HMRIB-CERCA
HMRIB-CERCA ne figure pas, selon les pages ouvertes du partenariat slovène SiEnE, sous cette graphie exacte : la trajectoire documentée est celle du projet HibroM (Development of Hybrid Mobile Microgrid for Deployable Dual-Use Camps), piloté par TECES dans un écosystème défense / double usage.
À propos de HMRIB-CERCA
1. Modèle économique
Le cœur économique n’est pas une « startup » publiant un chiffre d’affaires consolidé : c’est un consortium R&D adossé au partenariat SiEnE (*Slovenian Energy and Environment Partnership in Defence*), avec le ministère de la Défense slovène comme donneur d’ordre utilisateur final et les forces armées comme parties prenantes opérationnelles (démonstration au client). Les revenus directs du consortium ne sont pas publiés ; ils passent typiquement par contrats publics de RDI, fournitures des industriels intégrés (Stubelj, TAB, Robotina d’après la présentation des prototypes) et, plus largement, par la vente de systèmes mobiles une fois la chaîne qualifiée. Impossible, avec les sources consultées, d’isoler un CA ou un effectif propre à « HMRIB-CERCA », distinct de TECES et des partenaires.
2. Impact réel
L’ambition affichée est l’îlotage fiable : stockage, distribution intelligente, matériel remorquable, avec une logique de résilience militaire qui rejoint, sur le fond, les débats nationaux sur flexibilité et intégration des EnR retraçables dans le projet de PPE3 et le travail de l’ADEME sur flexibilité, stockage et autoconsommation. En revanche, aucun bilan public de CO₂ évité, aucun pourcentage d’EnR dans le mix opérationnel du camp n’est fourni à ce stade : l’impact « climat » reste indirect (pilotage, réduction des pertes éventuelles, substitution partielle) plutôt qu’audité comme une centrale civile classique.
3. Innovations / partenariat
Le 17 décembre 2024, SiEnE annonce une étape clé : premiers prototypes de générateur hybride remorqué, armoire de distribution et stockage batterie (présentation des prototypes). Le 22 octobre 2025, le même portail documente une démonstration réussie du micro-réseau « intelligent » devant le ministère de la Défense slovène, avec la présence des forces armées (prêt au déploiement terrain). Techniquement, l’intégration vise la gestion avancée et la modularité — les détails brevets et versions commerciales précises restent, pour l’instant, dans le registre projet.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, fossile assumé dans le hardware : dès la phase prototype de décembre 2024, la fiche projet décrit explicitement un « hybrid diesel generator » monté sur remorque (compte rendu SiEnE) : difficile de vendre la chaîne comme « 100 % renouvelable » sans qualifier le rôle du thermique en secours. Ensuite, le double usage défense/civil fixe un cadre où la transparence carbone et le LCA public sont rares. Troisième tension : le risque d’homonymie avec CERCA (Romans) : l’ASN relate pour la « nouvelle zone uranium » des difficultés en 2023 sur des essais de matériels ayant conduit à reporter à 2024 la mise en service avant une autorisation d’exploitation des équipements en novembre 2024 (note de contrôle ASN–ASNR) — signal réglementaire pertinent si un même nom de fichier mélange microgrid et sûreté nucléaire. Ces éléments ne sont pas un commentaire sur la démo HibroM, mais un garde-fou rédactionnel contre le glissement de preuves d’une filière à l’autre.
5. Positionnement stratégique
Sur le segment EnR mobile / résilience, HibroM coche la case souveraineté énergétique tactique — un créneau où l’Europe mutualise à la fois sécurité et innovation de réseau. En parallèle, la marque CERCA côté Framatome capitalise sur une industrie nucléaire et santé très cadrée : l’inauguration de capacités de fabrication dédiées aux réacteurs de recherche et applications médicales est portée par le groupe (communiqué Framatome). Si l’on cherche des signaux « chimie verte » transverses, le projet européen CERISEA (plateforme 5-HMF) affiche un coût total d’environ 40,5 M€ et une contribution UE d’environ 20 M€ sur la fiche CORDIS (fiche projet CERISEA) — utile pour contextualiser l’écosystème biomasse de plateforme, mais non équivalent au micro-réseau HibroM.
Verdict WattsElse
Le vrai sujet n’est pas le nom sur la boîte mail, mais ce que vous comptabilisez : un microgrid hybride qui met le diesel dans la boucle par design opérationnel, porté par la défense slovène, dans un environnement médiatique où le suffixe CERCA peut réactiver des débats nucléaires sans rapport direct avec les remorques électriques. L’EnR utile, oui ; l’étiquette « vert pur », non — sans nuance, c’est du bruit.
Sources : siene.si · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · ademe.fr · siene.si · reglementation-controle.asnr.fr · framatome.com · cordis.europa.eu
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