Da Nhim-Ham Thuan-Da Mi Hydropower Joint Stock (DHD)
Une filière d’Electricité du Vietnam qui affiche encore en 2024 des plans financiers pulvérisés par la magie des cours de marché plus que par une hydrologie favorable.
À propos de Da Nhim-Ham Thuan-Da Mi Hydropower Joint Stock (DHD)
1. Modèle économique
À l’inverse d’homonymies possibles hors secteur hydro, vous parlez bien ici du Da Nhim – Ham Thuan – Da Mi Hydropower Joint Stock Company : quatre centrales historiques jusqu’à 642,5 MW de puissance combinée avant les extensions annoncées, pilotées depuis l’équitisation success story vietnamienne (EVN rapporte aussi un projet d’ensemble portant capacité jusqu’à 770 MW) (capitalisation projet extension). Les revenus viennent de l’électricité livrée sur le système interconnecté vietnamien, complétés par un portefeuille de participations (éolien Thuận Bình, hydro Song Pha, A Vương, Sông Ba Hạ) qui rapporte encore 66,6 milliards đồng de dividendes en 2024 (AGM 2025). Pour l’exercice malgré pluie et débit réduits au plan physique, DHD annonce avoir atteint 112,3 % du budget de ventes et 167,1 % du plan de bénéfice net après impôt tout en distribuant 21 % du capital en dividendes au titre du résultat 2024 (même source AGM) ; ces ratios sont également détaillés côté place (tableau financier prévision versus réalisé Vietstock). La production brute n’a pas tenu tout le chantier opérationnel : 2 745,52 GWh, soit 90,18 % du plan physique annuel attribué par la sécheresse de certains réservoirs (notamment flux vers le lac Hàm Thuận défavorable versus 2023) (toujours l’AGM). Ni effectif précis consolidé ni chiffre d’affaires absolu harmonisés IFRS n’ont été extraits de sources ouvertes fiables pour cette fiche : ils restent à consolider hors communiqués boursiers.
2. Impact réel
Chaque térawattheure issue des cascades remplace avant tout du charbon et du gaz sur la courbe nationale ; le mix exact net est celui marginal du système vietnamien, non publié ici fichier par fichier. Dans un pays où l’énergie doit absorber encore une forte part fossile avant 2030, un bloc ~2,75 TWh/an représente plusieurs centaines de milliers de foyers alimentés en bas carbone évité côté théorie du système sans qu’ĐHĐ ne publie, à notre niveau de lecture, une quantification officielle CO₂ évité. À l’échelle française ou européenne, où la fiche pédagogique hydroélectricité et les repères ADEME servent davantage à tracer la valeur flexibilité / stockage de l’eau tampon pour un réseau décarboné, la juxtaposition aide surtout à situer DHD dans la fonction « bassin tampon » indispensable dans les pays tropicaux soumis aux extrêmes. La transition nationale vietnamienne n’est toutefois pas lisible sous le prisme réglementaire de la PPE3 européenne : ce sont deux terrains normatifs différents.
3. Innovations / partenariats
ĐHĐ ajoute désormais un parc solaire photovoltaïque flottant de 47,5 MWp au réservoir piloté depuis la centrale Đà Mi — premier grand format vietnamien structuré avec des garants multilatéraux (financements ABD) — puis synchronisée au réseau dès avant l’été 2019 avant des optimisations postérieures de production annuelle rapportées par EVN sur livraison DHD ; l’enjeu est de lisser le pic solaire hors des heures de pointe où l’hydro garde encore la barrure. À l’amont financier figure en parallèle l’investissement domestique vietnamien d’« environ 1 500 milliards đồng » rapporté lors de ce cycle de développement, aligné avec l’architecture de garantie de l’ADB avec DHD. Le pipeline extension hydro Đà Nhim jusqu’aux 770 MW mentionnée par EVN capitaux propres DHD poursuit cette logique d’agrégation techno-financière : plus de puissance brute, encore plus besoin de compétences d’acheteur-public pour moderniser équipements périphériques (dont batteries stationnaires suivant dossiers journalistiques infra).
4. Greenwashing / zones grises
Une entreprise peut être « verte » en graphique financier tout en perdant ses lettres de noblesse environnementales en aval physique. En mai 2024, la presse agricole relève qu’avec la sécheresse, la gestion défensive du stock réservoirière Đồng Văn / Ninh Thuận a contraint des fermiers à craindre la mort de vergers (reportage Đàn Việt) — incident qui rappelle la concurrence évidente irrigation vs kWh même si la chaîne de titres juridiques des opérateurs différencie encore les entités locales. À l’autre bout du spectre climatique, Vietnam News en novembre 2025 attribue aux lâchers d’urgence conduit par Đà Nhim–Hàm Thuận–Đà Mi un passage brutal de débit de 300 à 600 m³/s à partir du 17 novembre, noyant le cluster maraîcher majeur du Lâm Đồng alors que les cours des légumes restaient hauts. Parallèle administratif : lors d’un appel d’offres novembre–décembre 2025 pour batteries stations, VietNam Daily calcule déjà environ ‑53 % de rabais contre l’estimation officielle (2 185 650 000 vs 1 021 680 000 đ) à l’issue d’enchères très disputées (18 candidats), ce qui attire les soupçons d’investisseurs-survivants mais aussi de qualité équipements et coûts cachés d’exploitation. Ce n’est pas du greenwashing comptable classique : la tension est géopolitique et hydrologique ; encore faut-il tracer chaque tonne de CO₂ évité jusqu’aux agriculteurs immergés.
5. Positionnement stratégique
ĐHĐ se positionne comme plateforme intégrée hydro + solaire flottant + finance participative filiale, calibrée pour profiter tant des tarifs réglementés domestiques que de la liquidité marchande UPCOM/HOSE autour du titre DNH (hausse très forte multi-annuelle citée encore par EVN actionnaires mais à contextualiser hors bulle générale). Dans un Vietnam qui accélère l’ENR pour tenir ses promesses climat COP, un acteur ainsi structuré offre diversification du risque production (irrigation vs pointe thermique nationale) même si aucun reporting CSRD européen n’encadre encore sa communication extra-territoire : vigilance réservée aux investisseurs européens sur la transversalité données ESG hors cadre domestique actuel (AGM DHD).
Verdict WattsElse
DHD incarne cette « double courbe » vietnamienne : bonus fiscal et dividende où l’hydrologie chancelle pourvu que la fourchette prix / portefeuille actionnarial d’Electricité du Vietnam fonctionne encore ; revers de médaille, cascades littéralement politiques lorsque fermiers et horticulteurs se retrouvent pris dans le même volume d’eau que les actionnaires appellent désormais résilience climatique. Badge possible : « L’onde hydro qui paie vos dividendes, pas toujours l’irrigation du voisin ».
Sources : en.evn.com.vn · dhd.com.vn · finance.vietstock.vn · connaissancedesenergies.org · agirpourlatransition.ademe.fr · adb.org · en.evn.com.vn · danviet.vn · vietnamnews.vn · vietnamdaily.kienthuc.net.vn
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Xuzhou Power Plant
Il ne s’agit pas d’une start-up verte ni d’un acteur européen soumis à la PPE : sous l’étiquette « Xuzhou Power Plant », le débat public anglophone renvoie au complexe Pengcheng, l’un des massifs charbonniers du Jiangsu, dans le périmètre de China Resources Power.
Voir la ficheCara7
La startup qui veut certifier la santé de votre batterie électrique, histoire de vendre du rêve rechargeable.
Voir la ficheEMPRESA ELECTRICA LICAN S.A.
Une hydraulique au fil de l’eau de 2011, calibrée pour le marché et la capacité, puis absorbée par un producteur indépendant nord-américain : Empresa Eléctrica Licán S.A.
Voir la fichePS Maimalican SpA
Selon les éléments disponibles en ligne au printemps 2026, la société PS Maimalican SpA — rangée côté WattsMonde dans les énergies renouvelables — ne laisse quasiment aucune trace vérifiable : pas de site corporate, pas de fiche presse, pas de chiffres d’activité attribuables sans ambiguïté.
Voir la ficheGeosophy
Valoriser la géoénergie des bâtiments, parce que chauffer sa baraque avec la terre, c’est mieux que rien.
Voir la ficheAFPAC
L’AFPAC n’est ni une start-up ni une multinationale : c’est le carrefour français de la pompe à chaleur, coincé entre l’urgence climatique du bâtiment et des politiques publiques qui freinent par instability ce qu’elles prétendent accélérer.
Voir la ficheNetze BW
Filiale à 100 % d’EnBW, Netze BW incarne le gestionnaire de réseau de distribution qu’on ne voit pas mais dont tout dépend au Bade-Wurtemberg : c’est lui qui fait tenir la promesse de la neutralité climatique allemande à l’horizon 2045 — à condition que les concessions locales et la stratégie fossile résiduelle du groupe parent ne viennent pas brouiller le…
Voir la ficheVeolia Wschód
À Zamość, la « transition » ne se lit pas seulement dans des slides : elle passe par l’arrêt d’un projet d’incinération contesté, des budgets qui explosent, et un pari sur biomasse et gaz pour tenir la promesse d’un mix 50 % « renouvelable » d’ici 2029.
Voir la ficheInner Mongolia Jingtai Power Co Ltd
Le nom anglais prête à confusion ; l’entreprise fait pourtant sens : Inner Mongolia Jingtai Power — en mandarin 内蒙古京泰发电有限责任公司, souvent qualifiée d’« Inner Mongolia Jingtai Electric Power Generation » — exploite avec ses actionnaires une grosse plaque thermique à charbon à proximité des gisements du Ordos, ancée dans une logique nationale d’«…
Voir la ficheJSC Central-Asian Elec Power
Privé quasi double de l’électricité nationale, le groupe que le marché abrège CAEPCO (JSC Central Asian Electric Power Corporation) concentre centrales charbon, réseaux et services thermiques sur une toile de milliers de kilomètres — tout en passant de la « modernisation » à la dévolution d’urgence d’actifs vers l’État après des crises sociales et…
Voir la ficheEras Ingénierie
ERAS n’est pas un producteur d’électricité au sens PPE ou comptage de MWh : c’est un bureau d’études et d’ingénierie de procédés, calé sur la chimie, l’agro et l’énergie, dont le siège est à Lyon.
Voir la fichePhilippine National Oil Company
Créée dans le sillage du choc pétrolier de 1973, la Philippine National Oil Company n’est plus vraiment une major, ni tout à fait une simple holding publique.
Voir la ficheOberhessische Versorgungsbetriebe
Multiservice allemand (électricité, gaz, eau, mobilité électrique) ancré en Hesse, l’Oberhessische Versorgungsbetriebe AG (OVAG) — cœur du groupe OVAG détenu à 100 % par le Zweckverband Oberhessische Versorgungsbetriebe (ZOV) — affiche des comptes solides et des investissements EnR visibles.
Voir la ficheRed Electrica de Espana
Le groupe Redeia capitalise sur un modèle TSO règlementé pour injecter un milliard d’euros d’EBITDA par an, tandis que l’héritage de la panne d’avril 2025 pèse sur la réputation et le risque judiciaire.
Voir la ficheKorea Western Power Company
Korea Western Power Company (KOWEPO, 한국서부발전) est la filiale de production électrique du géant public KEPCO : créée en avril 2001 dans la province du Chungcheongnam-do, elle incarne le paradoxe d’un groupe ultra‑fossile au foyer tout en capitalisant sur une vitrine « transition » à l’international.
Voir la ficheMersen
Pendant que le titre affiche résilience — marge d’EBITDA courant à 16 % en 2025 — le tableau de bord trahit deux réalités : un rebond encore promis à la géopolitique des chaîpes batterie SiC/solaire, et des frictions visibles jusque dans la rue, des syndicats de Tennessee jusqu’aux bancs du conseil municipal de Gennevilliers.
Voir la ficheAskøy Energi
Sur l’île d’Askøy (Vestland, Norvège), l’électricité se joue à trois niveaux qui se mêlent dans l’esprit public : le prix spot de la zone, la « nettleie » qui finance le réseau, et les dividendes municipaux d’Eviny qui ne passent pas par la même ligne comptable.
Voir la ficheTaiheiyo Cement Corp
Géant nippon du ciment et du béton, Taiheiyo Cement revendique des résultats records et anticipe déjà le système GX-ETS.
Voir la ficheMasfen
Masfen est Masfen Enerji A.Ş., développeur et opérateur photovoltaïque turc (siège Isparta, création 27 mai 2014), pas un homonyme ibérique du solaire.
Voir la ficheQoichi 1, S.L.
Elle ne vend pas une marque : elle tient une coquille d’investissement photovoltaïque en Espagne, calibrée autour du mégawatt‑réplicable.
Voir la ficheCompañía General de Electricidad S.A.
Le distributeur historique du centre-sud du Chili vit une décennie sous contrôle étranger et sous la loupe de la SEC.
Voir la ficheBotswana Power Corporation
Monopole d’État depuis 1970 au Botswana (fiche de référence), la Botswana Power Corporation (BPC) facture tout un pays alors que ses morales de charbon, importations explosives — et **parc solaire embryonnaire mais venté comme hub régional — en disent plus long que n’importe quel slogan sur la « hub africaine ».
Voir la ficheJKX Oil & Gas
Côté Pologne et côté salle de marchés, on parle d’Ukraine comme d’un “hub” gazier de demain ; côté terrain, JKX Oil & Gas en incarne le visage moins lisse : bénéfice qui fond, fisc lourd, litiges fiscaux et enquêtes.
Voir la ficheovag Netz
Entre 460 000 usagers, près de 2 TWh sur un pic d’environ 376 MW et un territoire d’environ 3 000 km², ovag Netz tient l’infrastructure qu’on ne voit pas, mais qui cadenasse toute l’Energiewende de proximité.
Voir la fiche