MAKERERE
À Kampala, l’Université Makerere incarne depuis un siècle une institution publique d’elite et de recherche ; depuis juillet 2025, elle est aussi sous les projecteurs environnementaux grâce à une installation solaire de 384 kWp sur son campus — décrite officiellement comme la plus importante de cette nature en Afrique.
À propos de MAKERERE
1. Modèle économique
Makerere n’est pas une « entreprise EnR » au sens où l’Entend WattsMonde : elle est avant tout université nationale, financée par l’État, les frais étudiants et des programmes de recherche projet par projet (fonds Mak‑RIF). Une communication récente du Mak Endowment Fund fait état de l’ordre de ≈ 36 000 licences et ≈ 4 000 étudiants de cycles supérieurs sur le campus principal — chiffres indicatifs, non consolidés sous forme comptable de « chiffre d’affaires EnR ». Sur le créneau recherche‑innovation, le ministère peut affecter jusqu’à 30 milliards UGX par cycle budgétaire au Mak‑RIF, tandis que des crédits extérieurs (coopération UE, APPEAR/PHRE…) et un prêt concessional Korea EXIM/Bank : 162 MUSD (parlement ougandais, déc. 2025 ; mise en avant Makerere News) modernisent bâtiments, laboratoires d’ingénierie et offres « science‑technologie‑innovation ». En clair : votre « valeur » industrielle passe par la recherche transférée (PV, biocuisson, mobilité) et non par un marché captive d’électricité renouvelable.
2. Impact réel
Au Infectious Diseases Institute (IDI), l’installation de 384 kWp est évaluée à ≈ 380 000 USD, avec gain facture annuel projeté : 85 000 USD, ROI annoncé en cinq ans et ≈ 25 000 kg de décarbonation annuelle rapportée verbalement lors de la mise en ligne — chiffres issus du discours d’installation, pas d’un tiers indépendant. Le même dossier officiel précise aussi ≥ 150 équipements solaires santé dispersés nationwide, ce qui place Makerere‑IDI comme vecteur diffusion PV hors campus. Dans le champ « durabilité domestique », le four MakSol (~4 ,5 M UGX, 2023) promet jusqu’à 7‑9 h de cuisson et un ratio émissions rapporté comme « 22 : 25 (charbon) vs 1 : 25 (four solaire ) ». Pour le mix national, l’Atlas IRENA 2025 recense une production électricité très majoritairement « verte » ; la comparaison avec la grille française (PPE3 / outils méthodo ADEME) n’a qu’une valeur illustrative : périmètres industriels et climatiques diffèrent.
3. Innovations / partenariats
Le projet SUNRISE (Kick‑off officiel : jan‑2026) structure 36 mois de renforcement curriculaire PV : modernisation 6 parcours, 12 micro‑cours et création 6 laboratoires d’open‑innovation entre facultés CEDAT Makerere et plusieurs partenaires eurafricains. En parallèle, PHRE/APPEAR : environ 269 019 € ; 2023‑2026 cofinance des micro‑réseaux hybrides communautaires. L’articulation industrielle passe souvent par des spin ‑ offs — Kiira Motors : la communication universitaire cite une capacité théorique de 2 500 véhicules/an ; elle met en avant bus « electric / solar » dans la transition mobilité. Enfin CREEC, labélisée ISO 17025 (2024), poursuit métrologie systèmes PV et cuisinières ; elle prolonge cette logique qualification matériel.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque n’est pas le « récit marketing » d’une université : ce sont discordances structurelles avec la politique pétrogazière nationale. Dans un dossier suivant l’East African Court of Justice contre l’East African Crude Oil Pipeline – EACOP, la presse spécialisée rappelle un ordre magnitude > 34 millions t CO₂ par an. Parallèle académique : Maria Nantongo (Makerere Business School) relativise séquentialité investissement climat / fossile en 2025, ce qui reflète ces tensions — sans que Makerere soit un opérateur pipeline. Une seconde zone grise tient marché équipements ; la synthèse exécutive IEA 2023 pour l’Ouganda estime que le segment kits solaires domestiques est entravé par installations défectueuses, importations hors norme et après‑vente déficient. Enfin : forte subsidiarité coopération UE/USA/Autriche signifie qu’après 2029 les plateformes SUNRISE/PHRE devront soit se capitaliser soit disparaître.
5. Positionnement stratégique
Les instruments hybrides (Mak‑RIF, prêt Korea EXIM 2029‑ horizon) financent infrastructures « triple hélices »: Makerere aspire à faire camp hub Est‑Afrique pour recherche PV / médecine — ce que confirme l’architecture School of Law 2025 reliant droit environnement/climat et investisseurs. Dans un pays où la production énergétique certifiée peut rester très renouvelable mais où fossiles restent jeu politique stratégique, Makerere mise sur transfert techno et plaidoyer juridique pour rester légitimes.
Verdict WattsElse
Makerere prouve qu’Afrique de l’Est peut produire preuves PV massives et formations certifiées, mais vos laboratoires tournent au rythme coopérants internationaux tandis que le macro‑bouclier fossile nationale menace vos hypothèses « neutralité scientifique » – une université brillante doit naviguer trois courants : subventions, équipements douteux, pétrodollars.
Sources : mak.ac.ug · rif.mak.ac.ug · endowment.mak.ac.ug · rif.mak.ac.ug · oead.at · parliament.go.ug · news.mak.ac.ug · news.mak.ac.ug · mak.ac.ug · endowment.mak.ac.ug · irena.org · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · cedat.mak.ac.ug · cedat.mak.ac.ug · news.mak.ac.ug · creec.or.ug · news.mongabay.com · monitor.co.ug · iea.org · law.mak.ac.ug
Données clés
- Fondée
- 1922
Identifiants publics
- Wikidata
- Q261506
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Autres acteurs de l'écosystème
Vivo Energy Côte d'Ivoire
** Cotée à Abidjan, la filiale ivoirienne engrange des volumes et une rentabilité en hausse — jusqu’à ce que le prix de la transition se règle aussi à la balance des subventions, de la dette courte et du gaz détourné.
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Le brief « dSolar » désigne ici DAS Solar — marque DASOLAR côté corporate —, fabricant chinois de modules photovoltaïques n-type, et non la PME française DSOLAR (installation, Loir-et-Cher), absente des faits chiffrés ci-dessous.
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Le titre peut figurer dans un classement « EnR », mais le groupe dessine autre chose : un chenal monumental vers le pétrole et le gaz outre-mer, parée d’un discours de transition « réaliste » où capture-stockage du CO₂ et électricité renouvelable jouent des rôles asymétriques.
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Promoteur et opérateur de centrales, filiale « hardware » stars avec PVH et réseau USA–Arabie–Espagne : Gransolar incarne la verticalisation du photovoltaïque.
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