Kounoune Power
Près de la capitale sénégalaise, une IPP historique brûle encore du HFO pour livrer des MWh à Senelec : utile pour la sécurité d’approvisionnement, Kounoune Power SA symbolise aussi la dépendance aux liquides fossiles qu’investisseurs publics et JETP veulent désormais décaler.
À propos de Kounoune Power
1. Modèle économique
La société exploite une centrale 67,5 MW (neuf moteurs diesel au fioul lourd), en service depuis janvier 2008, dans la banlieue est de Dakar ; les inventaires sectoriels ouverts la décrivent comme une installation liquides fossiles en exploitation (fiche centrale Global Energy Monitor). Le schéma BOO et la vente à Senelec via un PPA de 15 ans signé le 28 février 2005 sont explicitement posés par la documentation MIGA, avec garantie de paiement de l’État sur la même base contractuelle (fiche projet MIGA / Banque mondiale). En 2018, la même fiche enregistre une demande de garanties jusqu’à 17 millions d’euros sur des fonds propres ou quasi-fonds propres pour le compte notamment d’Azura Power Holdings (Maurice), marquant une reprise / recapitalisation par des investisseurs panafricains au sein d’une plateforme d’IPP (fiche projet MIGA). Chiffre d’affaires, effectifs ou résultat net consolidés ne ressortent pas des extraits consultés : la logique est celle d’un SPV électrogène, exposé aux volumes, au prix du MWh et à la disponibilité contractuelle. Le domaine kounounepower.com figure comme vitrine officielle ; selon les éléments disponibles, son chargement peut échouer en SSL depuis certains robots — vérification manuelle dans un navigateur recommandée.
2. Impact réel
L’outil est 100 % thermique fossile tant qu’il brûle du HFO : au sens « climat », il ne « évite » pas de CO₂, il traduit en émissions un arbitrage de sécurité électrique, avec en corollaire pollution atmosphérique locale et chaîne logistique carburant. À l’échelle nationale, le partenariat pour une transition juste mobilise des financements pluriannuels pour viser 40 % d’énergies renouvelables en 2030 tout en annonçant une sortie progressive du fioul lourd et en qualifiant le gaz d’énergie de transition, dans un pays présenté avec environ 31 % d’EnR dans une synthèse reprise par la presse spécialisée (dépêche relayée par Connaissance des Énergies). Les grilles PPE3 ou fiches ADEME ne cadrant pas cet actif africain, la lecture pertinente reste cette trajectoire nationale et les engagements internationaux du Sénégal plutôt que l’acquis communautaire français.
3. Innovations / partenariats
Le montage historique repose sur un consortium MHI Equipment Europe et Matelec en BOO, avec mise en service 2008 (fiche projet MIGA). MIGA documente l’enveloppe de garanties politiques autour de 2018 (feuille de route publique jusqu’à cinq ans de couverture sur la part EQS demandée, avec calendrier de conseil en décembre 2018) au profit d’investisseurs mauriciens au capital du projet (fiche projet MIGA) — schéma DSF + garanties multilatérales classique sur IPPs. Brevets, start-up climat ou levées venture ne structurent pas le récit : l’« innovation » est contractuelle et financière (PPA, garantie souveraine, recapitalisation par Azura) davantage que technologique.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de discours vert naît du décalage entre un actif HFO toujours recensé en exploitation (fiche Global Energy Monitor) et un pays qui affiche ~31 % d’EnR mais doit passer à 40 % en 2030 tout en programmant une sortie du fioul lourd (dépêche relayée par Connaissance des Énergies) : la vitrine « transition » peut coexister avec l’amortissement comptable d’un parc thermique liquides. Sur le volet contentieux, un arrêt de la Cour suprême du 2 janvier 2020 — matière civile et commerciale — oppose explicitement Kounoune Power et Senelec (publication Juricaf) : signal jurisprudentiel d’ajustements durs dans une relation longue État‑producteur, sans présumer du fond absent ici des citations intégrales. Enfin, MIGA classe le dossier en catégorie environnementale B avec divulgation datée du 8 novembre 2018 (fiche projet MIGA), ce qui positionne l’opération hors du registre des impacts « automatiquement négligeables » et cadre le débat sur externalités attendues.
5. Positionnement stratégique
Kounoune Power SA remplit une fonction de souplesse et de réseau dans un pays où la continuité du service reste un enjeu politique, mais sa matière première reste le liquide fossile alors que le JETP chiffre une sortie programmée du HFO d’ici 2030 (dépêche relayée par Connaissance des Énergies) — configuration propice à un risque d’obsolescence contractuelle ou tarifaire à mesure que le mix glisse. L’entrée d’Azura invite à lire l’actif comme fragment de portefeuille thermique à mutualiser (exploitation, achats, éventuelles restructurations) plutôt que comme satellite isolé. Les signaux 2020 issus de la Cour suprême rappellent par ailleurs que la régulation du kWh se joue aussi au palais (publication Juricaf).
Verdict WattsElse
Kounoune n’est pas une success story carbone : c’est un tuyau financier qui monétise le fioul en MWh tarifés, alors même que le calendrier national date déjà la sortie du HFO — le mot de la fin reviendra aux contrats, aux cours du carburant et aux arbitrages juridiques, pas aux concessions rhétoriques sur la transition.
Sources : gem.wiki · miga.org · kounounepower.com · connaissancedesenergies.org · juricaf.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q6434653
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