Neanberg Vind AB
Un outil à peine rentable dans les comptes 2024, un parc entré en ligne en 2010 et une maison mère elle-même exposée aux prix bas : voilà le visage chiffré d’une SPV éolienne qui incarne la brutale tension entre volumes d’électricité record en Suède et revenus qui s’effondrent.
À propos de Neanberg Vind AB
1. Modèle économique
Neanberg Vind AB (`556817-9567`, société anonyme enregistrée en septembre 2010 selon le registre accessible via Syna) est au sens strict une coquille de projet : elle détient et exploite le parc éolien de Neanberg, à une quinzaine de kilomètres au sud de Strömstad, avec trois Vestas V90 mises en service en 2010 et une production attendue d’environ 16,5 GWh par an, soit un peu plus de 5 GWh par machine (fiche opérateur Slättens Vind). La rémunération procède quasi exclusivement de la vente de ce volume d’électricité sur le marché nordique, sans diversification mécanique notable au niveau de l’entité elle-même.
L’actionnariat est fragmenté ; Slättens Vind AB a accru sa part via des cessions de fractions, dont un nouveau un vingt-quatrième au 1ᵉʳ janvier 2024 (note Slättens Vind, janvier 2024). Les agrégats déposés font apparaître un équilibre financier à ras du plancher : un chiffre d’affaires de 6 638 kSEK en 2024, soit une baisse de 35,2 % sur un an, et un résultat net de 7 kSEK seulement pour la même année (Syna ; Proff.se). L’effectif propre est minuscule, l’administration étant typiquement portée par le gestionnaire-actionnaire — Slättens, basé à Vara, figure comme acteur clé de la chaîne (Syna).
2. Impact réel
Sur le papier, le parc couvre l’équivalent de milliers de foyers suédois via ses 16,5 GWh annuels (Slättens Vind) : c’est du renouvelable réel, injecté au réseau, qui remplace du fossile ou des importations dans le bilan électrique nordique. Il n’existe pas, en revanche, de publication isolée de type rapport RSE ou fiche ADEME sur cette SPV : ce n’est pas le profil d’émetteur soumis aux mêmes obligations de storytelling climat que les grands champions boursiers européens.
La littérature des politiques publiques françaises (PPE, fiches ADEME sectorielles) ne fournit donc pas de jauge directe pour “noter” Neanberg Vind AB ; l’effet d’agrégat utile est plutôt européen : l’éolien suédois a franchi les 40 TWh produits en 2024 (Energiföretagen) alors même que les producteurs peinent à couvrir leurs charges financières — paradoxe productif que la section suivante éclaire.
3. Innovations / partenariats
Le parc lui-même est une technologie de maturité (Vestas V90, 2010) ; l’« innovation » opérationnelle passe par l’ingénierie financière et patrimoniale : rachats de quotas chez Slättens et, dans la sphère Slättens, une entrée d’Orrön Energy Sweden comme premier actionnaire à hauteur d’environ 14 % des titres (Placera, cohérent avec l’archives 2024 de Slättens).
À l’échelle du groupe gestionnaire, on note aussi une exposition marginale au stockage : environ 7 % d’un projet BESS de 1 MW / 1,1 MWh près de Norra Vånga, annoncé pour des services réseau avec montée en charge envisagée à l’été 2024 (Slättens Vind, juillet 2024). Ce n’est pas un gigafinancement de batteries encadré par Neanberg elle-même, mais un signal sur la trajectoire du propriétaire-majoritaire potentiel.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal sujet n’est pas le vernis marketing mais l’arithmétique du risque : en 2024, l’analyse sectorielle recense environ 6,3 milliards de SEK de pertes cumulées pour l’éolien suédois, avec une marge négative aggravée par le niveau des prix spot (Nationalekonomiska föreningen). Dans ce tourbillon, Neanberg Vind AB affiche une chute de 35 % de son chiffre d’affaires et à peine 7 kSEK de bénéfice net après impôts (Syna ; Proff.se). Ce n’est pas du “greenwashing”, c’est une fragilité de bilan qui questionne la capacité à amortir le vieillissement des V90 — quinze ans de service en 2025 — ou à budgéter un éventuel repowering sans recapitalisation.
Au-dessus de la SPV, Slättens Vind AB a vu son chiffre d’affaires trimestriel s’effondrer (0,3 Mkr au troisième trimestre 2024 contre 2,5 Mkr un an auparavant) et a terminé la période dans le rouge net à hauteur de −3,7 Mkr, avec la direction qui relie explicitement la dégradation aux prix de l’électricité (Placera). La présence d’Orrön Energy comme plus gros actionnaire de Slättens (Placera) injecte du capital patient, mais aussi une logique de consolidation industrielle qui peut, demain, imposer des arbitrages sur les petits actifs périphériques. Aucun dossier judiciaire ou mobilisation citoyenne publiquement indexé sur “Neanberg Vind AB” n’a été repéré dans cette veille : les tensions sont financières et structurelles, pas médiatiques spectaculaires.
5. Positionnement stratégique
Neanberg reste une pièce d’un puzzle nordique en recomposition : production éolienne record contre prix système en baisse d’environ un tiers en 2024 (Energiföretagen), comptes SPV à flux de trésorerie quasi nuls malgré l’électron vert produit (Syna). La stratégie visible consiste à renforcer encore la centralisation chez Slättens puis, dans la foulée, à ouvrir le capital à un fonds-énergie — Orrön — capable d’absorber le choc des courbes forward (Placera).
Pour l’observateur français, la leçon est limpide : l’électricité “verte” n’égale pas automatiquement la solidité économique lorsque le risque prix n’est pas couvert — un rappel utile dans un débat européen où les instruments de marché et les filets publics ne se superposent pas de la même manière d’un pays à l’autre.
Verdict WattsElse
Neanberg Vind AB produit du vent vendable ; ce qu’il lui manque, en 2024, c’est une marge qui tienne la route quand le nordique décote le mégawattheure : le renouvelable y gagne la bataille du volume, et y perd parfois celle du compte de résultat.
Sources : en.syna.se · slattensvind.se · slattensvind.se · proff.se · energiforetagen.se · placera.se · slattensvind.se · slattensvind.se · nationalekonomi.se · placera.se
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
ENVA
Trois leurres traînent encore derrière le sigle « ENVA » : un aéroport norvégien, une école vétérinaire française et un titre ENVA coté à Chicago — rien à voir avec ce groupe anglo-irlandais qui transforme déchets complexes et flux industriels en matières secondaires revendables.
Voir la ficheMaple Energy
Opérateur intégré au Pérou, Maple Energy enchaîne amont pétrolier et gaz, raffinage et biocarburants — un modèle qui lui a permis de rebondir financièrement après des années noires, mais qui reste rivé aux hydrocarbures et aux zones grises sociales et environnementales.
Voir la ficheLundavind nr 1 Kooperativ ek för
* La dénomination Lundavind nr 1 Kooperativ ek för sonne comme une coopérative économique suédoise — le sigle ek för correspond à ekonomisk förening*, forme répandue pour l’éolien citoyen nordique.
Voir la ficheRomande Énergie
Romande Énergie ne vend plus seulement des kilowattheures: elle vend désormais des réseaux, de la chaleur, de la flexibilité et une promesse de décarbonation territoriale.
Voir la fichePFV El Gaviotin SpA
Le nom évoque à la fois un parc photovoltaïque (sigle PFV, courant au Chili pour les sociétés-productrices dédiées) et, en espagnol, un oiseau de mer — une manière fréquente de baptiser des actifs renouvelables, qui retient l'oreille mais n'affiche pas grand-chose en transparence publique.
Voir la ficheHajr for Electricity Production Company
À Qurayyah, sur la côte orientale du royaume, une IPP géante au gaz alimentait déjà une partie massive du bouquet électrique saoudien.
Voir la ficheEnbridge
Calgarienne, cotée TSX et NYSE, Enbridge s’est bâtie comme l’infrastructure « take-or-pay » de l’Amérique du Nord : oléoducs, gazoducs, stockage, puis distribution régulée de gaz et, sur le côté, de l’éolien en mer où le groupe est présent en France.
Voir la ficheBaladi pool Electric Utility Company
Le nom sonne comme une coquille d’OCR, un intitulé interne, ou un bricolage entre l’anglais pool et baladi (« du pays », souvent au Proche‑Orient), pourtant aucune empreinte société‑mère ne permet, à ce stade, de rattacher « Baladi pool Electric Utility Company » à un pays, un SIREN, une cote boursière ou un périmètre d’actifs vérifiables.
Voir la ficheUBACLE GROUP
Conglomérat nigérian monté en flèche depuis 2021, Ubacle cristallise la tension d’un pays pris entre hydrocarbures et promesses de « clean tech ».
Voir la ficheAusgrid
** Sous pavillon partiellement public, Ausgrid engrange une année financière tonitruante au 30 juin 2025 — mais le filet de sécurité tarifaire se referme : l’autorité a refusé de lui faire passer la facture d’un cyclone.
Voir la ficheDala Vind AB
Dala Vind AB ne fait pas dans la start-up scandinave flamboyante : c’est un exploitant et développeur éolien terrestre ancré à Falun, avec un parc déjà en rotation et un pipe-line annoncé qui compte en térawattheures — en même temps qu’une série de arrêts, reculs et décisions juridiques qui rappellent qu’en Suède, l’EnR se gagne au détail du droit de…
Voir la ficheState Organization for Marketing of Oil
Quand l’histoire irakienne se lit en chiffres de facturation, c’est le nom de la SOMO qui s’inscrit en haut de page.
Voir la ficheShikun and Binui Energy
Filiale énergétique cotée du groupe Shikun & Binui, cette société joue à la fois les cartes du renouvelable à grande échelle et du gaz en pointe d’ancrage.
Voir la ficheSkövde Värmeverk
À ne pas chercher sous la même raison sociale : Skövde Värmeverk, la société publique communale qui produisait la chaleur à Skövde, a cessé d’exister en tant que telle au 1er janvier 2019, absorbée avec le réseau électrique local Skövde Nät dans Skövde Energi AB.
Voir la ficheEOS
Le nom « EOS » recèle des homonymes internationaux ; vous parlez de la EOS Holding SA lauzannoise : bras armé romand de la présence financière dans le réseau et la grande production d’État fédéré, où sa holding et ses filiales de parcs constituent un double pari : flexibilité des réseaux et industrialisation massive des Nouvelles énergies renouvelables hors…
Voir la ficheYunnan Dongyuan Coal Power Co Ltd
Société non cotée tiraillée entre extraction, valorisation de résidus et files électriques « charbon », Yunnan Dongyuan Coal Power incarne une configuration rare en Europe mais massive en Chine : le méthane-électricité des filières minières provinciales.
Voir la ficheVandebron
Né à Amsterdam sur un credo d’indépendance des producteurs, Vandebron a enfilé le costume de fournisseur de masse racheté par un grand groupe, puis le premier gilet d’innovateur impopulaire : facturer la réinjection solaire.
Voir la ficheReNew Power
ReNew Energy Global ne joue pas dans la catégorie des start-up solaires de comptoir : c’est l’un des plus gros producteurs d’électricité renouvelable en Inde, avec une story boursière à l’américaine et une réalité opérationnelle profondément indienne.
Voir la ficheSoEnergy
Socle américain latino‑américain avant tout : vous ne parlez pas ici du fournisseur So Energy, filiale britannique d’ESB, mais de SoEnergy International, opérateur de solutions de production électrique basé aux États‑Unis, qui martèle l’Energy as a Service contre un tableau d’ensemble encore dominé par le thermique fossilisé.
Voir la ficheGroupe Keon
Spécialiste français du biométhane, Keon enchaîne projets, financements et déploiement international — avec un calendrier actionnarial qui pourrait tout rebattre en 2027.
Voir la ficheDH Energy as
« DH Energy as » ne correspond pas, dans les bases ouvertes consultées, à une raison sociale identifiable dans les énergies renouvelables ; en revanche, DH2 Energy España S.L.
Voir la ficheALPIQ ENERGIA ESPANA S.A.U.
Filiale espagnole du groupe suisse Alpiq, elle vit du cycle combiné gaz de Tarragone et du négoce.
Voir la ficheBrikel EAD
À Obruchichté, près de Galabovo (Bulgarie), Brikel EAD tire encore de l’électricité et de la chaleur du lignite, briquettes à l’appui, pendant que Bruxelles et les associations dénoncent des dépassements massifs de pollution et que les comptes restent dans le rouge.
Voir la ficheDS Smith Paper Deutschland GmbH
Filiale industrielle historiquement ancrée à Aschaffenburg, DS Smith Paper Deutschland GmbH incarne à la fois une filière carton recyclé très énergivore et un laboratoire de valorisation énergétique des résidus.
Voir la fiche