LafargeHolcim (aujourd'hui Holcim)
Le groupe né de la fusion Lafarge‑Holcim a fini par porter uniquement la marque Holcim : c’est l’État-major suisse d’un empire ciment‑béton‑granulats où la « production » industrielle dicte encore le rythme des marges et des émissions.
À propos de LafargeHolcim (aujourd'hui Holcim)
1. Modèle économique
Holcim monetise avant tout des matériaux du bâtiment (ciment, granulats) et des solutions techniques (béton formulé, systèmes, services), avec une organisation décentralisée et une forte culture d’acquisitions‑cessions récentes. En 2025, elle affiche 15,7 milliards de francs suisses de ventes nets hors effets de périmètre massifs hors M&A (« +3,0 % en monnaie locale » selon cette même grille), 2,9 mds CHF d’EBIT récurrent (+10,3 % en LC) et une marge récurrente record à 18,3 %, symbole d’un mix tiré vers des gammes supposées premium. Le communiqué de résultats du T1 2026 confère l’accélération : 3 520 M CHF de ventes T1 (+3,9 % organique) et poursuite d’external growth (cinq opérations clôturées ce trimestre, dont développements en Amériques selon cette source). Au global, elle se présente désormais avec « plus de 45 000 collaborateurs dans 43 pays » (à propos dans le média finance T1 2026).
2. Impact réel
Une cimenterie reste avant tout une usine chimique : chauffer le clinker libère un CO₂ incompressible de décarbonatation au-delà même des flammes. Holcim rapporte environ 502 kg CO₂ net Scope 1 par tonne de ciment en 2025, en baisse de 2,6 % sur un an (chiffres rapportés par le groupe dans la lignée publiée de son rapportage durabilité 2025, accessible depuis la suite de reporting 2025). Sur l’offre bas carbone déclarée, le rapport annuel intégré cite 31 % des ventes de béton prêt à l’emploi sous ECOPact et 36 % du ciment sous ECOPlanet en 2025 — proportions que le T1 2026 porte encore plus haut (39 % pour ECOPlanet). Parallellement, elle annonce avoir recyclé environ 8 millions de tonnes de démolition avec ECOCycle (annual report narrative). Ces trajectoires individuelles rencontrent le cadre collectif où l’ADEME et le PTS ciment rappellent la part mass des émissions process et l’enjeu des combustibles de substitution, du clinker et du captage.
3. Innovations / partenariats
Le portefeuille annoncé mêle combustibles alternatifs en four (le T1 2026 affiche 70 % de « alternative fuels » en Europe — communiqué Holcim), recyclage de matériaux et captage CO₂. Le rapport climat 2024 fixe un cap d’environ 2 mds CHF de capex CCUS net de subventions d’ici 2030 pour viser 5 Mt CO₂/an captés. En parallèle, Air Liquide et Holcim annoncent le 27 février 2026 un accord autour de GO4ZERO à Obourg (Belgique) visant 1,1 Mt CO₂/an via oxycombustion et Cryocap™ OXY, avec export vers un hub type Antwerp@C, sous réserve de FID et d’appui public. Côté financement européen, la presse spécialisée relaie un projet roumain de captage soutenu par les mécanismes UE (Romania Insider, 5 mars 2026). À l’échelle géopolitique du capital, Bloomberg décrivait au printemps 2025 les chiffres pro forma du spin‑off américain « Amrize », calibré autour de 11 + mds $ de revenus.
4. Greenwashing / zones grises
Au-delà du vernis marketing ECOPact / ECOPlanet, la partie captage mobilise encore des infrastructures et des financements étatiques non acquis : même Holcim‑Air Liquide insiste sur une FID conditionnée aux mécanismes de de‑risking public (communiqué du 27 février 2026), ce qui alimente le débat sur une transition conditionnée aux subventions. Sur le contrôle externes, Reuters rapportait déjà à la veille du spin‑off américain (~30 mds $ annoncés alors) une note « D » d’un laboratoire associatif américain (Industrious Labs) pointant une cadence de décarbonisation jugée tardive, article du 19 septembre 2024. Autre foyer juridique : le 22 décembre 2025, Reuters indique que la justice suisse a admis pour la première fois une plainte d’insulaires indonésiens invoquant une partie imputée (~0,42 %) des émissions historiques mondiales — un précédent procédural sans verdict de fond encore public à ce jour. Complété par l’analyse juridico‑scientifique ECCHR 2024, l’architecture de défense stratégique apparaît désormais à la fois techno‑commerciale et contentieuse.
5. Positionnement stratégique
Holcim poursuit simultanément NextGen Growth 2030 (premiumisation, décennie de capex rupture incluant le cap CCUS financier et objectif groupe \<400 kg CO₂/t Scope 1 d’ici 2030 annoncés dans la narrative 2025) et une croissance géographique. La confirmation de guidance 2026 avec 3 – 5 % de croissance organique ventes et 8 – 10 % d’EBIT (Holcim T1 2026) traduit la confiance managériale dans cette boucle marge + vert. Pour la France et le Grand Est, où l’entreprise distribue via filiales historiques Lafarge / Granulats & Bétons, cette dynamique nationale s’articule toutefois avec le PTS ciment français (PTS ADEME) et ses investissements lourds encadrés politiquement.
Verdict WattsElse
Holcim a franchi la ligne bleue du « pilier financier profitable » ; il lui reste à prouver que la cassure techno‑captage absorbera aussi vite que la fusion capital‑climat. Une multinationale de chaux vieille de siècle qui apprend à défendre son bilan carbone aussi bien en salle qu’à la une.
Sources : holcim.com · holcim.com · holcim.com · agirpourlatransition.ademe.fr · librairie.ademe.fr · holcim.com · airliquide.com · romania-insider.com · bloomberg.com · reuters.com · reuters.com · ecchr.eu
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Thermal Power Plant-4 SSH Co
La « Thermal Power Plant-4 SSH Co » n’est pas une entrée de annuaire import-export : dans les bases techniques et la presse mongole, elle recouvre la centrale thermique n°4 d’Oulan-Bator, cogénération charbon au cœur du réseau central et du chauffage urbain.
Voir la ficheKSS Verkko Oy
KSS Verkko Oy n’est pas une « energy tech » à la mode : c’est le bras câblé du groupe KSS Energia dans le nord du Kymenlaakso.
Voir la ficheVinci Construction Grands Projets
Filiale historique du groupe Vinci pour les très grands ouvrages de génie civil, VINCI Construction Grands Projets (VCGP) incarne la tension entre références « transition » (STEP hydro au Maroc, biomasse outre-mer, nucléaire via Nuvia) et chantiers fossiles intégrés au même métier d’ensemblier global.
Voir la ficheFundación para el Desarrollo de las Nuevas Tecnologías del Hidrógeno en Aragón
La Fundación para el Desarrollo de las Nuevas Tecnologías del Hidrógeno en Aragón — identité confirmée sur le site officiel sous la dénomination usuelle Fundación Hidrógeno Aragón, territoire de référence l’Aragon en Espagne — incarne l’alliance entre recherche, institutions et grands groupes pour capter la vague européenne de l’hydrogène « renouvelable ».
Voir la ficheNorth Eastern Gas Board
Le North Eastern Gas Board qu’inventorie l’encyclopédie de référence est un service public britannique, né en 1949 et fondu en 1973 dans la British Gas Corporation — pas une licorne « transition » sur LinkedIn.
Voir la ficheFOUNDATION FOR RESEARCH AND TECHNOLOGYHELLAS
Ce n’est pas une « scale-up » de plus : le Foundation for Research and Technology – Hellas, plus grand centre de recherche grec, pilote des centaines de projets européens sur l’hydrogène, les batteries ou la chimie avancée — tout en restant pris en étau entre ambition scientifique et blocages administratifs nationaux.
Voir la ficheBurisma
Le nom Burisma incarne mieux que tout autre une entreprise gazière ukrainienne coincée au carrefour entre besoin de sécurité énergétique nationale, bras de fer anticorruption interne — et jeu de représentations internationaux.
Voir la ficheAdministración Provincial de Energía - Gobierno de La Pampa
L’APE concentre le fil électrique provincial : gros achats, grands ouvrages, relation tendue avec dix-huit coopératives qui tiennent la plupart du réseau.
Voir la ficheMODUS RESEARCH AND INNOVATION LIMITED
** Micro-structure de conseil nichée au Technology Park de Dundee, Modus ne vend pas du kilowatt-heure : elle vend des dossiers Horizon gagnants.
Voir la ficheUNIVERSITY OF GREENWICH
L’University of Greenwich n’est ni un opérateur de réseau électrique ni une « utility » classique : c’est une université publique anglaise (fondée en 1890, campus à Londres et dans le Kent) dont le classement sectoriel Réseaux & Distribution recoupe surtout la dépendance aux réseaux de chaleur urbains, aux achats d’électricité et à la gestion patrimoniale…
Voir la ficheGuodian Jiangsu Jianbi Power Generation Co Ltd
À Zhenjiang, une des plus grosses masses critiques au charbon du delta du Yangtsé continue d’ancrer l’approvisionnement — tout en étant portée par un groupe qui parle finance « carbone neutre » et marchés d’électricité verte en forte accélération.
Voir la ficheANPHA Hydro Power JSC
Une filiale Vietracimex à quelques dizaines de mégawatts dans le nord-ouest du Vietnam incarne bien la petite hydro nationale : peu visible sur la scène internationale, très dépendante des crues, et désormais pincée par un coefficient réglementaire qui verrouille une partie du revenu de marché.
Voir la ficheAkaline Technologies
Akaline Technologies, visible publiquement sous le nom Alkaline Technologies, n’est pas un acteur du stockage électrique au sens batteries-réseau.
Voir la ficheHalİç Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Halİç Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ désigne, avec très forte probabilité, une société anonyme turque (Halıç Elektrik Üretim A.Ş.) dont la présence publique documentée passe avant tout par l’ancienne vague d’ozelleştirme des barrages de l’opérateur public EÜAŞ.
Voir la fichePPC Romania
** Héritière de l’ex-Enel en Roumanie, rachetée à l’automne 2023 par le géant grec PPC, cette plateforme combine fourniture et trois zones de distribution fusionnées sous Rețele Electrice — avec des compteurs connectés à marche forcée et un parc EnR qui enfle.
Voir la ficheSTEAG Power Saar GmbH
Le Land de la Sarre concentre une part disproportionnée du charbon dur « systémiquement pertinent » allemand — et une filiale locale, STEAG Power Saar GmbH, en est l’interface juridique et industrielle à Sarrebruck, au sein du périmètre plus large STEAG Power qui opère les blocs houillers du groupe (fiche registre du commerce, parc allemand STEAG Power).
Voir la ficheDatang Baoji Power Generation Co Ltd
Sous l’intitulé anglais « Datang Baoji Power Generation Co Ltd » se cache en Chine la personne morale 大唐宝鸡发电有限责任公司 (Datang Baoji Power Generation Co., Ltd.), distincte de 大唐宝鸡热电厂 et de 大唐宝鸡第二发电有限责任公司, mais insérée dans le même écosystème industriel et thermique de Baoji (Shaanxi).
Voir la ficheTermoyopal
Termoyopal incarne le paradoxe colombien : électricité indispensable quand l’hydraulique flanche, mais socle encore fossile.
Voir la ficheEswatini Electricity Company
À l’aube fiscal 2025, la compagnie nationale d’électricité du royaume d’Eswatini publie rouge alors que le tableau de production affiche mieux que jamais l’« énergie pour l’avenir ».
Voir la ficheBlock, Inc. (anciennement Square)
Maître du paiement fractionné et du cashless, Block excelle à faire tourner la roue du commerce… et des dettes.
Voir la ficheChief Oil & Gas
Chief Oil & Gas n’est plus vraiment une entreprise autonome : c’est désormais une pièce absorbée dans la mécanique d’Expand Energy, nouveau mastodonte gazier américain.
Voir la ficheTuulivoima Heinola Oy
En Finlande, Tuulivoima Heinola Oy exploite un classique Bonus B44/600 à Kytövuori (Ruovesi), loin de Heinola.
Voir la ficheCECODHAS
Ce n’est pas une entreprise « EnR » au sens industriel : sous l’ancien sigle CECODHAS, Housing Europe incarne depuis 1988 la voix du logement public, coopératif et social à Bruxelles — avec une densité rare sur l’énergie et le climat, là où le chauffage et l’isolation décident du CO₂ réel des ménages.
Voir la fiche