Nepal Oil Corporation
Entreprise publique à l’assise quasi totale sur l’import de carburants, la Nepal Oil Corporation incarne la contrainte d’un pays sans raffinerie : le choc des prix mondiaux se paie comptant, et la « transition » annoncée bute sur le GPL, la route et le dollar.
À propos de Nepal Oil Corporation
1. Modèle économique
Monopole d’importation et de distribution d’essence et de diesel : le métier, c’est l’achat en gros, le stockage, la logistique et la marge fiscale pour l’État. Lors de la présentation de ses résultats à l’occasion de son 56e anniversaire, la NOC a annoncé un bénéfice net de 13,64 milliards de roupies népalaises, 367 milliards de Rs d’opérations et 124 milliards de Rs versés au trésor (janvier 2026). Un autre relais, sur l’exercice 2024/25, indiquait environ 9,55 Mds Rs de bénéfice pour 356,72 Mds Rs d’importations pétrolières. L’approvisionnement s’organise autour de l’Indian Oil Corporation ; la liquidité envers l’IOC et, en période de stress, le risque d’entaille de la chaîne d’alimentation structurent toute l’arbitrage politique. Près de 700 salariés permanents et 300 contractuels, environ 7,5 millions de litres de produits pétroliers par jour et 1 500 tonnes de GPL circulent chaque jour sur le territoire. En avril 2026, *The Kathmandu Post* rappelait des importations pétrolières de 326,14 Mds Rs sur l’exercice cité, soit l’un des poids lourds de la balance commerciale népalaise.
2. Impact réel
Le bilan, c’est d’abord celui d’un distributeur de combustibles fossiles : 63 000 kilolitres d’essence, 222 000 kl de diesel, 18 000 kl d’aviation et 46 000 tonnes de GPL distribués annuellement, selon les chiffres portés en janvier 2026. Un pipeline Motihari–Amlekhgunj (72 km) et un gros stockage à Amlekhgunj (17 000 kl) allègent le coût logistique d’environ 2 Rs le litre sans changer l’empreinte de la combustion. L’E10, préparé dès 2026, un pilote d’hydrogène autour de la Kathmandu University et l’horizon 2045 évoqué pour l’hydrogène pèsent marginalement face à ces volumes. La PPE3 et les missions de l’ADEME fixent le cadre décarboné français — utile en lecture miroir, non prescriptif pour Katmandou. Aucun article de fond sur le Népal n’apparaît sur la page d’accueil de Connaissance des énergies ; l’empreinte publique de la NOC ne se prête donc pas à un inventaire d’émissions vérifié ici, ni à un rapprochement direct avec le PPE3 ou l’ADEME.
3. Innovations / partenariats
Le mécanisme de tarification automatique (à partir de 2071 BS) est présenté comme le principal facteur de retour à la marge après des années de pertes, avec ERP, débitmètres sur les gros points de stockage et des bouteilles LPG 450 kg annoncées pour l’usage pro. La NOC a lancé des travaux pour une IPO (transformation en société anonyme) et vise, sur le plan physique, 37 nouvelles stations en zones isolées et un dépôt en Karnali.
4. Greenwashing / zones grises
L’éthanol E10 est mis en avant pour l’économie de devises et, au passage, l’image « verte »; c’est surtout du déficit commercial qu’on parle, pas d’une réduction massive des kilomètres pétro-dépendants. L’hydrogène en démonstrateur (50 M Rs) reste de la symbolique face aux centaines de milliers de kilolitres d’essence et de diesel écoulés. De mars à avril 2026, *The Kathmandu Post* chiffre des pertes de 416 Rs par cylindre de GPL sur la période visée, des déficits unitaires sur l’essence et le diesel et 11,71 Mds Rs de perte quinzomadaire — brûlé à 7 Mds sur 20 d’un fonds de stabilisation des prix déjà. La magistrature a condamné des cadres en 2026 pour détournement de carburant ; l’affaire de terrains pétroliers a déjà valu à la NOC, en 2018, des mises en cause d’au moins 1,26 Md Rs par l’Agence de lutte anti-corruption. Côté veille d’opinion, ni GreenUnivers ni *Énergie & Stratégie* (ligne éditoriale de référence côté filière en France) ne semblent avoir couvert la NOC dans une fiche de fond ; le filet informationnel, ici, reste la presse népalaise et le courant anglophone.
5. Positionnement stratégique
L’IPO vise l’accès au capital public pour financer l’extension de réseau; c’est la lecture « souveraineté plus marché » classique d’un monopole d’intérêt collectif coincé entre Brent et Mumbai et la dette auprès de l’IOC — le cabinet a, en parallèle, coupé de moitié des taxes carburant pour aider l’État pétrolier à flotter sa trésorerie sans, au départ, baisser le prix de détail ; quand l’Ouest hésite sur l’escalade au Moyen-Orient, l’Himalaya règle sur le WTI et le week-end gouvernemental, pas seulement sur l’électrification rurale.
Verdict WattsElse
La NOC tient aujourd’hui les comptes quand le cycle est favorable, mais c’est toujours le même cœur mono-fournisseurs : E10, fonds de stabilisation et pilotage d’urgence gouvernemental pour survivre quand l’or noir devient hémorragie ; la transition, ici, se mesure d’abord en roupies devant l’Inde, pas en grammes de CO₂ de moins sur le plateau.
Sources : en.wikipedia.org · fiscalnepal.com · english.pardafas.com · kathmandupost.com · english.ratopati.com · ademe.fr · ictframe.com · english.khabarhub.com · bioenergytimes.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · kathmandupost.ekantipur.com · kathmandupost.com · greenunivers.com
Données clés
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