ONEE
L’office marocain qui calibre réseau et tarifs peine à faire coïncider la courbe « vert électrique » avec une trésorerie sous respirateur.
À propos de ONEE
1. Modèle économique
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) est un établissement public marocain, pivot du service public électricité + eau potable, issu de la fusion ONE / ONEP dans le sillage de la loi 40-09 (2011–2012) — autrement dit : ce n’est pas la société thaïlandaise « The One Enterprise » (GMM Grammy) que des métadonnées homonymes pouvaient suggérer. Les revenus mêlent ventes d’énergie, tarifs régulés et compensations publiques lorsque le prix payé par les usagers ne reflète pas le coût de revient réel. La presse économique cite pour la branche électricité des produits d’exploitation de l’ordre de 17,4 milliards de dirhams sur six mois en 2023 et un résultat net consolidé d’environ –7,2 milliards de dirhams la même année, après une perte nette bien plus lourde en 2022 (Charika Eco). Le modèle reste donc dépendant des arbitrages budgétaires et des lignes de financement externes. Pour les effectifs, la synthèse 2024 publiée sur le portail institutionnel indique 6 282 collaborateurs pour la seule branche électricité (documentation ANRE/ONEE 2024), alors que la conflictualité autour des SRM fait évoquer des effectifs globaux plus vastes dans le récit syndical (Le360).
2. Impact réel
Le rapport d’activité 2024 de la branche électricité table sur 12 017 MW de puissance installée, dont 45,4 % d’origine renouvelable en fin de période, pour une demande d’environ 45,7 TWh et un pic de charge d’environ 7 580 MW (rapport d’activité 2024). La lecture « macro » du paysage énergétique marocain par des organes d’analyse francophones reste utile pour situer dépendance fossile résiduelle et ambitions EnR dans une perspective exportable vers la sphère européenne de décision, même si le PPE3 ne régit pas juridiquement cet opérateur (Connaissance des énergies). Aucun reporting CSRD n’a été repéré pour l’ONEE : l’empreinte climatique se lit surtout via le mix réellement injecté sur le réseau et, pour certains projets d’infrastructure, via des émissions évitées annoncées par les bailleurs — la BEI mentionne par exemple de l’ordre de 390 000 tonnes CO₂e/an à l’horizon 2030 pour l’enveloppe de renforcement du transport qu’elle cofinance (communiqué BEI). Côté eau, la branche ONEP revient sur 1 374 millions de m³ produits en 2024 en filière directe (présentation ONEP 2024).
3. Innovations / partenariats
Le plan d’équipement 2025-2030 traduit l’accélération matérielle : 177 milliards de dirhams pour l’électricité sur la période, dans une enveloppe globale de 220 milliards incluant aussi l’eau potable (EcoActu). Une couche EnR affiche 12 445 MW de capacités additionnelles et 100,3 milliards de dirhams mobilisés jusqu’en 2030 selon le traitement presse relayé par un média spécialisé (Greener Morocco). En mai 2025, l’ONEE structure 300 M€ auprès de la BEI, de la KfW et avec une garantie UE pour étendre le transport (≈731 km annoncés) et renforcer l’évacuation (+1 850 MVA), avec projection d’une part de capacité renouvelable portée à 56 % d’ici fin 2027 dans ce même flux de communication (communiqué BEI). Sur le volet coopération franco-marocain, le faisceau d’accords ADEME–ADEREE demeure un repère institutionnel des échanges techniques sur efficacité et EnR (Medener).
4. Greenwashing / zones grises
Le discours « bas carbone » bute sur le rôle structurant du pilotable fossile : la presse sectorielle cite par exemple une perspective de centrale à cycle combiné gaz d’environ 990 MW pour 420 M$, soit un pari sur le gaz importé comme derrière-plan des EnR (EcoActu). Les annonces budgétaires autour du prix de l’électricité rappellent, chiffres à l’appui, que l’État est le relais ultime entre tarif politique et équilibre de l’opérateur (Hespress). Fin février 2026, la Cour des comptes est médiatisée sur un déficit de trésorerie de 34,5 milliards de dirhams et sur l’échec relatif du contrat-programme à cadrer durablement le modèle (Portail Sud). Le volet retraite ajoute un engagement hors bilan massif : avis du Conseil de la concurrence au printemps 2024 et chiffrages de transfert vers le RCAR évoquant des plusieurs dizaines de milliards de dirhams selon les scénarios médiatisés (Medias24, Le360).
5. Positionnement stratégique
L’ONEE joue la carte du backbone réseau pour absorber le sursaut EnR tout en signalant des objectifs intermédiaires (capacités renouvelables à 56 % en 2027 dans la com’ attachée au financement européen) (communiqué BEI). Le relais managérial incarne cette bascule « projet / infrastructure » : Tarik Hamane arrive à la direction générale en 2024 avec un profil Masen / fonctions antérieures ONEE (Le360). Dans le même temps, la réforme des SRM et les grèves liées à la perception d’un démantèlement du service public rappellent que la gouvernance « réseau » se tranche aussi sur le terrain social (Le360).
Verdict WattsElse
L’ONEE modernise la « autoroute » électrique marocaine quand sa trésorerie tient sur des ponts budgétaires : la transition y est visible sur les lignes, pas sur le bilan. Qui paie la maille entre EnR, fossile et promesse tarifaire demeure la vraie ligne à haute tension.
Sources : www12.charika-eco.ma · one.org.ma · fr.le360.ma · one.org.ma · connaissancedesenergies.org · eib.org · onep.org.ma · ecoactu.ma · greenermorocco.com · medener.org · fr.hespress.com · portailsudmaroc.com · medias24.com · fr.le360.ma · fr.le360.ma
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Quest
Le libellé « Quest » fait capoter les bases encyclopédiques : sur Wikidata, l’entrée renvoie sans pertinence à un patronyme, alors que votre angle Énergies renouvelables correspond clairement à Quest One, ex-H‑TEC SYSTEMS, fabricant d’électrolyseurs à membrane échangeuse de protons (PEM), désormais rangé sous MAN Energy Solutions au sein du groupe…
Voir la ficheRaahen Tuulienergia Oy
En Finlande, une petite filiale éolienne peut afficher une marge à deux chiffres sur la vente d’électricité — tant que le cadre foncier autorise encore les nouvelles machines.
Voir la ficheRES Australia
RES Australia, c’est le nom sur le terrain d’un groupe britannique devenu machine mondiale d’éoliennes, de solaire et de stockage.
Voir la ficheManitoba Hydro
Stéphane n’est pas au Manitoba, mais le schéma vous parlera tout de même : une filière « verte » par le mix peut basculer dans le rouge dès que l’eau manque.
Voir la ficheZALF
** Pas une entreprise « énergie » au sens strict, mais un pilier de la science des paysages agricoles qui bascule vers l’agrivoltaïsme, la récupération de chaleur et la politique climatique du Brandebourg.
Voir la ficheDelta Electronics
** Géant taïwanais de l’électronique de puissance, Delta vend ce que l’IA assoiffée en électricité achète à prix d’or : alimentations ultra-efficaces, refroidissement, onduleurs, infrastructure « grid to chip ».
Voir la ficheMariehus Fastigheter AB
Le dossier confond souvent « transition » et communication municipale : à Mariestad (Suède), le loueur contrôlé par la commune stabilise ses comptes pendant que des projets hydrogène voisins explosent en surcoûts publics.
Voir la ficheCông ty CP Thủy điện Vĩnh Sơn - Sông Minh
À ne pas confondre : sous le nom invoqué « Sông Minh », c’est très probablement Thủy điện Vĩnh Sơn – Sông Hinh (« song » = cours d’eau) que cotent sous le ticker HOSE :VSH.
Voir la ficheÖkofen
ÖkoFEN incarne une génération d’équipementiers qui ont fait du bois‑énergie un standard de chauffage haute performance — et qui se retrouvent aujourd’hui au carrefour des politiques climatiques, des subventions et du prix du combustible.
Voir la ficheArcus Media
Arcus Media ne correspond à aucune société repérable comme acteur des énergies renouvelables dans les bases publiques consultées : la dénomination prête à confusion avec Argus Media (intelligence de marché matières premières et énergie) et avec plusieurs marques Arcus (logiciels, infrastructures, conseil).
Voir la ficheRefinería de Petróleos de Escombreras
Le nom d’origine — Refinería de Petróleos de Escombreras — sonne encore comme une époque où l’Espagne bâtissait son autonomie pétrolière.
Voir la ficheIDEKO
** Record de chiffre d’affaires en 2024, transfert technologique en forte poussée, narration « zero-emission » : IDEKO incarne la promesse d’une machine-outil et d’une aéronautique plus propres.
Voir la ficheQatar Electricity & Water Company
Double casquette pour une seule entité : un pilier électricité–eau coté à Doha qui vient d’embrasser la marque Nebras Energy, tout en restant accroché au gaz qui alimente le pays.
Voir la ficheLarika AB
Une turbine à Laholm, un CA qui tient en six chiffres : Larika AB incarne la France (ici la Suède) des tout petits producteurs d’électricité renouvelable — là où la météo des prix et l’âge des machines décident plus vite que n’importe quelle communication « verte ».
Voir la ficheMene Grande Oil Company
Le nom sonne comme une légende d’ingénieurs : Mene Grande Oil Company (« Meneg ») fut la vitrine vénézuélienne de Gulf Oil, avec ses oléoducs, ses camps et ses raffineries qui ont cadré une partie du XXᵉ siècle pétrolier.
Voir la ficheHeidelberg Materials (ex-HeidelbergCement)
Heidelberg Materials, ex-HeidelbergCement, n’essaie plus de verdir le ciment à la marge: il tente de réécrire la grammaire carbone d’un matériau structurellement émetteur.
Voir la ficheAvin International S.A.
Armement familial grec intégré à la logistique d’un grand groupe pétrolier, Avin International incarne l’hybride dominant du transport maritime fossile : flotte ultra-moderne et discours « vert », mais activité 100 % carbone et, fin 2024, lourd rappel américain sur la conformité réelle en mer.
Voir la ficheUnited Refining Company
Sous bannière Red Apple Group, United Refining enchaîne raffinage, terminaux et réseau Kwik Fill sur une portion stratégique de la Rust Belt et l’upstate new-yorkais.
Voir la ficheHanergy Pizhou Solar
Le promeneur qui cherche une « success story » de la transition lira vite la fiche technique : trente mégawatts au sol, dans le Jiangsu.
Voir la ficheChina Guangdong Nuclear Wind Energy Company
Filiale de développement et d’exploitation d’éoliennes au sein de China General Nuclear (CGN), China Guangdong Nuclear Wind Energy porte dans son nom tout le paradoxe du groupe : faire la transition en marquant encore le sceau nucléaire « Guangdong ».
Voir la ficheSakhaenergo JSC
Dans le grand Nord russe, un kilowattheure se paie aussi en tonnes de mazout acheminées par les fleuves.
Voir la ficheGENERADORA ELECTRICA RHOM LTDA.
* Sous le RUT 77.412.850-6, cette génératrice des Los Lagos* incarne le Chili des petites hydro et du segment PMGD : chiffre d’affaires modeste, effectif minimal, visibilité presque nulle face aux majors.
Voir la ficheDala Energi
Une cession de majorité sur l’électricité et la fibre, un résultat nets qui explose après impôts, une valorisation d’infrastructure publiée au millième près : Dala Energi bascule 2024 dans une autre dimension capitalistique, au prix de questions qui dépassent le comté.
Voir la ficheENTE CASA DE PIEDRA
Pas une « entreprise » française à coller sous un périmètre CSRD : l’Ente Ejecutivo Presa de Embalse Casa de Piedra, cet organisme interprovincial argentin : La Pampa, Río Negro, Buenos Aires, tient encore le manche depuis le fleuve Colorado.
Voir la fiche