Groupe Purmo
Derrière ses radiateurs, Purmo joue en réalité une bataille bien plus large: celle de l’électrification du chauffage européen, entre pompes à chaleur, émetteurs basse température et rénovation du bâti.
À propos de Groupe Purmo
1. Modèle économique
Purmo vend des solutions de confort thermique pour le résidentiel et le tertiaire: radiateurs, planchers chauffants et rafraîchissants, pompes à chaleur, systèmes hydrauliques, ventilation et régulation, principalement via des grossistes chauffage-sanitaire et, plus ponctuellement, en direct aux installateurs, selon sa page About us. En 2023, le groupe a réalisé 743,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, en baisse de 18 % sur un an, avec un EBITDA ajusté de 92,3 millions et un capex de 21,5 millions d’euros, surtout orienté vers les projets industriels et la maintenance, d’après la revue financière 2023 et le rapport annuel 2023. À fin septembre 2024, les ventes atteignaient 532,7 millions d’euros et la dette nette 262,4 millions, avec une marge d’EBITDA ajusté stable à 12,5 %, selon les chiffres clés et le rapport 9 mois 2024. L’effectif est lui aussi un signal: environ 3 190 salariés en 2023, puis 2 760 fin 2024, signe d’une rationalisation musclée du périmètre. Depuis l’OPA d’Apollo et Rettig, Purmo a quitté la cote d’Helsinki en janvier 2025, ce qui réduit la transparence publique sur ses comptes futurs, comme le rappelle l’avis de delisting.
2. Impact réel
Sur le papier, Purmo est bien placé: l’ADEME rappelle qu’une PAC air/eau bien réglée, couplée à des radiateurs adaptés ou à un plancher chauffant, peut être 3 à 4 fois plus efficace qu’une chaudière ou un radiateur électrique, et que l’abaissement de la température d’eau est décisif pour la performance réelle, d’après ADEME Infos et le guide Agir pour la transition écologique. C’est précisément le terrain de jeu de Purmo: des émetteurs hydrauliques basse température et des solutions intégrées pour la rénovation. Côté empreinte industrielle, le groupe a abaissé ses émissions scopes 1 et 2 à 63 898 tCO2e en 2023, soit -19 % sur un an, tandis que les émissions liées à l’acier acheté ont reculé de 24 % à 211 445 tCO2e, selon son rapport 2023. Mais attention à la lecture: cette baisse vient aussi d’un recul des volumes, pas seulement d’un saut technologique. L’impact réel de Purmo dépend donc moins de sa communication climat que de sa capacité à remplacer, à grande échelle, les systèmes fossiles dans la rénovation européenne, un marché que le projet de PPE3 et le durcissement de MaPrimeRénov’ rendent structurellement plus porteur.
3. Innovations / partenariats
Le mouvement le plus concret reste l’accord signé avec H2 Green Steel: 140 000 tonnes d’acier quasi zéro émission livrées entre 2026 et 2033. C’est loin d’être anecdotique, puisque l’acier représente environ 50 % des achats de matières premières du groupe. Purmo a aussi obtenu en juin 2024 la validation de ses objectifs climatiques par la SBTi: -54,6 % sur les scopes 1 et 2 et -32,5 % sur le scope 3 d’ici 2033, base 2022. Sur le terrain commercial, le groupe pousse une logique de solution-selling plus que de simple catalogue: en 2024, ses solutions de plancher chauffant et de distribution d’eau ont été déployées dans une vingtaine de magasins Ahlsell en Suède via le programme Accelerate PG. En revanche, aucune attribution récente de grand contrat public n’a été identifiée dans les sources ouvertes consultées.
4. Greenwashing / zones grises
La première zone grise, c’est le décalage entre récit vert et réalité matière: Purmo vend de la décarbonation du chauffage, mais reste très dépendant d’une chaîne d’approvisionnement acier lourde en émissions. Son propre reporting le montre: le scope 3 pèse bien plus lourd que ses émissions opérationnelles, et l’acier “vert” n’arrivera réellement qu’à partir de 2026 via H2 Green Steel. La deuxième tension est sociale et industrielle: fermeture de l’usine de Zonhoven en Belgique avec 136 suppressions de postes, puis fermeture du site de Hull au Royaume-Uni avec 35 emplois supprimés, selon les annonces Zonhoven et Hull. Enfin, la sortie de Bourse après l’arrivée d’Apollo simplifie sans doute l’exécution stratégique, mais elle affaiblit aussi la visibilité publique sur les performances ESG et financières futures.
5. Positionnement stratégique
Purmo est bien positionné sur une articulation clé de la transition: rendre la PAC performante en rénovation grâce aux bons émetteurs et à la bonne hydraulique, là où beaucoup d’acteurs restent focalisés sur la machine seule. Si la vague réglementaire européenne accélère bien la sortie du gaz et la rénovation des bâtiments, comme le suggèrent PPE3, ADEME et Connaissance des Énergies, le groupe a une vraie carte à jouer. Mais son pari est double: capter ce marché sans rester prisonnier du vieux monde du radiateur acier standard.
Verdict WattsElse
Purmo a une vraie utilité dans la décarbonation du chauffage, mais pas encore l’innocence verte qu’il aimerait afficher. C’est un industriel de transition crédible, à condition de prouver que sa mue bas carbone ira plus vite que sa simple optimisation financière.
Sources : purmogroup.com · purmogroup.com · purmogroup.com · purmogroup.com · purmogroup.com · nasdaq.com · purmogroup.com · infos.ademe.fr · agirpourlatransition.ademe.fr · purmogroup.com · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · purmogroup.com · purmogroup.com · purmogroup.com · purmogroup.com
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