H24 PROJECT
Au pied du massif des Maures, une dizaine d’ingénieurs portent une ambition mondiale : faire rouler une endurance à hydrogène aux 24 Heures du Mans d’ici 2028.
À propos de H24 PROJECT
1. Modèle économique
H24 Project est une SAS d’ingénierie (code APE 7112B) implantée à Signes (Var), immatriculée sous le SIREN 750 798 415 selon l’annuaire des entreprises. Société privée issue du monde du sport mécanique — elle succède à l’historique activité GreenGT avant la dénomination actuelle — elle tire ses revenus de prestations techniques, d’études et du développement des prototypes pour le programme MissionH24, mené avec l’Automobile Club de l’Ouest (MissionH24).
Les comptes déposés au greffe agrégés par Infonet pour l’exercice clos le 31 décembre 2024 donnent un chiffre d’affaires de 2,68 M€, en baisse d’environ 33 % par rapport à 2023 (3,99 M€), un résultat net de 147 210 € (marge nette 5,48 %), un EBITDA d’environ 111 K€ et une trésorerie ramenée à 290 K€ alors qu’elle dépassait 1,36 M€ un an plus tôt. L’effectif reste dans la fourchette 10 à 19 salariés ; le capital social est porté à 2 M€. Ce profil mêle cycles de projet longs, besoin de fonds de roulement élevé en ingénierie (BFR publié au-delà de 200 jours de CA dans les agrégats Infonet) et exposition aux jalons de certification automobile — facteurs qui expliquent la sensibilité du bilan aux reports de programme.
2. Impact réel
L’argument environnemental du programme est avant tout démonstrateur : une voiture d’endurance à pile à combustible ne rejette pas de CO₂ au pot d’échappement, mais l’empreinte globale dépend de l’origine de l’hydrogène, du parc électrolytique, des matériaux et des transports — données que la société ne publie pas sous forme de bilan carbone consolidé accessible à ce jour. Dans le cadre de la stratégie hydrogène nationale et des trajectoires PPE/PPE3, l’enjeu national reste la production massive d’hydrogène bas carbone pour l’industrie ; la mobilité compétitionnelle y joue un rôle symbolique et R&D plus qu’un levier massif de réduction des émissions nationales. À ce titre, l’impact climatique « net » de H24 Project se lit surtout à travers l’effet d’entraînement technologique et la visibilité médiatique, pas à travers des millions de tonnes de CO₂ évitées annoncées publiquement — ce qui serait d’ailleurs disproportionné pour un prototype.
3. Innovations / partenariats
Le programme H24EVO incarne le saut technologique récent : sous contrainte des évolutions FIA vers le stockage en hydrogène liquide, la plateforme a pivoté depuis le gaz comprimé — ce qui retarde l’homologation et repousse les premiers roulages significatifs, comme le détaille H2Today à partir du salon Hyvolution (présentation statique au Mans en juin 2025, roulage plus tardif). Le plateau annoncé inclut notamment Bosch, Fortescue et Multimatic aux côtés de Michelin et TotalEnergies. En novembre 2025, le site MissionH24 confirme que Symbio, fournisseur historique de piles, réoriente son activité hors sport, obligeant le programme à chercher un nouveau partenaire pile tout en maintenant l’objectif d’un premier run du prototype fin 2026 — tension majeure sur la chaîne d’approvisionnement critique.
4. Greenwashing / zones grises
La première zone grise est macro-politique et chiffrée : dans son rapport de juin 2025, relayé par Connaissance des Énergies, la Cour des comptes estime que près de la moitié (46 %) des environ 900 M€ de dépenses publiques engagées pour la filière hydrogène profite à la mobilité routière, alors que les magistrats jugent disproportionné ce soutien au regard du retard industriel et des objectifs de production jugés « encore hors de portée » (à titre d’exemple, 0,5 GW « sécurisés » vers 2030 rapportés à un objectif étatique de 4,5 GW dans la même synthèse médiatique). Pour MissionH24 / H24 Project, la question n’est pas une accusation de « greenwashing » au sens juridique, mais un risque de perception : porter une vitrine sportive au moment où les autorités de contrôle prient l’État de mieux cibler les aides vers l’industrie lourde. Second point : la confusion de nom avec le fonds Hy24 (capital-investissement hydrogène), fréquente dans les flux d’actualité, peut fausser la lecture financière si l’on agrège par erreur deals et bilan — les deux entités n’ont rien à voir.
5. Positionnement stratégique
H24 Project se positionne comme bras technique d’un programme phare de décarbonation du sport automobile — avec une échéance Le Mans 2028 encore affichée comme horizon compétitif dans la communication du programme, tout en naviguant des reports de calendrier liés au passage au liquide et au changement de pile. Stratégiquement, la société doit concilier rentabilité de PME (comptes 2024 sous tension de volume) avec absorption de risque R&D inhérent aux normes FIA et aux ruptures fournisseurs. Dans un marché où l’hydrogène routier est sous le feu des critiques budgétaires, le storytelling « course verte » reste un atout marketing pour les partenaires ; il devient en même temps un collage sensible aux débats sur le bon usage de l’argent public dans la filière.
Verdict WattsElse
H24 Project incarne la fracture française de l’hydrogène : une PME compétente et médiatisée coincée entre comptes qui vacillent, une technologie qui impose du retard, et une politique industrielle que la Cour des comptes somme de moins financer la route au profit des usages à forte valeur ajoutée — alors même que la route du Mans reste le slogan.
Sources : annuaire-entreprises.data.gouv.fr · missionh24.fr · infonet.fr · hydrogentoday.info · missionh24.fr · connaissancedesenergies.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Ghana Oil Company
Ghana Oil Company PLC, marque GOIL — la principale succursale nationale du carburant venu de l'État — incarne désormais le paradoxe d'un leader historique forcé au coude à coude avec le privé alors que son bilan gonfle d'immobilisations.
Voir la ficheGR Torres del Paine SpA
Une coquille juridique au Chili, une stratégie Ibérique XXL : GR Torres del Paine SpA incarne la granularité du modèle Grenergy — projets cloisonnés en sociétés locales — alors que le groupe espagnol escalade dans le photovoltaïque et surtout le stockage pour résister à un réseau saturé.
Voir la ficheTHE CHANCELLOR MASTERS AND SCHOLARS OF THE UNIVERSITY OF CAMBRIDGE
The Chancellor, Masters and Scholars of the University of Cambridge est la dénomination juridique britannique — corporation de droit commun et charity exemptée — sous laquelle siège l’Université de Cambridge au Royaume-Uni.
Voir la ficheAhsen Enerji Üretim
Aucune emprise publique solide ne permet, à ce jour, d’identifier un producteur d’électricité majeur sous le nom exact « Ahsen Enerji Üretim » dans l’EnR.
Voir la ficheSWEB Energy
Le nom « SWEB » a longtemps évoqué l’ex-South Western Electricity Board britannique — aujourd’hui un nom d’histoire, pas d’exploitation.
Voir la ficheKonya Biyogaz Elektrik Üretim A.Ş.
Sous l’étiquette « gaz », ce n’est ni un gisement ni un terminal : c’est une usine à digestat, lisier et épluchures qui injecte du courant sur le réseau turc.
Voir la ficheStavlösa Gård AB
Sous le nom d’une ferme historique à Vadstena, Stavlösa Gård AB affiche encore la culture des céréales dans les registres ouverts, tout en étant présentée comme un développeur multi-techno breveté par les agrégateurs EnR.
Voir la fichePowerCo SE
Née en 2022, PowerCo SE est la filiale 100 % Volkswagen qui passe en 2025 du PowerPoint à la ligne d’assemblage, avec les premières « Unified Cells » européennes sorties de Salzgitter.
Voir la ficheMidlands Electricity
Nom d’une époque où l’État acheminait le courant dans les Midlands, Midlands Electricity a quitté la cotation en 2002 ; son ADN de distributeur réapparaît aujourd’hui sous les couleurs National Grid Electricity Distribution (NGED).
Voir la ficheHYDROGEN EUROPE RESEARCH
Hydrogen Europe Research (HER), base à Bruxelles, canalise depuis plus d’une décennie les universités et RTO autour du partenariat public-privé européen sur l’hydrogène.
Voir la ficheHDF Energy
Pionnier français des piles à combustible hydrogène haute puissance, exportateur d’une solution propre... à 80% ailleurs.
Voir la ficheGIST
Le « GIST » de votre cache WattMonde (« Autres énergies », pays non précisé) n’est pas la tumeur digestive homonyme, ni une entrée Wikidata aberrante qui ne désigne aucune société industrielle exploitable dans ce cadre — vérifiable en une ligne.
Voir la ficheTelecom Italia Sparkle S.p.A.
Filiale historique de TIM, Sparkle incarne l’infrastructure invisible du transit IP et des câbles sous-marins — un métier capital pour la souveraineté numérique, mais économiquement exigeant.
Voir la ficheBIOREF LABORATORIO COLABORATIVO PARA AS BIORREFINARIES
Le CoLAB BIOREF n’est pas une start-up qui « vend du vert » : c’est l’interface industrielle et académique par laquelle le Portugal fait monter en gamme les filières biomasse et gaz renouvelables, avec un pilote à Tondela et des budgets Horizon Europe comptés en millions.
Voir la ficheABO Energy España S.A.U.
La société enregistrée à Valencia sous le nom ABO Energy España* (ex-ABO Wind España, NIF A97066914) incarne l’ambition ibérique du développeur allemand désormais baptisé ABO Energy — jusqu’à ce que la brutalité du marché photovoltaïque espagnol vienne mettre à mal tout le groupe.
Voir la ficheOpty O
Le petit génie d’Avignon qui veut (ré)inventer l’eau, avec un soupçon de recyclage et un zeste d’eau bien traitée – à consommer sans modération, ou presque.
Voir la ficheNORWEGIAN CRYSTALS
Le pari était net : fabriquer en Norvège le silicium monocristallin dont l’Europe dépend pour ses panneaux solaires.
Voir la ficheEMPRESA ELECTRICA LA ARENA SPA
Ce n’est ni une licorne ni un géant des marchés : une mini-centrale au fil de l’eau, coincée à l’extrémité sud du système interconnecté chilien.
Voir la ficheASSOCIACAO BUILT COLAB - COLABORATIVE LABORATORY FOR THE FUTURE BUILTENVIRONMENT
Porto tient une pièce maîtresse du chantier européen « bâtiment bas carbone » : une association sans but lucratif qui ne vend ni kWh ni matériaux, mais orchestre recherche, BIM et économie circulaire pour tout un écosystème AEC.
Voir la ficheDB Power Ltd
Une centrale de 1 200 MW bien calée dans ses contrats long terme, des comptes qui repartent après l’impasse d’un rachat par un géant rival : DB Power incarne la tension classique entre la solidité industrielle au charbon et l’orientation climat attendue hors sphères fossiles.
Voir la ficheRENEWABLE ENERGY SOLUTIONS FOR THE MEDITERRANEAN AND AFRICA
Elle ne construit pas des GW à votre place : elle faconne cadres réglementaires, formations et réseaux industriels pour ouvrir les marchés des renouvelables sur deux rives.
Voir la ficheKOH-I-NOOR holding
Une structure industrielle qui remonte aux mines de graphite de Joseph Hardtmuth n’est pas celle dont les grilles financières de Lahore suivent jour après jour les roupies et le fioul — sauf confuse homonymie.
Voir la ficheAES Solar Energy Ltd
Ce que le grand public prend pour un « géant », c’est en réalité une PME Highland taillée pour l’installation : mille chantiers sous les doigts, un raccordement électrique parfois calé à l’horizon d’une décennie, et une manœuvre capitalistique tout à fait locale (MBO puis boulimie d’intégration).
Voir la fiche