INTERNATIONAL HYDROPOWER ASSOCIATION LIMITED
L’hydroélectricité affiche des records de production alors que le débat bascule vers le stockage par pompage.
À propos de INTERNATIONAL HYDROPOWER ASSOCIATION LIMITED
1. Modèle économique
L’entité que vous citez correspond, côté registre, à International Hydropower Association Limited, société privée à garantie limitée sans capital social immatriculée sous le n° 08656160 à Londres (Canary Wharf), avec une activité officielle d’organisation professionnelle (SIC 94110). Ce n’est pas un producteur : l’IHA fédère industriels, développeurs, fabricants et acteurs publics autour de l’hydroélectricité et du stockage associé. Selon sa présentation institutionnelle, les membres représenteraient, en ordre de grandeur, environ 100+ organisations dans 120 pays gérant quelque 450 GW, soit environ un tiers de la capacité hydro mondiale (profil corporate IHA). Les revenus se déduisent logiquement des cotisations, des événements et des services (outils, publications, démarches de durabilité), mais le montant agrégé du bilan n’a pas été relu ici : les comptes « small company » au 31 mars 2025 sont bien répertoriés dans l’historique des dépôts Companies House, sous forme de fichiers PDF majoritairement numérisés, peu exploitables sans OCR dans cet environnement.
2. Impact réel
L’argument climatique de la filière repose sur une électricité bas-carbone en exploitation et, dans les systems mixes, sur la flexibilité et le stockage — aujourd’hui massivement hydraulique. Le World Hydropower Outlook 2025 situe l’hydro à 14,3 % de l’électricité mondiale en 2024, avec une production record de 4 578 TWh (+10 % sur un an) et 24,6 GW de nouvelle capacité, dont 8,4 GW en pompage-turbinage. Pour la France, l’IHA maintient un profil pays (capacités, projets, cadre politique) utile pour contextualiser le rôle des STEP dans un mix où le nucléaire structure la baseload (profil France) ; côté vulgarisation nationale, la mécanique du pompage est rappelée par l’Encyclopédie de l’énergie. L’impact « réel » dépasse toutefois le bilan carbone instantané : sédimentation, fragmentations écologiques, débits environnementaux et méthane réservoir restent des variables que les rapports de filière peinent à capter à la même précision que les TWh.
3. Innovations / partenariats
Sur le stockage, l’IHA martèle un constat chiffré : dans son rapport d’impact 2024/25, elle indique qu’environ 90 % du stockage électrique mondial passerait encore par le pompage-turbinage, et que 58 gouvernements soutiendraient le Global Storage Pledge qu’elle promeut. Le même document note 17 nouveaux membres en 2024. En diplomatique sectorielle, l’IHA annonce un accord avec l’ONUDI (septembre 2025) pour accélérer le petit hydro avec une composante égalité femmes-hommes (communiqué de partenariat). Côté gouvernance, le conseil 2025-2027 a été acté publiquement à l’occasion du Forum international sur le pompage-turbinage à Paris (annonce du conseil).
4. Greenwashing / zones grises
La vulnérabilité réputationnelle de l’IHA tient à l’écart entre agrégats sectoriels vertueux et impacts projet par projet. Selon une synthèse de presse de juin 2025 sur la sortie du rapport phare, le pipeline mondial serait de l’ordre de 1 075 GW, dont environ 600 GW en pompage-turbinage (Energy Global) — un indicateur de pression foncière et hydrologique future, difficile à concilier avec toutes les contraintes locales. En parallèle, la gouvernance des labels pose question : l’IHA opère un Hydropower Sustainability Standard, accusé par des ONG de conflits d’intérêts structurels lorsque l’industrie choisit ses évaluateurs et externalise la parole des communautés. Le cas Nam Theun 2 au Laos a été explicitement mobilisé en 2024 par International Rivers pour contester un récit « durable » face à des droits autochtones disputés — tension où le chiffre clé n’est plus le GW annoncé, mais le consentement et la réparation.
5. Positionnement stratégique
L’IHA capitalise sur une fenêtre politique où l’Europe et d’autres régions cherchaient flexibilité et sûreté de réseau, doublée d’une accélération record en Afrique (+4,5 GW en 2024, plus du double de la moyenne triennale précédente selon le World Hydropower Outlook 2025). Le pari est clairement stockage massivement hydro ; le risque, c’est la guerre des sols entre STEP, EnR intermittentes et sociétés civiles. Aucune fiche ADEME ou « Connaissance des Énergies » dédiée à l’IHA n’a été identifiée en mai 2026 dans cette veille ; le lien français passe plutôt par les STEP et les arbitrages du multiannuel — sur lesquels l’IHA n’est qu’un interlocuteur de place, pas un décideur national.
Verdict WattsElse
L’IHA est le haut-parleur quantifié d’un hydro en sursaut — production et pompage records à l’appui — mais sa certification « durable » reste le point faible là où les peuples riverains exigent des preuves, pas des moyennes mondiales.
Sources : find-and-update.company-information.service.gov.uk · hydropower.org · find-and-update.company-information.service.gov.uk · hydropower.org · hydropower.org · encyclopedie-energie.org · hydropower.org · hydropower.org · hydropower.org · energyglobal.com · hydropower.org · internationalrivers.org
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