Jiangxi Ganneng Co Ltd Fengcheng Phase II Power Plant
À Fengcheng (Jiangxi), les unités 5 et 6 — deux tranches supercritiques de 700 MW mises en service en 2007 — incarnent encore le cœur battant d’un producteur listé à Shenzhen qui engrange des profits records tout en empilant centrales, stockage par pompage et solaire.
À propos de Jiangxi Ganneng Co Ltd Fengcheng Phase II Power Plant
1. Modèle économique
L’actif visé par le libellé « Fengcheng Phase II » correspond aux groupes 5 et 6 de la centrale de Fengcheng (2 × 700 MW supercritiques au charbon), dans le périmètre de Jiangxi Ganneng Co., Ltd. (SZSE : 000899), géographiquement situé en Chine continentale — ce que confirment la fiche d’inventaire de Global Energy Monitor et les publications boursières chinoises, sans ambiguïté d’homonymie sur le secteur électrique. Sur l’ensemble du parc en exploitation en fin 2024, le groupe revendique 412,14 万 kW (soit 4 121 MW), en hausse de 6,78 % sur un an, avec une activité concentrée sur le thermique à Fengcheng (2 × 700 MW + 2 × 1 000 MW ultra-supercritiques en exploitation), complétée par l’hydro (~100 MW) et 621,4 MW de photovoltaïque consolidés dans les comptes. Le compte de résultat 2024 : 69,21 milliards de yuans de chiffre d’affaires (-2,37 %) mais 714 millions de yuans de bénéfice net attribué aux actionnaires (+45,84 %), illustrant une rentabilité tirée du pilotage du parc thermique, du marché de l’électricité et d’activités connexes. En première moitié 2025, le bénéfice net ressort en croissance de 29,39 % à périmètre comparable, pendant que le bilan grossit de 12,60 % en un an pour atteindre environ 19,59 milliards de yuans d’actifs au 30 juin. Côté marchés internes de l’électricité, 152,81 TWh sont passés par des transactions « marché » en 2024, soit 96,33 % des ventes au réseau — une sophistication commerciale maximale qui expose aussi les marges aux prix spot et aux règles provinciales.
2. Impact réel
Le bilan énergétique consolidé pour 2024 est sans ambages : 158,57 TWh produits au thermique contre 4,6 TWh seulement en « nouvelles énergies » (et 3,37 TWh hydro), soit une prédominance fossile écrasante malgré une hausse de 177 % de la génération solaire et assimilés. Pour un lecteur européen, l’écart avec la logique de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) — qui plafonne la place du charbon dans le mix français — est un rappel utile : ici, l’électricité « propre » progresse en volume mais pas en part, dans un pays où le débat public sur le charbon reste vif, comme le soulignent des synthèses AFP publiées par Connaissance des Énergies. Les données d’émissions au niveau de la seule Phase II ne sont pas isolées dans les communiqués analysés ; en revanche, le groupe décrit explicitement la gestion de quotas carbone et anticipe un assainissement réglementaire plus serré des allocations nationales — un filet de pénétration « climat » au sein des documents réglementés plutôt qu’un bilan carbone standalone publiquement aisé à recouper.
3. Innovations / partenariats
Le « nouveau » n’est pas dans les turbines de 2007, mais dans le pipeline : 2 × 1 000 MW charbon « propre » à Shanggao en construction, 4 × 300 MW de pompage-turbage à Ganzhou-Xian (Gan County), montée en puissance PV via les filiales « Ganneng Smart Energy », et diversification M&A — dont des prises de participation dans la sphère des investissements énergétiques — décrites dans les chapitres d’investissement du rapport annuel 2024. La remise en service médiatisée de la Phase III (2 × 1 000 MW) après les travaux post-accident, relayée par l’agence Xinhua en novembre 2023, formalise aussi une ingénierie de reconstruction plutôt qu’une rupture technologique de la filière charbon.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier signal « gris » est comptable et structurel : une agence de notation chinoise plaçait encore Jiangxi Ganneng dans une posture de levier élevé à fin juin 2024, avec un ratio dette/actif de 63,82 % et près de 86,9 milliards de yuans de dette inchangée à moinsieur sens « intérêt », dans un contexte où les grands chantiers de transition accélèrent les besoins de financement — la trajectoire est décryptée dans le court mémo de suivi de la notation AA+. Deuxième angle, plus politique que « ESG marketing » : le rapport annuel 2024 intègre certes les grandes lignes du marché carbone national (1,89 gigatonne d’échange de quotas et 181,14 milliards de yuans de transactions en 2024, selon les agrégats officiels repris par l’émetteur), mais y lit-on surtout une alerte de conformité — « les quotas vont se resserrer » — plutôt qu’une trajectoire carbone opérationnelle granulaire par site. Troisième zone, propre à Fengcheng : l’accident du chantier de novembre 2016 sur l’extension a déclenché une vague d’enquêtes étatiques et, ultérieurement, des peines sévères — 28 condamnations retraçées par la documentation judiciaire publiée par un tribunal du Shandong —, un passif de gouvernance des grands projets difficile à effacer par de simples ratios « EnR +72 % ».
5. Positionnement stratégique
La stratégie affichée est celle d’un « mix » prudent à la chinoise : garder le charbon haute efficacité comme fer de lance de la capacité de crête — la Phase II reste une référence technique de 2007 — tout en empilant projets d’appoints renouvelables et de flexibilité (pompage) pour sécuriser les licences provinciales et l’accès au financement. La cotation à Shenzhen impose une lisibilité financière : comptes semi-annuels solides, notation investment grade domestique maintenue dans les suivis 2024-2025, mais aucune entrée listée comme sanction internationale active sur OpenSanctions au stade GEM/OpenSanctions consulté. L’arbitrage pour 2026 se jouera moins sur le marketing bas-carbone que sur la solidité du bilan pendant la vague d’investissements, alors que le Jiangxi continue d’électrifier son industrie à marche forcée.
Verdict WattsElse
Fengcheng Phase II n’est pas une start-up du net-zéro : c’est un rouage thermique rentable dans un portefeuille qui maximise encore le charbon, finance demain en s’endettant aujourd’hui et porte le poids d’un drame de chantier devenu marqueur industriel. À WattsElse, on retient une formule simple : profits records, quotas qui se resserrent — et mémoire longue sur la sécurité.
Sources : ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · disc.static.szse.cn · news.cn · static.cninfo.com.cn · sdcourt.gov.cn · opensanctions.org
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