Nueva Generadora del Sur
À Puerto Melilla, dans la baie industrielle du Campo de Gibraltar, Nueva Generadora del Sur (NGS) incarne encore une cogénération gaz–électricité à grande échelle pour le réseau espagnol — tout en servant de plaque tournante aux ambitions « molécules vertes » de ses actionnaires.
À propos de Nueva Generadora del Sur
1. Modèle économique
NGS est la coentreprise historique à parts égales (50/50) qui détient la centrale thermique Campo de Gibraltar à San Roque (province de Cadix), accolée au complexe pétrolier désormais brandé Moeve (ex-Cepsa) et aux réseaux de Naturgy. La puissance installée communément citée pour l’ensemble est d’environ 800 MW, répartis en deux groupes de ~400 MW (groupes dits « 10 » et « 20 »), avec une vocation double : vendre de l’électricité et fournir de la vapeur industrielle au voisinage immédiat de la raffinerie — mécanisme déjà souligné lors du financement européen du projet au début des années 2000 (BEI). Après une réorganisation capitalistique avalisée par la concurrence (CNMC via Europa Sur), chaque bloc peut être piloté plus séparément au profit des deux groupes ; NGS demeure toutefois l’étiquette juridique identifiée à San Roque. Selon les données agrégées accessibles sur les registres espagnols (North Data), le chiffre d’affaires déclaré tourne autour de 2,5 M€ pour 2024, avec 11 salariés et audit KPMG — niveau qui évoque une société de gestion/passage de charges plutôt que la vitrine financière brute des actifs sous-jacents.
2. Impact réel
Sur le bilan carbone « réel », le site reste structurellement exposé aux combustibles fossiles : gaz naturel pour les cycles combinés, boucle étroite avec la raffinerie et les infrastructures portuaires. Les maintenance programmes publiées par Moeve sur le « Parque Energético » San Roque — ordre de grandeur 62 M€ pour une parada programmée en 2024 (La Vanguardia) puis communications distinctes sur des montants inférieurs pour d’autres arrêts (communiqué Moeve) — visent sobretout fiabilité et conformité environnementale locale (SOx, équipements), pas une décarbonisation profonde du périmètre thermique. À l’échelle européenne, ce type d’actif entre en tension avec la montée des renouvelables et les mécanismes de marché qui ont poussé Naturgy à demander des fermetures temporaires de plusieurs cycles combinés (Cinco Días). La lecture « climat » crédible pour le hub sand-roqueño passe donc davantage par les projets adjacents (hydrogène, biocarburants sur d’autres sites du groupe) que par la seule JV NGS.
3. Innovations / partenariats
Côté actionnaires, la feuille de route visible domine : Moeve vise une « Andalusian Green Hydrogen Valley » annoncée jusqu’à 2 GW d’ici 2030, avec une entrée en chantier revisitée dans la presse internationale début 2025 (Reuters). Dans le Campo de Gibraltar, EDP a fait étape réglementaire pour une vallée hydrogène renouvelable pouvant monter au-delà de 100 MW d’électrolyse à court terme (EDP). Parallèlement, la JV biocarburants 2G Moeve–Bio-Oils a mobilisé un prêt BEI de 285 M€ en juin 2024 pour une usine près du parc de La Rábida à Palos de la Frontera (Huelva), avec investissement total de projet cité à 948 M€ (BEI) — géographiquement distinct de NGS mais stratégiquement dans le même écosystème « molécules » du sud andalou. Naturgy, de son côté, affiche pour les neuf premiers mois 2025 un EBITDA de 4 214 M€ et un résultat net de 1 668 M€ (document résultats Naturgy), avec capex groupe de 1 389 M€, dont une partie alimente toujours la flexibilité thermique.
4. Greenwashing / zones grises
Le rebranding Moeve ne vide pas la réalité d’un territoire où fossiles, transport maritime et réseaux très haute tension cohabitent brutalement. D’abord juridique-économique : en décembre 2023 le Tribunal suprême a ouvert la voie au cierre temporal de plusieurs cycles combinés demandés par Naturgy, dont les unités « Campo de Gibraltar » concernées dans les communiqués régionaux (Europa Sur) ; ce geste institutionnalise le risque de stranded logic pour du gaz dont la rentabilité spot a été mise à mal par les ENR — sans garantie publique de compensation (Economía Digital). Ensuite territoriale et chiffrée dans le temps : en avril 2025, Verdemar–Ecologistas en Acción a saisi l’Autoridad Portuaria de la Bahía de Algeciras pour dénoncer la perte de linéaire côtier à Puente Mayorga après des travaux liés à un emisario submarino attribués à Cepsa/Moeve (8Directo) — tension factuelle qui alimente les accusations de transition « sur le papier », lourde sur le littoral. Enfin, en juin 2024, la mairie de San Roque a publiquement contesté des travaux Red Eléctrica pour l’interconnexion Péninsule–Ceuta, arguant l’absence de licence municipale et d’étapes environnementales closes (Andalucía Información) — symptôme d’une acceptabilité sociale tendue autour du même corridor industriel que NGS.
5. Positionnement stratégique
Pour WattsElse, NGS fonctionne comme point d’ancrage réglementaire et patrimonial entre deux stratégies divergentes : Naturgy capitalise sur des réseaux et une thermicité encore monétisable à l’échelle ibérique (résultats 9M2025), tandis que Moeve repositionne la narration groupe vers hydrogène et biocarburants avancés (Reuters, BEI–La Rábida). Les soutiens publics ponctuels — aides régionales citées pour des projets d’efficacité énergétique au complexe sand-roqueño (Andalucía Información) — montrent que la valeur stratégique locale dépasse encore le strict volume des ventes déclarées au nom de NGS.
Verdict WattsElse
NGS n’est pas une start-up climat : c’est la coquille juridique d’un gigantisme fossile qui apprend à parler hydrogène pendant que la justice et les riverains lui rappellent le poids réel du béton et du gaz.
Sources : es.wikipedia.org · eib.org · europasur.es · northdata.com · lavanguardia.com · moeveglobal.com · cincodias.elpais.com · reuters.com · edp.com · eib.org · naturgy.com · europasur.es · economiadigital.es · 8directo.com · andaluciainformacion.es · andaluciagame.andaluciainformacion.es
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
upOwa
Fournisseur camerounais de kits solaires pour villages hors réseau, avec EDF à la manœuvre pour électrifier... et faire tourner la machine financière.
Voir la ficheSamfällighetsföreningen Arendala Vindmölla
Samfällighetsföreningen Arendala Vindmölla ne ressemble à aucune « start-up climat » : c’est une samfällighet (association de copropriété) enregistrée en Suède depuis 1993, au statut patrimonial typique des sites d’énergie partagée.
Voir la ficheAnlima Energy
Producteur électrique indépendant accroché au fioul lourd et au BPDB, Anlima Energy paie tout le prix du modèle bangladais des IPP fossilés : paiements retardés, marge sur le carburant rognée, et NDC nationale** qui cible désormais une sortie massive des pics au liquide.
Voir la ficheIsiegården Vind AB
Isiegården n’apparaît pas comme une « success story » racontable en conférence : une seule turbine ancienne, un nom quasi introuvable dans les bases « corporate », et autour, un pays déjà en pleine mue technologique.
Voir la ficheCerema
Le Cerema incarne l’expertise d’État sur les territoires : climat, risques, mobilité, bâtiment.
Voir la fichePROYECTOS DE COGENERACION S.L.
Proyectos Energéticos y de Cogeneración SL traduit un nom de mission en raison sociale : bureau d’études sur la cogénération, au cœur d’un marché espagnol où la production a reculé de près de la moitié en cinq ans, alors que Madrid ouvre enfin le guichet des 1 200 MW à attribuer par appels d’offres.
Voir la ficheÄngabergs Lantbruks AB
Ängabergs Lantbruks AB n’est ni une scale-up cleantech ni un nom qui traverse la presse nationale — et c’est précisément pourquoi elle illustre une tension ignorée des cartes « startups vertes » : une petite structure agricole hallandaise prise dans les arbitrages entre production alimentaire, biométhane injecté dans les réseaux et photovoltaïque au sol.
Voir la ficheİçdaş Çelİk Enerjİ Tersane Ve Ulaşim Sanayİ Anonİm Şİrketİ
İçdaş Çelik Enerji Tersane ve Ulaşım Sanayi A.Ş.
Voir la ficheVattenfall
Vattenfall n’avance pas masqué: c’est un énergéticien intégré, massif, détenu à 100% par l’État suédois, qui vend de l’électricité, du gaz, de la chaleur et des services énergétiques à l’échelle du nord de l’Europe.
Voir la ficheNew Energy Hub Ltd
Du rétro gaming aux batteries du futur, New Energy Hub Ltd jongle entre pixels nostalgiques et électrons libres sans jamais choisir son camp.
Voir la ficheEA Solar Lopburi Company Limited
Neuf mégawatts, douze années de production : le photovoltaïque d’Energy Absolute à Lopburi tient par sa tuyauterie de contrat public.
Voir la ficheSüper Elektrik
Marque énergétique du groupe turc Süper Holding, Süper Elektrik ne joue pas dans la même cour que le géant coté « Super Energy » de Thaïlande : son parc documenté se compte en dizaines de mégawatts, pas en gigawatts.
Voir la ficheUltrapar
Congloméral coté à São Paulo et présent sur l’énergie liquide, le gaz et la logistique, Ultrapar affiche des comptes 2025 en forme — record de chiffre d’affaires, cash opérationnel au sommet — tout en préparant une opération de cadrage qui pourrait redistribuer les cartes de la distribution de carburants au Brésil.
Voir la ficheBangla Trac Power
** Chez Bangla Trac Power, l’électricité se paie au prix du diesel, du fioul lourd et de la patience : l’acheteur unique BPDB étouffe sous les pertes et les arriérés, pendant qu’une tranche historique de 200 MW s’est éteinte sur ordre du pouvoir.
Voir la ficheEmpresas Públicas de Medellín (EPM)
EPM n’est pas une « utility » européenne anonyme : c’est le bras long de Medellín sur tout un pays — et, depuis des années, le chantier Hidroituango qui concentre la crédibilité technique, la dette et la colère des régulateurs.
Voir la ficheLong Vindpark AB
Face au brutal décrochage des prix spot nordiques en 2024, le petit parc éolien Long incarne la fracture entre actifs renouvelables réels et rentabilité marchande : trois turbines, une consolidation capitalistique sous la bannière d’un groupe listé, et une exposition financière qui se lit davantage dans les comptes de la holding que dans une communication…
Voir la ficheSörgårdsvind AB
* La graphie « Sörgårdsvind AB » évoque, à première lecture, une société suédoise de projet éolien — le suffixe AB (aktiebolag) et l’association gård + vind sont typiques du marché nordique.
Voir la ficheViridien
Le rebaptême « Viridien » sonne comme une promesse de bifurcation ; les comptes 2025, eux, crient surtout la réussite d’un groupe parapétrolier désendetté et ultra-marge.
Voir la ficheGuizhou Beipan River Hydropower Development Co. Ltd.
Derrière un nom de rivière se cache l’un des pivots hydroélectriques du sud-ouest chinois, accroché à une filiale cotée en forte remontée de résultat en 2025 mais avec un bilan très appuyé sur la dette.
Voir la ficheAkenerjİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Producteur turc à capital partagé entre industriels locaux et centrale européenne, Akenerji incarne la fracture entre discours « bas-carbone » et réalité d’un parc encore dominé par le gaz.
Voir la ficheAker Drilling
Aker Drilling n’existe plus en bourse depuis 2011 : avalée par Transocean pour environ 1,43 milliard de dollars en numéraire et un renfort de ~1 milliard de dollars de carnet de commandes, selon le communiqué de clôture.
Voir la ficheEgyptian General Petroleum Corporation
** Société nationale placée sous la tutelle du ministère du Pétrole, l’Egyptian General Petroleum Corporation pilote une filière immense — permis, production, raffinage, produits — alors que la courbe du gaz égyptien s’effondre et que l’État joue la carte du remboursement d’arriérés pour ne pas perdre ses partenaires internationaux.
Voir la ficheCimenterie du Katanga (Cimentkat)
Dix ans après le dernier sac de ciment, la Cimenterie du Katanga (Cimentkat / Cimenkat) ne se vend plus comme un simple cimentier : elle redevient d’abord un carrière calibré sur un objectif massif d’export de roche concassée, dans un triangle public–minier–cimentier qui promet la « relance » mais laisse en suspens la réhabilitation de ses centrales…
Voir la ficheZigana Enerji
Filiale d’investissement photovoltaïque devenue bouclier solaire du groupe Çebi / Makyol, Zigana Enerji concentrait en 2024 près de 60 MW de centrales sur quatre provinces turques avant d’être intégrée à un géant mondial du génie civil.
Voir la fiche