GECASA incarne le couplage eau–énergie voulu par les collectivités côtières stressées : sécuriser l’approvisionnement tout en monétisant les infrastructures existantes (barrage, STEP urbaine). Le dépôt d’excédents de trésorerie via consultation publiée en 2025 (portail des contrats basques) suggère une gestion patrimoniale prudente plutôt qu’une hypercroissance capitalistique. Dans un marché européen où la valeur marginale du renouvelable dépend des coefficients de flexibilité et du prix du gaz, l’opérateur reste ancré dans un double levier : hydraulique régulé et thermique fossile–décarbonée à la marge.
Verdict WattsElse
GECASA n’est pas une licorne tech : c’est le bras énergétique public d’un bassin versant, qui transforme l’eau potable et les eaux usées en courant — avec un pied encore lourd sur le gaz pour faire tourner la mécanique de Loiola. La formule qui résume le pari : « vert par l’eau, gris par le gaz, doré par Bruxelles sur le toit. »
Sources : agasa.eus · gecasa.eu · axesor.es · empresia.es · contratos.gobierto.es · agasa.eus · boe.es · euskadi.eus · contratacion.euskadi.eus · tendios.com · euskadi.eus · gipuzkoa.eus · euskadi.eus
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