Liberty Wind Power 1 (Pvt.) Limited
Une plateforme éolienne de 50 MW dans le couloir de Jhimpir incarne la promesse du renouvelable sous contrat long au Pakistan — mais ses comptes FY25 racontent surtout une année de vent plus faible et de facturation sous tension systémique.
À propos de Liberty Wind Power 1 (Pvt.) Limited
1. Modèle économique
La société tire quasiment l’intégralité de ses revenus de la vente d’électricité au réseau dans le cadre d’un accord d’achat d’énergie sur 25 ans avec la CPPA-G, sous agrément du régulateur NEPRA. Les agréments de crédit décrivent un tarif nivelé de 8,1272 PKR/kWh et une base de coûts approuvée à 62,36 millions USD pour un projet financé à environ 80 % par la dette. Les données FY25 rapportées par PACRA font état d’un chiffre d’affaires d’environ 1,9 milliard PKR — sensiblement inférieur aux 2,46 milliards PKR de FY24 — et d’un cash-flow opérationnel (FCFO) d’environ 1,43 milliard PKR. Au bilan apparaissent environ 8,80 milliards PKR de dette résiduelle pour 3,41 milliards PKR de fonds propres début 2026. Selon les éléments disponibles dans ces dossiers publics, aucun effectif consolidé ni tableau social détaillé ne permet de chiffrer précisément les équipes dédiées à la SPV.
2. Impact réel
Le parc, décrit comme 25 éoliennes Siemens Gamesa G114 de 2 MW pour 50 MW installés, injecte de l’électricité bas-carbone dans un système où la décarbonation reste contrariée par le thermique et les déficits de liquidité du secteur. PACRA mentionne une production de 126 GWh en FY25 contre 165 GWh en FY24 : la variation reflète avant tout la volatilité du gisement, pas un gain d’efficacité à célébrer sans nuance. Sur un bilan climat entreprise par entreprise, WattsElse n’a pas retrouvé de disclosure CO₂ ou MWh « évités » audités pour cette SPV ; la lecture environnementale passe donc par la physique du projet (remplacement marginal de kWh fossiles sur le réseau) et par le risque pays (retards de paiement pouvant retarder le déploiement d’autres EnR). Sans obligation type CSRD pour cette entité hors UE, la comparabilité avec les cadres européens (PPE, guides ADEME) reste conceptuelle plutôt que comptable.
3. Innovations / partenariats
Techniquement, il s’agit d’un éolien terrestre « grande série » dans une fenêtre de concession réglementée plutôt que d’un laboratoire technologique : les turbines Siemens Gamesa sont au cœur du schéma industriel. PACRA décrit un contrat d’exploitation-maintenance de onze ans avec Siemens Gamesa et Orient Energy Systems et fixe des repères de performances (disponibilité technique cible 97 %, facteur de charge cible 38 %). Le volet corporate du groupe mentionne en parallèle une boucle locale de 9,6 MW en autoconsommation textile, distincte du compte de production « merchant » du parc Jhimpir mais révélatrice d’une logique industrielle intégrée côté Liberty Mills.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier écueil n’est pas rhétorique mais structurel : dans le périmètre du groupe, une centrale thermique Liberty Power Tech de 200 MW au fioul lourd (RFO) cohabite avec la narration « transition » portée par les actifs éoliens — PACRA note pour ce thermal une utilisation très faible du facteur de charge (4,5 % en FY25), ce qui atténue mécaniquement les émissions instantanées mais ne supprime pas la dépendance à un actif fossile contractuellement sensible. Deuxième tension chiffrée et sourcée : le système électrique pakistanais traîne une dette circulaire d’environ 2 400 milliards PKR (FY24, +3,6 %) selon une synthèse sectorielle, risque macro-de-liquidité qui peut retarder les paiements aux IPP même lorsque le tarif est « correct » sur le papier. Troisième signal documenté : une baisse d’environ 24 % de la production entre FY24 et FY25 (126 vs 165 GWh) traduit la sensibilité brute du business au climat local — les comptes suivent. Pour les tensions foncières et sociales récurrentes dans le couloir de Jhimpir (presse d’investigation et quotidiens pakistanais), les griefs portent surtout sur le corridor dans son ensemble ; WattsElse ne relie pas ces dossiers à une condamnation spécifique nommant Liberty Wind Power 1 sans pièce judiciaire vérifiable au dossier.
5. Positionnement stratégique
Le chaînon réglementaire récent est limpide : NEPRA clarifie et « true-up » les composantes tarifaires, ce qui soutient la visibilité des flux et explique en partie le relèvement du rating court terme de A2 à A1 tout en conservant une perspective stable. À l’inverse, PACRA souligne pour la branche thermique du groupe une migration contrainte vers un schéma « Hybrid Take and Pay » : signal que le régulateur resserre les garde-fous sur les producteurs privés, y compris hors EnR. Dans ce décor, Liberty Wind Power 1 demeure une pièce contractuellement défensive mais macro-économiquement exposée.
Verdict WattsElse
Une SPV éolienne bien « embouteillée » dans ses clauses tarifaires peut encore voir son récit vert éclipsé par les entrailles financières du réseau pakistanais et par le fioul du groupe — au Jhimpir, la transition se lit autant sur les agréments NEPRA que sur les relevés de vent du dernier exercice.
Sources : nepra.org.pk · pacra.com · pacra.com · power-technology.com · libertymillslimited.com · finance.ec.europa.eu · energy.ec.europa.eu · ademe.fr · gem.wiki · pacra.com · uploads.renewablesfirst.org · dawn.com · ppinewsagency.com
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