LEZAMA DEMOLICIONES SL
Le démantèlement des géants du charbon espagnol tourne à plein régime chez Lezama Demoliciones SL, au prix de comptes en forte hausse et de crispations sur le territoire.
À propos de LEZAMA DEMOLICIONES SL
1. Modèle économique
Lezama est un opérateur B2B de démolition industrielle à haute valeur environnementale : désamiantage, déconstruction de centrales thermiques, tri et valorisation des flux — avec une dépendance structurelle aux grands contrats de sortie du fossile confiés par utilitaires comme Endesa. Le groupe a tiré parti du cycle de fermetures : selon les données consolidées dans fiche entreprise (Economía Digital), le chiffre d’affaires 2024 s’établit à 51,16 M€ (+34,5 % sur 2023), avec un EBITDA de 10,59 M€ et un résultat net de 7,27 M€. L’effectif public annoncé par l’écosystème territorial oscille autour de 170 spécialistes selon le profil associatif Aclima, en cohérence avec l’ordre de grandeur des effectifs de chantier mentionné dans la presse galicienne contemporaine. Côté capital, la presse économique indique une prise de contrôle à 80 % par GPF Capital en 2022 et la constitution de Global Environment SL — trajectoire détaillée dans Expansión. Le fil commercial affiché sur le site corporate couvre des blocs emblématiques du thermique (dont Litoral 1 159 MW, Narcea 572 MW et Anllares) dans le portefeuille secteur énergétique.
2. Impact réel
L’impact climat « indirect » est avant tout l’effacement physique des actifs charbon et la boucle matière : Lezama revendique, dans sa mémoire de durabilité 2024, 93,61 % de valorisation des déchets en 2024 et −44 % d’empreinte carbone vs année de référence. Une logique circulaire est aussi portée par Endesa sur As Pontes (valorisation >90 % des résidus annoncée dans la couverture ABC Galicia). Par rapport aux exigences européennes de sortie du charbon et aux pratiques de « déconstruction » plutôt que d’enfouissement massif, ce type de métrique rejoint les préoccupations affichées en France sur la filière bâtiment (guide ADEME/ORÉE sur la déconstruction et la valorisation) — même si la Spain du thermique obéit à un autre calendrier et à d’autres régulateurs : l’enjeu reste la qualité du suivi des flux dangereux et la transparence des bilans, pas le simple slogan « vert ».
3. Innovations / partenariats
Au-delà du charbon, Lezama vise un second pilier technique : l’éolien en fin de vie. Le programme européen TADEO, présenté par Tecnalia, vise le recyclage à grande échelle des pales sur la fenêtre 2024–2026 (ordre de grandeur évoqué : 14 000 pales/an et 40 000–60 000 t sur la période). La société met en avant un rôle d’opérateur chantier dans cette chaîne industrielle émergente. Sur le plan institutionnel, une subvention au programme 3i (annoncée avril 2025) finance l’acquisition d’équipements de valorisation avancée. Côté image, le chantier de La Robla (620 MW, 94 % de matériaux valorisés) a valu à Lezama le prix Potencia 2024 « meilleure démolition ».
4. Greenwashing / zones grises
Les tensions sociales et sanitaires empêchent tout récit lissé. La presse galicienne rapporte pour As Pontes 389 350 tonnes de résidus totaux attendus sur le chantier, dont des déchet(s) dangereux dominés par l’amiante au cœur du projet ABC Galicia, juillet 2025 : ce sont des chiffres d’EIE / suivi opérationnel qui exposent l’entreprise et maître d’ouvrage à un risque réputationnel et réglementaire permanent (un incident de confinement ou de traçabilité devient très vite un cas médias). Sur la « transition juste », El Progreso (juin 2025) documente un mécontentement syndical : les réembauchages locaux via Lezama seraient marginaux, au motif de critères physiques et de compatibilité des bases de cotisation — ce qui fragilise la légitimité politique du chantier, quelle que soit la courbe de valorisation des gravats. Enfin, la plateforme Amigos de As Pontes (2025) oppose frontalement le démantèlement du « Parque de Carbones » à une lecture patrimoniale, au-delà du débat environnemental strict. Sur le plan stratégique, la concentration du carnet sur le thermique espagnol préfigure un mur d’expiration une fois les géants éteints : d’où l’intérêt annoncé pour l’éolien waste et la diversification des flux (TADEO), encore à prouver en volume économique.
5. Positionnement stratégique
Lezama se positionne comme intégrateur terrain de la fin du charbon : contrat emblématique As Pontes 1 500 MW sur 48 mois, suivi public à ~20 % d’avancement après la première année de travaux selon El Progreso (juillet 2025) et ABC Galicia, avec une échéance communiquée vers 2028 — soit un rythme compatible avec l’agenda de reconversion des parcs renewables sur les friches. La traction financière 2024 (toujours selon Economía Digital) montre que le marché paye cash la compétence rare de la déconstruction propre.
Verdict WattsElse
Lezama est l’entreprise qui démonte le siècle du charbon pièce par pièce — et collecte, en même temps, la colère de ceux que la transition plaque au sol. Sa survie long terme se jouera moins sur un badge « zéro déchet » que sur la capacité à industrialiser l’après-charbon sans répéter le même décalage social.
Sources : endesa.com · empresas.economiadigital.es · aclima.eus · expansion.com · lezama.es · lezama.es · abc.es · experimentationsurbaines.ademe.fr · tecnalia.com · lezama.es · interempresas.net · elprogreso.es · amigosdeaspontes.org · elprogreso.es
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