MANDREKAS S.A
Ce n’est ni un développeur d’parc éolien ni un équipementier photovoltaïque : Mandrekas S.A.
À propos de MANDREKAS S.A
1. Modèle économique
Le chiffre d’affaires consolidé récent et les comptes déposés ne sont pas disponibles en ligne dans le périmètre consulté : on se limite aux éléments revendiqués. La société mise sur produits laitiers de marque distribués à l’export ; LinkedIndique une fourchette d’environ 10 à 50 salariés et une présence dans quelque 17 pays, avec un site industriel présenté autour de 6 500 m². La page « Tradition » du site officiel rappelle la fondation en 1948, puis décrit en 2021 l’installation de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes à pas variable destinés à l’autoconsommation, en parallèle d’un nouveau centre logistique de 3 000 m².
2. Impact réel
La littérature académique transforme Mandrekas en cas d’école du gisement thermique laitier : la consommation électrique industrielle passerait de 752 MWh en 2015 à 1 582 MWh en 2019, tandis que la vapeur de procédé à 175 °C demeure majoritairement assurée par deux chaudières au GPL de 550 kW et 350 kW. Les auteurs modélisent aussi la récupération de chaleur fatale sur les boucles 67–80 °C (homogénéisation, pasteurisation) et un stockage thermique d’environ 200 kWh à changement de phase. Côté solaire thermique intégré aux procédés, ASTEP installe un collecteur Fresnel « SunDial » d’environ 25 kWth nominal visant des températures de fourniture industrielles élevées, Corinthe étant explicitement citée comme site pilote dans la fiche projet. Une analyse de cycle de vie publiée en 2025 sur ScienceDirect porte sur le système complet (capteur, stockage, contrôle) chez des utilisateurs industriels incluant Mandrekas. Pour situer l’enjeu « chaleur renouvelable » dans le paysage français sans extrapoler le cas grec, la fiche pédagogique « solaire thermique » de Connaissance des énergies rappelle l’écart de maturité entre chauffage sanitaire et procédés haute température**, ce qui rend ces pilotes UE rares et journalistiquement significatifs.
3. Innovations / partenariats
ASTEP (projet H2020) cible le Solar Heat for Industrial Processes avec démonstration sur deux usines, dont la laiterie corinthienne. SUSHEAT, évoqué par la renégociation brève CORDIS des écosystèmes thermiques industriels, prolonge la logique récupération + PAC haute température avec une échéance projetée fin 2027. La presse trade Envirotec a relayé le test du SunDial à Corinthe comme levier de coûts et d’émissions. Sur le plan économique, une **étude de cas MDPI *Sustainability* (2025) chiffre des gains cumulés modélisés à 249 248 € sur 30 ans** pour le dispositif solaire thermique novateur — ordre de grandeur à lire avec les hypothèses d’investissement et de prix de l’énergie détaillées dans l’article.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart « discours bas-carbone / réalité fossile » est documenté chiffré : dans le scénario SUSHEAT publié en 2024, l’intégration d’une pompe à chaleur haute température et du stockage thermique ne remplacerait encore que environ 22 % de la charge thermique cumulée des deux chaudières GPL — soit une dépendance résiduelle massive au gaz liquéfié hors périodes d’expérimentation. La rentabilité intrinsèque du package ASTEP reste, elle, sous tension : les ~249 k€ sur trois décennies évalués dans l’article économique de 2025 paraissent modestes au regard d’équipements encore en TRL intermédiaire et fortement sous-tendus par financement public européen, ce qui pose la question du modèle après subvention. Aucune condamnation, plainte environnementale ou campagne d’ONG n’a été trouvée dans les sources ouvertes consultées ; la critique porte donc sur transparence et persistance du mix, pas sur des faits juridiques.
5. Positionnement stratégique
Mandrekas capitalise sur une double légitimité : qualité laitière exportée et visibilité R&D bruxelloise via ASTEP et SUSHEAT. Alors que l’industrie alimentaire européenne est pressée de décarboner la vapeur, être référencé comme site pilote crée un actif narratif et un réseau technologique ; en revanche, sans publication volontaire de KPI carbone ou de parts EnR dans la vapeur utile, le positionnement reste plus scientifique que marché. Le calendrier 2025–2027 concentre les revues de projet et la montée en charge des démonstrateurs — moment où l’on saura si Corinthe bascule du laboratoire assisté vers une opération industrialisée.
Verdict WattsElse
Mandrekas illustre le serrage de vis climatique sur une PME laitière qui teste le futur de la vapeur plus qu’elle ne l’incarne déjà : l’histoire se joue entre chaudières GPL et capteur Fresnel, avec la facture fossile encore au centre du tableau.
Sources : mandrekas.gr · linkedin.com · mdpi.com · zenodo.org · cordis.europa.eu · sciencedirect.com · connaissancedesenergies.org · cordis.europa.eu · envirotecmagazine.com · mdpi.com
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