HBB Heizkraftwerk Bauernfeind Betreibergesellschaft mbh
Ce n’est pas un exploitant pétrolier classique : HBB Heizkraftwerk Bauernfeind Betreibergesellschaft mbH est la société allemande qui faisait tourner la cogénération « Bauernfeind » au service de la papeterie Raubling Papier GmbH, avant la mise à l’arrêt du site fin 2024.
À propos de HBB Heizkraftwerk Bauernfeind Betreibergesellschaft mbh
1. Modèle économique
L’entité est immatriculée à Raubling (registre commercial résumé) et correspond à l’exploitant dédié de la centrale thermique avec extraction de vapeur intégrée au complexe papier-carton historiquement lié au nom Bauernfeind. Sa fonction était avant tout interne : produire électricité et vapeur pour sécher, chauffer et faire tourner une grande papeterie du groupe Heinzel, puis valoriser une partie de la chaleur via un réseau municipal très modeste. Les indicateurs publics du site Raubling — encore publiés avant la fermeture définitive — valorisaient une puissance électrique installée d’environ 25 MW (trois modules totalisant 11,5 + 11,5 + 2,01 MW), une production annuelle d’électricité de 138 GWh, une production de vapeur de 315 GWh/an et des achats de gaz naturel de l’ordre de 600 GWh/an (Indicateurs du site Raubling). Un chiffre d’affaires ou un résultat publié séparément pour HBB ne ressort pas des communiqués groupe analysés ici : l’économie de cette société était absorbée par la chaîne industrielle de la papeterie. Après la décision de fermeture annoncée par Heinzel pour le 31 décembre 2024 (communiqué Heinzel), le schéma « vapeur + carton » qui justifiait la CHP disparaît : il reste des actifs énergétiques à recycler, alors même que le groupe affiche 2,16 milliard d’euros de ventes nettes et 101,9 M€ d’EBITDA en 2024 hors périmètre Raubling (présentation des résultats 2024).
2. Impact réel
Du point de vue bilan énergétique, la centrale combinait production locale de biogaz à partir du traitement biologique des effluents (17 GWh/an déclarés) avec une compression gaz fossile très nette via les achats de gaz naturel (~600 GWh/an) (Indicateurs du site Raubling ; voir aussi la rubrique engagements environnementaux du site). La vapeur produite (315 GWh/an) servait avant tout à contenir l’intensité énergétique de la fabrication du papier ; l’électricité (138 GWh/an) jouait un rôle d’autoproduction dans une filière européenne sous tension de coûts. Côté territorial, la même source mentionne une fourniture d’environ 2 000 MWh/an de chaleur au réseau communal : volume modeste au regard des flux industriels, mais socialement visible. Comparé aux trajectoires sectorielles européennes de réduction des usages gaz non captés par CCS, ce type d’actif illustre la friction entre besoin de chaleur industrielle et décarbonation profonde ; WattsElse ne dispose pas, pour cette unité fermée, d’un bilan carbone unitaire audité distinct des publications Heinzel.
3. Innovations / partenariats
Les « innovations » documentées publiquement tiennent davantage à l’ingénierie de site qu’à une marque tech : méthanisation/biogaz intégré aux eaux résiduaires (17 GWh/an) et alimentation d’un réseau de chaleur local (Indicateurs du site Raubling, page environnement). Les références Heinzel sur la fermeture insistent sur la cessibilité des équipements et machines après arrêt (communiqué Heinzel), ce qui structure la phase post-industrielle plus qu’un pipeline R&D. Dans le registre allemand MaStR, une petite unité biomasse liée au périmètre apparaît avec un statut d’arrêt temporaire au début 2026 (fiche d’unité MaStR) ; selon les éléments disponibles, il faut la traiter comme signal technique annex, pas comme pivot stratégique chiffré au niveau HBB.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque narratif n’est pas une « étiquette verte » isolée, mais l’écart massif entre valorisation environnementale locale et structure gazière : 17 GWh/an de biogaz internes contre ~600 GWh/an d’achats de gaz naturel pour la même centrale, soit une dominance fossile documentée par les chiffres officiels du site (Indicateurs du site Raubling). À l’échelle groupe, Heinzel met en avant une baisse de 4,7 % des émissions scope 1 & 2 en 2024 dans ses résultats publiés (présentation des résultats 2024), lecture macro qui ne neutralise pas la vulnérabilité d’un actif comme Raubling, coincé entre coûts gaz et marché carton. Sur le plan social, la fermeture a mobilisé 165 salariés et un accord avec les instances représentatives dans un contexte de marché jugé durablement tendu (EUWID Papier) : ce n’est pas du « greenwashing », mais une tension de légitimité lorsque la transition énergétique industrielle se traduit par sortie de capacité et plans sociaux.
5. Positionnement stratégique
Pour Heinzel, la fermeture de Raubling est un retrait de périmètre et un signal de concentration sur les sites viables, avec des investissements groupe mis en avant sur d’autres usines (dont Laakirchen) dans les publications 2024–2025 (présentation des résultats 2024). Pour HBB vue comme infrastructure, l’avenir tient à la valeur résiduelle des turbines/chaudières, à la persistance éventuelle des utilités locales (dont la chaleur urbaine déjà minoritaire en volume), et au cadre allemand de sortie progressive du gaz non décarboné dans l’industrie — sans équivalence mécanique avec les débats français PPE ou fiches ADEME lorsque l’actif est à l’arrêt : les enjeux deviennent fonciers, énergétiques et sociaux, plus que « papier-carton ».
Verdict WattsElse
HBB, ce n’est pas une majeure du baril : c’est une colonne vertébrale gaz-vapeur qui tenait debout tant que la papeterie respirait ; sans elle, il ne reste qu’un parc machines et un bilan gaz à solder dans la réalité des prix et des régulations. Formule : la cogénération était le bon élève de l’efficacité ; la fermeture lui rappelle que l’efficace sans marché est une épave thermique.
Sources : northdata.de · raubling.heinzelpaper.com · heinzel.com · heinzelpaper.com · raubling.heinzelpaper.com · marktstammdatenregister.de · euwid-paper.com
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