MOTOR OIL
Au sommet du pétrole hellénique, Motor Oil (Hellas) Corinth Refineries — maison-mère cotée à Athènes, implantée aussi à Marússi/Maroússi depuis sa création en 1970 (~4 460 collaborateurs, ordre de grandeur public) — n’est pas un « petit buraliste européen » mal nommé : le groupe incarne une grappe intégrée raffinage‑commerce‑station‑ENR, désormais alimentée…
À propos de MOTOR OIL
1. Modèle économique
Les comptes 2025 dressent le portrait d’un conglomérat encore dominé par le pétrole raffiné et le trading, mais en train de recycler les cash‑flows industriels dans l’électricité et les services d’aval. Le groupe annonce environ 11,5 Md€ de chiffre d’affaires en 2025 (en repli par rapport aux ~12,2 Md€ de 2024 évoqués dans le rapport annuel 2024 PDF), avec un EBITDA d’environ 1,1 Md€ (+10 %) — un signal où la lucrativité cyclique masque encore la diversification. 580 M€ de CapEx groupe en 2025, découpée en particulier 44 % pour le pôle Power & Gaz et ~39 % pour le raffinage, reflète cet équilibre tendu : recapitaliser l’outil corinthien tout en gonfler une « couche utilities » dont le solaire géant Unagi absorbe deux tiers des quelque 237 M€ investis dans MORE au seul titre de 2025. Côté distribution, ~35 % du détail carburants en Grèce via les réseaux Avin/Coral‑Shell, et ~68 % des volumes vendus hors de Grèce en 2024 ancrent définitivement le groupe dans une logique méditerranéenne d’export.
2. Impact réel
L’empreinte climatique reste indissociable d’une raffinerie unique à fort débit (incident 17 septembre 2024 sur une CDU, production bridée 64‑80 % jusqu’au troisième trimestre 2025 selon le rapport annuel 2024), compensée en partie par 78 M€ d’indemnités d’assurance perçus en 2025. Sur le volet « bas‑carbone », MORE affiche 847 MW d’éolien / solaire / stockage en service fin 2025 pour viser 2 GW exploitables à l’horizon 2030 alors que le groupe dresse l’ambition >40 % de l’EBITDA hors‑carburant d’ici 2030 et plus de 4 000 bornes sous le drapeau d’ici la même fenêtre temporelle. La centrale gaz CCGT 877 MW de Komotiní, co‑entreprise GEK TERNA (~375 M€ d’investissements groupe) complique la lecture : cet actif désenclave le réseau balkanique mais prolonge aussi la combustion fossile. Dans le jeu comparatif européen, aucune fiche sectorielle française (ADEME, Connaissance des énergies, PPE3) traitant nominativement cette société n’a été mise en évidence dans la veille publique : le contrepoint utile passe plutôt par les mécaniques d’aides européennes vertes et, plus généralement, par les trajectoires régionales de désintensification carbone suivies pour la Grèce comme pour la France dans les scénarios de transition**.
3. Innovations / partenariats
Au-delà du build‑own‑transfer solaire‑éolien, Motor Oil mise sur 35 M€ déjà engagés en 2025 sur l’hydrogène puis un enveloppe indicative de ~90 M€ pour 2026, financés majoritairement par des fonds publics comme le complément RR F de 111,7 M€ autorisé en février 2025 — ce volet élargit le projet européenne EPHYRA / Blue Med Hydrogen. Le tableau partenarial inclut encore l’association avec GEK TERNA sur le bloc gaz‑power, l’investissement européen sur Orcan Energy récupération de chaleur et les acquisitions successivement communiquées 2022‑2025 (Hellenic Hydrogen, Thalis…) via la page investisseurs.
4. Greenwashing / zones grises
Au premier rang des risques réglementaires, une amende combinée à 9,25 M€ — dont 9,2 M€ pour la société et 50 000 € contre le président‑directeur général Ioannis Vardinoúannis — infligée par la Commission hellénique de la concurrence le 30 septembre 2024 pour obstruction à une descente‑sur‑prises de septembre 2021 continue d’alimenter un recours contentieux que Motor Oil présente comme sans fondement. Une tension plus « façade verte » encore : la subvention européenne de 111,7 M€ actée lors du dossier SA.104899 confirme une dépendance structurelle aux instruments publics — utile tant que la RRF soutient encore le grand électrolyseur 50 MW, mais potentiellement coûteux si les marges renewables plongent ainsi qu’elles l’ont fait sous un facteur de charge éolien à 20,3 % en 2025 contre 23,4 % l’année précédente. Enfin, réduire la dette nette à ~158 M€ fin 2025 (vs ~173 M€) tout en distribuer [~1,75 € d’DPS proposées pour 2025 contre 1,40 € en 2024 souligne un arbitrage capitalistique au profit des actionnaires plutôt qu’une accélération univoque « hors‑fossiles ».
5. Positionnement stratégique
Motor Oil poursuit une lecture « baril + équations utilitaires » : amortir le carbone du raffinage tout en tirant parti des primes sur les carburants, prévoir ~650 M€ de capex 2026 et capitaliser sur la normalisation industrielle après l’accident‑CDU. Dans un environnement géopolitique où la Grèce repositionne hubs gaz & électricité méditerranéens, le groupe incarne cette double contrainte de sécurité d’approvisionnement et de promesse européenne d’investissements verts.
Verdict WattsElse
Motor Oil joue désormais le mixte « infrastructures critiques + aides Recovery » alors que ses marges‑rafinaires masquent encore l’irrésistible empreinte carbone industrielle.
Sources : wikidata.org · investing.com · moh.gr · moh.gr · moh.gr · competition-cases.ec.europa.eu · ademe.fr · moh.gr · orcan-energy.com · moh.gr · epant.gr · moh.gr · moh.gr
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