MA Aluminum
** Née en 2022 sous l’égide d’Altemira, MA Aluminum incarne la filière « can to can » à l’échelle industrielle japonaise : laminage, feuillards pour canettes et plus grande usine de recyclage UBC du pays, selon ses propres communications.
À propos de MA Aluminum
1. Modèle économique
MA Aluminum Corporation se présente comme une manufacture intégrée de laminage et de produits en alliages d’aluminium, constituée le 1er avril 2022 avec un capital déclaré de 310 millions de yens et ALTEMIRA Holdings pour unique actionnaire — périmètre juridique à ne pas confondre avec des agrégats de groupe portant des montants de fonds propres différents dans d’autres rapports. L’activité combine conception, développement et fabrication autour du laminé et du transformé, avec un socle géographique au complexe Fuji / Susono et un pôle recyclage à Oyama (Shizuoka), au cœur de la boucle amont-aval des canettes du groupe. La documentation 2025 accessible côté groupe fait état de 936 salariés en décembre 2024 ; il s’agit d’un chiffre rapporté dans la liasse déposée sous cette référence, pas d’un extrait bilan vérifié isolément pour la seule micro-filiale. Un chiffre d’affaires spécifique à MA Aluminum n’apparaît pas dans les pages corporate consultées : données financières micro-entité non publiées de manière isolée à ce stade.
2. Impact réel
La lecture « terrain » passe par l’énergie évitée : le site corporate estime qu’il faut environ 3 % de l’énergie exigée par la voie minerai pour refondre des lingots à partir de canettes — ordre de grandeur en phase avec le -97 % d’énergie évoqué par Altemira lors de l’annonce d’extension d’Oyama. Côté gaz à effet de serre, la trajectoire affichée dans le rapport développement durable 2025 vise une réduction de 40 % des scopes 1 et 2 d’ici 2030 par rapport à 2013, avec un accent assumé sur le recyclage des canettes (UBC). Le rapport de durabilité Altemira 2024 mentionne par ailleurs qu’environ 35 % de baisse des émissions avait déjà été enregistrée fin 2023 via l’efficience énergétique — à mettre en perspective avec un périmètre scopes 1–2, pas avec uneACV matière complète. Pour un repère public français sur la filière (sans transposition réglementaire directe), l’ADEME insiste sur le levier recyclage dans le plan de transition de l’aluminium : l’enjeu n’est pas « recycler pour la communication », mais réduire l’empreinte là où la métallurgie est encore massivement liée à l’électricité et au primaire.
3. Innovations / partenariats
Le communiqué du 15 juillet 2025 porte un investissement d’environ 500 millions de yens pour accroître d’environ 15 % la capacité de traitement des UBC et porter le tonnage de recyclé à environ 50 000 tonnes par an. L’article précise une mise à niveau du four de grillage en janvier 2025 pour craquer peintures et laques, et un renouvellement du broyeur haute pression prévu en février 2026. Altemira indique aussi qu’environ 40 % des feuillards canette du groupe proviennent de matière recyclée sur ce site — paramètre clé de la stratégie « closed loop ».
4. Greenwashing / zones grises
La critique documentée la plus nette vise moins le recyclage en lui-même que ce qu’il ne dit pas : dans une analyse publiée en février 2026, le SDSG relève qu’après examen d’une vingtaine de sources, la perte de stock carbone forestier et des sols liée à la bauxite est quasi absente des cadres comptables majeurs du secteur — avec des références chiffrées aux rapports tiers, dont une projection liée au secteur guinéen évoquant plus de 445 000 hectares d’habitat naturel menacés sur les vingt prochaines années selon les travaux cités via Human Rights Watch. Pour MA Aluminum / Altemira, la zone grise est structurelle : tant que les engagements publics mettent en avant scopes 1–2 et UBC, le scope 3 amont (minerai, logistique, intégration d’électrolyse tierce) reste le principal candidat à l’opacité relative — terrain où les ONG et avocats dénoncent des trous méthodologiques plus qu’une fraude ponctuelle. Côté marché, la fiche prix de ChemAnalyst sur l’aluminium au Japon rappelle une pression sur les marges de transformation quand la demande locale faiblit : moins de marge, moins de moyen pour industrialiser vite le bas-carbone. Enfin, le rappel aux règles publicitaires australiennes frappant Alcoa en septembre 2025 illustre le risque sectoriel de promesses « forêt/réhabilitation » mal calibrées — utile comme contre-point, sans présumer du comportement d’Oyama.
5. Positionnement stratégique
MA Aluminum revendique le rôle central d’Oyama, « plus grande installation » japonaise de recyclage de canettes, dans un pays où le taux national de recyclage des canettes atteignait 96,6 % en 2021 selon les statistiques citées sur le site. Le groupe a en parallèle basculé, à compter du 1er juin 2025, vers une centralisation des fonctions de gouvernance et du DX sous Altemira Holdings (annonce du 26 mai 2025) — signal d’industrialisation de la transition à l’échelle holding. Dans un contexte où l’aluminium sert de colonne vertébrale aux véhicules électriques et réseaux, la capacité à monter en tonnage recyclé tout en rendant lissable l’amont primaire devient le test de crédibilité ; aujourd’hui, le premier volet est chiffré, daté et investi, le second reste le chantier ouvert de la filière mondiale.
Verdict WattsElse
MA Aluminum convertit la canette en carburant industriel et en narrative de sobriété énergétique, avec des euros-yens et des tonnes annoncés noir sur blanc ; tant que les livrables publics ne ferment pas le scope 3 avec la même précision qu’Oyama ferme la boucle des UBC, l’aluminium « de transition » restera à moitié écrit — belle boucle locale, bilan planétaire encore en brouillon.
Sources : ma-aluminum.com · ma-aluminum.com · malco.co.jp · ma-aluminum.com · hd.altemira.co.jp · hd.altemira.co.jp · ademe.fr · sdsg.org · hrw.org · chemanalyst.com · edo.org.au · hd.altemira.co.jp
Données clés
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