Feni Polli-Biddut Shomiti ফেনী পল্লী বিদ্যুৎ সমিতি
Coopérative rurale nichée sous le parapluie du Bangladesh Rural Electrification Board (BREB), Feni Polli‑Biddut Shomiti (ফেনী পল্লী বিদ্যুৎ সমিতি, souvent transcrite Feni PBS) distribue au sud‑est ce que le réseau national fabrique encore majoritairement au gaz.
À propos de Feni Polli-Biddut Shomiti ফেনী পল্লী বিদ্যুৎ সমিতি
1. Modèle économique
Les Samity (« sociétés » coopératives) du BREB constituent le maillon intermédiaire entre Bangladesh Power Development Board (BPDB), les centrales d’entreprise publique (comme Electricity Generation Company of Bangladesh, EGCB) et quelque 80 millions de paysans électrifiés : leur revenu tient quasi exclusivement aux factures distribuées et aux services connexes après achat au pool national. À Feni, le portail institutionnel PBS arbore encore des indicateurs d’organisation pure : 6 682,68 km de lignes construites desservant 644 villages répartis sur 6 upazila, avec 15 sous‑stations, 17 centres plaintes, et une perte combinée présentée comme 7,97 % sur la base affichée. Le modèle fait par ailleurs reposer la fiabilité de la coopérative sur la solvabilité de l’acheteur‑état BPDB — et c’est là que le jeu se corse (voir infra). À ce jour, aucun rapport consolidé français ou anglais identifiable ne publie séparément chiffre d’affaires bilan, résultat net ou effectifs exacts de la PBS ; cet écran opaque est fonction du statut coopératif gouvernemental plutôt qu’IPO.
2. Impact réel
Le bilan direct de cette PBS résidera avant tout dans la densification réseau (électrification rurale) et la lutte contre les fuites : perdre moins que la moyenne nationale est déjà climat‑pertinent puisqu’il évite les méga‑achats fossils compensateurs. Mais l’empreinte finale du sous‑district est surtout celle du mix frontalier interconnecté : EGCB achève puis étend plusieurs parcs PV sur les chars de Sonagazi, jusqu’à 75 MW sur la tranche inaugurée ; un gigantesque projet 220 MW a reçu l’aval du conseil ECNEC en décembre 2025 pour une mise en ligne ciblée juin 2028, financé quasi intégralement par la Banque islamique de développement à travers un aide étrangère de 1 623 crore Taka pour un coût total annoncé 1 888,10 crore Taka. L’éolien pilote du barrage de Muhuri (4 turbines de 225 kW soit ≈ 0,9 MW nominaux) n’est pas uniquement folklore : le courant doit transiter via les câbles de distribution Pallibidyut aux abonnés ruraux. Les objectifs européens (PPE3, fiches ADEME) ne s’alignent pas mécaniquement sur ce cas : reléver plutôt la feuille de route nationale du Bangladesh sur EnR et la pression du gaz structure le signal carbone.
3. Innovations / partenariats
Outre l’appel international IsDB pour l’Owner’s Engineer du block 220 MW, la PBS de Feni expérimente la formalisation marché solaire décentralisé : le site public publie des **passations type *revenue model* / toitures (méthode d’enveloppes OSTETM), signe qu’elle cherche à monétiser le surplomb PV sans attendre les grands parcs. Le net‑metering national se déploie par ailleurs via des programmes rooftop BOO/OPEX pilotés par le secteur public en 2025 (cf. programme national**), dont Feni est un relais logistique en zone côtière.
4. Greenwashing / zones grises
On ne parle pas ici d’une start‑up carbone neutre qui vendrait des crédits volontaires : le risque de verdissement narratif est inverse : afficher un taux de perte < 8 % sur le portail PBS pendant que le pool national plonge dans le rouge alimente un décalage de communication facile à instrumentaliser. La tension la plus documentée reste financière et politique : selon Bonikbarta, la BPDB a vu ses pertes nettes bondir ~94 % en FY2024‑25, jusqu’à ~170 milliards de taka, malgré des subventions publiques massives ; cet effondrement de la trésorerie de l’acheteur peut mécaniquement différer paiements, investissements et entretien des sous‑stations de toutes les PBS. Le second front est socio‑judiciaire : lors des mouvements d’octobre 2024, des employés PBS ont cessé le travail, laissant jusqu’à 1,20 crore d’abonnés hors courant selon The Business Standard — choc d’échelle nationale pour une grève régionale ; suivra en mai 2025 un dossier où la tutelle cite « sédition », « propagande déstabilisatrice » et autres griefs pénales contre du personnel PBS, relaté dans Daily Post. Enfin la réalité physique frappe : après un nor’wester printanier, la presse locale relate en avril 2026 des feeders ravagés et des interruptions prolongées (récit de terrain Feni Tribune).
5. Positionnement stratégique
Feni incarne désormais le boulevard solaire atlantique du Bangladesh : géographie plate, vents de mousson, disponibilité de chars riverains. Mais la coopérative n’est pas l’EGCB, propriétaire des centrales à trois chiffres de mégawatts : son bouclier stratégique reste la densification résiliente (15 postes HT/BT) et une nouvelle ligne de défense communautaire contre la pénuré gazée nationale. Une veille française (ADEME, Connaissance des Énergies) ne rapporte aucune analyse nominative dédiée à cette coopérative en mai 2026 — normal pour un cadre coopératif local —, ce qui oblige à lire le signal à travers la presse bengalie et les portails gouvernementaux.
Verdict WattsElse
Feni PBS n’est ni un producteur solaire ni un simple prestataire de lignes : c’est le thermomètre politique‑financier d’un sous‑district qui parie sur le PV géant pendant que ses propres équipes défient la tutelle.
Sources : reb.gov.bd · pbs.feni.gov.bd · pv-magazine.com · bssnews.net · w3.windfair.net · windtech-international.com · isdb.org · pbs.feni.gov.bd · solarquarter.com · en.bonikbarta.com · tbsnews.net · dailypost.net · fenitribune.com · egcb.gov.bd
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