GOIENER S.COOP
Coopérative sans but lucratif née au Pays basque sud, Goiener S.Coop vend de l’électricité revendiquée 100 % renouvelable tout en tissant un maillage de communautés énergétiques et de services d’autoconsommation.
À propos de GOIENER S.COOP
1. Modèle économique
La cooperative est surtout fournisseur de détail : en 2023, ses revenus d’exploitation s’établissent à 40,5 M€ (clôture réelle), dont ≈39,8 M€ au titre de la commercialisation d’énergie, pour un résultat avant impôt de 257 630 € selon les comptes présentés à l’assemblée — le tout décrit de manière pédagogique dans une mémoire sociale et économique 2023. Le volume vendu s’est situé à 99,5 GWh en 2023 (sous l’objectif interne fixé à 112,6 GWh), avec 17 611 sociétaires et 21 337 contrats ; en juin 2025, la structure annonce 19 601 sociétaires et 24 352 contrats, avec plus de 100 GWh commercialisés sur l’exercice 2024 dans un bilan d’assemblée. Côté emploi, le texte budgétaire du groupe Goiener Taldea évoque 62 sociétaires-travailleurs réparties en sept bureaux dans la même mémoire 2023. Les recettes ne sont pas qu’« électriques » : projets européens (237 k€ en 2023), refacturation intragroupe, dons internes (notamment 307 k€ vers d’autres entités du groupe en 2023) montrent une économie fédérée autour de la comercialisation et de la génération.
2. Impact réel
Sur le papier, l’offre est 100 % EnR pour le courant vendu ; la coopérative détaille par ailleurs la logique de ses certificats de garantie d’origine (hydraulique, solaire, biogaz…). La « matière première » de l’impact tient aussi aux communautés énergétiques : fin 2024, Goiener revendique 28 communautés déjà créées et le lancement du projet européen RENOCOOP en parallèle de la gestion de certificats d’économies d’énergie (CAE) dans le même compte rendu 2025. Des programmes de précarité énergétique (mentionnés dans les bilans 2023–2024 du site) ciblent des territoires basques. Pour le reste, l’électrification résidentielle et l’autoconso photovoltaïque — au cœur du PPE européen — conditionnent directement la demande de services : la mémoire 2023 souligne d’ailleurs le ralentissement des projets d’autoconsommation quand les prix de l’électricité se stabilisent, ce qui limite mécaniquement certains effets d’évitement de CO₂ court terme dans la mémoire 2023.
3. Innovations / partenariats
Outre RENOCOOP (2024) et les CAE, Goiener met en avant une diplomatie d’alliances locales : près de 100 conférences et 35 conventions signées en 2024 avec des acteurs associatifs, selon le même article de juin 2025. Le profil institutionnel est aussi mis en lumière par des autorités régionales : le gouvernement basque a classé l’initiative comme projet emblématique de coopérative EnR. À l’échelle du groupe, Nafarkoop porte la génération (≈1 MW installés fin 2023 dans l’organigramme publié) tandis qu’Energiarekin mutualise services corporate — architecture décrite dans la mémoire 2023.
4. Greenwashing / zones grises
Deux tensions structurelles, chiffrées et sourcées, dépassent le simple storytelling « citoyen ». D’abord, comme tout commercialiseur « vert », Goiener s’inscrit dans le dispositif des garanties d’origine ; l’ADEME rappelle qu’un certificat éolien peut se négocier autour de 0,82 €/MWh (ordre de grandeur 2021) — un coût si bas qu’il autorise théoriquement un découplage entre achat physique et étiquetage « renouvelable », selon la synthèse pédagogique de l’ADEME sur les offres vertes reprise par Connaissance des Énergies. Ensuite, côté gouvernance marché, la jeune coopérative avait déjà vécu en 2013 la réforme énergétique espagnole comme une menace existentielle sur ses marges et ses producteurs affiliés, au point d’en faire un diagnostic public dans la presse basque (Deia, août 2013) : ce n’est pas du greenwashing, mais un rappel de dépendance réglementaire pour tout modèle alternatif. Enfin, la mémoire 2023 note 174 826 € de factures impayées chez des sociétaires consommateurs — signal social douloureux pour une gouvernance « à facettes humaines » dans la mémoire 2023.
5. Positionnement stratégique
Goiener S.Coop capitalise sur une croissance maîtresse de la base sociétaire et une montée en services (communautés, CAE, représentation de producteurs — 20,7 GWh en « production représentée » en 2023) pour diversifier au-delà du simple spread commercial ; la stratégie d’achat inclut aussi des PPA ciblant 14 GWh/an pour sécuriser une part des contrats à prix fixe, détaillée dans la mémoire 2023. Dans le paysage post-PPE3 / marché unique, l’enjeu sera de démontrer que la coopérative basque gagne davantage par l’ancrage territorial et les projets propres que par la seule conjoncture des prix de gros — alors même que l’Europe pousse les citizen energy communities.
Verdict WattsElse
Goiener S.Coop incarne le pari risqué des fournisseurs « verts » : démocratie réelle et territoires, mais trajectoire toujours cadrée par GdO européennes et politique espagnole du secteur. La suite se jouera dans la capacité à transformer des milliers de contrats en capacités renouvelables nouvelles, pas seulement en étiquettes.
Sources : goiener.com · goiener.com · goiener.com · euskadi.eus · infos.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · deia.eus
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Batiçİm Enerjİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Dans l’ombre des usines à clinker, la filiale électrique du groupe Batıçim affiche un parc quasi entièrement renouvelable — hydroélectricité en tête — pendant que le cimentier coté enregistre, lui, une cassure financière en 2025.
Voir la ficheExxonMobil Central Europe Holding
Elle ne sort pas un baril : elle orchestre un empire.
Voir la ficheAllgemeine Oel-Handelsgesellschaft m.b.H.
L’Allgemeine Oel-Handelsgesellschaft m.b.H., surnommée Oelhag, fut l’un des visages du raffinage-distribution dans l’Allemagne des années 1920-1930 — avant de disparaître dans le giron, à parts égales, d’Exxon et Shell.
Voir la ficheLubafrique SA
Attention aux homonymies : sous l’étiquette « Lubafrique SA », un annuaire affiche parfois un siège à Saint-Félix-de-Lodez et un descriptif viticole — évidemment hors sujet.
Voir la ficheNational Power Company Ukrenergo
Gestionnaire unique du transport électrique haute tension, la PJSC « National Power Company » Ukrenergo est le cœur technique de la synchronisation avec l’Europe.
Voir la ficheUSI
Derrière l’acronyme USI, ce ne sont ni une start-up ni un combustible nucléaire : c’est le réseau associatif des stockistes d’hydrocarbures qui fait tourner ports, oléoducs et dépôts.
Voir la ficheMefa Endüstri A.Ş.
Ce n’est pas un pure player du renouvelable qui figure sous ce nom à Ankara, mais un géant des sous-composants pour la « white goods », qui a mis plus de deux millions de dollars dans du photovoltaïque en toiture pour défendre ses marges face au prix de l’électricité.
Voir la ficheTIMMERFABRIEK WEBO
Chez WEBO, la transition énergétique ne se joue pas dans un parc éolien mais sur la ligne de production et sur les chantiers : toiture photovoltaïque massée, préfabrication bois et argumentaire « bâtiment bas carbone » qui heurte, aux Pays-Bas, un mur réglementaire et financier — l’azote — et un second mur physique — le réseau électrique saturé.
Voir la ficheE'nergys
Expert français de la performance énergétique et optimisation de l'eau qui promet de booster la transition énergétique, sans trop mouiller la chemise.
Voir la ficheTecsol
Le bureau d’études catalan ne vend ni kilowattheures ni panneaux : il façonne les projets qui les rendent possibles.
Voir la ficheSUNY
Le sigle SUNY fait rêver les étudiants de l’État de New York ; chez WattsElse, dans la case « Autres énergies », il cache une tout autre puissance : des broyeurs, des fours et des séparateurs qui traitent des panneaux photovoltaïques et des batteries en fin de vie.
Voir la ficheFerroviaire Servicios (nom générique, informations spécifiques non disponibles)
Sous ce nom très générique, les traces publiques renvoient moins à un grand opérateur qu’à un profil de prestataire ferroviaire d’infrastructure et de maintenance.
Voir la ficheVHIR
Le Vall d’Hebron Institut de Recerca (VHIR) n’est ni un producteur énergétique ni une filiale industrielle : en Catalogne (Espagne), cet institut biomédical rattaché au campus Vall d’Hebron porte avant tout une logique hospitalo-universitaire, mais il expérimente des chaînes d’hydrogène et de solaire comme réponse à la fois sanitaire et carbone.
Voir la ficheCooperativa Eléctrica de Punta Alta
Née sous forme coopérative le 25 septembre 1927 à Punta Alta, province de Buenos Aires, elle distribue encore aujourd’hui l’électricité au pas de bras de concession — pas une « climate tech », mais une co‑distribution provinciale où la facturation, les aides tarifaires et la météorologie se disputent les priorités budgétaires.
Voir la ficheMOVHy
Filiale de l’éolien lorrain Vent d’Est, Mob’Hy veut faire de l’hydrogène renouvelable un métier d’exploitant territorial avec une première station industrielle sous contrat à Sarreguemines.
Voir la ficheDomosolaris
Spécialiste français des maisons autonomes en énergie, Domosolaris transforme les toits en mini centrales solaires, histoire de vous faire oublier EDF… ou presque.
Voir la ficheCreole Petroleum Corporation
Elle a incarné l’âge d’or du brut lacustre et orénoquien, puis a disparu des écrans radar en une date : le 1er janvier 1976.
Voir la fichePOEZL
Cabinet occitan coincé entre la logistique pétrolière aéroportuaire qu’il sait piloter et les flux H₂ / SAF qu’il promet d’intégrer : POEZL incarne cette fracture de la transition — compétence terrain d’un côté, microstructure économique de l’autre.
Voir la ficheElf Aquitaine
Elf sonne comme une épopée nationale — Lacq, la conquête de l’amont, l’opération d’influence d’un champion « à la française » —, mais aujourd’hui le nom n’est plus un bilan comptable : c’est une marque vive de lubrifiants, des circuits de compétition et, derrière, un groupe côté bourse dont les résultats 2025 restent d’abord ceux d’un producteur pétrolier…
Voir la ficheKapıdağ Rüzgar Enerji Santralı Elektrik Üretim San. ve Tic. A. Ş.
Sur la péninsule du même nom, à Erdek (Balıkesir), cette société anonyme turbo-alimente le réseau avec du vent — et révèle, par son actionnariat, tout ce que l’« énergie verte » peut cacher d’un conglomérat minier et gazier.
Voir la ficheAlstom Transportation USA Inc.
Le ferroviaire américain se décide sur des décennies : budgets fédéraux, exigences d’achats locaux, puis des années d’exploitation où la moindre fissure industrielle devient politique.
Voir la ficheZuma
Mexique, même combat : faire tourner gigawatts d’éolien et de solaire quand l’État veut garder la main sur le courant — et voisin du nord veille aux frontières du marché.
Voir la ficheAydın Plastik
D’un côté, un distributeur turc de polymères d’ingénierie qui affiche quarante ans d’expérience et un maillage logistique national ; de l’autre, une poche d’électricité photovoltaïque en autoconsommation.
Voir la ficheVIRANDEL S.L
Opérateur discret depuis plus de deux décennies, Virandel S.L.
Voir la fiche