hydroelectricity in Ukraine
Depuis 2022, l’hydro n’est plus un simple levier climatique : c’est une infrastructure exposée aux frappes et marquée par l’explosion du barrage de Nova Kakhovka.
À propos de hydroelectricity in Ukraine
1. Modèle économique
L’hydroélectricité ukrainienne repose essentiellement sur l’opérateur public Ukrhydroenergo, qui exploite les cascades du Dniepr et du Dniester et vend au marché national, en complément des petites centrales dispersées. Les comptes IFRS et rapports officiels sont publiés sur le site de la société (documentation financière). Depuis l’invasion à grande échelle, le modèle se lit en termes de pertes de capacité, de manque à gagner sur les ouvrages sinistrés et de dépendance structurelle aux institutions financières internationales pour financer turbines, protections et réseaux. La BERD indique avoir fortement accru ses engagements et estime le total déployé depuis 2022 sur l’Ukraine proche de 9 milliards d’euros — cadre dans lequel s’inscrivent aussi les derniers prêts à UHE.
2. Impact réel
Dans les bilans pré-guerre, la production hydro annuelle était de l’ordre de 10,8 TWh, pour une capacité hydro représentant environ 8 % du parc électrique national. Les dossiers récents des bailleurs sont présentés comme une alternative aux importations ou au fossile pour le pointe : la BERD annonce pour son opération signée en janvier 2026 environ 223 GWh/an de production verte additionnelle et plus de 96 000 tonnes de CO₂ évitées par an à l’achèvement — chiffres projet, mais publiés par l’institution. À l’inverse, le désastre de Kakhovka a frappé le Sud (eau, agriculture, système fluvial) ; le ministère ukrainien de l’écologie citait au-delà de 146 milliards de hryvnias de dommages liés à l’explosion du barrage — ordre de grandeur issu des autorités.
3. Innovations / partenariats
En janvier 2026, la BERD annonce pour UHE jusqu’à 75 millions d’euros de prêt senior et jusqu’à 20 millions de subventions donateurs, pour un coût total de projet de 120 millions d’euros avec fonds propres — équipements critiques, stocks de secours, conseil et montée en compétences vers les standards européens. La BEI avait signé le 10 juillet 2025 un prêt de 120 millions d’euros pour stabiliser et réhabiliter trois grandes centrales (Kaniv, Kremenchouk, centrale du Dniepr), dans une enveloppe dont le coût total est estimé à 466 millions d’euros par la fiche projet. Pour le stockage long terme, la STEP de Kaniv (≈1 GW, budget souvent cité autour de 1,5–2 milliards de dollars) reste le chantier structurel — sous réserve de financements et de sécurisation du terrain.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque dominant n’est pas le slogan vert mais la contradiction entre finance climat et exposition au champ de bataille : la BEI note explicitement que les centrales d’UHE sont sous des attaques continues contre l’infrastructure énergétique — ce qui fragilise tout bilan « durable » tant que les installations restent dans le collimateur. Sur le plan juridique, Kiev a engagé des recours contre Moscou pour destruction d’actifs énergétiques ; la presse sectorielle rapportait dès janvier 2024 qu’une part évaluée à près de la moitié de la capacité hydro aurait été détruite depuis le début de la guerre. Côté coûts « cachés » de résilience, Ukrainska Pravda documentait fin 2024 un contrat de 23 millions de dollars pour protéger notamment Kremenchouk contre les drones. Ihor Syrota, par la presse nationale, attribuait à seul Kakhovka 343,2 MW de capacité perdue et 192 MW de capacité de régulation — soit un déficit de flexibilité pour le réseau, là où le narratif « vert » met l’accent sur les tonnes de CO₂ évitées.
5. Positionnement stratégique
La filière se positionne comme flexibilité bas carbone compatible avec la trajectoire d’intégration européenne (Ukraine Facility, garanties UE sur les opérations BEI/BERD). Le double verrou institutionnel 2025-2026 (BEI puis BERD) envoie un signal d’ancrage dans l’outil productif national. La reconstruction de Kakhovka reste toutefois conditionnée à la déoccupation ; l’opérateur évoque 6 à 7 ans de travaux après libération du site — délai stratégique autant qu’économique.
Verdict WattsElse
L’hydro ukrainien ne se résume pas à une courbe de charge : c’est une infrastructure revendiquée comme verte, financée par les créanciers du pays, dont le rendement climatique reste bridé tant que les ouvrages servent de cibles — transition subventionnée dont l’issue reliera autant les arbitres que le calendrier militaire.
Sources : en.wikipedia.org · uhe.gov.ua · ebrd.com · en.wikipedia.org · ukrinform.net · eib.org · rechargenews.com · pravda.com.ua
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q12098836
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Lodos Elektrik Üretim Anonim Şirketi
Le pari était vert, le terrain l’est tout autant : de Kemerburgaz à la péninsule d’Izmir, Lodos incarne la transition électrique turque…
Voir la ficheMedcoEnergi
Le groupe PT Medco Energi Internasional Tbk, pilier pétrolier et gazier coté à Jakarta, affiche en 2025 une production d’hydrocarbures inédite et une diversification électrique de plus en plus marquée — tout en subissant le retour de bâton d’un résultat net divisé et d’incidents majeurs sur le réseau d’infrastructure.
Voir la ficheSistema
AFK Sistema, maison mère de MTS et bouquet de filiales dans l’infra, la santé, l’immobilier et le commerce en ligne, affiche une croissance en roubles qui masque mal une équation simple : marge opérationnelle encore solide, sensibilité financière et résidu fossile qui rattachent le groupe à la Russie pétrolière, pas à la transition telle que la mesurent…
Voir la ficheMidia Green Energy
** Roumaine, à cheval sur l’État et Rompetrol (KMG), Midia Green Energy incarne le pivot « vert » de la plateforme pétrochimique de Năvodari : trois centrales au sol pour moins de 10 MW, mais voisine d’une cogénération gaz de 80 MW dont la mise en service est tombée en plein hiver 2025.
Voir la ficheCARINTHIA UNIVERSITY OF APPLIED SCIENCES
La Carinthia University of Applied Sciences (CUAS / FH Kärnten), haute école autrichienne fondée en 1995 et implantée en Carinthie, ne « vend » pas du kilowattheure : elle forme, pilote des projets européens et alimente l’écosystème EnR entre Alpes-Adriatique et Balkans insiders.
Voir la ficheSong Da Corporation
Le géant vietnamien de l’hydro ne se résume pas à un graphique de croissance : il tient les manettes du premier grand pompage-turbinage du pays, tout en subissant restructuration douloureuse et alertes judiciaires.
Voir la ficheFalkenberg Energi AB
En Suède comme ailleurs, le fil conducteur est brutalement simple : investir dans réseau, biomasse et certifications vertes, tout en encaissant les pics de demande sur un marché sous tension.
Voir la ficheSociedad Punta del Cobre S.A.
Une mine n’est pas un parc éolien, mais lorsque le tableau de résultats grimpe tout en chantant une matrice 100 % « verte », ça intrigue sur la Bourse du Chili.
Voir la ficheREGAZ-BORDEAUX
Une ELD métropolitaine sert chauffages et usages professionnels alors que les injecteurs agricoles et les biodéchets font glisser un peu plus de méthane français dans une offre encore massivement mondiale.
Voir la ficheAfriquia
L’Afriquia n’est ni une start-up de la transition ni un pure player du renouvelable : c’est l’infrastructure invisible du pétrole et du GPL au Maroc, portée par le groupe Akwa, avec un carnet d’ordres, des marges surveillées au millième de dirham, et un passé judiciaire qui continue de tinter dans les débats publics.
Voir la ficheBangchak Solar Energy Company Limited (BSE)
Filiale à 100 % de BCPG dans la sphère « Bangchak Greenovation », Bangchak Solar Energy Company Limited (BSE) incarne le volet photovoltaïque d’un groupe mieux connu pour son raffinage et, côté électricité, pour un mix BCPG où le gaz naturel pèse encore lourd.
Voir la ficheClean Energy Council
Le Clean Energy Council n’est ni une PME ni un pure player tech : c’est l’organe central de l’industrie australienne des EnR, basé à Melbourne, qui traduit l’euphorie des chiffres en influence réglementaire.
Voir la ficheUNIVDUN
Le projet référencé sous UNIVDUN dans le référentiel WattsElse correspond au site H2V Dunkerque (H2V59), porté par l’écosystème H2V / Samfi-Invest.
Voir la ficheAlaköprü Barajı ve Hidroelektrik Santrali
Situé en Turquie (province de Mersin, cours d’Anamur), le complexe Alaköprü Barajı ve Hidroelektrik Santrali cumule barrage de retenue et centrale hydroélectrique au cœur du « projet du siècle » d’acheminement d’eau douce vers Chypre du Nord.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Đăk Mi
Sur le système Vu Gia–Thu Bồn, au Viêt Nam central, cette société cotée local symbolise une hydroélectricité « propre » au sens du bilan carbone instantané, mais sous tension avec la sécheresse, les crues et un million deux cent mille gosiers en aval.
Voir la ficheUniper Kraftwerke
** Branche opérationnelle allemande de la production électrique et de la chaleur du groupe Uniper, Uniper Kraftwerke incarne le paradoxe d’une Europe qui veut sortir du fossile tout en payant encore le prix de la flexibilité gaz et charbon.
Voir la ficheOdesagas
L’« Odesagas » des cartes WattMonde n’est pas un opérateur moyen-oriental coté en bourse : c’est la PJSC Odesagaz, distributeur régional du gaz en oblast d’Odessa, ancré dans l’empilement Naftogaz–bataille d’usages depuis 2023, et désormais orphelin de son dirigeant historique, Ihor Uchytel, mort le 11 juin 2025 à 70 ans.
Voir la ficheComisión Federal de Electricidad Distribución Jalisco
Le service public mexicain d’électricité affiche des tableaux de groupe qui font pâlir d’envie ; sur le terrain de Guadalajara, les industriels font les comptes des coupures.
Voir la ficheSPP Five Co Ltd (SPP 5)
** Ce n’est pas une « scale-up » européenne du même nom : SPP Five Co., Ltd.
Voir la ficheBobergs Vind AB
Une micro-société de Vadstena exploite trois Siemens à Boberg (Motala) pour livrer quelque 19 200 MWh par an depuis plus d’une décennie, avec un bilan 2024 qui plafonne littéralement au 0 SEK de résultat net.
Voir la ficheHIDROELECTRICA LAS FLORES S.A.
Une pépite de 2,1 MW en Patagonie humide, puis l’extension qui fait tanguer le cadre d’évaluation environnementale : Hidroeléctrica Las Flores illustre la tension entre PMGD distribute et exigence d’intégrité des projets hydrauliques au Chili.
Voir la ficheEnedis
Enedis ne vend pas d’électricité: elle vend la possibilité même d’électrifier la France.
Voir la fiche