OITA CO-OPERATIVE THERMAL POWE
L’ancienne Oita Co-operative Thermal Power — centrale thermique cofinancée par l’électrique régional et la sidérurgie, ancrée dans la préfecture d’Ōita au Japon — incarne le classique « électricité captive » des sites industriels lourds.
À propos de OITA CO-OPERATIVE THERMAL POWE
1. Modèle économique
La société était structurée comme une coopérative productrice au service du complexe sidérurgique local : elle valorise des gaz industriels « fatals », complétés par des combustibles liquides ou solides selon les tranches, et vend de l’électricité en gros, dans la mouvance des réformes de libéralisation du marché japonais décrites dans les panoramas de fond (situation énergétique du Japon). D’après le suivi de propriété et d’exploitation publié par Global Energy Monitor, les unités sont détenues à 100 % par Oita Cooperative Thermal Power Co Inc, avec une structure actionnariale 50/50 entre Kyushu Electric Power et Nippon Steel au niveau des sociétés mères — ce qui cadre avec la prise participative au même pourcentage déclarée par Kyushu Electric dans sa circulaire d’émission obligataire de septembre 2024. Le rapprochement avec Tobata Co-operative Thermal Power pour former Kyushu Co-operative Power est acté dans la communication sectorielle de suivi des actifs thermiques (mise à jour Beyond Coal japonais), complétée par l’avis de fusion distribué par Tobata Kyoka. Pour les agrégats financiers pré-fusion, Nikkei Compass reste la source la plus citée sur le capital et le bilan, mais l’accès complet est souvent restreint : on retiendra l’ordre de grandeur public d’actifs totaux supérieurs à 41 milliards de yens dans les dossiers de fusion, cohérent avec une infrastructure GW classique.
2. Impact réel
Le parc, d’au moins 657 MW selon la fiche Global Energy Monitor, combine deux turbines à vapeur de 255 MW (mise en service 1972 et 1973) et un cycle combiné CC1 de 147 MW (2015), alimenté prioritairement par des gaz sidérurgiques mais aussi, selon les unités, par fioul lourd et charbon (type « unknown » pour l’unité 1 dans la même fiche). Ce n’est pas une EnR : dans les grilles O&G, la centrale est suivie comme actif Oil & Gas (tracker pétrole & gaz du GEM). Pour contextualiser le « résidu carbone » du territoire, le détail-vendeur local PPS Ōita affichait en 2024 un facteur moyen de 0,000477 tCO₂/kWh (soit 477 g/kWh) pour l’électricité qu’il commercialise — indicateur territorial, pas bilan unitaire certifié, mais repère honnête pour situer l’empreinte du pool électrique que consomment entreprises et ménages. Le profil de centrale publié par Power Technology souligne, lui, la logique BFG/COG avec appoint fioul. Côté production récente sur le site, la plateforme industrielle Shindenryoku Net fait état d’environ 351,4 GWh en décembre 2025 pour l’installation d’Ōita (351 433 MWh affichés dans la série « 2025/12 »), soit une activité soutenue en plein hiver.
3. Innovations / partenariats
Le principal « bond technique » des vingt dernières années reste l’entrée en service du cycle combiné CC1 en 2015, documenté dans les tableaux techniques de Global Energy Monitor et dans les profils marché (Power Technology) : il améliore le rendement par rapport aux deux machines vapeur des années 1970, mais sans basculer le modèle hors hydrocarbures. Sur le volet gouvernance capitalistique, le rapprochement Tobata–Ōita et la création de Kyushu Co-operative Power constituent l’innovation organisationnelle majeure (avis de fusion Tobata Kyoka, mise à jour Beyond Coal) : mutualisation des fonctions siège, pilotage commun par les deux historiques Kyushu Electric et Nippon Steel listés dans Global Energy Monitor. Aucune trajectoire publique type « CSRD » ou rapport de durabilité européen n’a été identifiée pour cette entité japonaise ; les lecteurs pourront croiser avec les méthodes françaises de comptabilisation via la Base Empreinte ADEME pourComparer des intensités carbone, pas pour extrapoler un bilan d’entreprise introuvable.
4. Greenwashing / zones grises
La valorisation des gaz de process peut servir de vitrine « bas-carbone relatif », mais la fiche Global Energy Monitor date de janvier 2026 et maintient explicitement, pour l’unité 1 (255 MW, 1972), une ligne charbon « unknown » en plus des gaz sidérurgiques — un point aveugle critique pour tout discours de transition nette. Sur la pression judiciaire, le 6 août 2024, seize jeunes ont assigné dix grands producteurs thermiques japonais devant le tribunal de district de Nagoya, avec des demandes chiffrées de réduction d’émissions alignées sur le GIEC (notamment −48 % d’ici 2030 par rapport à 2019 selon le dossier des plaignants) : Business & Human Rights Resource Centre et, pour le détail procédural, Climate Case Chart. Kyushu Electric Power est bien partie à l’acte ; en revanche, Nippon Steel ne figure pas parmi les dix défendeurs de cette affaire — ce qui nuance toute lecture « actionnaires solidairement traduits en justice ». Enfin, le facteur 477 gCO₂/kWh affiché par PPS Ōita rappelle que, même côté distribution locale, le mix reste fossile dominant, dans un pays où les thermiques couvrent encore une très large part de l’électricité (dépêche AFP via Connaissance des Énergies).
5. Positionnement stratégique
La fusion 2024 vise avant tout à réduire le coût du siège et à harmoniser la gouvernance de deux coopératives historiques (Tobata Kyoka, PDF), dans un contexte où le Japon maintient des cibles thermiques résiduelles à l’horizon 2040 tout en poussant EnR et retour du nucléaire (panorama Connaissance des Énergies). Pour Kyushu Electric, la filiale Kyushu Co-operative Power apparaît déjà dans le registre des participations consolidées au Financial Data Book 2025, signal que l’actif reste stratégique dans l’approvisionnement du pool industriel. La vraie question n’est pas juridique mais physique : prolonger des vapeur 255 MW héritées du début des années 1970 dans un monde où les procès climatiques chiffrent désormais les trajectoires exigées (backing note Youth4CJ).
Verdict WattsElse
Ōita n’est plus une petite coopérative de plaque : c’est une arête fossile de la sidérurgie nippone, désormais rangée dans un holding commun, mais toujours coincée entre charbon déclaré, fioul structurel et magistrats qui demandent des pourcentages — la transition, ici, ne passera pas par un simple changement de nom sur la porte du siège.
Sources : connaissancedesenergies.org · gem.wiki · ifastgm.com.sg · beyond-coal.jp · tobata-kyoka.co.jp · nikkei.com · globalenergymonitor.org · pps-oita.jp · power-technology.com · pps-net.org · base-empreinte.ademe.fr · business-humanrights.org · climatecasechart.com · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · kyuden.co.jp · youth4cj.jp
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Enthrust Energy
Selon les éléments disponibles, Enthrust Energy avance moins comme un industriel intégré que comme un assembleur commercial de solutions d’optimisation électrique.
Voir la ficheMegawat
Sous la graphie « MégaWatt » ou « Megawat », on ne croise pas une multinationale de production unique : on tombe sur un projet photovoltaïque citoyen à Nantes, sur un négoce d’équipements EnR, et sur des personnes morales homonymes immatriculées en France.
Voir la ficheSitowie
Sitowie prétend révolutionner la maintenance prédictive des bâtiments avec sa plateforme IA, pour que vos murs vous parlent (enfin presque).
Voir la ficheInnogy
Innogy, née d’une scission de RWE le 1er avril 2016, a été un opérateur vert à part entière, avant d’être dissoute dans l’échange d’actifs d’environ 43 Md€ entre E.ON et RWE (finalisé en 2020).
Voir la ficheIngeforce
Application dédiée à la force de vente qui veut booster les commerciaux, même hors réseau, avec une bonne dose de géolocalisation et gestion client – parce que savoir où frapper, c’est déjà un premier pas.
Voir la ficheUROS
Le classement « énergies renouvelables » accroché à Uros est une coquille de cadrage : sous ce nom, la presse et les autorités finlandaises parlent surtout d’une licorne éclatée de l’IoT — pas d’un producteur d’électricité propre.
Voir la ficheSaves Enerji A.Ş
Saves Enerji n’est pas une start-up brochure : filiale EnR du conglomérat turc Nakkaş, elle aligne grandes hydrauliques, parcs solaires et stockage, tout en jouant sur les marchés transfrontaliers.
Voir la ficheARBIOM
Arbiom ne vend pas de courant : elle veut industrialiser des ingrédients protéiques à partir de biomasse lignocellulosique et de coproduits, avec une première usine française censée monter à 10 000 tonnes par an.
Voir la ficheE.ON Czech Holding
En République tchèque, le nom E.ON désigne avant tout une machine à réseaux et à clients : quelque 1,3 million de clients approvisionnés et des milliers de kilomètres de lignes sous tension et de gazoducs gérés, dans un marché encore sensible aux chocs sur l’approvisionnement.
Voir la ficheMathura Refinery
La raffinerie de Mathura, sixième unité de raffinage d’Indian Oil dans le nord de l’Inde, incarne le paradoxe d’un acteur public indispensable au pays et coincé entre sécurité industrielle, ambitions de capacité et sensibilité environnementale extrême — à moins de cinquante kilomètres du Taj Mahal.
Voir la ficheFZI
Institut allemand hors modèle capitalistique classique — Forschungszentrum Informatik à Karlsruhe, créé en 1985 selon ses bilans officiels —, le FZI incarne cette couche peu visible mais déterminante de la transition : la mise en équations des congestionnements électriques, des flexibilités bâtiments–mobilité et des infrastructures soumises désormais à l’AI…
Voir la ficheUFPB
L’Universidade Federal da Paraíba (« UFPB ») est une grande université fédérale du Brésil, à João Pessoa au Nordeste : ce n’est pas une entreprise cotée mais un lieu où se fabrique réellement l’outil de décélération climatique de demain — bâtiments, réseaux, ingénierie solaire — via son centre CEAR.
Voir la ficheNIS
Pétrolière intégrée, NIS incarne la dépendance de la Serbie à son unique complexe de Pančevo — jusqu’à l’arrêt brutal sous sanctions américaines, puis une reprise sous licence.
Voir la ficheAlterra Power Corp (51%) / GE Energy Financial Services (
Le nom subsiste comme pièce rapportée aux joint-ventures canadiennes, mais Alterra Power Corp.
Voir la ficheOnahama Solar LLC
Installée depuis 2014 sur la côte industrielle d’Iwaki (Fukushima, Japon) — alors que votre consigne indiquait seulement « pays : non précisé », l’empreinte japonaise de la société est attestée par ses registres officiels (fiche LEI), Onahama Solar LLC (« 小名浜ソーラー合同会社 », souvent ramenée administrativement sous l’étiquette anglaise LLC) incarne un actif…
Voir la ficheEolica 2000
Née avec le tout premier éolien régional, Eolica 2000 SL vit désormais au rythme d’un parc vieillissant et d’une extension contestée au cœur du Sud cantabrien.
Voir la ficheSGN
Le distributeur gazier britannique SGN engrange des milliards en actifs régulés et martèle la « transition » ; en parallèle, une plainte pour greenwashing cible son storytelling sur l’hydrogène domestique.
Voir la ficheENHOL
Le nom « ENHOL » et le secteur énergies renouvelables pointent vers le Grupo Enhol, holding familiale basée à Tudela (Navarre, Espagne), et non vers un patronyme générique : l’entité industrielle mêle EnR, agro-alimentaire, immobilier et foodtech, avec une trajectoire volontairement internationale.
Voir la ficheBSH Hausgeräte GmbH
** Premier fabricant européen d’électroménager, BSH (Munich) dépense des records en R&D pour l’efficacité et l’IA — tout en annonçant plan social et fermetures en Allemagne.
Voir la ficheChennai Petroleum Corporation
La filiale raffinage d’Indian Oil affiche, pour l’exercice clos en mars 2026, des marges et un débit qui feraient pâlir bien des industriels — tout en restant prise dans la tempête judiciaire et médiatique née de la marée noire d’Ennore.
Voir la ficheFrance Hydrogène
France Hydrogène n’est pas un industriel : c’est l’association (loi 1901) qui cristallise l’ambition française de faire de l’hydrogène un levier d’industrialisation et de décarbonation — au moment où les chiffres d’électrolyse accélèrent et où les gardes-fous publics se resserrent.
Voir la ficheAGES (Advanced Geothermal Energy Storage)
Stocker la chaleur souterraine pour mieux réchauffer nos hivers, ou comment creuser malin pour éviter de chauffer le bitume.
Voir la ficheInnoWind (Pty) Ltd Subsidiary of EDF Energies Nouvelles (EDF EN) Group
** Derrière la dénomination « InnoWind », vous trouvez aujourd’hui la vitrine sud-africaine d’EDF en renouvelable : une plate-forme qui aligne gigawatts, PPAs sur vingt ans et partenaires locaux BEE, au prix d’une dépendance assumée au réseau fragile et à la mine.
Voir la fiche