Larsen & Toubro
Conglomérat coté BSE Sensex et ancré à Mumbai, Larsen & Toubro (L&T) vend du génie civil, de l’EPC et de l’ingénierie lourde là où l’argent des infrastructures circule : Golfe, Inde, réseaux, offshore.
À propos de Larsen & Toubro
1. Modèle économique
L&T est avant tout un intégrateur de projets : hydrocarbures onshore/offshore, réseaux, nucléaire, EnR, stockage, hydrogène, immobilier d’ingénierie. Sur l’exercice clos le 31 mars 2025, le groupe publie un chiffre d’affaires consolidé de ₹255 734 crore et une progression annuelle de +15,7 %, avec un carnet de commandes record à ₹5 79 137 crore au même horizon (synthèse financière 2024-25, rapport annuel 2024-25). Côté ressources humaines, le rapport intégré 2024-25 compte 58 556 collaborateurs (permanents, non permanents et ouvriers permanents). La géographie du risque suit l’argent : la part des revenus internationaux atteint 50 % du total en FY25, contre 43 % l’année précédente (synthèse financière 2024-25). Dans le « standalone », la direction met en avant un agrégat « Green Business » à 53 % du chiffre d’affaires, avec une cible portée à 55 % d’ici 2026 (rapport RSE / BRSR 2024-25).
2. Impact réel
Sur le papier, l’empreinte bas-carbone progresse : −20 % d’intensité d’émissions de GES en FY25 par rapport à FY24 (rapport RSE / BRSR 2024-25). Côté chantier, le groupe revendique 4,3 GWp de solaire mis en service sur l’exercice et environ 20 GWp de projets solaires et éoliens en cours, ainsi que 12,8 GWh de batteries (BESS) exécutés (rapport annuel 2024-25). L’immobilier durable est chiffré : 15,6 millions de sq.ft. certifiés « green building » livrés en un an (rapport annuel 2024-25). Pour le lecteur européen, la comparaison directe avec les objectifs français du PPE reste limitée : L&T n’est pas un « obligé » du système français, mais il incarne la partie « exécution industrielle » de la transition telle qu’elle se finance aujourd’hui hors d’Europe. Les flux futurs d’hydrogène et dérivés impliquent en revanche des arbitrages prix / carbone que des travaux comme ceux de l’ADEME sur l’import d’hydrogène éclairent pour situer le jeu mondial — sans lien spécifique à L&T, mais avec un cadre utile.
3. Innovations / partenariats
Le portefeuille « Energy » met en avant des modules « prêts à installer » pour la filière hydrogène à NEOM et un spectre allant du offshore pétrolier à l’éolien en mer, au CCUS et à l’hydrogène (revue annuelle énergie 2025). Côté contrats emblématiques, Saudi Aramco a attribué à L&T un EPC d’environ 1,5 Md$ pour la phase 1 d’un hub CCS à Jubail (Carbon Herald), tandis que l’EPC du gigantesque solaire Sudair (1,5 GW) illustre la montée en puissance photovoltaïque saoudienne (World Construction Network). En Inde, L&T Energy GreenTech annonce un partenariat avec ITOCHU pour un projet d’ammoniac vert (visée 300 KTPA) à Kandla (communiqué L&T), et la presse gouvernementale relate la mise en service d’une première unité 1 MW d’hydrogène vert pour l’autorité portuaire de Kandla (PIB Inde). Sur le nucléaire, un accord avec Holtec vise à densifier les compétences thermohydrauliques et la chaîne SMR (communiqué L&T), dans un contexte où Washington a autorisé un transfert technologique SMR vers des partenaires indiens (Nuclear Engineering International). Enfin, le lien France–Inde passe aussi par McPhy : licence de fabrication d’électrolyseurs annoncée en 2023 (communiqué L&T), évoquée côté français lors de l’inauguration de l’usine de Belfort (Connaissance des Énergies).
4. Greenwashing / zones grises
Le « Green Business » à plus de la moitié du standalone peut masquer une réalité plus entrelacée : la division hydrocarbures reste un moteur de commandes, et la direction évoque explicitement un contrat « ultra-mega » offshore pétrolier en 2025 (synthèse financière 2024-25) — autant dire que le CCS pour Aramco, s’il est climatique sur le papier, sert aussi à prolonger l’écosystème fossile du Golfe (Carbon Herald). La stratégie hydrogène/ammoniac repose sur des mécanismes d’incitation étatiques et des ancrages fonciers portuaires : la dépendance aux politiques industrielles indiennes n’est pas un détail (synthèse financière 2024-25). Enfin, l’exécution internationale comporte un risque réputationnel sérieux : une enquête d’octobre 2025 sur des travailleurs migrants sur des EnR saoudiennes (dont des périmètres où L&T est présent) documente des conditions qualifiées d’exploitantes (Climate Change News, rapport BHRRC (PDF)) — sujet sur lequel les grandes EPC ne peuvent se cacher derrière la sous-traitance. Les marges, elles, ont pâti de surcoûts d’exécution en infrastructure et énergie sur la même période (synthèse financière 2024-25).
5. Positionnement stratégique
L&T vise un équilibre financier où le catalogue bas-carbone croît plus vite que le legacy — objectif 55 % de CA « vert » en 2026 et trajectoire d’intensité carbone en baisse (rapport RSE / BRSR 2024-25). En même temps, le groupe consolide sa stature d’exécutant de premier plan pour les États du Golfe, à la fois sur photovoltaïque, réseaux et filières gaz/pétrole « prolongées » par le CCS. Pour un média comme le nôtre, la lecture est claire : L&T n’est ni une startup climat ni un pure player EnR ; c’est la main-d’œuvre industrielle d’une transition financée par des budgets souverains très hydrocarbures. La partie française de l’histoire — McPhy, puis les flux hydrogène mondiaux analysés par l’ADEME — montre que l’Europe reste un fournisseur de technologie autant qu’un marché régulé (Connaissance des Énergies).
Verdict WattsElse
L&T est le symbole d’une transition exécutée au marteau-pilon : chiffres verts en forte hausse, carnet record, mais toujours calé sur le rythme des budgets pétroliers du Golfe et sur une chaîne de valeur où le social reste le talon d’Achille. Même panneau « EnR », même monde du béton : à Mumbai, on ne se ment pas sur qui paie la musique.
Sources : fr.wikipedia.org · investors.larsentoubro.com · investors.larsentoubro.com · investors.larsentoubro.com · investors.larsentoubro.com · ecologie.gouv.fr · librairie.ademe.fr · annualreview.larsentoubro.com · carbonherald.com · worldconstructionnetwork.com · larsentoubro.com · pib.gov.in · larsentoubro.com · neimagazine.com · larsentoubro.com · connaissancedesenergies.org · climatechangenews.com · business-humanrights.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
RnDFy
Développeur polyvalent d’applications high-tech, avec un goût pour la réalité virtuelle et l’Internet des objets — les geeks de l’énergie futuriste ?
Voir la ficheOsol
Depuis Cannes, la scale-up a fait du bureau sans prise son argument de vente.
Voir la ficheFederal Agency for State Property Management
Rosimouchtchestvo (Federal Agency for State Property Management) n’est ni un producteur d’électricité ni un label « énergie » au sens européen : c’est l’organe fédéral qui pilote le patrimoine de l’État russe, les cessions et la gestion d’actifs saisis.
Voir la ficheOmnium International de Petroles
Ce n’est ni une « scale-up » ni un champion de la transition : l’Omnium International de Pétroles est une pièce d’archives du capitalisme pétrolier français, absorbée avant la guerre dans les recompositions qui mènent, par ricochets, aux majors d’aujourd’hui.
Voir la ficheAir Liquide (Germany)
Air Liquide ne vend pas du « rêve vert » : il vend des gaz industriels, de l’ingénierie et des réseaux — en Allemagne comme ailleurs.
Voir la ficheAtel (Aare-Tessin AG für Elektrizität)
Le géant suisse de l'électricité qui a choisi de s'effacer pour mieux fusionner, décidément pas fan des longs solos.
Voir la ficheCETEM
À ne pas confondre avec l’oignon de noms du secteur : ce CETEM est avant tout le centre technologique régional du bois et du meuble de Murcie — une « PME géante de l’innovation » plutôt qu’un opérateur électrique.
Voir la ficheSiirt Çimento
Usine cimentière ancrée à Kurtalan, face au sud-est anatolien, « Siirt Çimento » porte aujourd’hui le pavillon Limak : même site, autre signal — un parc photovoltaïque qu’on grossit pour absorber la facture électrique et l’empreinte, pendant qu’à l’échelle du groupe, le charbon et la controverse Akbelen rappellent le prix politique et réputationnel de la…
Voir la ficheIPN
Le sigle « IPN » piège les bases « généralistes » : il renvoie souvent à l’Institut de la mémoire nationale polonais (loi de 1998), sans rapport avec l’énergie.
Voir la ficheInternationale Bauausstellung 2027 StadtRegion Stuttgart GmbH
Le fabricant urbain allemand de l’exposition à venir nourrit bien des chantiers verts — géothermie, PV, circularité — mais c’est avant tout une boîte projet publique-privée régionale.
Voir la ficheHydroGain
Cabinet d’études et organisme de formation sorti de Lyon, HydroGain vend du savoir-faire sur toute la chaîne de l’hydrogène — pas des molécules à la pompe.
Voir la ficheGasum Oy
Gasum n’est pas une start-up du méthane vert : c’est un opérateur intégré du gaz, calé sur les équilibres finlandais et nordiques après la rupture avec le gaz russe.
Voir la ficheRed Eléctrica de España (REE)
Pilier régulé du réseau électrique ibérique, Red Eléctrica de España (REE) — fer de lance du groupe Redeia — verse des milliards dans les lignes, les postes et les interconnexions qu’il faudra pour absorber le choc EnR.
Voir la ficheMc Shiohama Energy Service Co
Sur le littoral de la baie d’Ise, une petite société porte un nom qui trompe : MC Shiohama Energy Service Co n’est pas un « service » quelconque, mais le propriitaire-exploitant d’une unité charbon de 34 MW qui cimente l’approvisionnement du complexe Mitsubishi Chemical.
Voir la ficheWaqod
Le Qatar Fuel de la Bourse de Doha ne vend pas une « transition » : il engrange des records de volumes fossils, tout en publiant un Scope 1 maigre face à l’aval carbone.
Voir la fichebright PLN Batam
PT PLN Batam n’est pas un opérateur pétrolier : c’est le bras local de PLN qui monopolise la distribution et une part majeure de la production sur l’archipel de Batam–Bintan.
Voir la ficheKahramaa
Kahramaa incarne le monopole technique de l’électricité et de l’eau au Qatar : c’est elle qui tient les compteurs, le réseau, les achats auprès des producteurs, et l’eau potable dans un des pays les plus arides et les plus gros émetteurs par habitant de la planète.
Voir la ficheMETROPOLE DE LYON
La Métropole de Lyon n’est pas une « boîte de l’énergie » au sens bourse : c’est une collectivité qui organise des services (eau, déchets, aménagement) et, dans le sillage, une politique de réseaux de chaleur de plus en plus centrale.
Voir la ficheClean Energy Technologies, Inc. (CETY Inc.)
Clean Energy Technologies, Inc.
Voir la ficheMetroWind
MetroWind n’est pas un opérateur global aux comptes publiés en continu : c’est le projet phare du parc de Van Stadens (27 MW), noué au programme sud-africain des producteurs indépendants et à Eskom.
Voir la ficheEòlica Tramuntana 72, SL
Ce n’est pas le macro-parc flottant du golfe de Roses, ni le Tramuntana terrestre d’Ascó porté par une autre société : Eòlica Tramuntana 72, SL est une coquille espagnole du cru Naturgy / Gas Natural Fenosa, absorbée en 2017 après sept ans d’existence.
Voir la ficheSydkraft
Le nom évoque encore l’ère des intégrées régionales ; aujourd’hui, Sydkraft AB incarne surtout la « boîte Suède » d’Uniper : nucléaire, hydro, thermique de réserve — autant d’actifs qui fabriquent du courant et du réglage, pas des lignes moyenne tension chez le particulier.
Voir la ficheNARI Technology
Cotée à Shanghai, moulée sur State Grid, NARI Technology cristallise le moteur industriel des smart grids en Chine : carnets d’ordres, marges, et une exposition géographique cristalline.
Voir la ficheSolairedirect Projects India Private Limited
** Derrière un nom hérité du solaire historique, cette société privée indienne incarne surtout un véhicule de projet dans la machine industrielle d’Engie.
Voir la fiche