Guañizuil 2A
** Guañizuil 2A n’est pas une « entreprise » au sens start-up : c’est un parc photovoltaïque de 117 MWdc dans la province de San Juan (Argentine), mis en route en 2021 puis absorbé par Central Puerto en 2023.
À propos de Guañizuil 2A
1. Modèle économique
Le site fonctionne comme tout grand PV connecté au réseau : vente d’électricité dans un marché argentin piloté par rémunérations, PPA et résolutions successives du secteur électrique en 2024-2025 — autant de variables qui pèsent autant que l’ensoleillement sur la marge. Le projet est entré en opération commerciale à l’été 2021 dans la continuité du montage Equinor–Scatec, puis entièrement repris par Central Puerto en octobre 2023, avec les sociétés d’exploitation associées (cession Equinor et Scatec, premier parc solaire du groupe).
Le chiffre d’affaires spécifique à G2A n’est pas isolé dans des comptes publics ; en contrepartie, le groupe Central Puerto publie un chiffre d’affaires de 782,6 millions de dollars et un EBITDA ajusté de 337,2 millions de dollars pour l’exercice 2025, en progression de 17 % sur l’EBITDA 2024 selon la même déclaration (résultats financiers déposés en mars 2026). Autrement dit : l’actif solaire s’inscrit dans une trésorerie de conglomerat où il participe au cash agrégé mais ne définit pas à lui seul la courbe de résultats.
2. Impact réel
Sur la fiche opérateur de CP Renovables, Guañizuil est présenté avec 117 MWdc, environ 310 GWh par an, un équivalent 82 000 foyers et 114 000 tonnes de CO₂é évitées par an — le genre d’indicateurs « projet » usuels, à tempérer par la méthode nationale de calcul du facteur d’émission marginal (parcs en exploitation). Central Puerto, lors du rachat, met en avant un facteur de capacité d’environ 33 % et un rang de troisième plus grand parc solaire argentin au moment de l’opération, pour souligner la densité énergétique utile par hectare (communiqué octobre 2023).
Pour un lecteur habitué aux trajectoires PPE ou aux guides ADEME, le rapprochement est indicatif, pas juridique : l’Argentine n’applique pas la programmation pluriannuelle française ; l’intérêt comparatif reste le volume d’électricité bas-carbone livré face au mix encore dominé par le gaz et le charbon à l’échelle du pays. On retient surtout l’ordre de grandeur : ≈0,3 TWh annuels injectés là où chaque mégawattheure renouvelable compte pour la courbe de charge.
3. Innovations / partenariats
L’innovation affichée est opérationnelle : 358 560 modules et des trackers permettent le facteur de charge élevé mis en avant par le repreneur (détail technique 2023). La chaîne industrielle reste classique pour l’Amérique latine : développeurs scandinaves hors cadre, intégration patrimoniale par un producteur national dominant (vente Scatec-Equinor).
Au-delà de G2A, Central Puerto annonce des contrats BESS pour 205 MW sur quinze ans et l’acquisition d’un parc solaire de 80 MW à Salta pour 48,5 millions de dollars dans les comptes du troisième trimestre 2025 (déclaration 3Q2025), ce qui positionne l’historique sanjuanin comme prélude à une stratégie solaire + stockage annoncée au groupe plutôt qu’encore incarnée sur le même site.
4. Greenwashing / zones grises
Voici une tension documentée : en 2024, la presse spécialisée relate la sortie de Scatec d’Argentine, en invoquant des difficultés croissantes de refinancement et un environnement politique et économique dégradé — exactement le décor macroéconomique dans lequel Central Puerto continue d’exploiter l’actif d’origine nordique (article BNamericas). À l’échelle climat, les 114 000 tonnes de CO₂é revendiquées pour le parc (fiche CP Renovables) cohabitent avec une consolidation financière où les 782,6 millions de dollars de revenus 2025 reflètent surtout un conglomérat thermiquement massif — le PV « vitrine » ne change pas mécaniquement la structure carbone du groupe (comptes annuels Central Puerto). Enfin, la volatilité boursière autour du dossier Profertil et de l’incertitude sectorielle a été soulignée par des flux financiers signalant une chute d’environ 11,5 % du titre à la clôture en septembre 2025 (mouvement de marché recensé).
5. Positionnement stratégique
Avec cette acquisition, Central Puerto assure près de 9,6 % du solaire national et porte un bouquet EnR de 475 MW fin 2023, dont environ 20 % photovoltaïque — Guañizuil faisant office de première empreinte PV du groupe (communiqué 2023). Les arbitrages suivants passent par d’autres GW annoncés en province de San Juan ou en hydroélectricité lors des enchères d’actifs publics (projet Hunuc I 140 MW, enchères hydro 2025), tandis que la présentation investisseurs du troisième trimestre 2025 redessine la courbe de capex du groupe (planche 3Q2025 CEPU).
Verdict WattsElse
Guañizuil 2A prouve que le PV argentin sait tourner vite quand le capteur et le cadre technique sont au niveau ; son propriétaire, lui, reste pris dans un jeu à trois bandes — thermique, régulation, macro — où la couleur du bilan ne se lit pas seulement au facteur de capacité. Éclat du haut désert, lourdeur du mix : la fiche carbone se paie ailleurs que dans les trackers.
Sources : scatec.com · centralpuerto.com · sec.gov · cprenovables.com.ar · sec.gov · bnamericas.com · ainvest.com · bnamericas.com · bnamericas.com · centralpuerto.com
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