JSC Ekibastuzskaya GRES
Le nom JSC Ekibastuzskaya GRES renvoie, dans les sources industrielles et financières kazakhes, au complexe thermique d’Ekibastuz (région de Pavlodar), structuré surtout autour de GRES-1 (filiale de Samruk-Energy) et de GRES-2 (coentreprise étatique).
À propos de JSC Ekibastuzskaya GRES
1. Modèle économique
Le cœur du modèle est la vente d’électricité sur le système national, avec des tarifs régulés qui structurent la marge : la performance 2024 de Samruk-Energy mentionne une hausse des tarifs marginaux de 10 % à 27 % au 1ᵉʳ janvier 2024 pour refléter les coûts opérationnels (rapport d’activité 2024). Sur GRES-1, la consolidation fait état d’un chiffre d’affaires de 198,8 milliards de KZT en 2024, contre 186,9 milliards en 2023 (états financiers consolidés) ; le document précise aussi une détérioration des charges financières liée aux emprunts entourant la remise en service de l’unité n°1. Côté production, le groupe annonce pour 2025 un record de 24,5 milliards de kWh et le rétablissement de la capacité installée à 4 040 MW, avec plus de 50 emplois créés après la remise en service de l’unité 1 (communiqué Samruk-Energy). GRES-2 est, elle, un actif partagé : la place de marché cite 50 % Samruk-Energy et 50 % Samruk-Kazyna au 1ᵉʳ avril 2026 (actionnariat GRES-2). L’extension (unités 3 et 4) s’appuie sur un financement obligataire massif — synthèse GEM : 210 milliards de KZT levés en 2025 au titre du bloc 3 — et sur des contrats d’ingénierie et de construction signés en août 2024 pour deux tranches de 540 MW, avec une mise en service pressentie vers 2028 et 2030 (fiche Ekibastuz-2).
2. Impact réel
Les GRES d’Ekibastuz restent des centrales thermiques au charbon : leur « impact bas-carbone » se mesure surtout en modernisation des émissions et de l’efficacité, pas en neutralité carbone. À l’échelle nationale, le pays demeure structuré par le charbon et le thermique : une photographie pédagogique du mix souligne la part prépondérante du charbon dans la consommation et la production (Connaissance des Énergies). À l’échelle locale, GRES-2 pèse environ 8,8 % des émissions totales de la région de Pavlodar en 2025, tandis que des travaux d’aspiration auraient entraîné une baisse de l’ordre de 2,57 milliers de tonnes d’émissions sur la même période (fiche Ekibastuz-2). Comparaison volontairement « décalibrée » avec la France : là où le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie 3 inscrit une trajectoire de sortie progressive des énergies fossiles, Ekibastuz incarne le pari inverse kazakh — sécurité électrique d’abord.
3. Innovations / partenariats
Au-delà de la remise à niveau de GRES-1, l’industrial policy pousse un doublement par l’EPC sur GRES-2 (consortium incluant KBI Energy Group selon la synthèse GEM) et des investissements environnementaux programmés — 8,1 milliards de KZT sur 2025-2027 pour GRES-2, toujours selon la même fiche (GEM). Sur le versant « charbon dit propre », le Premier ministre a été associé en 2025 au lancement/narratif de GRES-3 à Ekibastuz dans la com’ de la centrale (visite et annonce) ; le gouvernement a aussi publicisé une gouvernance « économie verte » mêlant clean coal et surveillance automatisée des émissions (primeminister.kz). Des médias régionaux placent GRES-3 dans un périmètre national visant à colmater le déficit électrique avant une hypothétique phase d’exportations vers 2027 (The Times of Central Asia).
4. Greenwashing / zones grises
Le couple « charbon propre » + surveillance des émissions » risque de cristalliser ce que les ONG identifient comme un greenwashing structurel du charbon : la métrique qui commande l’opinion publique locale, ce n’est pas le slogan, c’est la part régionale des émissions — environ 8,8 % pour GRES-2 en 2025 dans le Pavlodar — avec une réduction déclarée limitée (~2,57 kt sur l’exercice) malgré des investissements d’aspiration (GEM). Sur le pilotage de projet, la même fiche rappelle qu’en février 2024 le parquet de Pavlodar a mis en lumière des détournements sur des fonds affectés à l’unité 3 — un signal d’intégrité qui nourrit la méfiance sur les promesses chiffrées d’« investissements verts ». Enfin, l’architecture d’approvisionnement a connu des retours de manivelle géopolitiques : des reportages de 2025 évoquent un rééquipement pour réduire la dépendance aux turbines russes et le surcoût apparent, au profit notamment de Harbin Electric International (United24 Media) — autant de réévaluations qui contredisent l’image d’un tronçon technologique figé.
5. Positionnement stratégique
Pour Astana, Ekibastuz est un levier stratégique : sécuriser des térawattheures domestiques, restaurer des GW historiques (GRES-1 à 4 040 MW) et ajouter plus d’1 GW nominals sur GRES-2, dans un pays dont la puissance thermo-charbon conditionne encore l’équilibre offre/demande (Connaissance des Énergies, communiqué Samruk-Energy). Le signal tarifaire 2024 montre que cette puissance se paie aussi politiquement : accepter des hausse à deux chiffres pour éviter l’effondrement de la marge opérationnelle (rapport d’activité 2024). Au regard d’un horizon européen de décarbonation encadrée (projet de PPE3), l’ambition kazakhe se lit donc moins en alignement climat qu’en souveraineté énergétique fossile assumée.
Verdict WattsElse
Ekibastuz enregistre des records qui font mouiller les tableurs financiers, pas un bilan carbone : plus d’électricité, oui ; moins de CO₂, seulement en accélération marginale face à un poids régional massif. La formule tient en une image : le Kazakhstan branche son avenir sur le charbon qu’il a sous la pelle — et sur des obligations — pendant que l’Europe démonte le sien au regulateur.
Sources : samruk-energy.kz · samruk-energy.kz · ar2024.samruk-energy.kz · samruk-energy.kz · ca.marketscreener.com · gem.wiki · connaissancedesenergies.org · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · gres1.kz · primeminister.kz · timesca.com · united24media.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Tekniska verken
Tekniska verken n’est pas une start-up verte : c’est la « machine » communale qui fait tourner l’électricité, la chaleur, l’eau, les déchets et la fibre à Linköping.
Voir la ficheVerve Energy Western Power Oil Mallee Co Enecon Pty Ltd
Ce qui ressemble à quatre noms d’annuaire est en réalité une trame unique : l’ex-Verve Energy, aujourd’hui Synergy, et Western Power portent une transformation du réseau SWIS à coups de gigawatts et de batteries ; Enecon et le monde Oil Mallee incarnent, eux, la trajectoire moins glorieuse de la biomasse mallee, enlisée pendant des années avant que le plan…
Voir la ficheADIR
À La Réunion, l’ADIR ne produit ni kWh ni carburant : elle organise la transition de celles et ceux qui font tourner les machines.
Voir la ficheSintra
Sintra, villette et municipalité au pied de Lisbonne, n’est pas une « entreprise » dédiée aux renouvelables au sens d’un groupe coté : sous ce nom circulent des homonymes sur plusieurs continents.
Voir la ficheSouthern Hydropower JSC.
La Southern Hydropower Joint Stock Company (SHP), connue sous le ticker HOSE : SHP, n’a rien d’une start-up climat : c’est un opérateur d’amont vietnamien, à Bảo Lộc (province de Lâm Đồng), qui vit au rythme des trois centrales Đa Siat, Đa Dang 2 et Đa M’bri.
Voir la ficheCiudad Agroalimentaria De Tudela
Le pôle agroalimentaire public de Tudela (Navarre) fait tourner l’économie locale sur une infrastructure gaz et vapeur gigantesque — puis annonce un électrolyseur pour « verdir » le récit.
Voir la ficheHYDELEC Madagascar SA
Une centrale vieillissante encore présentée comme standard “low cost” contre le thermique, Hydelec Madagascar SA incarne la production hydro privée sous contrat avec une utilitaire fragile — et ce n’est pas le CO₂ qui manque dans l’équation, mais la solvabilité de celui qui signe.
Voir la ficheLIQTECH INTERNATIONAL
Listed à New York, plants au Danemark : LiqTech International vend des membranes céramiques au carbure de silicium pour traiter eaux industrielles, ballasts et rejets marins — et mise gros sur le lithium et la sidérurgie pour décoller un CA encore modeste.
Voir la ficheNavarro Generación
Producteur indépendant essentiellement hydroélectrique sur la péninsule ibérique, Navarro Generación tire sa légitimité d’un parc de quinze centrales et d’une présence photovoltaïque — mais son avenir se lit autant dans les comptes consolidés du groupe Navarro SIC que dans ce qu’elle ne contrôle plus : l’emblématique La Paraya, désormais dans l’orbite…
Voir la fichePetroKazakhstan
Calgary sur le papier légal, Kumkol et Chimkent sur le terrain : PetroKazakhstan incarne une intégration amont-aval classique, désormais tiraillée entre extraction en déclin et raffinerie poussée aux limites de ses capacités.
Voir la ficheGeres Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Le nom fait penser à une start-up ; c’est une unité opérationnelle turque accrochée à un producteur indépendant qui joue la consolidation des parcs.
Voir la ficheWAPDA
La Water and Power Development Authority (WAPDA) incarne l’État pakistanais dans le couple eau–électricité : barrages, tunnels, réhabilitations et chantiers colossaux promis pour « décarboner » une partie du mix.
Voir la fichePARQUE EOLICO EL ARRAYAN SPA
Au pied du parc national Fray Jorge, 115 MW d’éolien promettent du courant « propre » à la minera et au réseau — mais en octobre 2025, la Superintendencia del Medio Ambiente (SMA) a notifié quatre charges au titulaire de la résolution de qualification environnementale.
Voir la ficheParque Eolico Lecrin
Derrière un nom de SPV quasi anonyme se cache l’un des symboles du croisement banque-infrastructure au sud de l’Espagne : un parc historique de 12 MW dans le Valle de Lecrín, avec des comptes qui chutent et une comarque où l’éolien fait débat — voire l’objet de paralysies municipales quand les chantiers dérapent sur le plan juridique.
Voir la ficheNew York Independent System Operator
À la croisée du droit étatique, de la régulation fédérale et d’une loi climat ambitieuse, le NYISO doit tenir une promesse quasi impossible du XXIᵉ siècle : décarboner un ballet de gigawatts vieillissants sans couper Manhattan.
Voir la ficheUkrnafta
Sous les frappes, Ukrnafta ne s’est pas contentée de tenir: l’entreprise a grossi.
Voir la ficheHästhalla Wind AB
** Sous les pâtures du Västra Götaland, quatre E82 veillent en silence sur la zone de prix SE3.
Voir la ficheOKwind
** Il y a encore quelques trimestres, OKwind incarnait la success story bretonne du tracker et de l’autoconsommation « agri ».
Voir la ficheCENTRE TECHNIQUE DE L INDUSTRIE DESPAPIERS CARTONS ET CELLULOSES
À Gières et Douai, le Centre technique du papier (CTP) incarne une France qui veut industrialiser la cellulose « sans plastique » : monomatériaux, barrières, recyclabilité.
Voir la ficheIritaly Trading Company
Une SRL romaine créée en 2016 coordonne une arène scientifique européenne autour du CO₂ et du solaire chimique, jusqu’à figurer dans une publication Nature Energy en tout début 2026.
Voir la ficheChhattisgarh State Power Generation Co Ltd
CSPGCL incarne au Chhattisgarh une performance thermique industrielle rare en Inde : bilan record en 2023-24 alors que la direction annonce pile et-face du stockage et du solaire avec un méga-projet supercritique en ligne de mire jusqu’aux années 2030.
Voir la ficheSNCF Réseau
Gesteur stratégique d’infrastructure nationale, SNCF Réseau est au cœur du pari français : faire tenir densité urbaine et objectifs climat par le ferré.
Voir la ficheUZH
Trois lettres, un cas d’école : UZH, c’est l’Universität Zürich — pas une coopérative photovoltaïque ni un fournisseur, mais un géant de la recherche dont le campus avale près de 107 GWh par an.
Voir la ficheMATERIALS INDUSTRIAL RESEARCH AND TECHNOLOGY CENTER S.A. (MIRTEC)
Le bras technique de la fabrique hellénique joue sur deux tableaux : audits ISO 50001, laboratoires et filière hydrogène d’un côté ; effondrement du chiffre d’affaires et réserves d’auditeur de l’autre.
Voir la fiche