Hafslund Vekst
** Bras « croissance et investissements » du groupe public d’Oslo, Hafslund Vekst incarne la manière dont la Norvège diversifie son hydrodominant : solaire suédois, batteries, éolien terrestre — tout en refermant brutalement le chapitre offshore là où les comptes ne suivent pas.
À propos de Hafslund Vekst
1. Modèle économique
Hafslund Vekst n’est pas une société cotée isolée : c’est l’un des piliers du groupe Hafslund AS, détenu par la ville d’Oslo, aux côtés de la production (Hafslund Kraft) et du chauffage urbain (Hafslund Celsio). Sa fonction, telle que la décrit le groupe, est de porter la croissance industrielle : développement d’éolien terrestre et de solaire, participations stratégiques — dont la coentreprise solaire Hafslund Magnora Sol — et exposition à des actifs réseau via Eidsiva Energi. Les comptes publiés le sont au niveau consolidé : le groupe annonce par exemple un résultat net de 4,2 milliards NOK en 2025 (contre 3,76 milliards en 2024) et une production hydro de 18,4 TWh en 2025, en baisse après un hiver peu enneigé. Le chiffre d’affaires ou l’effectif spécifiques de Hafslund Vekst ne sont pas ventilés de façon lisible dans les communiqués grand public consultés ; l’évaluation passe donc par le portefeuille de projets et les transactions, pas par un P&L autonome documenté ici.
2. Impact réel
Sur le volet climat, l’impact « direct » du segment se lit surtout en capacités additionnelles : fin 2023, le groupe indiquait plus de 1 000 MW d’éolien et solaire dans le périmètre de Hafslund Vekst. Côté solaire, l’acquisition auprès d’Helios Nordic de sept parcs pour 252 MW en Suède (zones de prix SE3/SE4, échelle de mise en service 2024–2028 selon les annonces de l’époque) ajoute du photovoltaïque au sud de la Scandinavie, là où le besoin de flexibilité croît. Ce développement s’inscrit dans un pays dont le mix reste massivement hydroélectrique : l’enjeu n’est pas de « décarboner la Norvège » au sens français du PPE, mais d’additionner des MWh renouvelables exportables ou contractables et de sécuriser des revenus de marché. Pour un lecteur français, le parallèle utile est celui des PPA industriels et de l’équilibrage européen : le groupe vient ainsi de signer avec Hydro un nouveau contrat de 1,75 TWh sur 2036–2040 (350 GWh/an, zone NO3), au sein d’une série d’accords qui totalisent jusqu’à 10 TWh depuis 2020.
3. Innovations / partenariats
Le fait marquant de 2025 côté Vekst est opérationnel et symbolique à la fois : avec Cloudberry, Hafslund Vekst a pris un FID sur la batterie Dingelsundet (24 MW / 48 MWh) en Suède — environ 11 millions d’euros de CAPEX en base 100 %, financement moitié dette moitié fonds propres, mise en service visée au troisième trimestre 2026. Le communiqué assume le virage : le projet est rendu possible par un « pivot » depuis l’éolien offshore vers le stockage, avec baisse des coûts batteries et prix d’équilibrage records dans les Nordiques. Par ailleurs, les publications du groupe évoquent un pipeline solaire norvégien Hafslund Magnora Sol dépassant les 2 000 MW bruts en 2025 (dont une partie nette pour Magnora). Enfin, le premier rapport annuel intégrant une logique CSRD (2024) place le groupe sous le prisme européen de la durabilité extra-financière — utile pour comparer les discours et les données publiées.
4. Greenwashing / zones grises
Première tension : le récit « transition » versus l’échec offshore. Le consortium Blåvinge (Fred. Olsen Seawind, Hafslund…) a abandonné les enchères éoliennes flottantes Utsira Nord fin 2024 ; Ørsted s’était déjà retiré en amont, évoquant la rentabilité. Cela coupe court aux discours faciles sur « la Norvège leader éolien en mer », que des synthèses francophones contextualisent pourtant comme ambition nationale à très long terme : Hafslund Vekst, lui, investit là où le business case tient. Deuxième zone grise : dépendance aux mécanismes publics et aux prix. Le CCS sur l’incinérateur de Klemetsrud (porté avec Celsio) a été relancé en 2025 avec un budget révisé à 9,5 milliards NOK et des apports publics massifs (État et ville d’Oslo) — ce n’est pas le cœur de Vekst, mais il nourrit le risque de conflit d’image : l’électricité « verte » et le chauffage urbain restent financièrement sensibles (résultat net négatif sur le district heating en 2025 selon les comptes préliminaires). Troisième point : sécurité et gouvernance — le groupe mentionne un accident mortel chez un fournisseur en 2025, rappelant que la transition industrielle se joue aussi sur le terrain, pas seulement dans les prospectus.
5. Positionnement stratégique
Hafslund Vekst capitalise sur trois mouvements convergents : expansion suédoise (solaire, batteries), ancrage hydro national renforcé par des opérations patrimoniales (ex. consolidation sur Sarpsfoss, travaux lancés sur Hemsil 3 — le communiqué février 2026 parle du plus grand projet hydro depuis soixante ans), et monétisation du risque marché via des PPAs longue durée avec l’industrie. Dans un marché nordique où le prix de l’électricité réalisé par le groupe s’est établi à environ 70 øre/kWh en 2025 (+14 øre/kWh vs 2024), la combinaison actifs flexibles + contrats qualité « bas carbone » devient un levier de valorisation. Aucune analyse ADEME ou article GreenUnivers / Énergie & Stratégie spécifiquement centré sur Hafslund Vekst n’a été repéré dans cette veille ; le positionnement se lit donc surtout à travers la documentation corporate nordique et la presse sectorielle.
Verdict WattsElse
Hafslund Vekst est l’anti-épisode de la transition spectacle : moins d’éolien en mer, plus de batteries, de solaire suédois et d’hydro « chez soi », arbitrés au prix du kWh et du NOK. En clair : à Oslo, la croissance verte se mérite au tableur — pas au bandeau.
Sources : hafslund.no · aarsrapport2023.hafslund.no · hafslund.no · ey.com · connaissancedesenergies.org · hydro.com · news.cision.com · documents.millistream.com · live.euronext.com · portail-rse.beta.gouv.fr · offshorewind.biz · connaissancedesenergies.org · energiteknikk.net · hafslund.no
Données clés
- Forme
- aksjeselskap
- Effectifs
- 40 (2024)
- Siège
- Oslo, Norway ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q130357423
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