Terra Valis, SL
Société cotée depuis des années comme pièce juridico‑patrimoniale du groupe Tervalis, Terra Valis SL incarne une transition énergétique à l’échelle industrielle : ammoniac « vert », photovoltaïque d’autoconsommation, services énergétiques certifiés.
À propos de Terra Valis, SL
1. Modèle économique
Au registre marchand, Terra Valis apparaît comme une sociedad limitada unipersonal à Teruel dont l’activité déclarée couvre encore l’intermédiation de matières premières agricoles (agrégats sectoriels usuels comme *ranking CNAE commerce de gros*), alors que les sources énergétiques la qualifient d’entreprise aux missions patrimoniales et de services (« ESE » enregistrée auprès de l’IDAE). Autrement dit : façade commerciale + socle juridico‑immobilier pour héberger ou piloter projets industriels du groupe Térvalis.
Sur le plan chiffré, le ranking Economía Digital 2024 affiche une facturation de 8 864 020 € en 2023 puis 2 392 055 € en 2024, soit –73 % en un an. Le même tableau met en évidence une capitalisation inchangée de 12 525 000 €. Pour 2023, la plateforme indique encore un résultat d’exploitation très élevé (valeur EBITDA publiée : ~4,79 M€) alors que les ventes dessinent déjà une courbe descendante : le signal financier dominant est celui d’un holding concentré sur résultats patrimoniaux et restructurations internes, plutôt qu’« opérateur d’ENR pur et simple » lisible depuis l’extérieur. Une effectivité très réduite (ordre de ≈ 5–12 postes selon compilations tiers, voir rang sectoriel) conforte l’hypothèse d’une coquille projet plutôt qu’UNE filiale industrielle à milliers de salariés. La scission du 18 novembre 2024 vers Térvalis Desarrollo SA décrite au Bulletin officiel BORME en est un marqueur de gouvernance : périmètres mobiles, transferts d’actifs, redistribution des lignes métier intra‑holding.
2. Impact réel
Sans inventaire carbones public au nom précis « Terra Valis », les externalités climat positives se lisent là où elle co‑investit : mise en route d’un parc photovoltaïque d’autoconsommation de 1,8 MW (2,15 MWp) dans le dossier officiel régional BOA Aragon 2024 pour les sites industriels Fertinagro Tecnos. Sur le vecteur gaz/hydrogène, le projet Ver‑Amonia vise jusqu’à 25 MW d’électrolyse, ≈ 15 000 t/an d’ammoniac vert, avec annonce industrielle mise en service 2027 et création projetée 40 emplois directs selon *[Diario de Teruel]*. Ce type d’intégration « NH₃ vert » participe potentiellement à la décarbonation des engrais, au sens large des fichiers européens de valorisation industrielle du hydrogène renouvelable (voir encadrement officiel français/espagnol sur allocations Hy2Use 2024).
À l’échelle européenne, un démonstrateur rural de biometano vecteur transport prend forme à Valderrobres (province de Teruel) dans le projet LIFE CHANDelier : cet écosystème biogaz, piloté par un consortium européen, illustre la densité projet « méthane renouvelable » hors des métropoles, sans que nous ayons retrouvé, à ce jour, Terra Valis listée nominativement parmi les partenaires officiels ; on relève surtout un maillage territorial où le groupe Tervalis‑Fertinagro incarne déjà une économie ammoniac/phosphates.
3. Innovations / partenariats
Au‑delà du rôle financier‑juridique, Terra Valis bénéficie de la levée d’infrastructures du groupe : accès à des concessions solaires et à une architecture hydrogène‑ammoniac portée industrielle‑ment par Ver‑Amonia (voir calendrier 2027). Le volet aides publiques européennes est crucial : plusieurs synthèses de filière (cluster hydrogène Valence) chiffrent ≈ 53 M€ d’aide européenne « Hy2Use » pour soutenir l’ensemble industriel ammoniaque/hydrogène teruel‑lano. Une confirmation macro‑budgetaire passe aussi par l’allocation d’ensemble de 524 M€ à cinq volets IPCEI présentée par le plan de récupération espagnol. En matière institutionnelle, l’entreprise conserve un badge services énergétiques officiel (« ESE n° 2021‑00610‑E » jusqu’aux échéances publiées par l’IDAE). Nous n’avons pas identifié, dans cette veille rapide, de reporting CSRD téléchargeable ou page RSE francophone dédiée à Terra Valis ; tout éclairage additionnel passerait probablement par consolidé du groupe Tervalis.
4. Greenwashing / zones grises
Ce n’est pas un jeu d’épithètes ; ce sont trois failles vérifiables. Fragilité de la trajectoire industrielle : un −73 % de chiffre d’affaires 2024 (données publiées 2024) crée un hiatus entre discours hydrogène et réalité de facturation : soit migration des contrats hors société‑écran, soit concentration des marges hors ligne de Ventes Terra Valis, soit problème sérieux de continuité. Dépendance massive aux aides : chaque annonce ammoniaque « vert » s’appuie sur IPCEI et budget total projeté ≥ 100 M€ dans les dossiers officiels européens (cf. narration technique publiée aussi par les revues Hydrogen Central IPCEI 2024 sur le train d’aides agrégées nationales ; la maille précise « 53 M € » doit être rapportée comme valorisation média/industrielle, pas garantie contractuelle jusqu’à preuve PDF signée exhaustive).
Conflit environnemental et légal frontal : en février 2024, l’association Teruel Existe a porté plainte devant le parquet pour irrégularités présumées sur 18 parcs éoliens (≈ 517 MW) selon le compte rendu de *Energías Renovables*. Dans la foulée juridico‑médiatique, des recours ciblant 19 parcs ont été relatés dans la presse aragonaise (couverture AraInfo 2024) sur fond de lacunes présumées d’études d’impact. Même lorsque Terra Valis n’est pas partie visible à chaque assignation individuelle, l’entreprise peut difficilement se dédouaner du risque systémique quand elle partage géographie, groupe et lignes financières avec des milliers de MW développés autour du même groupe patrimonial. Enfin : ammoniac à faible intensité carbone reste [en métrique économiquement tributaire du gaz fossil historique : la couleur « verte » n’efface pas la structure de prix engrais mondiale.
5. Positionnement stratégique
Stratégie affichée : boucle locale Teruel‑Utrillas‑Sarión, combinant chimie agricole, électricité verte et désenclavement industriels. Terra Valis fonctionne alors comme coquille d’investissement et de titrisation d’immobilier d’entreprise transférée vers Térvalis Desarrollo ; le signal opérationnel à suivre n’est plus le CA microscopique 2024 mais la capacité du groupe à absorber retards de construction électrolyseur (2027) et contentieux nature Natura 2000 identifié par la presse locale. Sur le plan français de veille, aucune mention ADEME ou PPE3 ne cible nommément Terra Valis ; pertinent seulement l’angle mécanisme européen d’investissement techno‑hydrogène synchronisé avec REPowerEU.
Verdict WattsElse
Terra Valis n’est pas une start‑up photovoltaïque : c’est la valise juridique d’un empire engrais qui parie l’hydrogène subventionné tout en voyant ses ventes se compresser −73 % et sa réputation fouettée par un parquet.
Sources : idae.es · tervalis.com · empresas.economiadigital.es · boe.es · boa.aragon.es · diariodeteruel.es · planderecuperacion.gob.es · lifechandelier.eu · eshidrogeno.com · hydrogen-central.com · energias-renovables.com · arainfo.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
BKK NETT
BKK Nett, ce n’est pas un producteur qui « vend du vert » : c’est l’articulation physique du groupe Eviny en Norvège de l’Ouest.
Voir la ficheStena Line
À première vue ce n’est ni un producteur ni un pur parcourir d’ENR : au cœur d’un corridor maritime très carboné, cette filiale de Stena AB basée à Göteborg affiche toutefois un pari massif sur l’électricité à quai, les carburants bas carbone pilotés — méthanol, biocarburants — et une digitalisation très « data » pour grappiller des litres.
Voir la ficheSaipem S.p.A.
Le spécialiste italien qui construit les châteaux de sable sous-marins du pétrole tout en plantant quelques pales d'éoliennes flottantes.
Voir la ficheEpyr
Derrière le conteneur et les briques réfractaires, Epyr vend une promesse simple : électrifier la vapeur sans casser le procédé.
Voir la ficheNordeco Oy
Aucune Nordeco Oy finlandaise ne ressort clairement des sources ouvertes avec le couple « énergies renouvelables / producteur d’électricité » : le risque d’homonymie est maximal entre Nordec Oy (Helsinki, structures métalliques, Y-tunnus public 2967475-4, voir fiche agrégée) et Nordeco au Danemark (autre mission, autre pays, profil Devex).
Voir la ficheSchlumberger Moscow Research Center
Laboratoire d’applications mathématiques et de géophysique au cœur du groupe SLB, le Schlumberger Moscow Research Center incarne une Russie encore « petite part » du chiffre d’affaires mondial mais lourdement scrutinée : entre promesse de baisse d’activité et besoin de modéliser des gisements pour un clientèle fossile, l’« innovation » oscille entre…
Voir la ficheCairn India
Cairn India n’existe plus en bourse : absorbée en 2017 par Vedanta Limited, la marque Cairn survit dans la division Cairn Oil & Gas — premier producteur pétrolier privé indien, calé sur le gisement du Rajasthan et sur une promesse d’ampleur : tripler la production tout en coller un habillage « bas carbone ».
Voir la ficheNEU-JKF DELTA NEU
Dans l’industrie, la décarbonation ne passe pas toujours par un parc solaire sur le toit.
Voir la ficheGLOBAL ENERGIESPRONG ALLIANCE
Le pari est vertigineux : faire passer la rénovation énergétique profonde du pilote à la série, en Europe, avec un modèle standardisé et des promesses de performance dans le temps.
Voir la ficheSF Kullavind
Sous cette étiquette se cache très probablement le parc éolien Kullen, aussi nommé Kullavind : une machine de 500 kW à Nyhamnsläge (Scanie), bien loin du marketing des gigaparc offshore.
Voir la ficheSantiago Solar S.A.
Des panneaux à portée de Santiago, une gouvernance franco-chilienne, et un marché électrique qui écrase parfois le kilowattheure à zéro : Santiago Solar S.A.
Voir la ficheHolcim
Le cimentier suisse ne vend plus seulement du clinker: il vend une promesse de construction bas carbone industrialisée, à l’échelle mondiale.
Voir la ficheTriton Energy Limited
Dallas, 1962 : Triton incarnait l’independant pétrolier international à gros tickets.
Voir la ficheLAUREA UNIVERSITY OF APPLIED SCIENCES
Polytechnique finlandaise (université des sciences appliquées) ancrée à Tikkurila dans la grande Helsinki-Vanda, Laurea a fini 2024 avec un résultat d’exercice qui surprend le budget, tout en jouant la carte de l’international pour compenser une donne publique plus sévère.
Voir la ficheVPP Solar Kft.
Leader technique du petit photovoltaïque hongrois sur les chiffres de capacité publiés par la maison mère VPP Energy, VPP Solar Kft.** trace une trajectoire de croissance des volumes tout en voyant son résultat opérationnel plier sous la pression des coûts et du cadre des aides.
Voir la ficheCONSORCIO SANTA MARTA S.A.
Une centrale ERNC nourrie par le gaz de votre poubelle métropolitaine : sur le papier, c’est une success story chilienne contre le méthane en fuite et pour le réseau.
Voir la ficheİÇDAŞ Elektrik
Filiale turque d’un conglomérat acier-énergie, İÇDAŞ Elektrik Enerjisi Üretim ve Yatırım A.Ş.
Voir la ficheEnvida Community Energy Inc
Ici ce n’est ni l’énergie communautaire australienne ni la coop californienne : Envida Community Energy Inc.
Voir la ficheAS 24
Réseau européen pour camions, filiale de pétrolier, mais discours assumé de « réinvention » : AS 24 incarne la tension de la décarbonation du fret — vendre du bas-carbone tout en vivant encore du flux thermique.
Voir la ficheHuajache
Sur la côte du Bío Bío, deux hélices Vestas portent un nom mapuche et une gouvernance caraïbéo-américaine : Huajache, 6 MW, résume à lui seul la petite taille des PMGD chiliens — et les gros aléas du financement et du terrain.
Voir la ficheIngeforce
Application dédiée à la force de vente qui veut booster les commerciaux, même hors réseau, avec une bonne dose de géolocalisation et gestion client – parce que savoir où frapper, c’est déjà un premier pas.
Voir la ficheHOKKAIDO ELECTRIC POWER CO INC
HEPCO (Hokkaido Electric Power Co., Inc.) n’est pas un pure player EnR issu d’une fintech solaire : c’est l’opérateur historique du réseau nord-japonais, avec des milliards de yens de chiffre d’affaires et un destin politique coincé entre un surplus d’électricité renouvelable sur Hokkaido, un goulet d’étranglement interrégional jusqu’en 2028 et un pari…
Voir la ficheBehran Oil Company
Behran n’est qu’un raffineur de plus : c’est l’un des poids lourds des huiles moteur en Iran, exportateur vers des dizaines de pays, ancré dans le pétrole et dans une chaîne de propriété qui croise le Guide suprême et la liste noire américaine.
Voir la ficheNuCube Energy
Réacteur nucléaire miniature, haute température et grands espoirs — pour électrifier et chauffer sans faire de bruit (radioactif).
Voir la fiche